‹ Psychoses et affections nerveusesChapitre 13 sur 68 · SUR UN CAS D IIYPERMNÉSIE · texte numérisé non relu

SUR UN CAS D IIYPERMNÉSIE

bien vous rappeler qu’on en conslate couramment d analogues dans certaines situations pathologiques où elles sont d observation journalière. Je fais allusion au sommeil somnambulique, tel qu’on le provoque notamment chez les grandes hystériques.

Vous n’ignorez pas que ces malades sont susceptibles d’être plongés, à l’aide de manœuvres variées, dans le sommeil artificiel. Et vous savez sans doute que ce sommeil peut revêtir différents caractères.

Les belles recherches de Charcot ont montré que les hystériques hypnotisées étaient susceptibles de passer par trois états fort différents les uns des autres : l’état de léthargie, l’état de catalepsie et l’état de somnambulisme. 11 n’est pas nécessaire que je vous rappelle les caractères, aujourd’hui bien connus, de ces trois états; je m’attacherai seulement à vous remettre en mémoire les symptômes de l’état somnambulique, qu’il vous importe de bien connaître pour mieux pouvoir interpréter le cas qui nous occupe.

Le somnambulisme est provoqué chez les individus en état de léthargie par le frôlement de la partie moyenne du crâne. Il se traduit par une hypéracuité sensorielle très remarquable, par l’hypérexcitabilité cutanéo-musculaire, grâce â laquelle on peut, en frôlant la peau à distance, déterminer des contractures, enfin, et surtout, par l’aptitude que possèdent les sujets endormis d’évoquer avec la plus grande facilité les images mentales. C’est grâce â cette aptitude qu’on provoque chez eux les hallucinations avec une extrême facilité; ils voient des objets imaginaires, entendent des bruits ou des sons, perçoivent des odeurs, comme si ces objets, ces sons ou ces odeurs étaient réels. Chez eux, par conséquent, on constate, à un degré encore plus accusé, la particularité que nous relevons chez notre homme, à

Page 1