AA'ANT-PROPOS IX
M. Hanslick, il est vrai, déclare au début de son e'tude qu'il entend se placer uniquement sur le terrain de la musique instrumentale, celle qu'il nomme la musique pure et absolue. Dès lors nous avions peut-être le droit de négliger la question, puisque dans les pages qui suivent nous étudions surtout des œuvres lyriques. Il suffit pourtant que nous abordions quelques œuvres exclusivement orchestrales, ne fût-ce que la symphonie pastorale et la symphonie héroïque, pour n'avoir pas le droit d'esquiver Tobjection. Il y a plus : nous faisons dans notre dernier chapitre une allusion générale à l'œuvre entier de Beethoven ; nous le qualifions d'héroïque, et cette qualification, éminemment psychologique ou sentimentale, implique à elle seule un désaveu des théories de M. Hanslick et de cette phrase, qui les résume : « L'expression d'un sentiment déterminé, de telle ou telle passion, est en dehors du pouvoir de la musique. ».
Pour combattre M. Hanslick, on peut s'aider d'abord de M. Hanslick lui-même. Il commence par poser des principes très sévères, mais il ne tarde guère à v apporter des tempéraments, et parfois presque des contradictions. Ainsi d'abord, la musique, selon M. Hanslick, ne contient pas autre chose que « des formes sonores en mouve-