‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 101 sur 146 · ACTIVITÉ DÉSINTÉRESSÉE · texte numérisé non relu

ACTIVITÉ DÉSINTÉRESSÉE

I* Action habituelle.

2* Action sans le sentiment du présent, de l'anité, de la liberté.

3° Perception sans sentiment de certitude avec le sentiment vague du présent.

///. — rc.ycTrox des images

1° Mémoire purement représentative.

2' Imagination.

3° Raisonnement ahs-trait.

4° Rêverie.

IV. — RÉACTIONS ÉMOTIONNELLES VISCÉRALES V. — MOUVEMENTS MUSCULAIRES INUTILES

Partant de celte conception, on dislingue d^ux névroses, deux dépressions, deux arrêts de développement : dans la psychasténie il y a un abaissement de tension psychologique ; pour ce qui concerne la fonction du réel, les fonctions supérieures de la hiérarchie n'aboutissent pas et à leur place se substituent des doutes, des agitations, des angoisses, des idées obsédantes, etc., d'où entraves pour l'exercice de l'effort volontaire, de l'attention, de l'adaptation à l'action sociale; dans Yhystérie le déflcit porte sur l'assimilation personnelle, le champ de cette conscience personnelle est rétréci, (bi 488-90).

H n'est pas inutile de remarquer que ces névroses ne sont nullement des maladies imaginaires que le sujet peut supprimer avec tant soil i^eu de bonne volonté : « Il me semble indispensable, dit Jankt, de ne pas se laisser égarer jusqu'à faire de ces maladies des rêveries et caprices du sujet et

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jusqu'à oublier leur véritable aspect pathologique. Les névroses sont avant tout des maladies de tout l'organisme arrêté dans son évolution vitale. Sans doute elles ne détruisent que rarement la vie du sujet, mais elles la diminuent certainement ». (bi^Sg Sga).

Si les névroses se traduisent souvent par des troubles mentaux, ce n'est pas que le siège du mal soit dans l'âme, mais l'exercice de la pensée et par suite celui de la volonté sont conditionnés par l'état du système nerveux, comme aussi l'influence de la A'olonté et de la pensée sur les mouvements, soit externes, soit internes. Les fonctions supérieures, en tant qu'elles s'appliquent efficacement à la réalité, sont d'ailleurs celles qui, d'après le résultat des observations, requièrent le plus d'énergie nerveuse. A certains troubles de l'énergie nerveuse correspondront des troubles qui se manifesteront principalement par des déficits ou des désordres des fonctions supérieures.

1° Psyckasténie. — Pratiquement le prédisposé psychasténique se reconnaîtra à certains traits et certaines circonstances de sa vie rappelant le caractère et les accidents du psychasténique.

I. Caractère psychasténique. — Voici la description détaillée qu'en donne P. Janet :

« On y retrouvera d'abord, mais à un degré plus faible, toutes les formes de l'aboulie. Ce sont des individus qui ont peu ou point de résolution et d'activité volontaire. Ce qui leur répugne surtout, c'est l'action sociale, et ils sont avant tout des timides, incapables d'agir et de parler devant les autres hommes. Ils ont un caractère renfermé, car ils ne peuvent développer leurs pensées et leurs sentiments, ils ne peuvent les amener à l'état de précision susceptible d'expression, lorsqu'il y a des témoins. Même quand ils sont seuls, ils n'aiment pas à agir et ils agissent mal; souvent ils ont en horreur les exercices physiques et

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surtout ceux où il faut construire quelque chose. Ils ont toujours été d'une maladresse étonnante et ils ne savent rien faire de leurs mains.

« Ils sont indécis, ils n'aiment point à prendre des décisions... Il y a une chose encore plus pénible pour eux que la décision personnelle, c'est la lutte. Ils ont horreur de lutter contre qui que ce soit et c'est pour cela qu'ils ont la réputation d'avoir un caractère doux. Jamais leur intérêt compromis ne leur paraît assez considérable pour les décider à entamer une lutte si pénible. Ils aiment infiniment mieux sacrifier ce qu'ils voient être leur intérêt et faire ce qu'on leurdemande.

