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II. Leur complexité. — Donc, prises une à une, nos qua

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lités sensibles sont simples et indécomposables. Mais il s'en faut qu'elles se présentent ainsi naturellement une à une ; elles ne cessent de nous être données dans des ensembles perpétuellement complexes, que nous avons à débrouiller. A chaque instant nos sens, qui ne cessent guère plus de fonctionner que leurs excitants de les impressionner, nous assiègent d'un flot illimité de sensations sans cesse renouvelées. Le contenu global de la conscience sensorielle est ainsi toujours d'une complexité presque infinie. Il doit constituer chez le nouveau-né un chaos inextricable, oii s'entassent pêle-mêle couleurs, résistances, sons odeurs, sensations organiques, etc., de tout acabit. Peu à peu, l'expérience aidant, un cosmos émerge de ce chaos ; l'enfant apprend à discerner des champs sensoriels distincts : champ visuel, champ tactile, champ auditif, etc. Puis chaque champ sensoriel voit se débrouiller sa complexité propre : les couleurs s'opposent aux couleurs, les sons aux sons, etc. Enfin, le travail de la perception finit par faire de tout cela les objets de l'univers extérieur et intérieur. Ainsi s'opère sans cesse, sous Teffort de l'attention aiguisée par des intérêts et des besoins pratiques, le morcellement des continuités primitives en données discontinues. Travail naturel, où l'analyse est sollicitée et aidée plus ou moins par l'originalité des qualités à discerner : les couleurs se repoussent, pour ainsi dire, les unes les autres en s'étalant, les sons se diversifient comme d'eux-mêmes, etc. Travail enfin qui n'est jamais achevé. Car il est des complexités sensorielles qui résistent à toute analyse et ne se débrouillent jamais, qui restent indéfiniment engagées dans des sensations synthétiques et confuses ; telles les sensations organiques, et, par-dessus toutes, la sensation fondamentale de la continuité de la conscience. C'est pourquoi nous avons dû demander des exemples de qualités simples aux couleurs, et non aux sensations organiques.

III. Leur relativité. — I] n'y a donc pas de qualité sensible parfaitement isolée dans la conscience. Toutes sont avoisinées par celles de leur champ sensoriel ; et tous les champs sensoriels sont donnés dans une seule et même conscience qui constitue un milieu commun pour toutes. Ainsi, chacune est en continuité plus ou moins immédiate avec toutes les autres, qui l'influencent et qu'elle influence, dont elle est solidaire et qui sont solidaires d'elle. Les couleurs réagissent sur les couleurs ; les formes sur les formes ; les sons sur les sons, etc.

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Ancime sensation ne nous apparaît jamais ce qu'elle nous appa raîtrait si elle était isolée, ou si eUe était précédée ou accom: pagnée d'autres sensations que celles qui la précèdent et l'accompagnent en fait. C'est ce fait général d'interdépendance de toutes les sensations qu'on appelle leur relativité.

Quelques exemples sulTin^nt à montrer la portée et l'importance de celle loi de relativité dans le domaine sensoriel. Ainsi toute sensation dépend :

1 De celles qui laccompag)b mt, et qui modifient soit sa qualité, soit son intensité, a Sa qualité daboid: ine rose rouge change de nuance solon qu'on la pose sur un tonJ blanc, sur un fond bleu, sur un fond veii, etc. Toute couleur dépend ainsi de ses vissinos, ce qui est pour beaucoup dans ce qu'on appelle les t valeurs » ei peinture. Les peintres sont attentifs à « relever » les couleurs les unes par les autres, â les « aduur^ir », à les « aviver », etc., par des combinnisuns choisies; les artistes en nœuds de cravate en font tout autant. De la le phénomène dit de n contraste simultané «, chaque couleur faisant valoir sa complémentaire et éloufTanl les autres. Contraste simultané qu'on retrouve en dehors des sensations visuelles, dans les sensations auditives où il crée les consonances et les dissonances, les accords et l'haruiuiie ; enfin dans toutes les sensations. Le phénomène dit de « perspective », dans la vision spatiale, tient tout entier â ce que les lignes ne sont pas perçues isolément, mais les unes par rapport aux autres, ce qui leur donne leur sens : changer les rapports, c'est changer la perspective et la vision. — 6' D'autre part, toute sensation dépend de ses voisines, quant à son vitensité, qui s'en trouve parfois augmentée (ainsi ime forte lumière parait accentuer la finesse de l'ouïe : on n aime guère entendre la musique dans les ténèbres', ou plus souvent encore diminuée ; une sensation vive, monopolisant l'énergie phvsiologique disponible, éteint facilement l'éclat des autres sensations.

