‹ PsychologieChapitre 68 sur 107 · L'ÉVOLUTION DU LANGAGE · texte numérisé non relu

L'ÉVOLUTION DU LANGAGE

I. Son déterminisme social. — Les savants envisagent le langage couune un phénomène sociologique soumis à des lois, qui sont de trois types principaux. 1. Lois phonétiques de l'évolution des mots considérés comme des sons, dont l'émission et la prononciation varie selon les peuples et le long des temps. 2. Lois sémantiques de la signification des mots, qui tend également à varier, à s'enrichir ou à s'appauvrir, etc. 3. Lois phihlogiques des fonctions des mots dans le discours, fonctions assignées à leurs formes verbales {lois morphologiques) ou à leurs liaisons verbales {lois syntaxiques) l

Toutes ces lois sont des lois sociologiques, parce que tout langage, étant un moyen de communication des hommes réunis en société, ne peut être déterminé qu'en fonction du groupe plus ou moins étendu qui le parle. Une langue n'existe que socialisée, adoptée, maniée et modifiée par tout le monde. Sa prononciation et son utilisation ne sont jamais arbitraires ; eUes sont somïdses à la volonté anonyme de tout un peuple, considéré dans son présent, et plus encore peut-être dans son passé. La j)hysiologie de ses organes vocaux, le degré de culture qu'il possède, les idées qui le dirigent, ses mœurs, ses institutions, et surtout son histoire, sont autant de facteurs de l'évolution de sa langue, qui n'est qu'un aspect de son évolution totale. Toute langue est donc soumise à un déterminisme social.

Par là se résout le problème de savoir si, et jusqu'à quel point, le langage conceptuel est artificiel, si les mots existent « par nature ou par convention ». L'instinct et le besoin de parler

1. A simple titre d'indication, mentionnons diverses classifications des langues. 1" Historiquement et génétiquement, Schlégel les a partagées on trois familles : les langues indo-européennes (sanscrit, perse, grec, latin, slave, celte, langues germaniques, etc.) ; les langues sémitiques (égyptien, chaldéen, assyrien, hébreu, arabe, etc.) ; les langues touraniennes (chinois, thibétain, •aponais, etc.). 2° Morphologiquement, Max Miiller distingue les langues monosyllabiques, où tout s'exprime par juxtaposition de racines invariables : exemple, le chinois ; les langues agglutinantes, où les mots sont faits de racines auxquelles s'accolent des préfixes et des suffixes, qui en déterminent le sens ; exemple : le turc ; et les langues flexionnelles, où les mots comportent des variations, des modifications de formes et de désinences ; exemple : le latin, 'à" Enfin, psychologiquement, on oppose les langues synthétiques aux langues analytiques, selon qu'elles tendent à grouper les sens dans un seul mot ou à les exprimer avec des mots séparés. Ainsi le latin rend par le seul mot amabor les idées d'aimer [ama], du futur [b), de la première personne (o), et du passif (r) ; idées analysées dans le français je serai aimé. Cette distinction est évidemment toute relative, une langue pouvant être synthétique par rapport à une autre et analytique par rapport à une troisième.

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est naturel, au sens que tout individu le possède. Le rapport dea mots aux idées est artiticiel, puisqu'il est l'effet d'une signification conventionnelle. Mais cette convention, par là qu'elle est devenue une convention sociale, est en quelque sorte un phénomène naturel, et qui suit des lois naturelles. La société est un aspect de la nature ; les lois sociologiques sont encore des lois naturelles, et le déterminisme social entre dans le déterminisme général des phénomènes.

II. La langue universelle. — Ces considérations peuvent éclairer le problème, si souvent discuté, de la création artificielle dune langue internationale. Cette création répondrait à des besoins certains. En effet, les langues, qui servent de trait d'union entre les hommes, établissent aussi une séparation entre les peuples. A mesure que s'est généralisée la conception dune humanité supérieure aux peuples, et les unissant tous, le besoin dune langue commune est apparu. Besoin que réalisa temporairement, et à demi, la langue grecque dans lanliquité, le latin au moyen Age, et le français pour l'Europe du wni'^ siècle. Depuis lors, le réveil de l'esprit de nationalités développa le culte des langues nationales; et cela au moment où les progrès des sciences, du commerce, de l'industrie, de toutes les relations entre peuples, faisaient regretter l'absence d'un idiome qui fût le même pour tous. D'où les efforts pour constituer, sinon une langue universelle remplaçant les langues nationales, ce à quoi tout s'oppose, du moins une langue internationale supplémentaire. Le volapiick, l'espéranto, Vido constituent des essais de ce genre.