« Ce peu de souci de leur intérêt personnel, joint à leur horreur de la lutte, les rend extrêmement honnêtes; ils ne songent à léserpersonne et ils souhaitent ardemment queles autres aient autant de respect pour leurs propres droits. Gomme ils ont le mépris du terre à terre et de la pratique, ils conçoivent un monde parfaitement honnête et idéal. En effet ils aiment et comprennent mieux les idées. Ils sont intelligents, ils sont capables d'observer et de comprendre les choses morales, ils ont une mémoire extraordinaire, beaucoup d'imagination et de raisonnement... Ils adorent la philosophie, la poésie, la religion... Les rêveries poétiques et mystiques conviennent à leurs dispositions mélancoliques, car ils sont plutôt tristes et disposés à la rêverie solitaire. Aussi ont-ils besoin d'être sans cesse excités et réveillés; mais ces excitations doi' vent être bien graduées et faites avec délicatesse, car la moindre des choses semble les mettre dans des états d'émotion indescriptible. Le cœur joue chez eux un très grand rôle... Cette émotivité est irrégulière; tantôt ils restent indifférents, tantôt ils se

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bouleversent pour la moindre des choses. Ces émotions qu'ils craignent, ces amitiés qu'ils ont besoin d'oblenir et qui leur font défaut, ce monde hostile avec lequel ils redoutent d'avoir à se mesurer, ces résolutions qu'il faudrait prendre et qui sont toujours en retard, tout cela les met dans une inquiétude continuelle qui se traduit souvent au dehors par une agitation inutile. Ce caractère tout spécial, aboulique, timide, non combattif, idéaliste..., n'est pas sans doute la maladie constituée, mais il la prépare d'une manière remarquable à tel point qu'on l'observe chez plus des deux tiers des sujets, bien avant que n'apparaisse aucun trouble caractéristique considéré comme morbide. » (bi488 625-6).

De tels sujets, on le comprend, ne seront pas aisément considérés comme anormaux dans un milieu scolaire. Intelligents, doués d'imagination et d'une excellente mémoire, lionr.êtes, délicate, pleins d'horreur pour le mensonge, dociles, aîTectneux, religieux, ayant un idéal élevé, ils passeront, et à juste titre en un sens, pour d'excellents élèves. Leurs défauts, l'indécision, l'horreur de la lutte, l'incomplétude dans l'action, n'auront en général au collège que des manifestations très attémiées, parce que toutes les démarches à faire sont déterminées, dans les grandes lignes au moins, par le règlement; cela est encore plus vrai dans les collèges chrétiens où l'enfant trouve un milieu plus sj-mpathique, plus charitable, oEfranl moins d'occasions de lutte. Mais l'enfant ne s'élève pas pour le présent, l'éducation doit le former pour l'avenir, le rendre capable de s'adapter plus tard aux milieux divers, aux circonstances multiples de la vie; or il y a bien des probabilités pour que les caractères de ce genre ne soient pas à la hauteur d'une situation complexe et ditïicile, et qu'alors la névrose ne se déclare avec toutes ses conséquences si redoutables : « Si l'on songe que tous les cas, à moins qu'ils ne soient insignifiants, vont se prolonger de 8 à 12 mois, qu'ily a très souvent dans les trois quarts des cas des récidives ordinairement plus

