MERES ET NOURRICES
l'homme pour ce régime familial, ce morcellement domestique dans lequel divers services, comme celui des petits enfants, exigent le vingtuple en agents et en temps.
Que deviendront ces préceptes sur le devoir quand on aura reconnu en quelques semaines d'épreuve sociétaire que ni les pères, ni les 3/4 des mères ne sont faits pour tous ces ennuis qu'on veut leur imposer? La nature nous le souffle à Toreille. Tout homme se trouve dégradé par le soin des marmots ; il devient un objet de risée s'il s'en occupo : il ne doit donc pas être assujéti à les avoir sans cesse autour de lui, être nuit et jour étourdi de leurs criailleries, comme on le voit dans les pauvres ménages réduits à une chambre.
Il en sera de même des autres devoirs qu'on nous impose aujourdliuj. Les neuf dixièmes de nos vertus deviendront inutiles. On ne fera plus un devoir d'aimer le travail quand le travail sera aimable et transformé en plaisir, et on reconnaîtra que la Civilisation, avec son cortège do devoirs, n'était qu'une galère politique faite pour torturer et ennuyer le genre humain.
En traitant des soins de la prime-enfance, je fais peu mention des nourrices et des mères , parce qu'on les considère comme peu propres au service de bonnes. Une mère serait toute préoccupée de son enfant pendant les deux heures de faction , et l'on ne pourrait pas espérer do sa part une surveillance intégrale appliquée à tous. Ainsi , sauf exception, on considère une mère comme incapable de soigner la salle où est son enfant , incapable même de soigner son enfant , car elle lui crée des fantaisies vicieuses qui lui deviennent funestes. Combien de mères sont , sous ce rapport, assassines de leur nourrisson , lui causent des maladies mortelles I Ce vice sera prévenu par double voie , par les intrigues industrielles dont la mère sera occupée et par les genres de récréation qu'on saura procurer à l'enfant sans le secours de la mère, qui , voyant Tinutilité de sa présence et étant entraînée par des intrigues , se retirera sitôt après l'allaitement.
Les nourrices encourent la même suspicion. D'ailleurs une nourrice ne doit pas veiller. On l'appellera s'il est nécessaire pour allaiter do nuit , mais le cas sera bien rare ; car le premier soin, dana le séristère, sera d'habituer les enfants
aucun poiot. S'il élait ind la première des 3 eondili groupe doit être ombrage à la perfoction du service.
li but répéter partout serais que l'écho dea wph n'en suivent aucun.
Ia série des Bannina écloro les vocations indusl dans chaque enfant de 3 a de la peine d lui en décou- Les BoDnins doivent aussi raclera, le rang que renfa Ghelle des 840 caractères^ i ans, Pour le préparer, I ment k développer l'altrat point de pareils ofBciara n'aura au contraire que de réprimer l'auraction et nié| Il faudra donc , pour la préférence aux femmes. Il t pour le rôle de boonine. Un vice est le dédain pour lei
ÉCXOSION DES VOCATIONS INDUSTaiELLES. 1 i b
finement sensuel qu'on acquiert dans le séristère de basse enfance pendant le bas-âge de 0 à 9 ans.
Les bonnins ou bonnines exploiteront d*abord la manie de furetage et fldnage , si dominante chez l'enfant de 2 ans. Il veut toucher, déplacer, retourner, gâter, briser tout ce qu'il voit : aussi est-on obligé aujourdliui de le tenir à l'écart dans une pièce démeublée. Ce vice apparent est le moyen qu'emploie la nature pour faire éclore et discerner les vocations industrielles. On donne à l'enfant pleine liberté de parcourir les ateliers sous la conduite des bonnins qui ont des postes affectés à ce service. Tout lutin débutant qui prend fantaisie de s'arrêter dans un atelier y est accueilli et regardé comme un prosélyte futur.
Quels motife l'attirent et le charment dans ces ateliers? C'est qu'il y voit des enfants de 3 ans qui travaillent déjà et manient de petits outils , de petits objets auxquels il veut toucher lui-même.
L'harmtnie matérielle ou unité de manœuvre est très agréable aux enfants : leur manie imltative se développe avec véhémence quand on leur fait voir c«tte harmoniOi inconnue en ateliers civilisés et pratiquée dans tous ceux d*une phalange où Ton opère avec l'unité des militaires , des chorégraphes, des thuriféraires.
