LE DOUBLE LEVIEE D'ÉMULATION
preuve en est qu'une phalange ne prétend aucune indemnité des enfants qu'elle a élevés avec les soins les plus délicats. Elle est payée par le travail bambinique de 2 4/2 à 4 4/2 ans ; et dès l'âge de 4 4/2 ans Tenrant perçoit les bénéfices de son travail et voit s'augmenter son petit pécule, dont le produit excède toujours sa dépense de table, logement et vé* tement. L'avantage de cet ordre est de mettre en jeu double levier d'émulation , ressort composé d'intérêt et d'amour pro* pre, méthode bien différente du simplisme de la morale qui veut engager les pères mêmes à mépriser les richesses, et à plus forte raison les enfants. A quoi aboutit-elle? Â créer des enfants destructeurs , au lieu d'enfants industrieux. Ne seraitril pas plus à propos qu'ils estimassent les richesses et aimassent l'industrie qui les produit?
Sans doute il serait dangereux d'inspirer le goût des richesses dans une société où on n'atteint guère à la fortune que par les voies du mensonge. Il n'est pas moins vrai qu'on perd ce ressort précieux en Harmonie, où l'enfant , ne pouvant gagner la richesse que par les voies de la justice et de la vérité , c'est l'exciter à aimer et pratiquer la vérité que de l'exciter à aimer les richesses.
Au reste, en dépit des doctrines morales, tout père sait bien in^irer à ses enfants le goût des richesses et leur donner une éducation contradictoire avec celle des systèmes. C'est ce que nous allons examiner dans le chapitre de la quadruple éducation civilisée.
[Voir dans le grand traité le Translude , à la suite de la 3* notice, liv. 2, et au chapitre XI de ce volume le supplément au chapitre 46 du Nouveau Monde industrieh]
On se &tiguerait vainement à classer les contradictions de nos systèmes d'éducations qui peuvent disputer la palme de la sottise. Il faut trancher le nœud gordien et jeter au feo les cent mille tomes d'éducation , chaos bien digne d'une science qui , en parlant d'unité, fonde sa méthode sur 5 reisorts opérant contradictoirement.
Quel devait être son but ? Pour le déterminer, donnons en peu de mots un parallèle des 2 éducations : harmonienne et civilisée. — Elles sont opposées en triple sens :
4» L*harmonie met en œuvre la pratique avant la théorie, tandis que la civilisation n'opère que par des théories dénuées de pratique.
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dtadfns sont moins robustes que les paysans, et les paysans Aoins Tigonreux , moins agiles que les sauvages. L'enfant aféloigne donc de la vigueur en raison des progrés de Fétat 0ècial.
Nous échouons bien mieux encore sur Féducation de l'âme, puisque le père est obligé d'endoctriner l'enfant à contresens des théories morales , do le prémunir contre la charité , la fHmehise, la confiance, tandis qu'en fait d'études on ne sait point ramener à demander des leçons qui sont pour lui sans intérêt et sans fruit s'il ne les a pas désirées.
Ne nous arrêtons point à des critiques sur l'éducation civilisée ; continuons sur l'exposé de celle d'harmonie, qui , au fieu de mettre en jeu 5 systèmes contradictoires, est une pour tous les âges * rallie tous leurs travaux aux convenances générales du corps social, et ne se départ jamais du but, qui est do diriger soit l'enfant, soit l'homme fait, de manière à tendre constamment aux 3 foyers d'attraction : luxe, groupes ot séries.
(1820.— «2, cote 9.)
Ad nom de vestales, chacun s'imagine que je vais peindre des victimes doitrées. Il n'en est rien , les vestales d'harmonie sont des femmes du grand monde, courtisées publiquement et admettant les monarques au rang des poursuivants titrés. On les appelle Vestales parce qu'elles conservent leur virginité jusqu'à Page de 49 à 20 ans.
Les Vestales sont la corporation la plus brillante. Leur influence en attraction industrielle est encore supérieure à celle des petites hordes. Ce corps de jeunes vierges a une foule de propriétés parmi lesquelles il faut remarquer celle de retard d'itUtiaiion amourewe ou art de prévenir toute indiscrétion qui pourrait initier de trop bonne heure les enfants d'un et d'autre sexe à la connaissance du mystère amoureux.
Sur ce point comme sur tant d'autres, la Civilisation , avec ses cent mille traités de morale, marche, comme l'écrevisse, à rebours du but , et on voit communément les enfants bien informés dès l'âge de 4 0 ans sur des choses qu'ils ne devraient à peine oonnallro qa'à 48 nos. Ce vice eiists snrtouft dans
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