Ils auront toujours à triompher d'obstacles naturels dont les principaux seront l'évolution des langues, et l'évolution antérieure des idées.

i. L'évolution des idées d'abord. Nous avons vu combien personnelles et nationales sont les idées empirique?» S'il nous est déjà si difficile, à l'intérieur d'une nation, d'attribuer le même sens aux mêmes mots, cette difficulté se multipliera de nation à nation. Une langue internationale exige des idées et des concepts internationaux, et qui soient invariables. Elle aura d'autant plus -de chances de se réaliser qu'elle se restreindra à des idées empiriques vraiment universelles, ou à des concepts technifjues bien fixés, comme le peuvent être ceux des arts, des industries, du commerce et surtout des sciences On peut dire que la langue mathémaliqiie constitue une sorte de langue universelle, grâce à la fixilé de ses concepts. Leibnilz avait rêvé d'une « pangraphie » exprimant les concepts philosophiques, leurs rapports et les opérations auxquelles on les soumet, à la façon de l'écriture mathéuiatique. Mais déjà ici les variations inévitables de ces éléments a compromis la réussite de son effort. Une langue universelle ira forcément au-devant de difficultés analogues, et de bien plus grandes encore, devant exprimer des idées bien autrement mobiles et Miccrtaines.

2. L'évolution des langues. Supposée établie, bien faite et acceptée, ime langue internationale perdra vite le bénéfice île son invention artificielle; car elle sera immédiatement soumise au déterminisme social des lois phonétiques, sémantiques et philologiques, qui dominent l'usage do tout langage. H lui faudra forcément évoluer, et non plus seulement au gré d'un peu[de. mais au gré de tous les peuples qui l'adopteront. Une volonté

anonyme et toule-puissanle viendra toujours se substituer à la volonti des inventeurs. Il n'y aura jamais de langue qui n'évolue pas, qui arriv*^ à constituer un système immobile et définitif de mots et d'idées pour l'humanité.

Ceci ne veut point dire qu'une langue internationale soit une utopie; mais simplement qu'elle ne pourra jamais guère être qu'une langue auxiliaire, k usage limité ; il faudra plus ou moins consentir à la voir renouveler les expériences historiques des langues universelles que furent le grec, le latin et le français.

I 3. — L'assimilation du langage

I. Son mécanisme. — Voici à peu près les stades de l'initiation an langage, telle qu'elle se fait d'abord chez l'enfant, et qu'elle se poursuit toute la vie.

1. Selon Ebbinghaus, l'enfant est remarquable par le plaisir qu'il prend aux émissions de sons spontanés, à ces voccilisations qui font dire de lui à sa mère qu'il gazouille ou qu'il chante. Il imite aussi les sons qu'il entend. De tous ces sons, personnels ou imités, les adultes lui font retenir et répéter ceux qui seront utiles. C'est pourquoi, né apte à tous les accents, il n'en aura qu'un, celui de son milieu. Tous les enfants, par exemple, manifestent une prédilection pour le th doux anglais, que les Français ont tant de mal à retrouver plus tard.

2. L'enfant montre une ardeur extrême à reproduire les articulations qu'il entend ; il les répète volontiers, même quand il est seul. Apprentissage long, fait d'essais longtemps infructueux; jusqu'à ce qu'enfin des réussites se fixent et se retiennent.

3. En même temps qu'il imite les sons, il tend à imiter leurs sens, si l'on peut ainsi parler ; c'est-à-dire à donner aux mots le sens qu'on leur donne autour de lui, ce à quoi le pousse son désir d'être compris. H n'y arrive souvent qu'après de nombreux malentendus, et des expériences d'incompréhension qui l'irritent. Car un besoin individuel le pousse à donner son sens aux mots ; à quoi s'oppose la nécessité sociale de leur donner le sens des autres. Ainsi s 'assimile- t-il progressivement le dictionnaire, puis la grammaire, dont les exceptions et les irrégularités le déconcertent. Sa logique, qui est excellente, lui fait opter pour les conjugaisons et les déclinaisons simples et régulières. Il dit « j'est » avant de dire « je suis ». Laissé à lui-même, il referait vite la langue, en la simplifiant et la débarrassant de toutes ces formes qu'explique seule l'histoire, mais qu'impose la vie sociale.

4. On peut dire (jue l'enfant parle successivement trois Ion-

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gues. a. D'abord la sienne, qu'il invente spontanément, et que les mères counaissent l>ien, mais qui est immédiatement arrêtée dans son développement, h. Pais la « langue des nourrices », inventée à son usage en t;Ous lieux et en tous pays, et qui ne comprend que des substantifs faits de mouosyllages doublés : papa, maman, dada, toutoii, etc. c. Puis enfin la langue de son milieu social. — Mais qa'il parle Tune ou l'autre, il faut bien qu'il l'invente. Même celles qu'il apprend restent son œu%Te, quoiqu'on l'aide et le dirige. H faut qu'il en découATe et fixe les articulations, les sonorités, les sens et le maniement. Si bien que la langue sociale reste touiours une langue personnelle.

