‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 104 sur 136 · GYMNASTIQUE, POÉSIE, U · texte numérisé non relu

GYMNASTIQUE, POÉSIE, U

son de quelques instruments. Voilà déjà trois branches de l*opëra qui font les délices do tous les peuples et le charme de leurs instants de récréation. Or, il est bien connu que la récréation est presque aussi utile à Tindustrie que le travail mémo. L'un soutient Tautre. Les esclaves et les salariés se révolteraient bientôt si on ne leur accordait pas périodiquement des heures et journées de répit où ils se délassent en recourant au chant et à la danse , soutenus des instruments de musique.

Voilà donc les civilisés réduits à invoquer 3 des 7 branches de Topera pour faire diversion aux fatigues de Tindustrie. C'est avouer implicitement que Topera fait partie intégrante de Tindustrie, puisqu'il y intervient comme alternat nécessaire et aussi nécessaire que Tarrosage après la chaleur : elle épuise la végétation, dont une pluie douce vient réparer les forces* Ainsi nos divertissements de musique vocale et instrumentale , de danse et gymnastique viennent périodiquement faire diversion aux travaux de nos salariés. On les juge bien indispensables, puisque le septième jour de délassement est ordonné par la religion même, en dépit de la morale qui voulut, en 4793, réduire les festivités de 67 à 30, réduction qui n'a pas prévalu. Le peuple est beaucoup moins industrieux chez les mahométans , qui n'ont pas de festivilé et repos périodiques.

D'ailleurs , si le produit de l'Harmonie doit s'élever an septuple du nôtre, qu'importe qu'on y réussisse par l'opéra , les plaisirs ou autres voies , pourvu qu'on atteigne le but 1

Les civilisés, barbares et sauvages admettent donc les branches 4 , 2 et 3 de l'opéra comme accessoires essentiels de l'industrie, comme délassements nécessairetf et appuis industriels. Si on peut démontrer que les autres branches sont aussi essentielles au succès de l'industrie, je demanderai *' pourquoi la civilisation , qui veut isolément chacune des 7 branches de l'opéra , veut ravaler l'ensemble ou réunion économique des 7 branches.

Passons à la i*, la gymnastique. Elle était en crédit chez les anciens. Elle a été déconsidérée chez les modernes comme abusive depuis l'usage des armes à feu et la coutume des duels qui n'existait pas dans l'antiquité. Aujourd'hui on recommence à vanter la gymnastique, à prôner certains pensionnats qui la remettent en vogue, bien qu'elle soit , d'après

étouffer le godt de la poésie qui Le Oeste est branche esaen comédie. Je ne le cite qu'à titr opératiottt d'hinnonie mesurée le diant, la danse, la poésie, il dont la Jastease eet néceesair* oonief précitées.

La peinture, le décor, l'ornen snr lequel s'exercent les 6 autn i4e; c'est an lien indispensabli ainii que les costumes inlorr ssré et ontemeat harmonisé avi

SiODB.

M. La mécaniqoe ou féerie l'opin. Cest elle qui répandit ce beau speclacte : elle fart cou gfomiirlquc avec les 7 charme:

S'il est avéré que lei ci»iti chacum des sept branrhps de l'ensemble , do m^me qu'un hi sept mets de telle ou telle cspé raient réunis les sept meta. Nol les sept plaisirs que réunit l'op

UTILITi 0B LA OOUmVANDIgE. US

mie, premièro des propriétés de Dieu que nous devons prendre pour modèle , et il est certain qu*en tous pays nous perdons plus de temps et faisons plus de frais pour goûter séparément et mesquinement les sept plaisirs de Fopéra , qu'on n*en fera en Harmonie pour se procurer splendide* ment Ja réanion des sept.

Déjà j'ai montré [a) qtie la singerie on manie imitative qui domine chez tous les petits enfants au dessous de i ans est un précieux germe qui tend à les enrôler dans les ateliers minimes de chaque séristère, à leur procurer dès le bas^o les gages de richesses qui sont santé et dextérité industrielle. Si nous pouvions découvrir même propriété dans la gour^ mandise , qui est passion dominante chez les chérubins et séraphins âgés de i 4/2 à 9 ans , le créateur et distributeur des passions sera déjà JusUfié sur Tune des principales accu* estions que la morale ait portée contre lui , car elle veut partout corriger les enfants de cette gourmandise qu'il leur inspire à tous.

