‹ Psychologie musicaleChapitre 7 sur 38 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

pathie un sentiment. Encore moins conçoit-on un musicien qui charmerait roreille sans jamais émouvoir le cœur; la sympathie joue infailliblement un rôle dans la musique. » Et ailleurs, M. Sully Prudhomme, insistant sur le rapport e'troit de la musique et du sentiment, e'crit avec autant de finesse que d'exactitude : « C'est précisément parce que les sensations auditives s'identifient en quelque sorte avec les émotions, qu'elles se sont spontanément approprié les qualificatifs empruntés aux autres perceptions. . . Une mélodie est suave, poignante, pénétrante, tendre, amoureuse. «

Hegel, dans son Esthétique, ne fait pas la part moins large au sentiment : « C'est, dit-il, seulement lorsque dans l'élément sensible des sons et de leurs divers modes et combinaisons, un sentiment, une pensée, sont exprimés avec vérité, que la musique s'élève au rang d'un art véritable. . . . Sous ce rapport, le problème propre de la musique est celui-ci : ne pas traiter la pensée telle qu'elle existe, comme notion générale dans l'intelligence ou comme objet présent à l'imagination, ayant une forme extérieure, déterminée, (mode de représentation qui appartient aux autres arts) ; mais la concevoir et la traiter de manière qu'elle soit vivante dans la sphère du sentiment. Faire

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résonner dans les sons cette vie intime, ces myste'rieux mouvements de l'âme, ou combiner cet écho harmonieux avec le langage des mots qui expriment des pensées plus déterminées, plonger en quelque sorte ce froid langage dans la source des sentiments et de l'émotion sympathique, telle est la tâche difficile qui échoit en partage à la musique. »

Enfin, contre les doctrines de M. Hanslick et de ceux qu'on a appelés les athées de l'expression, chercherons-nous encore d'autres armes ? M. Lévéque nous les fournirait, M. Lévéque, dont les articles, épars malheureusement dans la Revue philosophique et le Journal des Savants, formeront, quand l'auteur voudra les réunir, un précieux traité de psychologie musicale. M. Lévêque reproche avec raison à M. Hanslick d'avoir poursuivi le divorce entre l'esthétique et la psychologie, d'avoir voulu isoler le beau, le considérer et l'étudier en dehors de l'âme qui le ressent et le juge. D'accord avec M. Hanslick sur ce point que la musique n'est pas un langage et ne peut tout dire, il affirme pourtant qu'elle peut et sait dire beaucoup, qu'elle a notamment la faculté de rendre avec clarté, avec puissance, les deux plus simples de nos passions, qui sont aussi les deux plus fortes et qui renferment toutes les

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