Chapitre V. — Étude psychologique sur les suicidés
Article l^. — États psychiques dans lesquels l'aliéné se donne la mort.. 7i
Article II. — Nature des passions qui portent l'homme en santé à
se donner la mort 77
Le suicide chez l'homme en santé est déterminé par les passions qui prennent naissance dans les sentiments nobles et généreux.
L'homicide étant déterminé au contraire par les passions égoïstes et perverses, il y a un antagonisme entre le suicide et Thomicide.
Article m. — Du libre arbitre dans le suicide 80
Le suicide est accompli dans trois états différents par rapport au libre arbitre : i^ Dans Tétat passionné incompatible avec le libre arbitre ; S^ dans un état psychique où Thomme moralement libre ne décide pas cet acte par le libre arbitre. Placé entre deux partis qui lui sont imposés par les circonstances, et dont Tun répugne invinciblement à ses sentiments, l'homme prend par nécessité le parti pour lequel il n'éprouve pas une semblable répugnance , celui de se tuer ; 3o dans l'état de liberté morale où l'homme libre décide sa mort par son libre arbitre.
Article IV. — Du désespoir 83
Le désespoir est caractérisé par un état passionné en général violent. — Suicides déterminés par le désespoir.
Article V. — De l'ennui 87
L'ennui qui conduit au suicide est caractérisé par un état passionné sans violence. — Suicides déterminés par l'ennui.
Article VI. — Du suicide chez les ivrognes 95
Le suicide chez les ivrognes a lieu: 1» pendant l'état d'ébriété, et alors il est déterminé par un dégoût passionné pour la vie, dégoût inspiré par l'effet de l'alcool ; S* hors l'état d'ébriété, et alors il est également déterminé par un dégoût passionné pour la vie; ou bien encore, l'ivrogne se suicide pour se soustraire au besoin de boire, qu'il réprouve vivement, besoin qu'il sent ne pouvoir vaincre.
Article VII. — Du suicide déterminé par la passion religieuse. . . 98
Le suicide religieux est déterminé par le désir passionné de mourir pour jouir du bonheur de l'autre vie, ou pour se soustraire aux tourments d'une conscience timorée. — Suicide lent par privation volontaire des choses nécessaires à l'existence.
Article VIII. — Du suicide déterminé par le froissement des sentiments d'honneur et d'amour-propre 102
Ce suicide est déterminé par l'impossibilité instinctive de supporter le froissement des sentiments d'honneur ou d'amourpropre à la suite d'actes graves; ou même par l'impossibilité de souffrir d'être soupçonné de tels actes qu'on n'a pas conmiis. — Ce suicide est fréquent chez les inculpés de faits immoraux sur les enfants. — Le remords que peuvent éprouver les personnes qui se suicident à la suite d'actes déshonorants n'est point la cause de leur mort, car ces personnes ne se tuent que lorsqu'elles sont sur le point d'être saisies par la Justice, ou de paraître en jugement.
Article IX. — Du suicide pour éviter de subir la peine de mort. . 113
La cause de ce suicide est une répugnance invincible i recevoir la mort de la main de Texécuteur. Ce suicide est surtout fré* quent après les condamnations pour faits politiques.
Article X. — Du suicide occasionné par la misère 115
La misère étant considérée comme un opprobre par certaines personnes qui ont vécu dans l'aisance, celles pour lesquelles le froissement de l'amour-propre est impossible à supporter, se suicident pour éviter ce froissement. Ces personnes se donnent la mort après un combat douloureux entre rattachement à la vie et la répugnance à subir la vie avec la misère considérée par elles comme un déshonneur. Le libre arbitre ne décide le parti.qui est pris, qu'autant que le sens moral intervient dans la décision , et que la répugnance à subir le déshonneur n*est pas invincible.
Article XI. — Du suicide par le sacrifice de sa vie 119
L'homme qui sent qu'il est de son devoir de sacrifier sa vie au profit de ses semblables, et qui accomplit ce sacrifice malgré les répugnances qu'il éprouve à mourir, cet homme se suicide librement, son action est noble et a toujours été louée et admirée.
Article XII. — Du suicide stoïque 1 2Î5
Le stoïcisme portait au suicide par indifférence pour la vie, cette philosophie affaiblissant l'attachement à l'existence. Il portait aussi au suicide par devoir, cette philosophie commandant de se donner la mort dans certains cas. Le suicide stoïque a été fort rare.
