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Excitant. — Les vibrations étliérées

2. Organe. — Les cônes et les bâtonnets, qui sont les terminaisons sensorielles de la rétine. La rétine est l'épanouissement du nerf optique étalé au fond du globe oculaire qu'il tapisse. Les cônes paraissent spécialisés à la vision en pleine lumière, avec perception distincte des couleurs, et les bâtonnets à la vision dans l'obscurité, qui ne comporte plus que les distinctions de plus ou moins ombré : « la nuit tous les chats sont gris ». Certains animaux n'ont guère que les cônes, tels les serpents et les poules, qui « se couchent avec le soleil ». D'autres n'ont que les bâtonnets, tels les oiseaux de nuit, qui « se lèvent avec la nuit ». L'homme a les deux sortes d'éléments rétiniens ; les cônes surtout au centre de la rétine, où ils facilitent la vision distincte, qui atteint son maximum d'acuité visuelle à la « tache jaune »; les bâtonnets surtout aux marges de la rétine. — D'autre part tout un jeu de muscles et d'appareils procuient l'adaptation de l'œil à l'objet visible, appareils dont les sensations organiques jouent un si grand rôle dans la connaissance de l'espace. Ainsi les contractions des paupières et de l'ouïe mesurent la lumière qui doit pénétrer dans l'œil ; les contractions des muscles ciliaires donnent à la lentille qu'est le cristallin la courbure nécessaiie à la vision distincte, et 1' « accommodent » à la distance des objets ; les contractions des muscles orbiculaires font « converger » les deux globes oculaires vers le point fixé, pour régler l'incidence de ses rayons sur les deux taches jaunes, etc.

3. Qualités. — Elles sont nombreuses, et de première importance, la vue étant incontestablement le sens auquel les clairvoyants demandent le plus de renseignements sui* le monde extérieur, le sens le plus pratique (encore que le sens plus sur soit le toucher qui le contrôle, comme nous le verrons). On distingue principalement les qualités : 1. de luminosité ; 2 de couleurs ; 3. d'étendue ; et 4. de mouvement.

I. La luminosité est la sensation qu'éprouve l'œil ouvert dans un milieu éclairé sans voir d'objet coloré.

II. Normalement l'œil peut percevoir plus d'un million de couleur». L'clïort scieuliiique a consisté ici à réduire cette

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multiplicité et à la systématiser en gamme. On a donc dû distinguer les couleurs secondaires, ou nuances, des couleurs fondamentales.

Ln lliporie des conlpurs fondamenlalAs sf> peut faire à diffiM-enls poinis de viio qui ne cninfiili-nl pas. a) An pninl de vue pratique d. indiislriid : en l)rov'"il sur sa p.ili'lle lus roiili'iirs du bliun', du i-oiig(\ du jaune el du 1)1. Ml, c'est à-dii'o en inêlanl leurs pigments oh'p'ctils, un pcinlre sait obtenir toutes les autres rioulcurs b Au point de vu<> phjUiiine : les couleurs fonda mentales sont ici les couleurs spectrales, dont bs vibrations composées donnent également toutes les autres, c) Au point de vue plnjsiologique. Ilelmholtz. H ring, etc , appellent fondamentales les couleurs dues à des processus rétiniens primitifs (celles du rouge, du vert et du violet, selon Ilelinholtz; d'autres physiologistes donnent d'autres listes), et secondaires les nuances obtenues par mélange de ces processus. d) Enfin, au point de vue psychologique, les couleurs fondamentales ne sont ni les couleurs fondamentales pratiques, physiques ou physiologiques, ni des couleurs simples (toutes le sont, les second lires comme les autres ; il ny a pa's de composition psychologique descoideurs), mais des couleurs servant de points de re[)ère dans l'établissement d'ime gamme ijui permet de passer d'une couleur à toutes les autres avec des transitions d'une continuité parfaite. Ainsi l'on va du blanc au noir par l'intermédiaire de t 'Us les gris; l'on va du rouge au violet par 1 orangé, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo; et du violet au rouge par le poiu-pre et lo carmin. To^te■^ les couleurs réunies constituent tm « continu à trois dimensions» (Wimdt), c'est-à-dire que pour aller de l'ime à n'importe quelle autre il y a toujours trois directions possibles, le long desquelles s'échelonnent toutes les nuances possibles. C'est ce qui a permisde figurer cette systématisation sur des flgures géométriques de volumes (cône, octaèdre, etc.), qu'on trouvera dans les traités spéciaux.

En outre, dans chaque couleur, on dislingue les qualités de tonalité, de saturation et de brillant, qui permettent leur « étalonnage » et leur définition pratique.

m. Toute couleur est étendue ; elle se perçoit comme une tache colorée, c'est-à-dire ayant grandeur et forme ; elle a de plus une position par rapport aux autres taches colorées ; enfin elle se situe dans l'espace. D'où tout un lot de qualités spatiales, relevant de la sensibilité différentielle, que nous reverrons à propos de la perception de l'espace.