5. n en résulte que, pendant toute sa vie, la langue qu^un homme parle est un éternel compromis entre celle que lui impose son milieu et celle quHl veut lui imposer. C'est poui'quoi elle restera toujom-.s plus ou moins Lndi^iduelle. Chacun trahit son originalité par le sens qu'il doime aux mots, par la façon dont il les groupe, les manie, les prononce, les accentue, c'est-à-dire pénètre leurs significations sociales de significations individuelles. C'est pourquoi il y a lieu, pour chaque auteur, de parler de son dictionnaire et de sa syntaxe ; et de même de parler de son influence sur la langue, qui se mesure au pouvoir qui lui fut donné de faire accepter à son milieu ses propres inventions linguistiques. C'est pourquoi encore les malentendus sont si fréquents, et si inévitables, entre gens parlant la même langue; chacun tendant plus ou moins à faire passer de force ses idées personnelles sous le pavillon national des mots à significations étalonnées.

II. La transmission des idées. — Onvoil par là comment peut se faire la transmission îles idées par les mots. Ce n'est aucunement une transmission physique. Les idées ne voyagent pas; elles restent la propriété incommunicalde de qui les pense ; elles sont des actes qui s'achèvent dans lit conscience. 11 est donc faux de dire que les mots expriment les idées, si par expression on entend une extériorisation physique. Et il est égalemont faux de parler du contenu des mots, au sens d'une contenance malêrielle analogue â celle d'im vase. Expression et contenance ne sont qui- des métaphores. Le mot n'est qu'un associé de l'idée. Si l'on s'entend d'homme à homme, c'est pour s'èlre entraîné à associer aux mêmes mots des idées identiques. Comprendre revient toujours à trouver en soimême l'idée attachée au mot. Si l'on énonce devant nous une idée neuve, et dont nous n'avons pas d'équivalent, nous ne la comprendrons cju'au moment où nous arriverons à la construire avec des idées anciennes, l'diir donner à un ignorant l'idée d'im polygone, on devra s'assm*er qu'il a les idées d'anghs. de figures et de côtés, et lui l'aire combiner avec ces éléments l'idée de pr)lygone. Delà une juste conception de l'enseignement,

que Socrate a analysée dans sa « maïeutique », et dont Platon donne une justification expérimentale dans le dialogue du Ménon, où il fait trouver, c'est-à-dire inventer, à un petit esclave une proposition géométrique.

C'est donc une erreur de penser que les rôles respectifs du maître et de relève se ramènent à ce que l'un donne des idées à l'autre qui ne fait que les recevoir. Le maître n'est pas plus actif que l'élève, et celui-ci n'apprend que dans la mesure où il est actif, et réinvente les idées au fur et à mesure qu'on lui propose des mots. La science reçue le plus passivement est çncore reconstruite par qui la reçoit. Sinon, on ne fait qu'enregistrer des mots, et l'on ne pense point. Nous n'avons pas une seule idée qui ne soit de notre fait; et la seule distinction utile est ici celle de nos inventions spontanées, et de nos inventions provoquées et dirigées. Le maître n'est jamais qu'un e.xcitateur et un directeur. Aussi doit-il toujours tendre à se rendre inutile, à donner à l'élève une formation suffisante pour que celui-ci puisse se passer le plus vite possible de son aide, et penser seul.

I 4. — L'invention de l'écriture

L'invention du langage parlé n'épuise pas le besoin social de communiquer les idées. Car la parole passe, et avec elle la pensée; et elle n'atteint que des voisins immédiatement à portée de la voix. D'où le désir naturel d'un langage qui demeure et tienne lieu de mémoire artificielle, et qui franchisse les distances de l'espace et du temps. Désir qui s'est satisfait par l'invention de l'écriture.

Cette invention est si naturelle qu'elle s'est répétée, ou plutôt s'est ébauchée, chez tous les peuples, même les plus sauvages. Car tous ont au moins ces prémices de l'écriture que sont les notations de nombres par encoches sur des bâtons, les dessins sur les tombes et les monuments, etc. Les plus cultivés d'entre eux sont arrivés à construire parallèlement, et indépendamment les uns des autres, dans les millénaires qui précèdent la civilisation eréco-romaine, des systèmes plus ou moins élaborés d'écriture. Tels les Chinois, les Hindous, les Hittites, les Chaldéens, enfin et surtout les Egyptiens. Comme c'est de l'écriture égyptienne que dérive notre alphabet, son histoire présente les différents stades qu'il a fallu parcourir, par un progrès continu d'abstractions et d'analyses, pour en venir à nos écritures modernes.

