‹ Psychoses et affections nerveusesChapitre 22 sur 68 · PAH L’OCCLUSION DES OREILLES ET DES YEUX · texte numérisé non relu

PAH L’OCCLUSION DES OREILLES ET DES YEUX

constata qu’il avait souillé sa couche et ne put se rendre compte de la façon dont il avait passé la nuit. Pareil fait ne se produit pas à l’hôpital parce que la salle est éclairée par une veilleuse, et nous avions remarqué de longue date qu’Aim... affecte une certaine prédilection pour les lits qui sont les plus voisins de la lumière.

Pour compléter ce qui a trait au sommeil provoqué dans lequel est plongé le malade, il me reste a vous montiei

comment celui-ci se réveille.

11 suffit, pour dissiper le sommeil, d’entr’ouvrir les paupières. Aussitôt Aim... se lève d’un bond, regarde un peu ahuri autour de lui, et se demande ce qui vient de se passer, car il n’a gardé nul souvenir de cette phase de son existence.

• Voilà les faits en gros. Mais ils demandent à être étudiés avec plus de soin, si l’on veut arriver à résoudre la question que nous nous sommes posée sur les relations de ce sommeil avec le sommeil normal ou les différentes modalités connues du sommeil hypnotique.

M. Raymond ne pense pas qu’on puisse assimiler l’état d’hypnose observé chez les individus dont il parle au sommeil naturel ; l’argument qu’il invoque a sa valeur, sans être toutefois péremptoire. Son malade, comme ceux de Krukenberg et de Heyne dont il parle, était, en dehors de l’état de sommeil provoqué, en proie à l’insomnie. C’est aussi, vous le savez, ce qui a lieu chez Aim... : il ne dort que quelques heures au plus chaque nuit et d’un sommeil agité par des cauchemars et des rêves. Il affirme, d’ailleurs, qu’il fait une grande différence entre le sommeil spontané et celui dans lequel nous le mettons en lui abaissant les paupières : au réveil, dans les deux cas, il n’a pas les mêmes sensations; mais il ne peut s’expliquer d’une façon plus catégorique sur ces sensations. Nous ne sommes pas

LE SOMMEIL PROVOQUÉ

parvenu, malgré que nous en ayions eu le désir, à surprendre Aim... pendant le sommeil de la nuit; il eût été, en effet très intéressant pour nous de comparer ce sommeil à celui que nous provoquons par l’occlusion des yeux, et l’on ne comprend guère a priori pourquoi l’un et l’autre seraient différents si l’abaissement des paupières, qui doit exister dans les deux, est la cause unique du second.

Mais laissons cette question. Nous pouvons, comme vous l’allez voir, arriver par une autre voie à établir qu’il y a d’étroites relations entre le sommeil provoqué chez Aim... el les sommeils hypnotiques tels que nous les connaissons. Et nous pensons que, si M. Raymond a pu avancer, d’après les faits soumis à sa judicieuse critique, que ce sommeil provoqué ressemble plus au sommeil normal qu’à l’hypnose classique telle qu’on la développe chez les hystériques, c’est qu’absorbé par d’autres questions incidentes, d’ailleurs pleines d’intérêt, il n’a pas poussé assez loin l’analyse et l’étude expérimentale.

Nous sommes, en effet, je m’en vais vous le montrer, en face d’un état de sommeil hypnotique qui diffère plutôt par des nuances que par le fond de quelques autres états connus de sommeil provoqué, notamment de la léthargie.

Et, d’abord, je dois appeler votre attention sur quelques particularités qui ne s’observent pas dans le sommeil normal : regardez les paupières de Aim... ; les supérieures sont animées de petites contractions intermittentes régulières qui ressemblent à des battements. De plus, de temps en temps on sent au-dessous des replis palpébraux les globes se mouvoir soit de dehors en dedans, soit de dedans en dehors.

PAR l’oCRLUSION DES OREILLES ET

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