En général, ce sont les ateliers bruyants qui séduisent Tenfant , pourvu qu'il y trouve l'atelier miniature , les outils à sa portée en dimension minime et sous-minime.
Eh 1 comment ces enfants de 3, 4, 5 ans, prennent-ils parti pour le travail à un âge où il est si odieux à Tenfance ? Ils y sont attirés par une foule de stimulants dont je vais exposer le tableau, en faisant observer que chacun de ces ressorts, isolément employé, serait bien insufiSsant à faire nattre chez les enfants l'attraction industrielle; mais Tensemble des 4 6 moyens , leurs influences combinées produisent une impulsion des plus fortes, qui, jointe à celle des 3 passions distributives, élève la dose de charme industriel fort au-delà du nécessaire ^ entraîner l'enfant. (Voir Nouveau Mond^ induêlriel^ 3* section.)
On s'accordera à penser que cet attirail de ressorts est bien plus que suflSsant pour décider au travail des enfants de 9 à 40 ans, qui déjà chez leurs pères à la ville,et au village étaient obligés de tniYailler sans nul avantage i tandis que « daoa la
116 LES CIHBLKTTK8 lUKKOlOQDBS. I
phalange, ils trouveront tous les charmes ImagiuUca itut h un béiiâ6c« considérable qui leur sera alloué tori ntUth meot chaque année en une trentaine de dividendes cbUnt dans les différentes séries dont ils seront membrm.
Chacun des rcssorU que je viens de citer aurait betoîn d'un ample Gonunenlaire. ie me borne à citer les fteUdki hanumiqitei ou liées au service induslriel. Qmk dohoi donne i l'entant un charriot , on tambour, qui goal brMl la lendemain. En association, toutes les gimblettes tni^oat prodiguées, mais toujours dans des circonatancM qiri eutatamt l'enfant à savoir les employer pour le Usa de l'indulQe el de l'harmonie. Par exemple, si on don» i tu m(M m tambour, ce qui leur plaît tant, il saura en peu da Joui battre en mesure, afin d'être admis avec ■ ji— •— ..
avec qui il est impatient de Qgurer en parado. SiodMdooiH un charriol , il apprendra en peu de jours à atteler na dur 1 petit chien poar se faire admcltre dans les chœura da lutins cueillant et voitursnt de petiU végétaux , cerfeuil et persil, du jardin aux cuisines. Ce menu servie*, qu'on croirait peu fructueux, le devient beaucoup, en ce qu'il familiarise le< enfants dés l'âge do 3 ans à divers travaux , et qu'il leur crée des intrigues sur les cultures auxquelles ils ont coopéré par ces petits services. Il serait aisé de prouver que la poopée sera utilisée chez les petites filles en bas-Ase, aussi bien que le charriot chez les petits garçons.
Les enfants no craignent pas le travail quand la passion les stimule ; il ne s'agit que de diriger cette fougue industriella on la développant par série de groupes, rivalises, cbannés, engrenés, qui ont la propriété d'entrdner avec véfaémena au travail productif, lorsqu'on ménage à l'enfant la gr^duation dans le matériel des travaux comme l'échelle des charriots, béchosetoutils en 7grandeura différentes appliquéMaui 7 tribus de lutins', bambins, chérubins, séraphins, lycéois, gymnasiens, jouvenceaux. Oslpar l'emploi de cette échelle en corporations et en travaux qu'on tire parti de la singerie ou manie imitalive qui domine chez Ips enfiints.
Ces progreêsiODs <ie nioLUiiu, qui deviendraient diqieadieuws dans une petite phalange de 1,000 individus, seraient économiques dans une phalange complète de 1,800 pertooMi pour 1,630. On peut donc avancer que l'ordre progresuf a'4tAUn par la seule inflnau» des drconstaoces , povn
LB viRITABLE I1ISTITI]TEUR DE L'ENFANT. 4 4 7
qu'on élève la phalange dressai au nombre convenable et qu'on se méfie des conseillers à courte vue qui opineraient à essayer en petit.
Un des principaux avantages de Féducation harmonienno c'est de neutraliser rinfluence des pères qui ne peut que retarder et pervertir l'enfance (quelques exceptions confirment la r^le].
