FACULTÉS INTELLECTUELLES INFÉRIEURES
i*e lu Perception.
La perception, faculté par laquelle l'esprit acquiert la connaissance du monde extérieur, entre en exercice au moyen des organes des sens, qui en sont les instruments nécessaires. L’impression des objets extérieurs sur ces organes, et la perception, c'est-à-dire la connaissance de cette impression par l’esprit , sont deux phases distinctes et indispensables d’un seul phénomène que le langage exprime par le verbe sentir, dans la signification du mot sensation, ou par ses analogues en rapport avec le genre de sensation éprouvée. Ainsi, avoir le nerf optique impressionné par la lumière et percevoir cette impression, s’exprime par le verbe iwV.-je vois la lumière. L’explication
physiologique île ce phénomène complexe pouvant seule en donner une^juste idée, nous allons l'exposer sommairement.
Les corps extérieurs impressionnent, dans les organes des sens, un nerf spécial, lequel transmet au cerveau, centre nerveux manifestant l’esprit , l'impression qu’il a reçue. Lorsque celle-ci est arrivée à cet organe, l’esprit en a connaissance . il la perçoit. Ainsi . pour acquérir la notion du monde extérieur, deux phénomènes, l’impression sensorielle et sa transmission au cerveau, sont indispensables. Si l’un d’eux manque, la perception psychique n’a pas lieu. Sans l'impression sensorielle, le moi ne perçoit rien, cela va sans dire; mais, si une impression sensorielle n’arrive pas jusqu’au cerveau, le moi ne perçoit rien également; et, si une réaction a lieu alors contre cette impression, elle est purement organique; elle a été effectuée par des centres nerveux autres que le cerveau, et l’esprit, n'y ayant point participé, n’en a pas connaissance. Le mot sensation est donc adopte dans le langage pour exprimer 1 ensemble dos deux phases du phénomène, dépendant, a fait remarquer A. Garnier, le bon usage de la langue française veut qu’on emploie les mots sentir et sensation , seulement lorsque nous éprouvons en même temps que la perception une impression quelconque de plaisir ou de peine, dans l’organe du sens qui est la cause de cette perception. Ainsi on peut dire : je sens un corps par le toucher, je sens une odeur, une saveur : parce qu’on éprouvé quelque chose à la main, au nez, à la bouche, lorsque ces organes procurent une perception ; mais on ne peut pas dire ; je sens lu lumière ou un son , vu qu’on u éprouve rien ni dans les yeux, ni dans les oreilles, quand
ces organes nous transmettent la lumière ou le son. Dans ces deux cas, on emploie le verbe percevoir, ou les verbes voir et entendre. Mais ces conventions n’ont rien de scientifique; et ce qui est régulier, d’après elles, dans la langue française, peut devenir une faute dans une autre langue. Ainsi, en italien, entendre la musique, un air, un son, s’exprime par : sentire la musica, un suono, un’ aria. Le verbe adiré, qui se traduit par entendre, signifie proprement, écouter.
La sensibilité, phénomène physique que la plupart des philosophes ont considéré comme une faculté de l’âme, n’entre dans le domaine de la psychologie que par la. perception , cette faculté étant celle qui procure à l’âme la connaissance des impressions sensorielles.
Pendant longtemps les philosophes privés des lumières que la physiologie seule pouvait procurer dans le pliènonomène de la perception^ s’égarèrent sur la nature de cette faculté en lui attribuant des actes réllectifs qui ne lui appartiennent point. Le monde extérieur ne présentant rien aux sens qui ne soit composé de diverses parties, qui n’ait une figure de trois dimensions, une ou plusieurs couleurs et autres qualités sensibles, les philosophes ont cru qu’on 11e pouvait discerner ces différents attributs que par des opérations compliquées de l’esprit.