2. De celles qui la précèdent. — Les différentes notes d'ime mélodie n'ont de sens que pir rapport à l'ensemble des notes de la phrase; une note isolée parait tout de suite décharnée et inintelligible. Pareillement l'intensité du premier coup de tonnerre qui rompt le silence, est autrement forte que celle des coups suivants, qui sont peut-être d'une plus grande violence objective. Les bons amphilrvons savent fort bien que la saveur des mets et des vins tient aux saveurs précédemment goûtées : un repas est pour eux une harmonie à composer. Kn général on doit admettre que toute sensation qui disparaît laisse de soi-métne une trace immédiate (jui. même si elle n est point sensible, modifiera la sensation suivante. Elle peut même apparaître pour elle-même, comme c'est le cas de l'n image consécutive » dans les « contrastes successifs » de couleurs. Il convient détendre à toutes les sensations ce phénomène de contraste successif.

3. De l'état général de la sensibilité. — Par là se trouve accusée l'influence sournoise de nos sensations or-'aniques sur toutes nos sensations. eX sur notre vie intellectuelle toute entière, (-'est un fait bien connu que la tristesse émousse et décolore, el que la joie avive et rehausse, l'éclat des sensations. On ne voit pas de même la nature avec un bon et avec un mauvais estomac; cl l'on ne juge pas de même la vie. La dépression

nerveuse, la fièvre et les maladies, qui altèrent premièrement notre ccneslliésie, allèrent moins visil^loment, mais tout aussi sûrement, nos sensnlioiis externes, et noire inlriligi'nee elle-même

On voit par là que la relativité des sensations trouve son explication imruéiliate dans la relativité de leurs conditions phjsioiosfiqiies. Des sensations qui se modifient, contrastent, s'inhibent ou se renforcent, sont des sensations dont les processus nerveux interfèrent et se modifi"nl en qu'lque façon : la solidarité de ceux-ci dans le cerveau fait la solidarité de ceux-là dans la conscience.

IV Leurs différenciations psychologiques. — Les qualités sensibles sont premièrement pour nous des objets de connaissance, et nous fournissent le tissu de nos représentations de l'univers, tant objectif que subjectif. Mais il s'en faut de beaucoup qu'elles aient toutes une même valeur à ce point de vue ; de là des différenciations classiques, qui servent à les caractériser comme qualités représentatives et affectives, comme qualités premières et secondes, etc. Eelevons les principales de ces différenciations.

1. Qualités représentatives et qualités affectives. — Une première analyse nous a fait distinguer en toute sensation un élément représentatif et un élément affectif. Eevenons sur cette analyse, qui comporte des conclusions importantes.

a) Le rapport exact de l'élément affectif et de l'élément représentatif est formulé dans la célèbre loi d^Hamilton : « la sensation et la perception sont en raison inverse Vune de Vautre » (par sensation il entend l'élément affectif, et par perception l'élément représentatif). Ce qui revient à dire que plus une sensation nous émeut, moins elle nous instruit, et vice versa. Ainsi, nos sensations les plus représentatives, celles de la vue et du toucher, sont, d'elles-mêmes, et dégagées de toute sensation organique concomitante, d'une tonalité émotionnelle à peu près nulle ; tandis que nos sensations les plus affectives, par exemple les sensations vitales de malaise et de bien-être, ne nous représentent à peu près rien. En rangeant les sensations selon un ordre de représentativité croissante et d'affectivité décroissante, on obtient cette échelle :

Sensations internes, (cénesthésiques, viscérales, musculaires, etc.) ;

Sensations gustatives :

Sensations olfactives ;

Sensations auditives ;

Sensations visuelles ;

Sensations tactiles.