Le véritable instituteur de ronfant» le ressort qui peut seul faire naître chez lui le feu sacré, l'émulation industrielle, c'est une compagnie d'autres enfants plus âgés de 6 mois ou d'un an , plus éminents en dignités et décorations , et exerçant sur lui Tinfluence du charme corporatif; de là naft la snbardination passionnée des enfants.
One précaution qui serait facilement oubliée et qui pourtant est très nécessaire , c'est de confondre en costumes, ou du moins distinguer fort peu les sexes dans la tribu des Lutins. Il semble que cette disposition s'écarte de la règle générale de la rivalité de série (voulue par la 10* passion, la Cabaliste); à cela il faut faire observer que les lutins et lutines, âgés de 21 à 36 mois, forment la classe de transition industrielle, avènement à l'industrie, et que, dans toutes les transitions, la nature exige qu'on fasse exception aux règles générales. On en verra la nécessité aux chœurs dos Jouvenceaux et Jouvencelles (1.^ 4/2 à 20 ans) qui est âge de transition amoureuse.
On doit développer les instincts des lutins sans aucune distinction de sexe, parce qu'il faut attirer à chaque fonction au moins 4/8 du sexe dont elle n'est pas l'attribut. Ainsi, quoique la cave soit spécialement le domaine des hommes, il convient que 4/8 de femmes prenne parti pour le travail de la cave et des vins blancs qui plaisent aux femmes, et forme ainsi parmi le sexe féminin une rivalité au sexe masculin. On se priverait de cette concurrence très précieuse si on excluait un sexe entier de quelques fonctions, et ce serait l'en exclure par le fait que d^empêcher le développement de ses instincts à l'âge de % ans. C'est donc pour assurer l'activité des rivalités générales qu'il faut prévenir les rivalités des sexes dans la tribu des lutins, afin que les enfants s'enrôlent bien franchement aux ateliers que l'instinct leur conseillera. Un moraliste ne voudra pas que sa fille soit tonnelière , il
délé^ni qu'A l'Age de S et 3 au on la laiiÉa fréi[MBtirh petit «lelier de tonneUDrie: mitaetta w&tt «m Ptafart conduit à la tonnellerie devfendn peutétre plu ubik aai» tnioleur de foudres qa'auoun lama» de son cntoii. Oipa saxe redouble d'émulatiui dau la gure da tmaU. (foàTlaag» et la raillerie Tovdndnt Taûliua. U aan dm* lÔi que, dau uu série de M poapM de eaviata , il^idiM moiu S groupes de femmes, etdauane siria de JM croaiw de buandières il jr ait aa ibmu S iroopea d'houânk tt comme c'est à rige de S et a au qu le maattealaronda ahpart des vocatiou d'instinols, on riaquorait d'entravar Isv eclosien eo distioBÙant les seiee par da« costiunaa lallluli qui tendraient A dleigner une loUne d^ tel petit atoUar leat oHnposé de lutins, et réciproquemeat éloigner ib htii dïas réunion de lutine». L'engranafs étant 4* loi da mkmlÊma de série, il but qu'il ■'établiaee en industrie par la coopération émulative des 3 sexes en toutes fonctions, alla de rtian- 1er chaque saxe par la critique de l'autre.
Le passage aux chœurs do chérubins et chérabinas donne lieu ^ une opération bien importante, c'est le dsssoment des caractères en plein titre et demi-titro , par t/3 su denû-camctère et 3/3 au plein. C'est un des grands ressorts d'ému* lation iuduGlrielle parmi les enranls. Celui qui s'est montré indolent ou maladroit ne sera pas admis au choaur de plein caractère. Les choses sont disposées de manière qu'aucune intrigue de parents ou protecteurs ne pourra l'exempter d'être relégué au demi caractère.
Les enfanta soat collectivement arbitres sur cette matière. On Bambin est jugé eu Jury par les chefs des Chérolniia màlcs assemblée chaque mois pour cet examen. Un Lutin qu'an verra s'amuser à des gimbletlos iouliles, gâter un brin d'herbage, sera par cela seul mal noté daus l'écrit des Bambins. La fausseté de chant et de mesure, le maDque d'égards pour les animaux, tous ces menus torts qu'on lypellerait en Civilisation des gentillesses, deviennent autant de crimes aux j^eux des chefs de tribus du bsa-ége , institulcurs naturels de l'enfaot, puisqu'ils sont les seuls êtres dont il ambitionne le suffrage , les seuls é qui il obéisse p ment ea industrie.