1. D'abord le stade idéographique. Toutes les écritures ont commencé par peindre les objets dont on voulait suggérer les idées. Le dessin d'un homme signifie un homme, celui d'un lion un lion. Puis, par notation de détails extérieurs, le dessin d'un homme signifie, selon ses emblèmes et ses attitudes, un roi, un esclave, un suppliant, etc. Puis enfin, par association d'idées, et mélange de symbolisme à l'idéographie, le dessin du roi signifie l'autorité, celui d'un lion le courage, etc. Jusqu'ici l'écriture est indépendante de la langue, et se trouve intelligible à des individus parlant des idiomes différents. Mais sa puissance d'expression reste forcément bien limitée. Les idéogrammes se multiplient presque autant que les idées à suggérer. C'est ainsi que l'écriture chinoise, faite d'idéogrammes schématisés, est très compliquée et ne va pas très loin.

2. Le stade phonétique. Les scribes égyptiens firent un progrés énorme en faisant signifier à leurs hiéroglyphes, non plus les idées, mais le mot

qui les exprimait dans leur langue. La lecture cessait d'être une divination pour devenir une prononciation. C'est ainsi, par exemple, que nous déchiffrons les rébus, a) L'écriture phonétique fut d'abord syllabaire : soit polnsyllabaire. quand le mot avait plusieurs syllabes, soit 7nonosyllabaire, quand le dessin ne représenta plus que la première syllabe. Lin même dessin suffisait donc à signifier les mots et les syllabes homophones. L'écriture cunéiforme des Chaldéens n'a pas dépassé ce stade, b) Enfin un progrès nouveau mena à l'écriture alphabétique, quand, la voyelle se détachant de la syllabe, il n'y resta plus que la consonne à être signifiée par le graphisme. Ce progrès était acquis dès 3.00U ans avant Jésus-Christ. Mais les Egyptiens gardèrent simultanément lidéographisme, le syllabisme et l'alphabétisme. Ce sont les Phéniciens qui utilisèrent pleinement leur dernière invention, en négligeant résolument les autres. Ils choisirent parmi leurs signes alphabétiques vingt-deux dessins auxquels ils firent représenter les consonnes de leur propre langue. Ce système passa aux Hébreux, puis aux Grecs, qui y ajoutèrent des signes de voyelles. L'alphabet était dès lors complet. 11 servit à écrire le latin, et finalement toutes les langues modernes.

Tel quel, il nous suffit, malgré ses imperfections. C'est ainsi que nous avons plus de six voyelles. Mais une fiction nous permet de figurer, par des lettres accouplées, les diphtongues, ou, aji, in, un, ai, ei. II, etc., qui sont phonétiquement de pures voyelles ; et de même de réduire aux lettres a et e, modifiées par des accents, des sons aussi différents que les différents a et les différents é. Pareillement encore, nous avons plus de dixneuf consonnes. Mais leurs diverses liaisons suffisent à l'expression de consonnes composées.

Avec l'alphabet analytique, un enfant apprend à refaire à rebours le long chemin parcouru par les inventeurs de l'écriture. 11 va des lettres aux syllabes, des syllabes aux mots, des mots aux idées. Et l'habitude facilite ce mécanisme, jusqu'à en rendre inconsciente la pratique si compliquée. Si bien que la lecture finit par ne nous donner le sentiment que de la suite des idées signifiées; tant nous sont devenues naturelles les multiples associations et combinaisons qu'elle fait jouer en nous'.

\. L'invention des chiffres paraît avoir été beaucoup plus simple. Tous les peuples ont commencé par représenter les premiers nombres par des barres liyurant'des unités ; ce qui revenait à utiliser des signes naturels. Us n ont eu recours à des signes artiliciels que pour les nombres supérieurs, tels les ilizaines. Les Grecs et les Juifs donnent des valeurs numériqufs à leurs lettres, l'alphabet leur servant ainsi à exprimer les mots et lis nombres. Dans les cliilfrcs romains, nous trouvons une combinaison d'ideographisme et d'alphabétisme. Les premiers nombres 1, 11, III. I\ . dessinent les doigts de la main ; \ est une main ouverte : X deuv mains ouvertes accolées. Mais G est la première lettre de cenlum, M de mille, etc. Dans les chiffres arabes, les ni'uf premiers sont encore des dessins, mais abrégés eu écriture cursive. On y retrouve assez facilement, en s'appliquant un peu. autant de bâtonnets juxtaposés qu'ils signilient d'unités, un dans i, deux dans 2, trois dans 3, cinq ilans o, six dans 6. huit dans 8, etc. Tout le progrès a été ici d'inventer le 0, et de donner aux chilfres une valeur correspondant à leur place respective les premiers, de droite à. gauche, signiOant des unités, les seconds des dizaines, b-s troisièmes des centaines, etc. .\insi put s'établir en sa perfection l'écriture d'cimaln.

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