LES CARACTÈRES
68. Les caractères. On distingue le tempérament, le caractère et le naturel.
Le tempérament se définit : « L'activité générale de l'organisme, l'énergie du ton vital et aussi l'harmonie ou la discordance des activités vitales. » (B1246 165),
Le caractère est : « La disposition habituelle selon laquelle l'appétit intellectuel, la volonté, réagit à des motifs donnés. » (B123SXV).
Le naturel est l'ensemble des dispositions natives qui inclinent l'appétit intellectuel à réagir de telle ou telle manière à des motifs donnés.
Acoir du caractère, c'est posséder cette propriété de la volonté par laquelle on s'attache à des prlncipi'b pratiques que la raison a inviolablement posés (n" 53 p. 224).
La diversité des caractères est un fait obvie. Cette diversité n'estpasexclusiveraentinnée. Si chaque homme a certaines dispositions natives qui l'inclinent à réagir de telle ou telle manière, l'induence des autres hommes,
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des événements et des circonstances, modifie cette empreinte première; surtout l'individu réagit par son activité volontaire à l'encontre de l'influence du milieu et de ses tendances instinctives, il modifie par suite son naturel et est en partie capable : « de faire son caractère, de devenir l'être qu'il veut être.» (B1286 284).
Il est donc faux que l'on puisse prévoir à coup sûr le caractère de l'adulte d'après les tendances manifestées pendant l'enfance et la jeunesse. Le caractère n'est pas un agrégat de tendances, mais une systématisation de ces inclinations en un tout unique, en une manière habituelle de réagir, et, quand bien même on supposerait, ce qui n'est pas, que les tendances acquises ne peuvent contrarier et supplanter certaines tendances instinctives, ces mêmes tendances peuvent être systématisées à des points de vue bien différents. On peut affirmer au contraire que l'enfant n'a pas pendant le temps de l'éducation un caractère formé, bien défini. 11 peut y avoir groupement des différentes tendances dans Turiité, l'expéiience montre clairement en particulier que des enfants encore jeunes sont capables d'unifier leur vie dans l'idée religieuse, mais presque toujours ces synthèses ne se maintiennent que sous l'influence d'autrui, elles manquent de stabilité et l'on se demande si elles ne sont pas plus ou moins factices, tant qu'elles n'ont pas été soumises à l'épreuve de la lutte contre les réactions hostiles.
En résumé, si l'on distingue dans le caractère les dispositions, qui en sont comme la matière, et l'élément formel, composé du point de vue unificateur et delà force de volonté capable de maintenir l'esprit dans cette unité, on peut affirmer que la forme du caractère nestjamais innée, est toujours jnodifiable chez
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les individus normaux. Quant à la matière du caractère, au naturel, il n'est modifiable qu'entre certaines limites et en ce sens on peut dire avec exact il nde : « Les possibilités de caractères ne sont pas identiques en chaque enfant'. »
Classification des caractères. — Il est impossible de classer parfaitement les caractères en raison du nombre indéfini de valeurs dont est susceptible l'élément formel.
Il faut d'abord mettre à part ceux qui sont des caractères, qui ont du caractère, par opposition à ceux qui se contentent d'^co/r un caractère, se laissant d'ailleurs régir par l'influence du milieu. Dans la première catégorie il faut encore distinguer ceux qui unifient leur vie d'après les principes de la raison et ceux qui centralisent leurs activités psychologiques autour d'une passion dominante : ambition, lucre, plaisirs sensuels, etc. (bl286 304].
Presque toutes les classifications des différents caractères ont le défaut d'examiner uniquement les combinaisons possibles entre les éléments psychologiques, en négligeant l'aspect fonctionnel de ces éléments et le degré de leurs corrélations. Parmi les meilleures classifications données par combinaisons de types et d'éléments psychologiques on peut citer celle de Malapert (bl247 178-236).
Heymans s'est efforcé d'établir une classification basée sur les corrélations en s'appuyant sur des enquêtes étendues et sur l'étude des biographies. Il combine les éléments des trois couples :
émotif — non émotif, actif — non actif, à fonction
1, J. Payot, L'éd. du caract., R. ph. 1899 t. 2 600.
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primaire — à fonction secondaire (cf. n* 67). Il distingue ainsi les caractères suivants :
Emotif, non actif, à fonction primaire, . . Nerveux
Emotif, non actif, à fonction secondaire . Sentimental
Emotif, actif, à fonction primaire Colé.' Ique
Emotif, actif, à fonction secondaire Passionné
Non émotif, actif, à fonction primaire. . .. Sanguin
Non émotif, actif, à fonction secondaire.. Flegmatique Non émotif, non actif,à fonction primaire. Amorphe Non émotif,nonaciif,à fonclionsecondaire Apatiiii/ue
Les traits spéciaux à chaque groupe sont détermines d'après les enquêtes et les biographies. Ainsi les nerveux sont : « d'après l'enquête, comme d'après les biographies, impulsifs, violents, irritables, d'une humeur alternante, superficiels ou même stupides, enclins à copier les opinions des autres, spirituelsi libertins, vains, ambitieux, prodigues, radicaux en polilifjue, gênés ou affectés, démonstratifs, intrigants, menteurs, peu scrupuleux, distraits et manquant de ponctualité; tandis que les non émotifs — actifs — à fonction secondaire se distinguent parla pondération, le calme, l'humeur égale, l'intelligence, l'indépendance des opinions, le manque d'esprit, la pudicité, l'indifférence aux apparences extérieures, la tendance à s'elïacer, l'économie, les opinions conservatrices en politique, la simplicité, la réticence, l'honnêteté, la véracité, les scrupules, la vigilance et la ponctualité. » (b206).
L'inconvénient très grand de ce genre de classifications est leur valeur uniquement globale : les traits déterminés par l'enquête statistique ne valent pas à coup sûr pour un des individus du groupe.
Aussi plusieuis prétendent que la seule ciassiiicHlio:i
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pédagogiquemenl ulilisal)le est celle qui distingue les dirierentes qualités dont peut être afl'ectc l'exercice de l'activité prise en bloc. Payot indique les notes suivantes : 1° Intense et durable. 2° Intense — sans durée. 3' Faible — durable. 4° Faible et sans durée'. L'inconvénient est la généralité même dételles caractéristiques; cette classification, malgré sa simplicité apparente, est d'ailleurs d'un emploi difficile. Dans son livre Les mensonges du caractère^ Pailiiax a bien fait ressortir comment consciemment ou inconsciemment le caractère se dissimule; il faut par exemple une connaissance très complète de l'enfant pour savoirs! vraiment sa manière d'exercer son activité est faible ou intense, car l'intensité de son application varie dans des limites très étendues selon que les matières dont il s'agit l'intéressenî { lui ou moins.