Avant d*aller plus loin, il est quatre choses à vérifier sur réduoation du bas-4ge.
4^ véri/Uatùm, -* Le procédé d'éducation sociétaire oonduit-il reôfance collectivement aux 3 buts de l'attraction , et d'abord au luxe interne, dit santé, et au luxe externe, ou richesae?
On a vu que, dès le plus bas âge, il pourvoit de toute! mnières à la aanté de l'enfant ,
Par la surveillance perpétuelle de bonnes intelligentes qui satisfont et préviennent tous ses besoins sans lui créer des fantaisies nuisibles, comme le font une mère oisive et trop idolâtre , des parents , voisins et bonnes également maladroits et lui créant des caprices- nuisibles sous prétexte de le récréer;
Par la distinction des caractères dans différentes salles , favorable aux furibonds mêmes , en ce qu'elle fait diversion ^ leur fureur et la prévient par le voisinage d'autres furi. bonds : ils se calment réciproquement par surprise et oonsidération ;
Par le régime de nattes élastiques aidant les mouvements de l'enfant et lui ménageant la compagnie de ses pareils;
Par l'état de santé et de distraction où il maintient les mères et les nourrices en les attirant à une trentaine de groupes industriels dont les courtes séances préviennent tout excès;
Enfin , par la réunion de toutes les précautions coûteuses qui , en civilisation , ne sont possibles qu'à la olasse opii> lente.
On a vu que les sens de l'enfant sont cultivés et raffiné» de très bonne heure dans la classe pauvre comme dans la riche; car les procédés de raffinement, comme celui de chants à toutes parties, sont appliquées aux salles entières^ sans distinction de fortune;
Qu'à l'âge d'entrée en exercice industriel , chaque enfant exerce toutes les parties de son corps, soit par la variété des travaux , soit par l'émnlation de s'élever d'échelon en écho- Ion , et justifier de dextérité sur tous les points.
Enfin, que dans tous ces menus travaux dont l'aUraction
4M DBVBMFFmENT CMMUHriS
6Bl le mû mobile, chaque enfant acquiert talent et fortnne^ car il obtient déjà des dividendes à 4 ans ; il mardie donc en tout sens aux 2 luxes , à la santé et à la fortune, premier but d'attraction.
Ce régime, en conduisant Fenfant aux groupes, dsuxîènie but d'attraction , ne l'y conduit que pour Texerdce du travail utile. C'est allier le luxe et les groupes, les mettre en coopération, ce qui n'a pas lieu dans l'ordre cirilîsé» où l'enfont , très empressé d'aller joindre les groupes de aea semblables, n'y est occupé qu'à des fonctions inutiles, ou nuisibles à autrui et dangereuses pour lui. Ainsi l'éducation actuelle met les groupes en discorde avec le luxe ; on volt l'effet contraire dans l'éducation harmonienne.
Elle conduit l'enfant au troisième but d'attraction, aux mécanismes réunis, en développant combinément les foôif- Clf carporelUi et lu spiriluetUi,
On ne s'occupe en civilisation que du mécanisme matériel , chose fort utile sans doute; mais il faut y joindre le spirituel , mécaniser à la fois les âmes el les corps, déve/opper leurs facultés combinément, de manière que lo plein essor des passions favorise le raffinement des sens et la perfection sanitaire.
Pour atteindre ce but , le régime sociétaire développe Tesprit dans les jeunes années , 0 à 4 4/2 ans, par le contentoment perpétuel , par laMiberté d'option en tout amusement (car les travaux sociétaires ne sont qu'amusement et concurrence émulative entre les enfants), et surtout par l'immense variété de fonctions qui , frappant Fenfant de beaucoup de sensations agréables , doivent meubler de bonne heure sa mémoire et le disposer par d'amples notions pratiques aux théories qu'on lui enseignera dans un dge plus avancé où lui-même en sentira le besoin et en sollicitera l'enseignement.
Le régime sociétaire habitue Fenfant à une branche de mécanisme fort inconnue parmi nous : c'est la vérité et la justesse dans le jeu des sens, comme dans le systtoe des relations domestiques et générales, deux effets fort inconnus aujourd'hui où l'on voit les nations les plus civilisées, anglaise et française, fausses en exercice des sens et surtout de Foreille, horriblement fausse chez les Français, et, ce qui as^ btan piSp fausses en intelligence, même sur les queatiops