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Cet ordre primitif et naturel est d'ailleurs modifié par l'évolution ultérieure de la vie psychologique. C'est ainsi que leur caractère esthétique confère aux sensations visuelles et auditives un surcroît de valeur émotionnelle, celle qui est liée à l'émotion artistique. De même la fonction du langage a valu aux sensations auditives, si « sensuelles » de leur uaUire, une valeur intellectuelle spéciale, par là qu'elle en a fait les véhicules ordinaires de la pensée. Enfin, parmi les sensations internes, les sensations musculaires, liées à nos mouvements, ont acquis une valeur de signes révélateurs de ces mouvements.

6) D'où l'utilité de distinguer pratiquement les qualités représentatives, qui relèvent premièrement de la vie intellectueUe, et les qualités affectives, qui relèvent premièrement de la vie émotive. Les unes et les autres n'apparaissent à peu près pures qu'aux deux extrémités de l'échelle; aux échelons intermédiaires elles se présentent comme confondues.

Cette différenciation psychologique ne compromet en rien l'identité de l'origine sensorielle des diverses qualités. Rr^-résentatives'ou affectives, elles procèdent toutes d'un même jeu d'organes et d'excitations. Il est bien remarquable seulement que les sens auxquels nous devons nos qualités les plus représentatives épanouissent leurs terminaisons nerveuses à la périphérie du corps, pour y recueiUir des excitations nettement externes ; tels le toucher et la vue. L'ouïe, l'odorat, et plus encore le goût, se recèlent déjà dans la tête, ce qui les rend moins aptes à refléter l'univers. Enfin les sens internes, étant diffus dans l'organisme, et leurs excitations internes ressortissant au milieu physiologique, marquent par là même leur vocation de pourvoyeurs d'impressions purement organiques.

2 Qualités étendues et qualités inétendues — I/univois où nous vivons nous appaiviil imméaialement élonciu et extérieur; les objets s'y étalent sous les trois dimensions, s'y localisent les uns par rapport aux autres, et s'excluent les uns les autres. Or ces objets, comme cet univers lui-même, sont constitués pour nous de couleurs el de résistances, c'està-dire de nos qualités les plus rc|.résenlatives, qui se trouvent ainsi dotées par excellence des prérogatives détendue et d'cxterionle. Par contre, les sons ne s'étalent plus dans l'espace; l'étendue n'a plus guère de sens pour les odeurs, pour les saveurs, pour les sensations organiques, qui présentent bien de l'int.^nsité. mais n'ont plusdextension appicnable. Sons, odeurs, saveurs, sensations organiques paraissent ne pouvoir être localisées quindireotcment. en tant qu'on les rapporte à un objet extérieur tactile ou visuel, ou à un organe inl.rieiir, conçus comme leur cause : ils se logMit alors dans le lieu de cet objet ou de cet organe. Ainsi les quililés sensibles apparaissent douées ou privées détendue connaturelle,

dans la mesure où elles sont représentatives oiz aff( clives ; l'échelle que nous avons donnée tout à l'heure est donc encore utilisable dans ce sens tout spécial (cf. p. 199).

Elle lest encore à un troisième point de vue.