IV. Enfin la vue joue un rôle important dans la perception des mouvements, comme nous aurons à le déterminer de plus près, quand nous aurons réuni tous les éléments nécessaires à cette analyse.

"^1 5. — Le touchrr

C'est le sens complexe par excellence. Aux yeux du sens commun, il passe pour nous donner des sensations de près-

sion, de poids, de résistance, de dureté, de mollesse, de chaleur, de douleui', d'effort, de mouvement, etc., et toute la masse de nos sensations organiques. Il apparaît donc sensible à toutes sortes d'excitants physiques et chimiques, hors de nous et en nous. Il a enfin pour organes une multiplicité de terminaisons sensorielles : corpuscules du tact; corpuscules de Meissner, de Krauss, de Golgi. de Paeini : terminaisons intraépidermiques ; bulbes terminaux, etc. ; tous éléments dont l'anatomie n'a peutêtre lias achevé le recensement, et dont les rôles respectifs sont encore plus mal connus de la physiologie. On les trouve presque partout : dans la peau, où ils sont inégalement répandus, dans les viscères, dans les muscles, dans les os (moelle et périoste), dans les articulations et les tendons, dans le labyrinthe, etc. — Nous voici loin des organes nettement différenciés, localisés et systématisés, des autres sens.

On a donc été naturellement amené à diviser ce sens complexe en une multiplicité de sens distincts. C'a été surtout le fait de la psychophysiologie, qui a pu établir expérmientalement, sinon des différenciations d'organes (l'anatomie l'y aidait peu), du moins des variations de sensibilité : telle région organique s'est montrée plus impressionnable aux pressions, telle autre au chaud et au froid, telle autre à la douleur, etc. ; parfois même l'on a pu dissocier des sensibilités, obtenir des analgésies sans anesthésies, etc.

Ainsi l'on a progressivement réduit le toucher proprement dit, ou loucher externe, au sens tégtimentaire des contacts.

1. Excitant. — Les contacts purs (c'est-à-dire dégagés des pressions qui les accompagnent neuf fois sur dix, et qui font jouer, en même temps que la peau, des tissus sensoriels souscutanés), contacts de pointes, de tranchants, de masses, de liquides, etc. Bref, toute action mécanique d'un corps extérieur n'excitant que la peau.

2. Organe. — Avant tout les corpuscules du tact. On les retrouve un peu partout dans la peau, surtout là où elle est dégarnie de poils (et aussi à la racine des poils, qui servent alors d'appareils multiplicateurs de l'excitation : témoin les moustaches du chat). Ils se multiplient dans les régions de plus grande sensibilité tactile ^ au bout de la langue ; sur les lèvres (les lèvres du cheval et le bec du canard en sont extraordinaireraent bien fournis), à la ])ulpe dos doigts, etc. D'où les mesures esthésiométriques de Wcljcr, qui permettent d'établir une carte géographique de la sensibilité tactile (p. 149). On a ainsi

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distingué du toucher diffus le touclier lingual, le toucher Inllal, et surtout le toucher manuel, si développé chez l'aveugle, et Qui, même chez les clairvoyants, a autorité sur tous les autres, et sur tous les sens (p. 277).

Dans le toucher, la sensil3ilité qualitative est de beaucoup inférieure à la sensil)ilité différentielle. Aussi se montre- t-il sensible avant tout, sinon exclusivement, aux différences de contact. L'atmosphère oii nous baignons nous est imperceptible, sauf quand nous nous y déplaçons, ou que le vent nous en change les impressions. Le corps ou la main immobiles et à demi plongés dans un liquide, nous ne sentons ni le liquide ni l'air, mais la limite d'immersion où se fait la différence des contacts, etc.

3. Qualités. — I. On indique généralement en premier lieu la résistance ; mais elle est le produit commun du toucher externe et du toucher interne ; même, le toucher externe paraît n'y intervenir que pour la moindre part. Elle n'est donc pas sa qualité spécifique.

II. Les qualités superficielles que nous attribuons aux corps, tant solides que liquides et gazeux ; celles de poli, de velouté, de rugueux, de glissant, de sec, d'humide, de fluide, etc. Qualités éminemment synthétiques et confuses. Encore les sensations tégumentaires qui nous les donnent s'épaississent-elles souvent de sensations sous -cutanées.

