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PSYCHOLOGIE PKDAGOGIOLE

lui-même. Le développement prématuré de tendances favorables au vice impur est dû au manque de surveillance dans le début de la vie enfantine, à des lectures et des paroles imprudentes, parfois à une nourriture trop excitante, à un traitement trop délicat pour les vêtements, le lit, etc., aux mauvaises compagnies. Le laisser aller de l'entourage familial et social diminue simultanément l'influence heureuse des tendances "inhibitrices, en particulier de la pudeur qui précisément se manifesterait avec plus d'intensité vers l'époque de la puberté (bl096-7).

Les fautes contre la chasteté ne trouvent pas l'apparence même d'une excuse clans un danger que la continence parfaite ferait courir à lasanlé. Voici quelques témoignages qui tranclient cette grave question avec une indiscutable autorité :

Le Congrès international de prophylaxie sanitaire et morale, tenu à Bruxelles en 1902, fit la déclaration suivante au nom de 169 sommités médicales du monde entier (Gailleton, Lan- DouzY, Neîsser, etc.) : « Il faut enseigner à la jeunesse masculine que non seulement la chasteté et la continence ne sont pas nuisiijles, mais encore que ces vertus sont des plus recommandablcs au point de vue sanitaire et hygiénique. » (bii83 507).

Non moins absolue est la déclaration de la Faculté de médecine de Christiania : « Celte afilrmation, répétée dans tant de journaux et de réunions publiques, que la continence est un péril pour la chasteté, d'après les observations des professeurs de cette Faculté et de leur avis unanime, manque de tout fondement. Nous n'avons jamais eu connaissance d'oa seul dommage, même très léger, causé par une vie absolument pure. » (bi i85 f)5).

Citons encore quelques physiologistes et psychiatres de tout premier ordre :

Ch. FÉr.É : « L'économie sexuelle favorise la longévité et ks diverses formes de l'activité intellectuelle... L'évolution de l'instinct sexuel a pour terme la ehasletc; ceux qui l'ont gardée sont meilleurs époux et meilleurs pères... Quant à

l'impulsion irrésistible de rinstincl sexuel, passe pour la psychologiedfs bêles, mais elle n'existe pas dans celle de rijonuuc civilisé. »(bii7^a lao 3i5).

RÉGIS et Hesnaud : « Il s'en faut de beaucoup que tous pensent que la continence a ses dangers et qu'elle peut déterminer des psycho-névroses. En réalité et les exemples abondent à cet égard, on peut vivre chaste, absolument chaste, eu conservant la parfaite intégrité, le parfait équilibre de son état nerveux et mental. » ^

Mantegazza : « Je n'ai jamais vu une seule maladie caillée par la chasteté. » (biaoïa).

FoREL : « Je n'ai jamais rencontré une psychose due à la chasteté, mais j'en ai vu une inlinité qui étaient ducs à des excès. » (biigia 366).

Une grave question se pose au sujet de l'oducation de la chasteté : faut-il instruire l'enfant pour le préserver?

Si on consulte les articles indiqués dans la bibliographie (section XX 3° ), on y recueillera les solutions les plus extiêmes : plusieurs des réponses révèlent, il est vrai, liiiîluence de conceptions a priori plutôt que l'étude des lois psychologiques qui gouvernent le développement de l'enfant.

Les raisons données pour une instruction précoce en cette matière sont les suivantes:

1° Nécessité de donner sur ce sujet important des jugements de valeur et des principes directeurs.

2° Calmer 1 imagination enfantine dont le travail sur l'irréel est plus dangereux en bien des cas que ia connaissance exacte des choses.

30 Prévenir les fausses directions que la curiosité éveillée irait chercher près du premier venu avec danger évident de corruption.

1. Pi^Gis (E.) et IIi;sNARD (A.), La Psychoanalyse des névroses et des psychoies, 1914 Paris Alcaa 344.

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L'éducateur anglais J. H. Badley (bi!65) propose les me sures suivantes :

Les parents doivent répondre exactement et simplement aux questions des enfants.

Un premier pas est d'expliquer le fait de la maternilé.

Le second pas, à faire vers l'époque de la puberté, consiste en explications plus circonstanciées sur ce qui concerne le jeune homme et la jeune fille.

Le troisième pas serait un enseignement scolaire aussi complet que possible entre i4 et 16 ans.

D'autres pédagogues, dont nous partageons l'avis, sont opposés à un enseignement public sur cette matière, même pour les jeunes gens, et laissent aux parents ou à un conseiller éclairé et sûr, comme le confesseur dans la religion catholique, le soin de donner, selon l'âge et les circonstances, les renseignements et les conseils opportuns.

Les raisons pour cette marche prudente sont les suivantes :

1° Les jugements de valeur et les principes directeurs n'ont pas une grande influence inhibitrice chez l'enfant, lorsqu'ils ne portent pas sur des inconvénients ou des avantages présents.

2" Faire connaître les dangers du vice est par li même dans un enseignement précoce faire connaître le vice dont l'image a la plus forte tendance impulsive. C'est là un immense danger, manifeste dan» la première et la seconde enfance caractérisées par la faiblesse inhibitrice (n" 20), réel aussi pendant l'adolescence et la jeunesse caractérisées par l'essai des forces en tous les sens (n° 21).