3. Qualités objectives et qualités subjectives. — Empiriquement, pour des éli'es sentant, le réel, c'est le senti. Toutes nos qualités sont donc réelles; et en fait, nous ne douions normalement de la réalité d'aucune. .Mais elles sont diversement réelles, aux yeux mêmes du sens commun. 11 y a pour chacun de nous une réalité subjective ou interne, celle de nos émotions et de nos sensations organiques, celle du monde intérieur, qui est fait surtout de qualités affectives. Et il y a une réalité objective ou externe, que nous attribuons aux objets conçus comme existant indépendamment de nous, à portée de tous, dans le monde extérieur. En ce sens, le « vrai monde », c'est le monde tactilo-visuel, avec ses critériums de résistance, de visibilité, d'étendue ou d'extériorité; c'est le monde où nous avons à vivre et à agir. Par rapport à lui, nos autres qualités sensibles jierdenl progressivement toute réalité objective; car c'est un fait que nous « objectivons » de moins en moins les sons, les odeurs et les saveurs. Encore ne le faisons-nous pas en leur reconnaissant une existence indépendante, mais, comme nous l'avons dit, en les rapportant à quelque objet tactilo-visuel ; même il ne nous en coûte guère de ne leur laisser qu une réalité subjective. Enfin nous n'objectivons jamais, de même que nous n'extérioi'isons jamais, nos sensations organiques, irrémédiablement subjectives et internes.

Ainsi nos deux mondes, également réels, parce qu'également qualitatifs, le sont à deux titres opposés. El l'échelle de représentativité et d'affectivité, d'extension et d'inextension, se trouve être encore une échelle d'objectivité et de subjectivité pratiques.

Objectivités et subjectivités diverses. — Ces termes d'objectivité et de subjectivité prêtent à des amphibologies courantes et presque incurables. Aussi convient-il toujours, quand on les emploie, de bien marquer en quel sens on les entend. C'est ainsi que, pour nous en tenir à la seule sensation, elle peut apparaître objective ou subjective à trois points de vue divers, également fondés et dignes d'attention. Il y a lieu de considérer en elle :

a) Une objectivité et une subjectivité empiriques, celles dont nous venons de parler, déterminées selon un critéxium de réalité pratique, et dont le sens commun est bon juge. C'est lui qui tient les sensations représentatives pour pratiquement objectives, et les qualités affectives pour pratiquement subjectives en ce sens.

b) Une objectivité et une subjectivité scientifiques, déterminées selon un critérium d'origine. C'est 1 analyse scientifique qui est juge ici, et qui, comme nous lavons vu, reconnaît à la sensation une objectivité physique, assurée par l'action de son excitant, et une subjectivité physiologique, assurée par l'action de l'organisme.

c) Une objectivité et une subjectivité critiques et philosophiques, détermi nées selon un critérium de valeur. Le juge est, celle fois, la raison critique et philosophique. C est à elle k décider si nos sensations ne sont que des états de conscience, ou si elles représentent autre chose qu'elles-

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mêmes. La première conception est celle de l'idéalisme ; la seconde est Cflle rlu réalisme. L'une et l'autre engagent tout le problème des rapports métaphvsii|ues du moi et du non-moi, de la conscitMice et de la natiu*e, proliiem.i que nous ne pouvons que rouvo^'cr à la philosophie. La subjectivité et l'objectivité critiques n'ont absolument ncii d voir en psychologie.

4. Qualités premières et qualités secondes. — Cette distinction, célèbre dans l'iiistoire de la philosophie, revient à la précédente, interprétée métaphysiqiieinent. Les qualités premières, premières quant à leur valeur de connaissance, sont oelles auxquelles on attribue le privilège de nous renseigner sur la vraie nature des choses ; et les qualités secondes, celles qui ne sauraient nous donner que des impressions personnelles. Il est clair que, pour le sens commun, conformément à sa métaphysique spontanée, toutes nos sensations représentatives, étendues et objectives, sont des qualités premières ; il tient le monde pour réellement étendu, résistant et coloré ; au contraire les qualités affectives, inétendues et subjectives, sont pour lui des qualités secondes. L'originalité des philosophes a été de douter ici de la métaphysique du sens commun, de se déâer de sa confiance naturelle aux données immédiates des sen-. et d'introduire la distinction, qui lui est inconnue, entre un monde réel et un monde apparent, celui-là fait de qualités premières avouées par la raison, celui-ci réduit à la fantasmagorie des sens et à leurs qualités secondes, désormais envisagées comme illusoires. Ainsi se devait restreindre le catalogue des qualités premières, dont se trouve toujours exclue en particulier la couleur.

