‹ Psychologie naturelle (volume 2)Chapitre 11 sur 23 · SUPPLEMENT · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT

Pendant que ce travail s’imprimait , j'ai aperçu quelques lacunes dont plusieurs m’ont paru assez regrettables pour que je ne veuille pas les laisser subsister, et pour que je croie devoir entretenir encore un instant le lecteur. La psychologie a tant à faire pour se compléter, que l'on ne doit rien négliger pour hâter les progrès de cette science naturelle.

SI R LA QUALIFICATION ü’ INSTINCTIVES , QUE J AI DONNÉE AUX FACULTÉS MORALES.

Les personnes qui considèrent le mot instinct comme ne devant s’appliquer qu’aux besoins du corps, s’offusqueront sans doute de ce que j'ai appelé instinctives les facultés morales. Ces personnes ignorent la véritable signification du mot instinct. Elles confondent les besoins du corps, effets purement organiques que l’esprit ne connaît que parla perception, avec la science qui guide l’animal dans la satisfaction de ces besoins, science psychique qui est manifestée par l’intermédiaire du cerveau seul *. Cette

1 Les animaux supérieurs étant des êtres qui se sentent et qui se conuaissent , doivent avoir un moi , une personnalité . et par conséquent un esprit . d'après la croyance métaphysique généralement adoptée que tout moi ne peut être manifesté ipie par un esprit.

science acquise, non par l’étude, non par une instruction quelconque, mais d’inspiration, par une révélation intérieure tout à fait spontanée, est ce qui constitue Y instinct. Toute connaissance , quello qu’elle soit, qu’elle ait rapport au corps ou à l’esprit, et qui vient d’inspiration spontanée, sans la chercher , sans l’avoir apprise , est instinctive ; c’est uno faculté instinctive qui la donne.

L’esprit a, comme le corps, ses besoins manifestés par les facultés morales, besoins très-accentués dans les diverses affections, l’espérance, l’amour de la propriété , rattachement à la vie, l’amour de la gloire, lo sentiment du merveilleux, la pudeur, lo sentiment du beau, celui du bien et du mal, etc. Ces besoins ne sont point connus de l’esprit par la perception, ainsi que le sont los besoins du corps; ils sont connus, do même que la manière de les satisfaire, d’inspiration spontanée. Les facultés morales sont donc instinctives par excellenco, puisque, outre la connaissance des moyens de satisfaire les besoins de l’esprit, connaissances qu’elles procurent, soit seules, soit avec l’aide des facultés réfloctives en les dirigeant vers ce but, elles donnent encore la connaissance de ces besoins eux-mèmes. Cette qualification leur convient donc parfaitement. Cependant , pour être rigoureusement exact , il faudrait les qualifier de : facultés instinctives ayant rapport aux besoins rlr l’esprit, afin de les distinguer des facultés instinctives (pii donnent la connaissance de la manière de satisfaire les besoins du corps. Les premières ont une grande noblesse et un grand développement chez l’homme; les secondes, peu prononcées chez lui , sont très-développées chez 1 animal ; elles remplacent chez celui-ci les facultés intellectuelles, qui sont tout à fait rudimentaires.

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