Ôuand nous aurons prouvé qu'elle est voie d'acheminement à la richesse et à Tindustrie , nous étendrons par degrés la preuve aux passions plus critiquées dans l*àge d'adolescence, comme l'amour et l'ambition, et leur examen nous convaincra que toutes ces passions , dans le mécanisme social y se trouvent admirablement distribuées à chaque âge pour conduire à l'industrie et par suite assurer au corps so» cial l'avènement à la ridiesse et aux autres buts de l'âltraction.

Redisons sans cesse que le but de la politique harmonienne étant d'atteindre d'abord à la richesse, \^ foyer d'attraction , elle doit procéder par des méthodes bien opposées aux nôtres, qui ne conduisent le peuple qu'à la pau* vreté. Déjà on a pu s étonner que j'aie vanté l'opéra, envisagé chez nous comme une frivolité ; c'est pourtant un des ressorts qui , en Harmonie , élèvent l'enfant au perfectionnement in-

(a) Gbap. 10 et 11, Itv. 3, section 3 du grand traité.

'■ri

Et il Taut , pour élever Gaatrosophie hygiénique rouages.

Chaque père civilisé S] lât dans Iw i première C'est peu de produire ai o Ainsi , dans la région i bourg, Haaheira, Francfi haricots verts aussi délica:

jardin au mois d'août. II e en choucroute ou hachis procAdés conservateurs pi tel plaisir qui n'aurait pas n suit de là que le trava est peut-être aussi importl de conserver, une branche Tsr réduite au <?• et moin prouvera fort que son enfai femmes}, soit exercée aux BOD 6ls sera exercé A ceux i SB Qlle lui ménager, par pi verts, d^spois verl«, des cl née, il citera cette jeune H domestique; il estimera le I

COHMI ET GA8TMHIOIIIE. 4 47

Ce0l une 3* fonction que les moralistes vondront avilir et ronyoyer à des agents subalternes. L'Harmonie n'en juge ptfB ainsi : elle pense que ceux qui ont travaillé à la culture et à la conserve doivent travailler aussi à la préparation culinaire, y intervenir au moins par quelques détails.

Quiconque sera versé dans ces 3 branches de travaux excellera nécessairement dans le i* rouage , la gastronomie.

Je suis loin de prétendre qu'en harmonie chaque individu doit exceller dans les i fonctions. Cette universalité d'emplois serait contraire à la graduation passionnelle ; je veux dire seulement que chacun doit être initié partiellement à toutes quatre ou seulement aux trois premières, ce qui est la mène chose^ puisqu'on ne peut pas être versé dans les 3 sciences de culture , conserve et cuisine sans être gas tronome de fait.

Établissons la thèse dans un sens plus pressant, et prouvons que les civilisés sans le savoir, exigent déjà les i connaissances réunies dont se compose la gastrosopfaie.

Il est avéré qu'ils approuvent les deux premières : culture et conserve, et qu'un bon jardinier, un bon chimiste, Tun habile à cultiver, l'autre habile à conserver le produit , sont deux hommes louables aux yeux du moraliste , que ce rigoriste est fort enclin pour la troisième branche ; car, tout en critiquant la bonne chère, il se gourmera contre sa cuisinière , si elle lui fait un mauvais ragoût ; il saura fort bien prouver que le ragoût est manqué, faute de tels soins, de tels procédés. Ce sage est donc par le fait enclin à la gastronomie et exigeant sur l'art de la cuisine.

C^est assez prouver que les rigoristes mêmes exigent perfection dans lee 4 rouages du sens du goût ; il sera donc louable aux harmoniens d'élever l'enfant aux 4 fonctions réunies. J'ai déjà démontré que les séries industrielles attirent l'eniànt aux travaux de culture et à ceux de conserve , comme soins de la fruiterie, de la confiserie, etc.; il reste à démontrer qu'il sera attiré à la 3' branche nommée la cut- «IsM, et qu'une fois initié à ces 3 branches , il sera par le fait gastronome raffiné, et avec le temps gastrosophe.

Nous avons à examiner si l'attraction pourra s'y prêter, «i elle se moBlre éia^o&ée à initier l'enfant à la science de la

Douvei ordre, lin outre, 'e d'allrayant , et lu neuf diii.

cuisina , — et souvent tca pèi peuvent à peine goilter des m

D'ailleurs, l'clat da cuisir mercenaire, sang considérai dans l'Harnionip, où les cuis uaTorains ambigus, de aorte Bidéré comme panni nous un l'éducation et des jouia^anct hamma de hauts importance ( HBi cetn à réunir l'utile et I un d'utile que ce qui peut ittrMtlon.