Naturellement la nomenclature des qualités premières a varié, selon les écoles, et selon leurs conceptions et leurs préoccupations dogmatiques. Pour Démocrite et les atomistes, qui sont des physiciens, ce sont la dureté, l'impénétrabilité et la forme des atomes, tels qu'ils se meuvent dans le vide : toutes nos perceptions d'objets colorés et étendus sont des erreurs des sens. Pour Descartes, qui est un géomètre, c'est l'étendue ; elle constitue la vraie nature de la matière. Pour Maine de Biran, qui est un i)sychologuc, c'est la résistance, révélatrice des interactions entre le moi et le non moi, etc. Pour les Rcirtitistes modernes, le monde réel se réduit à un tourbillon d'atomes à lois mécaniciues : en dehors de l'œil, tout est incolore, en dehors de l'oreille, tout est sourd, de même que tout est inodore et insipide en dehors du nez et de la bouche, etc.

L'examen des problèmes des qualités premières et des qua-

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lités secondes, du monde réel et du monde apparent, et de la vraie nature de la matière, revient évidemment à la philosophie. Il suppose préalablement résolu le problème ci-dessus indiqué de la valeur de la connaissance, de son objectivité et de sa subjectivité critiques. La seule remarque psychologique utile est que tous ces philosophes demandent encore leurs qualités premières, si réduit qu'en soit le nombre, aux sensations représentatives ; ils suivent en cela le sens commun, même en le corrigeant.

5. Qualités distinctes et qualités confuses. — Cette dernière distinclion se déduit de ce que nous avons dit plus haut de la complexité des sensations. Nous pouvons remarquer que le coefficient de distinction des qualités sensibles correspond à leur coefficient de représentativité, et de même leur coefficient de confusion à leur coefficient daffeclirité. Nos sens représentatifs sont éminemment des sens analytiques : quelle finesse dans le toucher de l'aveugle (le seul homme qui use de toutes les ressources du toucher, que les clairvoyants négligent pour cultiver leur vision), quelle aptitude à discerner les points, les angles, les lignes, les reliefs, etc. ! La vue. d'autre part, peut discerner plus d'un million de couleurs, si distinctes en leur qualité qu'on les a pu ranger dans une gamme. Ainsi encore des sons : ils se prêtent à un discernement très délicat qui fait la valeur pratique de l'ouïe. Cependant la confusion apparaît déjà dans la perception synthétique de leurs ensembles, surtout des sons musicaux, où l'analyse naturelle est malhabile à discerner les harmoniqiies et les timbres. Dès lors la confusion augmente : il n'y a plus de gammes de saveurs, ni d'odeurs; et enfin les sensations organiques et les émotions sont d'une confusion désespérante. Tous ces derniers sens ne peuvent être que des sens synthétiques. — On remarquera utilement que la distinction et l'indistinction des qualités sensibles correspondent assez bien à la difféi'enciation et à l'indilTérenciation des appareils sensoriels qui nous les donnent. Ces appareils, si nettement spécialisés pour le toucher et l'œil, deviennent progressivement déplus en plus diffus, à mesure que Ion va vers ies sens internes, qui n'offrent plus à la conscience qu'une multiplicité d'impressions inanalysables.

Les espèces naturelles des sensations. — On groupe les qualités sensibles par familles, en les faisant relever d'un sens spécial, à organe spécial et à excitant spécial. C'est là le principe de la classification classique des sensations externes .et internes, que nous allons exposer dans le chapitre suivant.

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