‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 20 sur 146 · Cf. CoMi'.vvnii-, Art. Pédagogie, Grande Encyclopédie · texte numérisé non relu

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façon incorrecte. — Le sujet en vertu de préjugés systématise les résultats de son expérience interne, expose ce qu'il conçoit à propos de ses phénomènes de conscience plutôt que les faits eux-mêmes. — Le sujet se laisse guider dans ses réponses par des motifs affectifs, par lu logique des sentiments, soit inconsciemment en raison de sa suggestibilité par exemple, soit consciemment.

En ce qui concerne le premier chef, l'enfant possède un vocabulaire très pauvre et exprime difficilement ce qu'il ressent, mais en revanche ses états de conscience sont plus simples que ceux de l'adulte, ils sont raoin;^ compliqués de perceptions acquises, de l'inilueiice det connaissances passées. — Quant à la systématisation, elle est beaucoup moins à redouter chez lui que chez l'adulte; il fera peu ou point de suppositions sur le but de l'expérience et son attention sera prise par les objets immédiatement en contact avec lui, c'est-à-dire par l'expérience elle-même, par l'expérimentateur et par lui-même. — Sans aucun doute la suggestibilité de l'enfant est très grande; même à 6 ou 7 ans, il répond encore presque toujours dans le sens de la question posée '. Mais Binet a clairement montré que l'on évite fort bien cet écueil en interrogeant adroitement; tel est également l'avis de Meuwann ,'blOO t. i 43). L'adulte a bien d'ailleurs lui aussi ses penchants à l'usage de la logique affective : il se préoccupe beaucoup de l'effet qu'il va produire, une sorte de pudeuij)sychologique rend souvent incomplet et inexact lexpusé de ses impressions. A côté du désir de plaire, de la pi'opension à montrer de la mauvaise humeui , à

1. A. BfNPT, La iuggstib'tlilê, 1900 Paris Schleicher 209-43.

contrarier, l'enfant apporte des qualités maîtresses constatées par ceux qui le prennent pour collaborateur : facilement il se laisse intéresser par l'expérience, faisant son possible pour en assurer le succès, sacrifiant au besoin plus d'un plaisir pour avoir le privilège d'y participer. C'est qu'il possède à un haut degré le désir de savoir, de connaître le pourquoi des choses; l'habileté de l'expérimentateur consistera à faire saillir au premier plan cette noble et pure tendance; par le fait même il refoulera, du moins pour le temps de l'observation, les trop réelles inclinations défectueuses.

Les facteurs rendant plus ou moins facile l'introspection chez l'enfant sont donc complexes. Aussi les psychologues ont-ils répondu dans des sens très différents à cette qoestion posée dans une enquête de la Faculté de pédologie de Bruxelles : « Psychologie de l'enfant et de V adulte. — Laquelle des deux est plus diflicile à connaître'? » La méthode introspective demande, pour être appliquée à l'enfant, l'habileté et le tact de l'expérimentateur; mais, bien conduite, elle peut donner de bons résultats dès l'âge de 4 ans.

Le professeur de Vienne S. Freud et ses disciples ont préconisé une méthode d'expérimentation introspective, dont l'emploi serait d'après eux fondamental en psychologie pédagogique : la méthode de psychoanalysê. Après avoir sommairement indiqué les grandes lignes de la théorie psychoanalytique appliquée à l'éducation, nous expliquerons pourquoi cette méthode est pratiquement inacceptable en pédagogie 2.

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