Article XIIl. — De la question du courage dans le suicide 125
Le courage, de même que la lâcheté, ne peuvent exister qu'à l'occasion d'un acte qui est pénible et que l'on craint, mais que Ton se sent obligé d'accomplir par devoir, c'est-à-dire, qu'à l'occasion d'un acte déterminé par le libre arbitre. Faire cet acte en surmontant sa répugnance, c'est être courageux; ne pas le faire quand on le peut, quoique l'on sente que le devoir l'exige, c'est être lâche. Il n'y a donc ni lâcheté ni courage dans les suicides qui ne sont point décidés par le libre arbitre, puisque le sentiment du devoir n'est pas intervenu dans la décision ; et il y a du courage dans les suicides décidés par le libre arbitre , lorsque le sacrifice de la vie , inspiré par le devoir de sauver ses semblables , a été résolu malgré la répugnance à mourir.
(Chapitre VI. — Étude psychologique sui' les incendiaires 133
Article I*»". — Incendiaires par la passion de brûler, [)assion qui prend naissance dans un état névropathitjue du cerveau 133
Sept observations. — Cet état névropathique est inhérent au jeune âge; il détermine la mononianie incendiaire, la passion de brûler pour brûler.
Article II. — Incendiaires par les passions naturelles à rhomme en
santé 151
Incendiaires par vengeance 151
Huit observations. — Le crime d'incendie par vengeance est presque toujours commis par des personnes jeunes et violentes , donnant des preuves d*une grande insensibilité morale ; quel-, ques-unes profèrent avant le crime des menaces graves.
Incen<iiaires par avarice 105
Deux observations. — Incendies commis froidement sans passion violente. — Insensibilité morale complète.
Incendiaire par jalousie 17*2
Une observation. — État passionné violent ches une personne douée de sens moral.
Incendiaire pour éviter le froissement de ramouf-propre 174
Une observation. — Sens moral très-faible étouffé par l'amourpropre vivement froissé.
CHAPrrRB VII. — Étude psychologique sur les personnes qui commettent le vol 178
Article I". — Du vol chez les aliénés 178
Article II. — Du vol occasionné par les passions oaturelles à l'homme en santé 181
Le vol n'est pas un crime impossible aux personnes douées de sens moral. — Les personnes qui commettent le vol par habitude, et qui- le recherchent, sont dépourvues de sens moral et du sentiment de dignité. — Le vol est bien plus souvent commis par paresse et pour satisfaire des vices que pour satisfaire les besoins, les nécessités de la vie.— Voleurs animés de l'instinct de la destruction. — Voleurs spécialistes. — Certains voleurs ne peuvent jamais devenir assassins, non par une réprobation morale basée sur ce que l'assassinat est mal, mais par une répugnance instinctive contre le meurtre. — Les individus doués de sens moral ne commettent le vol que par accident, sous l'influence d'une cause excitante. En général ces individus restituent spontanément ce qu'ils ont dérobé.
Chapitbb vm. — Étude psychologique sur quelques anomalies instinctives bizarres • ^00
GHAPrTRB IX. — Étude psychologique sur les prostituées 207
La prostitution n'est pas possible à toutes les femmes. Pour adopter ce métier, la femme doit être faiblement douée des sentiments de pudeur, d*amour-propre et de prévoyance , ou être privée de ces sentiments. — Les causes qui précipitent dans Tabjection les femmes prédisposées par la faiblesse ou par l'absence de ces sentiments sont, les unes étrangères, les autres attenantes à la nature instinctive de ces femmes. Dans les premières causes déterminantes se trouvent la misère, l'abandon des jeunes filles par leur amant, les mauvais traitements de la part des parents, la séduction de la part des matrones et Finconduite des parents. Dans les secondes causes déterminantes se trouvent la vanité, la paresse et les désirs vénériens exagérés. — Les vices auxquels sont sujettes les prostituées sont la gourmandise, l'ivrognerie, le mensonge, la colère, la malpropreté, la mobilité de caractère , la turbulence , l'amour pour une personne de leur sexe. — Ces femmes, malgré les sentiments moraux qui leur font défaut , peuvent avoir quelques bons sentiments très-prononcés, tels que les diverses affections, tels que la probité, la charité, la pitié, le sentiment religieux. — Les maîtresses de maison ne valent pas mieux moralement que leurs pensionnaires; elles traitent celles-ci avec dureté quand elles n'ont plus à en tirer profit. — Les prostituées étant privées du sentiment moral qui fait sentir le devoir de se bien conduire et du sentiment de pudeur, ou ne possédant ces sentiments qu'incomplètement, ne sont pas moralement libres relativement aux actes pervers que leur conscience incomplète ne réprouve pas. — C'est en excitant leurs bons sentiments, et non par des châtiments, qu'on peut les ramener à une vie régulière.
Article le»". — Causes prédisposantes de la prostitution 209
Article TI. — Causes déterminantes de la prostitution 214
Article III. — Vices des prostituées 221
Article IV. — Bonnes qualités des prostituées 227
Article V. — État moral des maîtresses de maison 23i
Article Vî. — De la liberté moralôchez les prostituées. Conduite à tenir à leur égard 2.37