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II. les théories rationalistes

I Leur principe commun. - C'est l'innéité de l'esprit. Nous pouvons donc le considérer comme établi par les analyses • précédentes. Tous les systèmes rationalistes s'accordent a considérer la raison comme antérieure à l'expérience, a la regarder comme la fonction suprême de l'esprit, d'où dérivent tontes nos fonctions de connaissances intellectuelles, à vou- en elle la condition nécessaire de la possibilité de l'expérience mtellectuelle. Tous s'accordent également à ramener le problème de l'origine des premiers principes à celui de l'origine de Imtelligenœ, et finalement à celui de l'origine de la vie. C'est un problème métaphysique ; car c'est à la métaphysique qu il re^'lent de nous expUquer l'inteUigence de la nature d'abord, pmsl intelligence des animaux, manifestée par leurs instmcts, et finalement l'inteUigence de l'homme, manifestée par les instmcts intellectuels que sont les premiers principes. Nous verrons en métaphysique que tous les rationalistes résolvent ce problème en ramenant plus ou moins directement la nature a Dieu.

U Les divers systèmes rationalistes. - Ce qui engendre la diversité des sYsteuL ralionalisles. .-esl la diversité desconcept.ons qu ils se sont ?aileYde a raison, et particulièrement de ses rapports avec 1 expérience^ Cl aoun a plus ou moins, .a psychologie propre, et plus encore sa façon d' coordonner celte psychologie à une théorie métaphysique de 1 un.vers et d s rapports du monde intelligible et du monde sens.b e^ (. est pournuoi no .s ne pouvons que renvoyer leur exposé intégra à I h.slo.re de la îmios'hie Quelques indications, ramenées au seul po.ntde vue psycho-

''f Pour'ÏÏolMa raison est exclusivement la faculté des idées, au dô riment les i Xments. et surtout des raisonnements, dont le u.ecatr l • np rS^ui é^ Il n'a donc pas à pnM.rcmenl par er

d Toc in des principes, toute sa psychologie revenant a l |nno,sme des idées (P 351 et sq.s auxquelles l'expérience fournit une exc.tat.on occasjnnnelle, et non un aliment.

RAISON ET PRINCIPES DHU.CTKURS DI- LA GOiNNAISSàNGE 42i

2. Aiistote se dégage de Platon. Dabord en faisant de la raison en même temps que la faculté des idéos, la facullé des jugements et des raisonnements, dont il crée toute la théorie logique. Puis en opposant à 1 inneile des idées leur acquisition par l'abstraction. Le premier, il conçoit nettement lintelligence comme une activité opératrice, dont les principes ne sont que les lois, et qui ne s'exerce et ne se connaît que par son propre exercice sur les données de l'expérience. Sa psychologie de la raison constitue donc un progrés prodigieux sur celle de Platon. Et l'on a eu raison d'y voir une synthèse de rationalisme et d'empirisme.

3. Nous avons vu (p. 352) que Descartes reprend et refond l'innéisme platonicien. Pour lui, et pour les principaux cartésiens, comme Malebranche et Spinoza, le problème de la connaissance est toujours celui des idées; et l'expérience n'a qu'un rôle secondaire, subordonné à l'intuition des « essences objectives », où nous trouvons le véritable aliment de l'esprit. Il voit dans nos idées innées, dont son catalogue est incertain. nos meilleures et nos principales idées. Et comme elles nous viennent de Dieu, Malebranche en conclut logiquement que notre raison n'est (lu'ime participation à la raison divine, et finalement que nous voyons tout en Dieu.

4. Lcibnitz interprèle l'innéité cartésienne, qu'il conserve, en la rapportant de plus près k l'expérience. C'est l'expérience qui nous sert à développer, ou plus justement, à désenvelopper nos idées premières et nos premiers principes, qui passent, grâce à elle, de lélat virtuel à l'état explicite. L'âme n'en reste pas moins essentiellement riche de son propre fonds, et parce qu'elle trouve en elle-même toutes les « vérités nécessaires » et rationnelles, et parce que les « vérités contingentes » ou empiriques procèdent d'une expérience qui lui est encore intérieure et immanente. Car « les monades n'ont ni portes ni fenêtres » par où quelque connaissance du dehors pourrait entrer. Toute leur expérfînce leiu- vient de ce qu'elles soiit « le miroir de l'univers ». Et ainsi la thtorie leihnitzienne de la raison finit en idéalisme.

0. Avec Kant, l'idéalisme s'achève, et le problème de la raison se trouve de plus en plus restreint à celui de sa valeur.

§ 3. — Valeur des premikhs principes

La question se pose en effet de savoir ce que valent nos premiers principes, et si les connai.ssances et les jugements qu'ils nous font formuler sur les choses sont objectifs et vrais. Kant est frappé de voir que le rationalisme aboutit régulièrement au dogmatisme, c'est-à-dire à l'arfirmation de la valeur de la raison; tandis que l'empirisme mène logiquement au scepticisme, parce que l'expérience, toujours particulière et contingente, ne saurait nous fournir des vérités universelles et nécessaires. C'est Hume qui « l'éveille de son sommeil dogmatique » et lui fait voir la science en péril. Son problème est essentiellement celui de In possibilité de la science, et des conditions de l'expérience en général. Problème logique et critique donc, qui prime désormais les problèmes psychologique et métaphysique de l'origine des premiers principes. L'innéité de ces principes laisse Kant assez indifférent; seule leur apriorilé l'intéresse. Car c'est dans l'a priori qu'il cherche les garanties de l'objectivité de nos connaissances, c'est-à-dire de leur universalité et

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