Mais toutes ces propriétés des corps constituent une unité dans la perception ; cette faculté 11’analyse rien, ne sépare rien ; par elle, l’esprit reçoit passivement et involontairement la connaissance des objets en un seul tout, quelque nombreux que soient leurs éléments, et quelque variées que soient leurs qualités. Les ignorants, même les moins habitués à réfléchir, perçoivent ces objets avec leurs
qualités diverses, aussi bien et aussi vite que les hommes les plus intelligents. Les uns, par exemple, lisent avec autant de célérité que les autres; les premiers lisent aussi facilement ce qu’ils ne comprennent pas, que les seconds ce <pi ils comprennent ; les uns et les autres profitent pour leur conduite à tenir, de même que les animaux, des connaissances acquises par leurs sens, avec une promptitude qui exclut parfois toute possibilité de réflexion dans l’espèce humaine. N attribuons donc point à la perception les réflexions qui l’accompagnent presque toujours chez les personnes habituées à réfléchir, réflexions par lesquelles ces personnes étudient, analysent les objets perçus. Ce travail, quelque faible qu’il soit, n’appartient point à la perception, <i la réception pure et simple par l’esprit des objets extérieurs; puisque ce travail est réflectif. il appartient à la faculté réflective.
Outre la connaissance du monde extérieur, la perception procure en même temps à l’esprit, sans aucun travail réflectif , la conviction de 1 existence des objets perçus. Cette conviction, donnée par un sentiment inné, est tout instinctive. C est a lleid que nous devons cette judicieuse remarque. « Dans la perception d’un objet extérieur, dit-il nous t rouvons trois choses : l 0 quelque conception ou notion de 1 objet perçu ; 2° une conviction irrésistible, ou croyance, de son existence actuelle ; 3° cette conviction est immédiate, et non 1 effet d un raisonnement. » Après avoir constaté que ces trois choses n’en font qu’une dans notre esprit, il indique la raison pour laquelle il devait en être ainsi :« Le souverain Législateur, continue-t-il 2, a voulu que l’homme
1 Œuvres complètes, traduites par Jouiïroy, tom. III, pag. 125.
2 Idem, tom. III, pag. 132.
connut les objets extérieurs autant que l’exigeaient la satisfaction de ses besoins et le soin de sa conservation. Les facultés dont il l’a doué, remplissent ce but. S’il fallait raisonner pour acquérir la connaissance de tout ce qui nous environne, la plus grande partie de l’espèce humaine en serait privée ; car le plus grand nombre des hommes apprend à peine à raisonner, et, dans l’enfance, nul ne le peut. Mais, comme la connaissance des objets environnants, et dont nous pouvons recevoir du bien et du mal, est nécessaire également à l’enfant et à l’homme fait, au savant et à l’ignorant, Dieu, dans sa sagesse, nous la donne d’une manière qui établit l’égalité entre tous. L’instruction des sens est aussi parfaite, et produit une conviction aussi pleine chez celui qui ne sait rien que chez celui qui sait tout.» A ces considérations si rationnelles, ajoutons que l’animal possède celte conviction instinctive de même que l’homme. En voyant une proie, il se précipite sur elle; il entend du bruit, et il fuit immédiatement.
La connaissance du monde extérieur , passivement reçue par la perception et conservée par la mémoire naturelle, forme la plus grande partie des objets sur lesquels se fixent les facultés réflectives dans leurs diverses opérations. « La sensation la plus faible, pourvu qu’elle soit perçue, dit V. Cousin1, est grosse des notions les plus élevées, et entraîne une sorte d’explosion soudaine et spontanée de l’intelligence tout entière. » La perception est, en effet, l’élément excitateur par excellence des autres facultés intellectuelles et des facultés instinctives. En mettant l’es-
1 Philosophie de Kant, pag. 350.
prit en rapport avec le inonde extérieur, elle ouvre, pour ainsi dire, la porte à l’activité de ces facultés.
Lorsque l’esprit est dans l’exercice de ses facultés, il a nécessairement connaissance de cet exercice, il le perçoit, et, en même temps, il se perçoit lui-méme par la seule manière possible . son activité. Nous nommerons cette connaissance conscience personnelle . Elle n'est point une faculté spéciale de l’esprit, car. agir et savoir qu’il agit, est pour lui une seule et même chose. La conscience personnelle ne doit pas être confondue , ainsi que le font . même de nos jours, quelques philosophes, avec, la conscience morale, dont l’objet est tout autre.