3° L'important est de gagner la confiance de l'enfant de manière qu'il puisse sans crainte communiquer ses doutes, ses difficultés, ses curiosités; c'est alors

FAUTES VOLONTAIRES SoS

qu'il faut répondre avec prudence de manière à le calmer sans exciter en lui des images périlleuses '.

Meomann a recomnianclé la méthode des souvenirs d'enfance comme susceptible de renseigner sur les avantages ou les inconvénients d'une instruction en matière sexuelle. Le début de renqucte qu'il a entreprise n'a pas été favorable à cette initiation ; d'après les sujets interrogés, ces connaissances auraient exercé sur eux une mauvaise influence.

60. Le mensonge chez l'enfant. Dans l'étude de la véracité de l'enfant il y a lieu de distinguer avec soin affirmation fausse et mensonge. L'expérience atteint facilement l'exactitude d'une phrase, mais, pour juger si l'enfant a dit faux avec l'intention détromper, il ne faut pas perdre de vue les facteurs qui entrent en ligne de compte :

1° L'inexactitude du jugement peut venir d'un contrôle défectueux des images. Une question posée à l'enfant sur un fait dont il a été le témoin ou l'acteur suscite tout un ensemble d'images; pour répondre juste il faut que dans cet ensemble l'imaginé soit comparé au vécu et, comme l'enseigne la psychologie, c'est l'expérience de la vie qui apprend à faire cette distinction. L'enfanta peu d'expérience et une tendance à objectiver tout ce qui se présente à son imagination (n« 34). De plus il n'est guère capable de répondre exactement si la question suppose un stade d'observation supérieur à celui de son âge (n° 27 p. 113).

2° L'affectivité de l'enfant lui fait employer souvent dans un sens affectif des mots qui pour l'adulte exprimeraient une constatation. Le mot non, lorsqu'on de-

1. Plusieurs articles indiqués dans la bibliographio donnent les meilleurs conseils pratiques pour la nianiàie de procéder : bll67; bll70; bll80; bll8i; bll85; etc. 11 faut cependant s'inspirer avunt tout de» circonstunces dans chaque cas particulier.

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mande à l'enfant s'il a commis telle faute, a parfois pour sens précis : « Non, je ne veux pas entendre parler de cela ».

3° La grande suggestibilité de l'enfant le fait facilement répondre dans un sens ou dans l'autre selon la nuance de l'interrogation (n° 57).

4° Ses défauts de langage rendent très imprécise l'expression de sa pensée (n° 39).

Plusieurs psychologues ont insisté sur ces points en apportant à l'appui les plus solides expériences et ont établi que le témoignage de l'enfant ne doit être admis en justice qu'avec les plus grandes précautions (b403 147; b4l0;etc.).

Ces obstacles à l'expression delà vérité n'empêchent pas que l'enfant n'aime la vérité, et ceux qui sont en ce point les plus sévères pour la moralité enfantine doivent reconnaître le fait : « La maman par exemple, ou l'institutrice, raconte unfait dont bébé aété témoin ; bébé écoute de toutes ses oreilles et vous dénonce impitoyablement laplus futile inexactitude, relève le plus léger oubli. » (b57 250-1). M. î>u Fleury voit là surtout un phénomène de singerie, mais, s'il n'y a pas lieu d'admirer en ce point un acte de haute vertu, cette tendance de l'enfant est louable et le porte parfois à dire vrai à ses dépens, comme, lorsque après une dénégation mensongère, il se rétracte immédiatement, ou quand il raconte ses propres méfaits ; c'est la tendance de la pensée à s'exprimer telle qu'elle est.

Les mensonges proprement dits sont rares dans les premières années et sont le plus souvent l'eiTet d'une éducation maladroite. Les nombreuses observations recueillies ou faites par Stern établissent nettement ce qui suit : « Le mensonge en tant que tel nest pas inné.

FAUTES VOLONTAIRES aS^;

maïs on rencontr» chez l'enfant des dispositions (instinct de la conservation, imitation, imagination, etc.), lesquelles représentent autant de conditions matérielles, soit de la fausseté, soit de la véracité, et qui conduisent à l'une ou l'autre suivant le milieu réel où il est élevé (édication, exemples). Kn conséquence l'enfant doit ileiiieureraussi longtemps que possible étranger au mensonge. Mais cet idéal n'est réalisable que par l'usage de mesures prophylactiques, dont le fondement est l'éducation de l'éducateur lui même. (]e dernier doit être un modèle d'absolue véracité, bien se garder de semer dans l'âme enfantine la nîéfiance à l'égard des affirmations d'autrui en promettant et en ne tenant pas ce qu'il a promis. Il évitera également de punir l'enfant avec une excessive sévérité et de le pousser ainsi au mensonge; enfin il ne le forcera pas, en le questionnant à tort et à travers, à répondre quand il ne sait rien. En revanche c'est aller trop loin que de vouloir avec Rousseau isoler artificiellement l'enfant de manière à supprimer pour lui la possibilité même de choisir entre la vérité et le mensonge. Rousseau pouvait combattre les excès d'une discipline imposée; il a le tort d'affaiblir la discipline personnelle, alors que l'éducation de la discipline personnelle est, plus que tout autre moyen, propre à mettre entre les mains de l'enfant une arme efficace contre le mensonge ^ » L'autorité doit rigoureusement punir le iiionsouge chez le jeune enfant, il ne faut avoir aucune complaisance pour se» faiblesses même involontaires en celte matière ; l'habitude de parler sans exactitude se prend facilement et se perd très difficilement.

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