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graves que la première atteinte, qu'un bon nombre, à peu près le dixième des cas, est destiné à passer à la cbronicité, si l'on Bonge que pendant son évolution, cette maladie non seulement cause de grandes soulTrances, mais éloigne presque complètement le sujet delà vie normale et l'amène, si elle se prolonge, à une complète incapacité de travail, lui supprime la famille et les relations sociales et le conduit à l'isolement complet, on verra que, malgré la conservation de la conscience, c'est une triste maladie de l'esprit. » (bi488 680). Or les efforts dirigés contre ce genre d'inûrmité aboutissent beaucoup mieux pour prévenir que pour guérir; ces états se développent lentement et, lorsque le sujet est jeune, une éducation bien conduite peut en retarder l'éclosion (bi488 684). Si l'âge mfir peut être atteint sans accidents, la vie, présentant ensuite un état d'occupations organisé, n'offrira pas les mêmes diffloultéâ d'adaptation et les inconvénients d'une névrose déclarée pourront être évités.

II. Accidents psychastèniques. — A côté de ces manifestations générales d'inr/chà^'ement, d'incomi letude^ de matique d'adaptation au réC', au vécu, au social surtout, certains accidents se manifesteront parfois ; ils ne caiactérisent d'ailleurs la névrose que s'ils se greîTeut sur les stigmates indiqués comme notes du caractère psych isténique. On remarquera les 8ympt;'»mes de l'épinsement nerveux, soit dans la nutrition, soitdans le sommeil, soit dans les douleurs éprouvées ; certains accidents psychologiques, des dérivations, viendront manifc-^îer l'insuffisance de la tension psychologique qui n'aboutit pas à l'exercice total de la fonction en

jeu

Citons parmi ces dérivations les idées obsédantes îscrupule?, crainte constante du sacrilège, honte (ie soi senliment de damnation, toutes UtA formes hypocondriaquesdes maladies imaginaires ,les manies mnataies (interrogations constantes, délibérations sans fin,

Psvc!>o!op;io pé(lagO{.;iKue. ai

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manies des procédés, des perfectionnements, des pactes symboliques — si je fais tel acte, c'est un siyne que je consens àtelcrime, — conjurations), les agitations mentales diffuses (rêveries forcées, ruminations constantes), les agitations motrices (tics de tous genres, crises de marche ou de paroles, crises d'excitation et de dépression), les agitations émotionnelle,^: {phobies des objets, des contacts, des idées, des situatioiiS spatiales ou sociales, etc.)^ les angoisses çagui's, etc.

En examiiiaui de près la genèse de ces accidents chez les prédisposés, on remarquera qu'ils sont une conséquence de l'état d'insuffisance et d'incomplétude pour les fonctions supérieures : « Les circonstances forcent à essayer d'exécuter une action, à accepter ou nier une opinion, ou simplement à éprouver un sentiment déterminé qui devrait s'éveiller à propos de la situation présente. 11 semble que dans ces circonstances la fonction excitée, réclamée par la situation, ne peut s'exercer ou ne le fait que d'une manière très incomplète, et c'est à ce moment que l'agitation commence, qu'elle s'ajoute à ce fonctionnement incomplet. Le sujet qui ne peut agir, croire ou sentir, sent que son esprit est envahi par des manies de précision et de serment, a des tics ou des angoisses variées. » (bl489 348).

ill. Circonstances critiques. — D'après la nature même de cette infirmité, on conçoit c[ue les circonstances plus importantes auxquelles l'enfant devra s'adapter seront particulièrement critiques (un rôle à déclamer en public, la perte d'une personne très chère et les démarches à faire à cette occasion, une violente émotion); certaines circonstances sont par

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elles-mêmes susceptibles de faire le plus grand b'en à l'enfant psychasténique, par exemple il peut trouver liins la première communion un mol il" de (onfiance, d'assurance, mais il est clair que la préparation à cet acte d'une haute importance pou*' lui doit être conduite avec une grande prudence.

A l'Inverse de te ([ui ai rive pour les airitrés et les instables, il y a une plus forte proportion de cas chez les filles.