Les cawwa sont le princip; dm flwque Tourbillon. Chia llutruction dans leurs | riéa, et leun banquets devii l'on dispute aat les qualités, o que denrée.

C'est i la cuisine et à table < s'exercent de bonne heure A I végétaux . et des fautes commit culture. Plus ils se raffinent er nent d'intérêt eux nréneralinr

AT£LIEII FAVOU DM t'ENFAlMT. 449

Oa l'en chMse pour divers inconvénients qui n*existent pas dans les cuisines d'Harmonie, auxquelles le bambin est admis et choyé dès Tàge le plus tendre , parce que tout y est disposé pour l'exercer utilement. Une phalange a chaque jour au moins mille volailles à plumer, tant grosses que petites. Nous employons à ce travail des servantes robustes de 30 ans et même des hommes faits. L'Harmonie fera plumer 600 petites volailles par les bambines de 3 à i ans, et 400 grosses par les chérubines de i 4/:i à 6 ans. L'ouvrage sera fait aussi lestement que par des bras de 30 ans et beaucoup mieux que dans nos cuisines , où on laisse volontiers partie des plumes sur le corps de la béte sans savoir ni tirer ni recueillir celles qu'on a enlevées et que les bambins d'Harmonie sauront distribuer en corbeilles distinctes pour les longueurs, qualités et couleurs. Un bambin de 3 ans qui ne saurait pas faire toutes ces distinctions serait raillé ignominieusement dans les cuisines conmie déshonorant la secie*

Éloigner l'enfant de cet atelier qu'on nomme euidnê, ce serait lui enlever le plus fort de tous les stimulants. Rien n'est plus propre à intriguer les groupes d'enfants dans leurs travaux, que de les allier avec la gourmandise, leur passion dominante. C'est donc la cuisine qui doit être l'atelier favori de l'enfant , d'autant mieux qu'elle opère en toute saison , hiver ou été, tandis que l'agriculture, le jardin, quoique très utiles à éduquer l'enfant ^ sont en chômage une bonne partie

donné à tous les enfants un penchant si [ ) à la gour-

mandise, ressort le plus puissant pour les attirer à la fois aux travaux des cuisines et des cultures.

L'enfant qui aura exercé par plaisir en toutes sortes d'arts et métiers fera des progrès rapides dans U théorie quand viendra le temps des éludes , l'âge d'environ 9 à 4 0 ans , où il passe au chœur des lycéens. Parmi nous , où il ne peut pas s'adonner par plaisir à la pratique, il est obligé de passer son enfance dans l'inertie ou dans les travaux rebutants et forcés. Ensuite on énerve son esprit en l'appliquant trop k la théorie qui lui devient nécessairement fastidieuse par absence de comparaison et de notions pratiques dont il n'est pas encore pounm.

fant s'efforce à diatiofuer les taisies graduées qui afTectio industrie. S'il existe des déba dansTengrais des volailles, 1' et diatribMT les pAtées ne po à ces Iramn qu'autant qu'il ces Tolaillei et des légumes, si rivatités en fait d'espèces et prendra parti dans ces luîtes, 'm «triéléa de culture. Comi gMunBBdiM , toute puissante ««■*•• «o préparation, qui VI da qualité des Euiimaux et v^ San* doute es genre d'ensetf en cnrilisation, où l'enfant ttr.

prendre aucun intérêt aux tri précédemment que le mécani^ Uiitea les intrigues de perfécti piOfer tous les raffinements sei sioa laborieuse. Gomment se ' vingt graipae qui débattent sni s'IKm sait pas faire la diSérei modiBoations apportées par l'i rationsT Au reire, comme led< dans une nhalanse. il v miai» (

IMTHIGUES COMPOSÉES KT BICOMPOSÉES. 454

L'intrigue, Témulation, ne sont actives qu'autant qu'elles naissent de ressorts composés et bi-composés. L'émulation est faible si elle porte sur une intrigue simple , comme les luttes d'opinions gastronomiques. Nos gastronomes savent apprécier le mérite ou les défauts d'un mets , et ne savent ni Je produire, ni le conserver , ni raccommoder. Les voilà réduits à un seul véhicule , un seul moyen d'influence dans Tintrigue de gastrophilie.

Un homme qui sera cuisinier et gastronome à la fois, aura déjà double canevas d'intrigues et d'émulation , car il saura indiquer les vices de préparation et les démontrer activement par une meilleure confection : il se passionnera d'autant mieux dans les rivalités , qu'il aura double moyen de justifier son opinion par les preuves théoriques et pratiques.

