‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 99 sur 136 · DE LA VERTU M\TERI«ELLE · texte numérisé non relu

DE LA VERTU M\TERI«ELLE

sixième des soins qu*y donne aujounl'hui la mère on la bonne, puisque ce service n'omployera en moyen terme de temps et (fagents que le douzième de ce qu'il exige dans TéUit morcelé ou familial. Voilà donc une vertu qu'il faudra réduire aux sixième et douzième de la dose exigée par les moralistes, et croit-on que les petits enfants en doivent pâtir? Loin de là ; après cette réduction de vertu maternelle , ils seront cent fois mieux traités au séristèrc de la Phalange , qu'ils ne le sont auJourd*bui ; car, dans les villages et chez les basses classes de la ville, on ne peut leur donner aucun soin. Chez les princes mêmes ils ne trouvent pas le dixième des prévenances délicates ni du contentement qu'ils trouveront au séristère. Un enfant royal est harcelé de serviteurs mercenaires, inhabiles à deviner ses intentions et n'ayant aucun moyen de les satisfaire , comme le désir de voisinage de ses pareils.

De là il suit que les vertus maternelles de la Civilisation , les efforts qu'elle fait pour généraliser ce genre de passion n'aboutissent qu'à produire la quatre centième partie du bien nécessaire , puisqu'ils emploient vingt fois plus do temps et d'agents pour opérer moins bien. Voilà pour l'analyse mathématique.

Passant à l'analyse morale, cst-il bien sûr que ce zèle pour le soin des petits marmots soit une vertu ? C'est un penchant, un goût que la nature a distribué, comme tous les autres goûts, en dose un peu supérieure au nécessaire , c'est h-d ire que s'il faut dans la Phalange 450 femmes pour les fonctions de bonnes et sous-bonnes, vous en trouverez 1 /3 on sus, 200 qui solliciteront comme faveur d'exercer cesi^rvico, réduit au vingtième des embarras qu'il cause en civilisation , entouré d'un grand lustre et gratifié (Tun ample dividende. Les admises ne pourront pas se dire vertueuses, car on ne pourra pas admettre toutes les postulantes , l'attraction étant toujours disposée par Dieu en dose un peu supéricui'c aux besoins. Ajoutons qu'un service n'est plus digne du nom de vertu lorsqu'il satisfait les 3 passions dites Cabaliste, Papillonne et Composite, qui, ap[)liquées à une série industrielle, produisent Tivresse de plaisir, Taveugle ctithousiaéme. Or, il n'y a plus vertu là où se trouvent tant de jouissances réunies, de même qu'il n'y a pas vertu chez un gastronome à manger d'une douzaine de bons mets. Une Bonne, dans l'or*

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dre sociétaire, ne sera pas compliiMûtée comaie vertonPi mais comme industrieuse , ûoftoieiiae à de^ner el MftÛWn' les convenances des marmots, asaorer lenr bien-être eHeor santé.

Que résultera-t-il d'un tel ordreT La mère n*a)faat miem soin à donner aux enfants, aucun déboursé à iaire pdor en, ne chicanera pas le père pour en (^cenir de Targcail et acheter du linge. Le mari, délivré de ces ennuie ques, en aimera mieux sa femme. Pères . mères el «Aiats seront satisfaits en oubliant les saines doctrines qaï iMclarettt les parents dénaturés, mauvais dtoyens» etc., loraqalb «'aiment pas le soin des petits enfiints, et en se livrant I Mtraction , à Tinsouciance, h la nature. Le corps so^ toit entier trouvera son compile à cette insouciance; éar, que deviendrait le travail de cent séries agricoles et manobetifturières, si toutes les mères et les jeunes Glles se passionnaient pour les saines doctrines d'éducation familiale, retiraient les enfants du séristère pour le sot plaisir de les mécontenter et de les en tendre crier nuit et jour?

11 arriverait dans ce cas que tout le mécanisme des séries industrielles serait désorganisé, que la plupart des groupes aux jardins, aux étables, aux ateliers, seraient tibandonnés, parce qu'un retour à l'éducation isolée des enfants occuperait toutes les mères et les jeunes filles. Dès lors les pères seraient réduits à négliger leurs cultures pour aller remplir les fonctions que les femmes auraient délaissées, etc.

Nos saines doctrines sur ce soin des enfants sont donc des vexations spéculatives, érigeant en vertu les corvées super* flues que crée le mécanisme civilisé. Un tel désordre peut-il convenir aux vues de ce Créateur que nous nommons le suprême économe? Ce n'est point là son but. Exercé depuis des milliards d'années à créer et organiser des mondes, et sachant par expérience que le mode le plus économique en gestion est l'état sociétaire, il distribue nos instincts et nos penchants conformément aux besoins de cet état. Il ne voit donc aucun vice dans le penchant de tous les pères, des 3/4 des mères à négliger les petits enfants. 11 est nécessaire qu'ils dédaignent ce soin pour vaquer à tant d'autres Urnetiens industrielles que Dieu leur a préparées dans l'état sociétaire, et si l'on objecte aujourd'hui la complication do régime civilisé, la nature nous répond que Dieu n'a pais créé

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