IV. Education du psychasténique. — Pour ces tujets il importe de ne pas laisser aller les choses et il ne faudra pas craindre d'insisier près des paients avec énergie pour obtenir une interventiou médicale. En supposant que les prédisposés n'aboutissent pas à la névrose déclarée, ils seront en vertu de leur caractère très loin de donner ce que leur intelligence promet, incapables d'exercer la bonne influence que l'on peut attendre de leurs autres qualités.

L'éducation qu^ leur convient se résume très bien dans cette phrase par laquelle les Ea.ercices spirituels de Saint Ignace de Loyola expriment l'action des bons anges sur les âmes de bonne volonté : ciSpiritui auteni bono proprium consueluinque est recte agentibus ani' mum ac vires addere. C'est le propre du bon esprit d'augmenter le courage et les forces de ceux qui ont bonne volonté. »

Au point de vue pliysique, le médecin est à consulter; souvent v\u régime spécial est très désirable au nïuins provisoirement.

Au point de vue moi-al, les exercices physiques réglés et adroits ont une bonne influence : métiers manuels, travailler le bois, tout ce qui fait agir sur la réalité d'une manière concrète et délinie. Si les jeux et exercices du corps sont jusqu'à

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Uh cerlain point dangereux, réclamant l'attention pi'alique dn sujet pour éviter les accidents, ils ne seront que plus proQtaJjles. Il faut aussi faire prendre à l'enfant des haliitiides sociales, le faire paraître en public, le mettre dans des ciBconslances où il aie quelque responsabilité. Toutes ces mesures sont d'ailleurs à prendre avec tact et prudence : il faut bien se giiderde déclancher une crise. Mais, einployées avec méthode, elles donneront à la volonté de l'enfant riinbitude d'aller contre ses tendances à l'inertie; en même temps l'expérience de ce qu'il a pu faire lui sera un motif qui l'aidera à ■'adapter & des circonstance» semblables 'bi488 686).

Au point de vue intellectuel, il ne faut encourager que très peu l'observation subjective dans laquelle les psychastcniques n'excellent que trop. Les études sont à pousser en profondeur pliitùl qn'en étendue superficielle et sous ce rapport les proj;niniiues ;',cluels ne sont pas à l'avantage des malades. Sans eonliaricr les aptitudes pour les études abstraites, il faut appliquer l'attention à l'étude d'objets concrets (plantes, dessin pratique, etc.). Par dessus tout l'attention doit être dirigée vers des éludes précises et la porte doit être impitoyablement fermée aux rêveries vagues : « Une des causes ies plus funeste^, ce sont les longues heures d'étude, où on laisse les enfants libres de faire tout ce qu'ils veulent, pourvu qu'ils restent im mobiles et silencieux. Ils emploient trois heurts à faire un petit travail médiocre qu'ils pourraient faire os une demi-heure, et. tout en feuilletant nonchalamment leur dictionnaire, ils se laissent aller à toutes leurs rêveries vagues, premières ébauches des ruminations futures ; il leur faut des études courtes et un lravp.il mental actif, rapide, objectif. Sans cesse on doit le» pousser à la rapidité, à l'exactitude, à l'activité pratique. Ce ;;0!ire d'f'ducation qui, bien appliqué, lutterait eflicacement contre la tendance héréditaire aux névroses et aux obsessiu ;s est bien ditlicilement appliqué par les parents enx-même« qui sont poussés par leurs sentiments à donner à leurs enfants une direction absolument inverse. Trop souvent l'enfaiit n'échappera à la prédisposition que s'il est élevé en delior/. delà famille. » (bi488 688).

Piien n'est aussi néfaste pour le prédisposé que la lecture des ouvrages sentimentaux portant à la rêverie ,• les émotions

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habituellement ressenties à ce contact traceraient en lui tics voies facilitant les agitations psychasténiques.

Il y a une distinction à faire entre les émotions excitantes et les émotions déprimantes. Les secondes sont absolument à écarter; quant aux premières, lorsqu'elles élèvent le niveau mental et poussent à l'action, elles sont plutôt bonnes, pourvu qu'elles ne soient pas excessives.

