INTRODUCTION. XXXVII
conservateurs et de l'absolutisme spirituel et temporel il devint l'ennemi mortel du protestantisme et l'adversaire implacable de toute indépendance politique et nationale. Rien d'étonnant si dans tous les pays de l'Kurope le parti catholique et absolutiste recherchait l'alliance espagnole, tandis que le parti protestant imissait ses efforts pour combattre le roi d'Espagne. Celui-ci était devenu l'incarnation la plus éclatante du catholicisme militant.
Il était donc bien naturel que la papauté, engagée dans sa lutte gigantesque contre les ennemis de l'Eglise romaine, vît en lui son allié principal. En réalité, depuis Pie IV, les papes avaient commencé à fonder leurs espérances sur lui et avaient tâché de le pousser toujours plus loin dans son antagonisme contre les hérétiques. Bientôt le dignitaire suprême de l'Eglise romaine et le vrai chef du^ parti catholique en Europe unirent leurs forces pour travailler ensemble à réaliser leurs biits communs. Le pape offrait son autorité, ses docteurs, ses diplomates et ses jésuites, Philippe II ses armées et ses flottes, ses trésors et son inquisition. Et le siècle fut témoin d'un spectacle des plus grandioses.
L'entente ne fut pas tout à fait sans dissonances. D'abord, à cause de l'inégalité des ressources, toute entreprise dépendait trop de la volonté de Philippe II, puis, le pape, de son côté, ne pouvait supporter, sans impatience, l'arrogance, la protection imposée, la surveillance malaisée du roi; son honneur, le respect de sa dignité ne lui permettait pas de s'humilier jusqu'à devenir le serviteur du roi d'Espagne. Il avait un besoin urgent de Philippe, il dépendait en beaucoup des ressources de celui-ci^ et la puissance du roi constituait une menace perpétuelle pour lui en Italie, mais avec cela il reconnaissait l'obligation d'être le Père universel de tous les catholiques, et non un simple assistant du roi Philippe II.