‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 44 sur 146 · BmnT et Simon, 1. c. 97-9; Iotetko, 1. c · texte numérisé non relu

BmnT et Simon, 1. c. 97-9; Iotetko, 1. c

^d PSYCHOLOGIE PiSUAiJOGIQUS

fonctions de manière à conduire l'enfant vers le but, à le rendre aussi capable que possible de remplir ses devoirs d'homme fait, telle est la tâche du maître. Il importe donc de connaître l'état de ces fonctions aux différents stades de l'évolution.

Une question préalable se pose d'elle-même : quelles sont ces fonctions pédygogicjiies? Ce problème est aussi facile à poser ([u'il est difficile à résoudre : les éléments psychologiques peuvent entier dans un si grand nombre de combinaisons, forment de fait des groupements si divers pour faire face aux innombrables éventualités de la vie, qu'il semble impossible au premier abord de donner des fonctions pédagogiques une classification rationnelle.

Il est cependant possible dedéterminer les fondions pratiquement plus importantes et de les répartir de manière que toutes les fonctions secondaires trouvent leur place dans un des groupements.

Prenons pour point de départ lahiérarchie des phénomènes psychologiques, synthèse des belles expériences de Pierre Janet. Au sommet se place la fonction du réel, dont l'activité supérieure est l'action efficace sur laréalité sociale ou physique, l'action nouvelle avec sentiment d'unité et de liberté. Si l'éducation a formé un sujet capable de faire face à des situations de ce genre par une exacte connaissance de ce qu'il doit faire et une réalisation aussi parfaite que possible des prescriptions de la raison, le maître peut se féliciter d'avoir atteint son but.

Or voir ce qu'il convient de faire dans une situation nouvelle et complexe suppose : une vue exacte de la situation et par suite Vaptitude à V observation des réalités physiques, morales ou sociales; l'exameu des

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difTérents moyens de s'adapter à cette situation, d'oii l'emploi de V ima gination créatrice, cette faculté synthétique qui réunit les images et les connaissances passées dans des ensembles et olFre aÏHsi au jugeaient les éléments des difTérents points de vue; par suite aussi l'usage de la mémoire des ensembles, qui fait revivre les synthèses autrefois formées ; enfin, des facultés lo^n'ques présidant à l'examen, le jugement et le raisonnement'.

Un jugeinent pratique exact de ce qu'il convient de faire est formé ; reste à réaliser son contenu. Pour passer ainsi à l'action, il faut d'abord le vouloir. Or l'acte volontaire n'est déterminé que par lebien, honnête, utile ou agréable : en face d'une action à commander, la volonté est sollicitée par d'iiîérenls intérêts, les uns dictés par la lumière de la raison et celle de la foi, les autres s'imposant instinctivement et provenant du fond même de la nature humaine. La volonté doit alors commander l'action et poui- cela se décider à maintenir d'une façon prédominante dans la conscience le jugement (lui déclanchera l'acte extérieur; cette décision impli(|ue Vattention volontaire ek l'inhibition des motifs contraires.

La réalisation extérieure de l'action par les mouvements du corps, par le langage, l'écriture, etc., suppose la présence d'une motricité appropriée au complexe d'images maintenu dans la conscience par l'influence de la volonté, un mécanisme monté d'avance, une tendance sensible adaptée à la situation objective actuelle.

Enfin pour que les actions puissent être parfaites dans les moindres détails, pour qu'elles manifestent cette splendeur dans le bien qui constitue la beauté.

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une fonction devra prendre place parmi celles qui précèdent le jugement pratique, le sens est}u'i.'qur>.

Malgré la différence, et souvent la divergence, des points de vue sur l'idéal de l'éducation, il y aura facilement entente suflisante sur ces grandes fonctions pédagogiques : « Le but de l'éducation, dit M. Cellkrikb, sera toujours le même pour tous les éducateurs. Il consistera à armer l'enfant pour l'accoînplissement de la destinée qu'ils jugeront la meilleure, de telle sorte qu'en toute occasion, i» il soit apte à juger de la conduite à choisir. 2^ qu'il soit assez fort pour se conformer à ce jugement et résister aux appels contraires. Celui qui possède cette arme est éduqné ; le but a été atteint ; quelle que soit la destinée qui s'ofTre comme la meilleui-e, il saura la réaliser <. » Cette remarque est parfaitement juste, si l'on s'en tient à la partie formelle et naturelle des fonctions pédagogiques; mais il convient d'ajouter que les intérêts présentés à la volonté, facteur qu'on ne saurait surfaire, différeront «vec ridéal visé, et il faut également tenir compte des éléments surnaturels de l'éducation chrétienne.

Parmi les fonctions pédagogiques indiquées, il en est de générales sans lesquelles aucune autre ne s'exerce : ce sont les intérêts et l'attention. Tout exercice d'activité psychologique suppose une tendance naturelle ou acquise, un intérêt en ce sens. De la tendance on doit rapprocher l'attention : si la tendance est la raison intrinsèque pour qu'une activité puisse s'cvercer, l'attention est la raison pour laquelle cette activité se manifeste de préférence à d'autres. Nous étudierons dans l'article suivant l'évolution des fonctions particulières et traiterons dans les deux derniers paragraphes de l'article actuel l'évolution d'ensemble des intérêts et de l'attention.

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