Si , à' ces deux véhicules d'intrigues, on ajoute celui d'iotervention active dans la culture, il y aura triple source d'in* trigues ; elle deviendra quadruple si on ajoute la conserve. Dans ce cas l'enthousiasme de culture et d'émulation sera porté au plus haut degré ; car des sectaires allant cultiver un légume, auront à débattre sur les nuances de goût , de préparation , de conserve et de culture ; le travail sera d'autant mieux soigné qu'on y aura apporté quatre esprits de parti au lieu d'un , l'émulation sera portée au plus haut degré d'intensité.

Si donc on s'efforce en Harmonie d'enrôler chaque individu dans les 4 branches de la science gastrosophique, c'est, afin qu'il devienne expert sur 2 au moins , car le but est rempli du moment où chaque individu est bon juge sur % branches : il en résulte que tout groupe de 6 personne peut fournir 3 juges sur chacune des i branches. Or, les groupes sont communément de 7 , avec foyer et transition , total 9. Si chacun des 9 peut expertiser et opérer sciemment sur 2 des i branches , on est plus qu'assuré d'avoir 3 juges sur chacune, et comme ces juges seront d'autant meilleurs qu'ils auront acquis une longue expérience, il conviendra de les exercer dès le bas-âge, si l'on peut, sur ces i fonctions, dont la connaissance leur sera utile dans tout le cours de leur vie pour améliorer et intriguer tous les travaux agricoles en mode bi-composé, en quadruple intrigue.

Sur laquelle des 4 branches doit-on spéculer pour amor^

)5i Lina l'AMIONKUlKlIT

c«r l'uoranl el l'inléresser à kiuh'S 4 du pluK au moiiifr?

Les moralistes prélendronl qu il (uul Aa jirétârvnc* mmoi. oer rQQfuDt aux i brancbos de culluru «t conMrvv, M aé^^ligsr celle» de cuisiue ot gastrunomie.

L'alti'Bclioo iléciiie le coatrflire. L'ooCnnt inorUr» d'abord AUX bamefODS de cuisine et ^^BaU-oMmie , et bioatM BprM 1 ceux do culture et coDâerve (I).

Cffux qui cunnal Iraient aussi bien quo moi lu mécauiOBU d'harmoaie induslrielle , jugeraient qu'on ne doit pu intaL» h^ter 1 préférer la cuiuine, qui est lo ros«ort la plus Mtrsyantpour l'enlant. Oa peut B'ea rup))orU)r i moi i>urc«U« oplion; )e puis mieux qu'un autrojuger Je l'inlluvace qu'au» chaque ressort dans le roécanismn d'banuouiu, et je pro* DODce très scitmmentque le travail do cuisine eu préparation sera le plus inDuent sur l'eufaDt, le plus coofenabU pour l'initier, l'acheniiiiâr aux i travaux de culture et conserve, et par suite aux uutioiui ga^tronuiuiqueii et à la si'ienr^ gutroàupliique.

Cola piisiî, cLinHiienl [irocedcra-t-yn puur amorcer J'eiifanl w travail des cuieines, où son iateneation Mrs n^twiire pour épargner des bras mâles de 30 ua, mieux employé» à faire mouvMr la* pompes d'arrosée dwa le ^rànt Si on

(<) — 3i, cote 10. — On peut ooiuwvair» d'aprta ce I ] , pourquoi Dieu a donaé tant d'inthiew A ta gMf-

BumdiM; c'eat qu'il veut, par Mlle paMiea, et^emàHr Il^omma k toutaa tes brancbes d'ioduiuie agricele ; il veut utt fattUmnimmU la consommatiou avec la produoiion, )a diatribulioD et la pr^paralion, branchas qui aitiowd'liiii aont très aulipatbiquea. Celui qui conaomme lea frffT" at t^ gitaux pr^ùeux méprise et fuit le travail obampMn qui lea produit et la travail culinaire qui les prépare.

Il s'agit da rendr» la production et la pcéfwratioa «Mai atlrayantai que l'est aujourd'hui la gourmandise ou ooaaottmatioa, et bire naître de cette gourmandise t'atlraetivn i&dtttlrielle pour lea trois eulree branches dost alla ael eon* plàl«inent isolée au)ourd'hui. En effet, aelui quioMMHBow les aliments précieux ne les produit pas : il ne a'oocwpeaa contrairaqu'à vexer et spolier ie producteur primitif, le paysan et l'ouvrier» «t 4'auua patt Mini «ul piedwit twllmipti

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