Les relations sont à surveiller de très près. Qui se ressemble s'assemble est entièrement vériûé pour les psychasténiques. Or l'influence du camarade, qui pour ce genre d'individus est vite un ami, est bien autrement puissante que celle de la lecture. Ce qui convient, ce sont les amitiés robustes, dégagées de toute mièvrerie et cependant sachant être délicates, car nul mieux que le psychasténiquene ressentira les manques de tact.

La direction d'un conseiller plusàgé sera des plusutiles. C'est là une des vérités que contient l'utopie de Freud; le prédisposé à la névrose a besoin de ne pas tout refouler au dedans de luimèmo, il lui est salutaire de s'ouvrir, de confier ses inquiétudes et ses appréhensions. Comme par ailleurs sa timidité lui rend cette ouverture trèsdilllcile, ce rôle de directeur demande un grand tact, une grande patience ; de sérieuses connaissances psychologiques sont utiles pour réussir.

2'* Hystérie. — I. Caractère hystérique. — Philippe et Paul-Boncour donnent les traits suivants au caractère hystérique :

Constitution délicate, mine éveillée, regard curieux et fureteur, figure mobile où se peignent vivement et se succèdent rapidement les émotions les plus diverses. Difficulté de fixer l'attention. — Inconstance d'humeur. — Rires et larmes sans motifs appréciables. Beaucoup d'amour-propre, altère facilement la vérité en raison de sa grande suggestibilité. Aime à se mettre en scène. Très accessible au bon et au mauvais exemple. Se montre profondément jaloux au point d'en être malade, est excessif dans ses aiilipathies et ses affections, entre parfois dans des colères

clranges non motivées. L'appétit est médiocre, le sommeil est agité, troublé par des terreurs nocturnes. Il y a du somnambulisme, parfois de violents niaux de tête. L'école et le collège pourront avoir une heureuse influence à la condition que l'amour-propre ne soit point flatté.

Janet s'est attaché à donner les caractères fonciers, les stigmates de l'hystérique: « Le caractère particulier n'est rien autre que le caractère des esprits faibles et des enfants. Si l'on cherche à retirer des descriptions précédentes les traits du caractère qui ne se retrouvent pas aussi nettement chez tous les esprits faibles, on remarquera surtout deux traits particuliers : le caractère est mobile et contradictoire. Le malade ne reste pas longtemps dans une même disposition morale, il passe à chaque instant de l'affection à l'indifférence, de la gaieté à la tristesse, de l'espérance au désespoir: il seuiblc être dans un état d'équilibre instable et toml)er à chaque instant, soit d'un côté, soit de l'autre. D'autre pari il n'y a pas un seul trait de son caractère qui ne soit contredit à chaque instant par quelqu'action tout à fait différente. Les hystériques paraissent inintelligents et très vifs, apathiques et émotionnables, hésitants et entêtés. Ces deux caractères ne doivent pas surprendre... Ils ont toujours à notre avis la même signification. Us montrent le défaut d'unité de l'esprit, la diminution de la synthèse personnelle, la conservation des phénomènes automatiques qui réapparaissent avec un développement exagéré. » (b 1490 190-1).

En sainnse il y a trois stigmates caractéristiques : su£fgestibililé, distractmlé, alternance continuelle d'un ; ;r\t à un autre.

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La suggestibilité est due à ce que chaque idée existe en quelque sorte pour elle-même, à l'état isolé; la distractivité vient également de l'impossibilité pour le sujet de réunir un grand nombre de faits dans une même synthèse personnelle ; l'alternance a la même cause. En résumé, si l'on entend par champ de la conscience le nombre de phénomènes psychologiques que le sujet est capable de réunir dans une même synthèse personnelle, ce champ est considérablement restreint chez l'hyslérique. L'hystérie seprésente donc comme: « Une forme delà dépression mentale caractérisée par le rétrécissement du champ de la conscience personnelle et par la tendance à la dissociation et à l'émancipation des systèmes d'idées et des fonctions qui par leur synthèse constituent la personnalité, » (bi490 345), Celte notion groupe parfaitement tous les symptômes et accidents de l'hystérie.