La perception, de même que les autres facultés de l’esprit, est rarement seule en exercice. On rie la conçoit isolée dans ses fonctions que chez des personnes incultes, peu habituées à réfléchir, (pii. dans un état de nonchalance, d inactivité psychique, ne pensent précisément à rien. Leur esprit paresseux est impressionné par les objets qui frappent leurs sens, sans que ces objets excitent d’autres
facultés à entrer en exercice. Cette inactivité de l’esprit est
presque impossible aux individus des races humaines supérieures, dont les facultés ont été cultivées. Chez ces individus. tout objet perçu est saisi par la réflexion, ou bien il excite quelque sentiment ; mais alors on ne doit pas confondre la perception, qui est seulement l’impression sensorielle parvenue à l’esprit, avec les opérations des autres facultés, opérations qui l’accompagnent ou qui la suivent immédiatement.
l»e la Mémoire.
Influence de la vivacité et de la profondeur des impressions sur la durée des souvenirs. — Mémoire plastique. — Mémoire automatique.
Par la mémoire, l’esprit conserve l’impression des objets et des faits perçus , ainsi que les connaissances acquises par l’étude; il en garde le souvenir. Lorsque cette faculté est suffisante, elle rappelle spontanément, et sans qu’on les cherche, les objets connus dont on a besoin. La facilité avec laquelle la mémoire rappelle le passé et les connaissances acquises ne dépend pas seulement de sa puissance, elle dépend encore de la vivacité et.de la profondeur des impressions reçues.
1° Influence de la vivacité des impressions swr la durée des souvenirs. — Cette durée est d’autant plus grande que les impressions ont affecté davantage nos sentiments et nos passions. Celui dont l’amour-propre est trés-excitable se rappellera plus longtemps les faits qui ont froissé ce sentiment , bien que sa mémoire soit mauvaise , que la personne chez laquelle cette faculté est excellente , mais qui n’est pas sensible à l’affront. Un fait excitant vivement la crainte et la pitié, tel qu’un incendie ou une inondation , ou bien l’horreur, tel qu’une exécution capitale, est plus longtemps et plus souvent rappelé par la mémoire que ce qui ne nous émeut point. Une seule perception accompagnée d’une vive impression des sentiments suffit pour graver à jamais certains faits dans l’esprit , tandis que la répétition fréquente des impressions est nécessaire pour retenir des connaissances purement scientifiques ou indif-
férentes aux éléments instinctifs ; et malgré cette répétition, ces connaissances s’oublieront plus facilement que les premières.
Il est tellement dans la nature de l’homme en santé de conserver le souvenir de ce qui excite ses sentiments, que si un fait de nature à les affecter, et venant de se passer, n a laissé aucune trace dans son esprit , on peut affirmer que son moi n’y a pris aucune part. Nous partirons de ce principe. basé sur la nature de la mémoire, pour apprécier avec plus de justesse (pi on ne l’a fait jusqu’à ce jour certains actes purement organiques, attribués à tort à 1 esprit, et dont le manque complet de connaissance par le moi a été expliqué au moyen de l’oubli. L'oubli à courte distance . dans l’état de santé, n'est possible que si le fait, étant peu important, a faiblement impressionné l’esprit.
