Excitant. — Les vibrations et ondulations aériennes
2. Organe. — Les cellules ciliées qui sont l'épanouissement du nerf auditif dans l'oreille interne. Leur mise en actiA'ité est conditionnée par le jeu compliqué des divers appareils de l'oreille interne (membrane basilaire, fibres et piliers de Corti), de l'oreille moyenne (osselets et tympan), et de l'oreille externe (conduits et pavillon).
3. Qualités. — Les sons. On les distingue en bruits et en sons ■musicaux. Les bruits correspondent à des ondulations non périodiques, et les sous musicaux à des ondulations périodiques. Bruits et sons se présentent souvent ensemble ; le bruit ou crissement de l'archet sur les cordes altère, chez les mauvais violonistes, les sons du violon ; le hurlement du vent est un mélange de bruits et de sons ; un coup de fusil, un coup de tonnerre ne sont que des bruits, etc. La musique cherche à avoir des sons le plus purs possible de tout bruit.
Bruits et sons musicaux présentent trois caractères principaux, qui sont la hauteur, l'intensité et le timbre.
a) Hauteur. — C'est la qualité du son qui correspond au nombre de ses vibrations. Ce nombre va de 12 a :n.000 vibrations environ. Nous avons donc une échelle de hauteurs dont des milliers sont (»erceptibles. l'ilc's forment un continu a une dimension, c'est-à-dire tel qu'on peut aller d'ime hauteur à une autre en passant par une série de hauteurs inlerm»';diaires, et qu'on ne peut y aller qu'en passant par celte série. La gamme musicale comprend tout le système de ces hauteurs, dont elle ne retient qu'un certain nombre, rangées par octaves. Chaque octave se limite à 12 notes, alors qu'une octave de davier nipyen embrasse en réalité plus de millf hauteurs dilTérentes. Cette sélection et celle simplilication s'expliquent par des raisons historiques d'évolution, et par des raisons esthétiques de consonance et d'harmonie ; une note a le maxiirium de consonance avec son octave, qui correspond à un nombre de vibrations double du sien ; puis avec sa tierce et sa quinte, dont le nou)brc de vibrations est en rapport simple avec le sien. Évidemment d'autres gammes que la nuire sont possibles.
LES DIVERSES SEiNSATIONS 171
h) Intensité. — C'est la qualité du son qui cori'espond à l'amplitude, e'est-à-dii'e à la force des vibrations. Ici encore l'éihelle des intensités est un continu à une dimension; c'est l'échelle qu'établissent les « seuils » pour les sensations auditives.
cj Timbre. — C'est la qualité du son qui tient psychologiquement aux sons élémentaires qu il synthétise, et [)nysiquement aux ondulations auxquelles correspondent ces sons élémentaires. Ainsi un do de tlùte, de clarinette, de vois humaine, etc., peuvent avoir même hauteur et même intensité; ils sont de timbres dilTérents, c'est-à-dire comportent tm mélange d'espèf'es de vibrations différentes, tenant aux corps sonores qui communiquent leurs vibrations à l'air. Le son le plus pur est encore complexe ; l'analyse scientiflque y discerne des harmoniques, dont les vibi^ations sont des multiples des vibrations du son fondamental. — Les bruits aussi ont leurs timbres, qui les diversifient à l'infini, selon leur propre diversité et la diversité de leurs hauteurs et de leurs intensités : on distingue principalement, comme éléments de timbre, les bruits secs et les bruits continus. Il y a des deux dans tout crissement, bruissement, coup, de tonn&rre, etc., et en général dans tous les bruits de la natiu'e. 11 ny a évidemment pas de classification possible des timbres.
L'ouïe est un sens à la fois très synthétique et très analytique. Elle est d'abord un merveilleux instrument de synthèse. De synthèse de spns simultanés ; c'est ainsi qu'elle totalise en rumeur confuse les mille bruits d'une foule, et en harmonies les mille sonorités d'un concert. De synthèse des sons successifs ; c'est ainsi qu'elle organise en phrases mélodiques continues des notes discontinues. !N"ul sens ne la passe en cette agglutination de sensations présentes et de sensations' passées, mais persistantes, ce qui lui vaut son aptitude à nous faire percevoir la durée. C'est par sa double fonction de synthèse qu'elle apparaît comme la conscience par excellence de l'unité dans la diversité ; ce qui a contribué à lui valoir son extraordinaire fortune de sens artistique. — Elle est aussi un merveilleux instrument d^analyse, ce qui lui constitue sa première utilité biologique. Elle discerne la diversité dans l'unité, et dégage à l'animal, dans les confusions sonores, les bruits et les sons qui l'intéressent, et qui se rapportent aux êtres et aux événements dont la connaissance lui importe. — Enfin, par une éducation spontanée, l'ouïe intervient efficacement dans notre connaissance de l'espace. On perçoit vite la proximité, l'éloignement et la direction des objets sonores par l'appréciation de la force et de la faiblesse de leurs sonorités, et par l'appréciation des lignes d'incidence de leurs vibrations. De là ces véritables mouvements de convergence que sont les mouvements des pavillons chez les quadrupèdes, et de la tête chez l'homme ; ils pèr-
mettent de réaliser l'ineiclenee directe, et par là de s'orienter au mieux vers les objets.