II. Distinction entre psychaslénie et hystérie. — Il y a au premier aspect une assez grande similitude entre les traits de la psychaslénie et de l'hystérie; cependant les troubles semblables de oes deux névroses ont des formes psychologiques très diff rentes. Si on distingue dans la vision l'étendue du champ visuel et sa netteté, on dira par analogie que le champ de la conscienceest rétréci chez l'hystérique, confus chez le psychasténique. La tension de l'énergie psychologique, le niveau lucatal est abaissé chez l'un et chez l'autre, mais l'énergie se porte dans l'hystérie sur quelques pliénomènes isolés qui par suite apparaissent complets, tandis que dans la psj'chaslénie elle continue à se répandre sur l'ensemble qui dès lors a un aspect insufQsant, incomplet. (Bi488 6^6).

IIÎ. Education des hystériques. — Le déficit fondamental des prédisposés à l'hystérie est la faiblesse de synthèse mentale ; c'est donc à cette incapacité de réunir simultanément plusieurs objets sous le regard

de l'attention que l'éducateur doit s'efforcer de remédier.

Ecartons le cas où l'hystérie déjà développée n'existerait pas à l'état de simple disposition. La névrose déclarée se manifestera toujours assez facilement par la présence d'idées fixes confisquant le champ de la conscience et dominant l'individu jusqu'à se traduire en acles parfois singuliers. Si la situation présente cette gravité, un examen médical des plus sérieux est absolument nécessaire et pour l'enfant, et pour le bien de ses condisciples, car il y a danger de contagion, comme de nombreux faits le prouvent à l'évidence. (B1530 88-9; bl46 101-5).

Si la maladie est seulement à l'état de disposition, une éducation bien conduite peut non seulement améliorer l'état, mais même procurer la complète guérison.

Il importe d'abord de renoncer à un préjugé trop répandu. Ces esprits sont en apparence surmenés, en conséquence on leur prescrit la plus grande inaction possible, ce qu'ils acceptent bien volontiers (bl490 675). C'est agir comme si on immobilisait entièrement UQ membre qui tend à s'atrophier.

Une autre erreur serait, sous prétexte de faire diversion à des idées obsédantes, de surcharger le sujet outre mesure. C'est placer sur le bras gauche un poids très lourd pour soulager la fatigue du bras droit.

En mettant à part les cas de neurasthénie déterminés par des excès de travail évidents, l'exercice régulier et constant de l'attention est le moyen de sauver le candidat à l'hystérie ; même pour les sujets adultes à névrose déclarée, Ja.net n'a pas indique de cure meilleure que celle du travail réyulier du genre de celui des enfant-5 d'école.

DiAGNOsric ues anohmaux Sacj

Les conseillers et directeurs de l'enfant doivent également veiller à combattre tout ce qni ressemble à l'idée fixe, à la systématisation stéréotypée. Il faut l'habituer à voir les difîerents aspects d'unequestion, car il est par excellence unilatéral, et le détourner de tout ce qui sent l'exclusivisme et l'étroîtesse d'esprit: « Le médecin doit prendre la direction de l'esprit des malu îcs. C'est cette direction qui est l'élément principal du succès. C'est aussi l'élément dangereux, car par une direction mauvaise... on peut aggraver leur maladie... Ces personnes ont besoin d'être constamment consolées, réconfortées, dirigées... C'est l'exhortation à faire des efforts, à dominer l'émotion, à penser, à vouloir qui est essentielle. » (bl490 679). « Le meille-ir i ^rvîce que le médecin puisse rendre à Uri hystérique ist d<? diriger son esprit. » (bl40O 688).

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