2° Influence de la profondeur des impressions sur la durée des souvenirs. — Moins l’esprit est surchargé de connaissances, plus les impressions qu’il reçoit, toute chose égale d’ailleurs, le pénètrent profondément. Cette circonstance nous explique pourquoi dans l’enfance et dans la jeunesse, oii la mémoire n’a pu encore se développer par l’exercice, ces époques de la vie sont cependant celles dans lesquelles on retient pour le temps le plus long. Ce n’est point parce que la mémoire a plus de puissance, qu’alors elle retient mieux ; c’est parce que les impressions reçues sont plus profondes. Dans l’âge viril, l’esprit surchargé de connaissances, et par conséquent moins impressionnable, reçoit une empreinte moins forte des faits auxquels il participe, et des connaissances qu’il acquiert. Cette surcharge de l’esprit, qui n’amoindrit pas la mémoire, rend pourtant le
produit de cette faculté, le souvenir, moins facile et moins durable, quoique les facultés intellectuelles soient, à cet âge, à l’apogée de leur puissance. Le vieillard, par suite de modifications survenues dans son cerveau, voit toutes ses facultés psychiques s'affaiblir; la mémoire, subissant le sort commun, rappelle plus difficilement ce qu’elle a possédé. Les faibles restesde cette faculté se manifestent principalement alors sur les connaissances qui ont le plus vivement et le plus profondément impressionné l’esprit, c’esta-dire sur les faits qui ont excité les sentiments, sur les actes du jeune âge, et sur ce qui a été appris à cette époque. Le vieillard récitera un livre entier do l’Énéïde, qu’il a appris il y a soixante ans (ce dont j’ai été témoin), et il sera incapable de retenir pendant plusieurs jours quatre vers nouveaux pour lui, rien ne pénétrant plus actuellement dans son esprit. Tout concourt donc chez lui à favoriser l’oubli des faits récents, l’inaptitude à recevoir les impressions et la faiblesse de la faculté qui les conserve.
La démence nous présente le même phénomène que la vieillesse. Cet état ultime des diverses formes de l’aliénation nous montre la mémoire à peu prés éteinte comme les autres facultés psychiques. Mais ce n’est pas seulement à cause de cette faiblesse que le dément oublie presque tout, même les faits nouveaux; c’est parce que sa perception est incomplète, c’est parce que son esprit est réfractaire à tout ce qui se passe autour de lui. Il ne peut, avec les faibles vestiges de sa mémoire, se rappeler ce qui l’a à peine impressionné. Les dernières lueurs de cette faculté se manifestent seulement, chez lui, sur ce qui a rapport aux besoins matériels, sur ce qui affecte les sentiments qu’il est encore susceptible d’éprouver, la crainte et les
affections, ou bien sur certains faits qui l'ont frappé avant l’altération de son cerveau, à une époque où son esprit pouvait être facilement impressionné.
Les boissons alcooliques, dont l’action est si délétère sur les centres nerveux, troublent profondément la mémoire, de même que les autres facultés; elles empêchent tellement l’esprit d’être impressionné par les faits dont il est témoin, et par ses propres actes, mémo les plus graves, qu’il y a des cas où l'ivrogne en conserve a peine, après l'accès d’ébriété, quelques lambeaux de souvenir.
La mémoire ne représente pas de la même manière» à l'esprit tous les objets perçus. On se rappelle les sensations fournies par le toucher, p;u* le goût et par l’odorat, seu- * lement comme les ayant éprouvées, tandis qu'on se rappelle en nature celles provenant de la vue et de l’ouïe. Le souvenir d’un tableau, d'un monument, d’un site, représente à l ’esprit ces objets mêmes; le souvenir d’une phrase musicale la fait entendre mentalement.
La mémoire . rappelant en nature les objets fournis par le sens de la vue , peut être qualifiée de plastiqua ; appliquée aux localités, elle est appelée mémoire locale. Certaines connaissances ne peuvent être bien conservées qu'avec le secours de cette mémoire. Pour aider l’étude ingrate de la géographie , on expose souvent à la vue des cartes représentant les diverses contrées du globe. — La mémoire plastique est également nécessaire pour posséder l’anatomie ; cette connaissance, difficile à retenir à cause de la multitude des éléments anatomiques et des rapports qu’ils ont entre eux, ne peut s’acquérir d'une manière durable qu’au moyen de dissections souvent répétées.
L’imagination a été quelquefois confondue avec la mémoire ; mais l’imagination étant essentiellement créatrice, du moment où les images présentées à l’esprit reproduisent exactement les objets antérieurement connus , elles appartiennent à la mémoire seule.
