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CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE

mUnitiou de t'bonune.

Parmi les nombreuses définitions qui ont été données sur l’homme, la meilleure me paraît être la suivante , qui se trouve dans le livre de la doctrine catholique appelé C àtéchisme :

L’homme est un animal raisonnable, composé d’un corps et d’une âme faite «à l’image de Dieu.

Cette définition fait entrer l’homme, par le corps, dans le régne animal . et elle le différencie des autres animaux par une âme supérieure. Elle est cependant loin d'être sans défaut. Ainsi , la supposition que notre âme est faite à l'image de Dieu est purement hypothétique; nous n'avons aucun moyen de le savoir. Elle a aussi le tort grave de déclarer l’homme raisonnable , par cela seul qu’il est homme, sans aucune condition.

La formule suivante me parait préférable : L ’homme est un animal d’une espèce supérieure, composé d’un corps et d’une àme ; animal que rendent raisonnable et moralement libre les connaissances qu’il acquiert par les facultés morales et par les facultés intellectuelles.

Les caractères qui différencient l’homme des autres animaux sont ceux do l’espèce à laquelle il appartient. L’âme que l’homme possède ne peut pas être un caractère distinctif, car les animaux supérieurs, doués de facultés instinctives, de la perception, de la mémoire et même de

quelques rudiments de la faculté réflertive, en possèdent probablement une , d’une nature inférieure il est vrai ; ils ont un moi, une personnalité ; ils se sentent exister, en un mot. Ce n’est pas non plus la raison et le libre arbitre qui distinguent l’homme des animaux, puisqu’un grand nombre d’hommes, puisque les enfants et les idiots, privés des facultés nécessaires pour être raisonnables et libres, n’en appartiennent pas moins à l’humanité.

La définition de M. de Bonald : « L’homme est une intelligence servie par des organes » donne une trèsfausse idée du rôle que les lois naturelles ont assigné à l’organisme dans cet être complexe. L’âme ne se manifeste point telle qu’elle est, mais telle qm; l’organisme permet qu’elle soit manifestée; tantôt avec ses facultés normales , tantôt avec ses facultés perverties ou [dus ou moins détruites, selon les divers états de l’organisme. Voilà ce qu’il est impossible de nier, puisque c’est l'observation qui nous l’apprend ; voilà ce que Dieu a décidé que l’homme fût; voilà aussi ce qui contrarie les personnes qui, étant plus spiritualistes que le Créateur, trouvent qu’il est illogique que le principe supérieur de notre être soit à ce point sous la dépendance du principe matériel inférieur; et cependant cela est ainsi. Maine de Biran dit avec raison, à- propos de la définition de M. de Bonald : « L’homme n’est pas une intelligence servie par des organes, mais plutôt une intelligence empêchée par des organes » .

Le corps a une importance telle, que c’est dans l’intérêt de circonstances qui le concernent spécialement que l’âme a été douée de certaines facultés instinctives. Sans son union avec le corps, les affections de famille, les in-

térèts nombreux de la vie matérielle, lessentiments sociaux, n’auraient pas leur raison d'être. Si donc, pour étudier l’homme, nous sommes obligés de séparer les éléments qui le composent, hàtons-nous de les réunir, afin d'apprécier l’ensemble, qui seul le constitue.

Bien que le sens moral ne se rencontre que dans l’humanité, on aurait tort de le considérer comme étant un caractère qui distinguerait tellement l’homme des animaux. «pi on devrait placer le premier dans un régne à part appelé règne hominal , ainsi que l’a proposé .M. (Juatrefages. Le sens moral est si peu un caractère essentiel à l’humanité , qu’il manque chez un certain nombre d’individus des races supérieures, ainsi que nous le prouverons dans la seconde partie de cet ouvrage, et que les races inférieures ne le possèdent à aucun degré , ce que nous avons pu voir dans le court aperçu que nous avons donné sur leurs facultés instinctives, au chapitre II de cette première partie. L’homme se distingue des autres animaux par tout son ensemble, par les caractères anatomiques de ses centres nerveux , par la qualité et par la quantité de ses facultés psychiques , et non par un caractère unique.

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