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Chapitre V. — Étude psychologique sur les Passions

Article Ier. — De l'état passionné, ou de la domination et de l’aveuglement involontaires de l’homme par ses passions. Caractère psychologique de la folie morale raisonnante, délirante 258

Quand l’homme éprouve une passion, s’il ressent, en même temps qu’elle, les sentiments moraux qui lui sont opposés, il connaît, par ces sentiments, la fausseté, la perversité, la bizarrerie des pensées et des désirs inspirés par sa passion, il n’est ni dominé ni aveuglé par elle. — Mais si la passion n’est combattue par aucun sentiment moral opposé, les pensées et les désirs inspirés par cette passion sont considérés par l’homme comme justes, bons et raisonnables. Dans ce cas, celui-ci est dominé et aveuglé involontairement par sa passion; ses facultés réflectives fonctionnent exclusivement au profit des aspirations de cette passion .

C’est cet aveuglement naturel et involontaire que j’appelle : état passionné. — Les passions Calmes, mais tenaces, inhérentes au caractère de l’individu, peuvent produire cet état aussi bien que les passions violentes. — Les bons sentiments vivement excités peuvent dominer l’esprit, mettre l’homme dans l’état passionné, aussi bien que les mauvaises passions. — L’état passionné, c'est-à-dire la domination et l’aveuglement involontaires de l’esprit par une passion, est le caractère psychologique de la folie raisonnante, chez le malade et chez l'homme en santé.

Article 11. — De quelques effets des passions et de l'état passionné. 278 1° L’homme ne peut pas cacher les passions violentes qui le

nietleut dans l'état passionné 27g

2U Caractère psychologique du plaisir et de la peine, du bonheur

et du malheur 280

Le plaisir de chaque individu réside dans la satisfaction de ses éléments instinctifs. — Le bonheur est leur satisfaction sans mélange d’aucune peine. — Le bonheur ne réside donc pas dans un objet unique. — Il ne peut être que de courte durée, une satisfaction sans mélange de peine ne pouvant durer que fort peu de temps.

3U De l'entêtement 290

4U De l’inégalité dans lo caractère 290

5U Réaction des sentiments qui dominent l'esprit, lorsqu’ils sont

contrariés, violentés 290

tiu Ascendant des personnes animées de sentiments puissants sur celles dont les sentiments ont une puissance moindre 291

7° De l’enthousiasme ;

8° Préceptes donnés par la psychologie contre les passions.

Chamtkk VI. — De la Raison

La raison n’est point une faculté particulière. — Le principe de la raison réside dans les facultés intellectuelles et dans les facultés morales; elle ne réside pas dans ces facultés mômes, mais dans les connaissances, en rapport avec la vérité et avec la morale, que chacune de ces facultés procure selon la nature de ses fonctions. — Les facultés psychiques ne sont donc qu’un moyen pour acquérir la raison. — Chaque ordre de faculté procurant des connaissances spéciales, il y a une raison morale et une raison intellectuelle, indépendantes l’une de l’autre.

Article Ier. — De la raison instinctive ou morale

Cette raison qui indique à l’homme la manière dont il doit se conduire, peut s'appeler : raison active. — Raison morale supérieure donnée parle sens moral. — Raison morale inférieure

donnée par les bons sentiments à satisfaction égoïste. — Raison morale relative. — Raison morale partielle. — Absence temporaire de la raison morale. — Du bon sens, ou sens commun.

Article II. — De la raison intellectuelle 322

La raison intellectuelle réside dans la connaissance des vérités naturelles ou scientifiques; elle peut s’appeler: spéculative — Cette raison a deux buts pratiques. — Premier but : Utiliser les lois naturelles au profit des besoins et des agréments de l’homme. — Deuxième but : Faire disparaître, avec l’ignorance, un grand nombre de causes excitantes des mauvaises passions.

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