Les connaissances scientifiques découvertes par la réflexion , les mathématiques par exemple , ne peuvent s’apprendre qu’avec le concours de la réflexion. La facilité de raisonner, de saisir les rapports éloignés , aide beaucoup à reproduire ces opérations compliquées. La mémoire s’unit alors intimement aux facultés réflectives , et se confond avec elles pour rappeler ces connaissances. Cependant, lorsque, par une longue habitude, l’esprit n’a plus besoin , pour se rappeler ces connaissances , d’avoir recours aux raisonnements qui, en premier lieu , les lui présentaient dans tous leurs détails , la mémoire seule les reproduit comme de simples propositions.
Outre la mémoire psychique , il existe une mémoire purement organique, une mémoire automatique . l)e même que l’esprit retient par la répétition des impressions, l’organisme possède, au moyen de l’habitude prise de répéter certains actes, le pouvoir de les reproduire sans le concours direct de l’esprit : par l’habitude de tricoter, par exemple, les femmes exécutent machinalement ce travail manuel, sans la direction de l’esprit, pendant que celui-ci est occupé à autre chose. On peut réciter par cœur, également par un effet de l’habitude , une longue série de mots , même dans une langue qu’on ne comprend pas , et sans que la pensée s’occupe de l’objet signifié par ces mots. Cette mémoire automatique, à l’aide de laquelle on retient ces mots, c’est-à-dire le signe des idées, est très-utile à
celui qui la possède à un degré élevé, car. en se rappelant le signe, il se rappelle aussi la chose signifiée. La géographie étant pénible à retenir, on imagina, pour en faciliter l'étude, «à la fin du siècle dernier, delà mettre envers français, ce qui atteignit en elfet le but proposé, la versification favorisant beaucoup . par le rhythme et par la rime, la mémoire automatique. Mais depuis les changements survenus dans les divers États , cette heureuse innovation n’a plus été tentée. Par la récitation littérale , appartenant à cette mémoire , l’esprit voit se dérouler devant lui les idées et les choses que les mots représentent. Nous étudierons les divers effets delà mémoire organique quand nous traiterons de l’automatisme, c'est-à-dire des actes remarquables que l’automate organique accomplit avec ou sans la direction de l’esprit.
1 ne grande facilité à acquérir des connaissances par la mémoire ne devient-elle point parfois un obstacle aux ré- Uexions profondes? Lorsqu’un homme s’approprie sans effort les idées d autrui , n’est-il pas détourné du désir d’en chercher lui-méme? Si cette supposition n’est pas toujours exacte, s’il est vrai que l’on rencontre des savants retenant tout ce qui parvient à leur connaissance, et qui en même temps sont féconds en ceuvres originales, il est positif aussi qu il s en trouve d’autres, et c’est le plus grand nombre, qui se contentent du plaisir d acquérir beaucoup, plaisir facilité chez eux par la plus heureuse mémoire. Peut-être aussi ces derniers ont-ils faiblement prononcés les instincts du doute et de la causalité, instincts nécessaires àl’homme pour qu il soit engagé à se livrer à des recherches, pour qu il puisse supposer que ce qu’on lui a appris peut bien n être pas toujours la vérité.
La perception et la mémoire, avons-nous dit, sont les facultés intellectuelles les moins nobles et les plus nécessaires. Elles sont les moins nobles, puisqu’elles peuvent être autant développées chez les individus les moins intelligents que chez ceux dont l’intelligence est remarquable, puisque les animaux supérieurs perçoivent aussi bien que l'homme, et font preuve d’une mémoire assez étendue. Elles sont aussi los plus nécessaires, la perception étant la source des connaissances premières au moyen desquelles les facultés réllectives en découvrent de plus compliquées, et la mémoire les conservant pour les présenter à l’esprit, lorsqu’il en a besoin. L’importance de cette dernière faculté ressort également de ce que sur elle repose l’identité de l’individu dans la succession des temps.