III. Toutes ces qualités sont étendues ; et ce que nous leur demandons premièrement, c'est des renseignements d'étendue. La main légère et agile de l'aveugle cherche des points, des figures, des angles, des reliefs, des formes, des plans, des volumes, etc. ; surtout des points. C'est pourquoi l'écriture des aveugles est en points, parlant mieux ainsi à la sensibilité différentielle du toucher. C'est pourquoi aussi le toucher est un sens très analytique. C'est pour lui surtout que sentir n'est rien, et que distinguer est tout.

IV. Enfin il est extrêmement sensible aux mouvements des objets, comme nous le verrons.

I 6. — Le sens thermique

La nature de ses données qualitativos, qui sont noltement de nature aiTortive. infiterait à voir dnns le sens thermique un sens interne, voisin et différenrié de la cénesthésie et de ses sensations organiques. Toutefois, ces qualités subjectives sont spontanément objectivées état tribuées^ aux objets extérieurs, que nous sentons chauds ou froids. Cela tient sans doute à ce que leur excitation principale a lieu à la périphérie du corps,

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où leur orcane loge dans la peau. Ce sont là des raisons de considérer le sens thermique comme le dernier des sens externes.

1. Excitant. — Les vibrations moléculaires des corps, tant solides que liquides et gazeux. Ce sont elles qui constituent le chaud et le froid objectif, tels que le physicien les mesure au thermomètre, et qu'il ne faut point confondre avec nos sensations de chaud et de froid subjectif, que notre sensibilité nous donne sans aucun égard au thermomètre.

2. Organe. — Les terminaisons intraépidermiques (?) et peut être d'autres encore. Ici surtout la physiologie a devancé l'anatomie. On avait déjà remarqué que certaines régions de la peau se montrent tràs sensibles à la chaleur, sans être d'une sensibilité tactile autrement remarquable. Le geste familier des blanchisseuses est d'approcher 1^ fer chaud de la joue, comme dotée du maximum de sensibilité thermique. Goldscheider et divers expérimentateurs ont pu établir l'existence de points sensibles au chaud et de points sensibles au froid, distincts des points sensibles aux contacts, et même distincts les uns des autres. Ceci semblerait prouver que le sens thermique est double, et que nous avons à la fois un sens du chaud et un sens du froid.

La sensibilité dilïérentielle joue ici un rôle important. Quand un point quelconque de la peau n'a ni chaud ni froid, on convient de dire qu'il a sa sensation de tempi'rature zéro. Les conditions objectives de cette sensation varient selon les diverses régions tégumentaires ; elles apparaissent réalisées pour toute la peau quand on se trouve dans une atmosphère confortable ; cependant alors le nez et les doigts sont objectivement moins chauds que le tronc, couvert de vêtements, et celui-ci est moins chaud que l'intérieur de la bouche, etc. — En partant de la sensation de température zéro, tout accroissement ou toute diminution de température objective donnent lieu à des sensations de chaud ou de froid, selon la loi des seuils différentiels. Ces accroissements et ces diminutions peuvent tenir soit au milieu externe, soit au milieu interne : on a chaud quand s'active la circulation du sang, sans que s'échauffe ratmosphère ; ou inversement, quand s'échauffe l'atmo.sphère, sans que s'active la circulât ion du sang.

3. Qualités. — Le chaud et le froid, qui sont deux qualités également positives : avoir chaud est autre chose que n'avoir pas froid, et réciproquement. Ces deux sensations sont évidem-

ment irréductibles ; il n'y a pas de transitions de l'une à l'autre. Elles sont sensiblement 8imples et homogènes, chacune prise à part ; car on ne différencie entre elles les sensations de chaud ou de frpid que par des différences d'intensité, ou par des différences de localisation.

AuTicLE il. — Sens internes.

Ils méritent ce nom d'internes à la fois : 1. par leur excitation, qui est intérieure au corps, oii elle relève de la physicochimie organique ; 2. par leur organe, qui cesse d'affleurer à la peau, et se ramène à des terminaisons diffuses dans les tissus (d'où la notion d'une périphérie interne, distincte de la périphérie externe, mais toujours opposée, comme celle-ci, aux centres) ; et 3. par leurs données qualitatives, de plus en plus affectives, et ijerçues comme internes. L'analyse scientifique de ces sens est extrêmement délicate, à cause de la difficulté oh l'on se trouve de dissocier les excitants, les organes et les 'qualités. Aussi le catalogue des sens internes est-il loin d'être étabU définitivement. A défaut de ce catalogue, et pour s'orienter ici, l'on peut distinguer deux groupes comprenant : le premier, les sens qui prolongent le toucher à l'intérieur, et qui donnent des quaUtés de nature toujours tactile et par là encore assez représentatives ; et le second, les sens afférents à la cénesthésie, et qui donnent des sensations organiques de plus en plus aff'ectives.

En suivant cet ordre nous rencontrons ainsi successivement :

§ 1. — Le toucher interne

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