‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 118 sur 136 · ET DS L'AMBITION · texte numérisé non relu

ET DS L'AMBITION

sitioD amoureuse , tel est le but que devrait se proposer on système social régulier, but qui ne peut être atteint que dans les séries passionnelles y où chacune des 42 passions, dans son essor, coïncide avec les intérêts des 44 autres.

Pourrait^n, en Civilisation, tenter ce résultat? Quelle tâche effrayante de rappeler de jeunes filles amoureuses et secrètement jouissantes aux convenances de l'honneur, de l'amitié, de la famille ! Eh ! quel philosophe oserait se chai^ ger de pareille corvée ? L'art d'y réussir est un des plus beaux problèmes de l'Harmonie ; mais elle ne procède pas sur ce point comme nos moralistes et théologiens , qui ont eu l'art d'obtenir de la jeunesse quelques soumissions appa» rentes, en faisant agir d'une part la crainte de Dieu et de renfer^ d'autre part la crainte des châtiments présents.

Le problème qui doit nous occuper ici est d'obtenir d'une jeune fille pat aUTaeUon et wm par contrainte la déférence aux lois de l'honneur et de l'amitié sous les bannières de qui nos chaudières d'enfer ne sauraient la retenir. Mais c'est dans le début des amours, à l'époque d'avènement â la puberté, qu'il faut façonner les jeunes gens à concilier l'amour avec les autres affections nobles; c*est au moment de la transition qu'il faut inoculer les bons germes, et c'est préeisément dans cette période critique, dans l'âge d'entrée en puberté, que nos institutions sociales manquent leur effet. Jugeons-en par quelque exemple tiré des % transitions, matérielle et spirituelle, de l'Amour :

4 ^ En matériel , le but de l'éducation devrait être le retard d'initiation amoureuse, ou l'art de prévenir toute indiscrétion qui peut initier de trop bonne heure les enfants d'un ou d'autre sexe... (Renvoi â la page 3 du cahier rosat 24 , cote 9 ; cette page n'existe plus.]

Analysons quelques vices de transition spirituelle, où la maladresse est au moins égale à celle qui règne en matérid.

Puisque la jeune fille doit en venir à l'amour^ puisque la nature éveille en elle ce sentiment en dépit de toutes les leçons de la morale, il faudrait sur ce point accommoder avec la nature et s*attacher à inoculer l'honneur et l'amitié concurremment avec l'amour dont on ne peut pas empêcher la naissance à l'âge de 4 5 ans. Au lieu de suivre cette mardMi au lieu de faire germer l'amour et l'honneur k la fois, et de

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llimpudmice, refironterie, sont le plus sur inoyen de dh les jouvencellee civilisées. C'est ainsi que, dans leur secret , elles se f ] entre elles du plus mauvais e

et premiant tous les penchants opposés aux idées d*ho qu'il eût été si facile .de faire germer dans leurs àm concurrence de l'Amour. L'Harmonie y parvient par 1' tution du VestaljBt len^poraire et l'option pleinement lib dameiaellat ou exercice de Tamour dès Tavènement k i berté.

U» nnUIBS TAAHIB8 FAK IJE8 PHILOSOPHES. tS3

Les philosophes sentent fort bien l'insuffisance du méc%nisme civilisé sur la transition amoureuse , qui est la plus difficile de toutes. N'ayant aucun appât d'honneur ni de mariage à offrir à la jeune fille, aucune récompense brillante à lui garantir pour la conservation temporaire de sa virginité, ils mettent enjeu la crainte du déshonneur et des supplice^ de Tenfer. C'est traiter le problème en sens négatif. L% crainte du déshonneur ne garantit pas une récompense )ip* norifique et positive. Aussi la jeune fille se bome-t^Ue (^ des simulacres de soumission ; elle met du secret d^ms )a violation des lois. Elle atteint son but par pe manèg9 mys* térieuz qui ne gène en rien ses intérêts. Mais pour l'entretenir en chasteté spontanée jusqu'à vingt ans, c'est l'honneur positif qu'il faut mettre en jeu. L'Harmonie lui présepte un appât de récompense magnifique jointe à une pleine liberté de quitter le vestalat sans déshonnear et sans autre incon* vénient que la per^ des prérogatives et perspectives attaf^iée^ à la chasteté temporaire. Ainsi doit opérer le régime d'at^ .traction. U ne doit exiger qu'une chasteté spontanés et assez attrayante pour être préférée librement. Les jeunes filles cir Yilisées sont Bi loin do ces | ] , qu'il n'en resterait pas une en état de virginité, si on lui accordait un mois d'absolue liberté. Elles auraient raison, puisqu'il n'y a aucun prix réel d*aSecié à leur continence. Nos coutumes n'offrant ^u- CHU moyen de faire germer à la fois dans leurs i^mes l'awpur H l'honneur en concurrence , l'esprit de rébellion ^^crèta dpit l'emporter; elles doivent s'eiLUgérer le charme de tout ce qui leur est défendu , prendre dès leur début tous les yic^ îohéneats à l'amour tyrannisé et s'habituer de bonne (i^uie 4 fwmpifit pour peu de choses les lois de l'hoimem*.

Une vérité bien incontestable sur ce sujet, c'est (^pips philosophes ont trahi la cause des femmes tout en feigiùiit de leur écrire avec la poussière des ailes de papillon. Ils ont joué indignement ce pauvre sexe féminin , qui est bien fondé à s'en venger en secret. Ils savaient que les filles pauvres, qui forment l'immense majorité, n'ont point de mariage ^ espérer et qu'en obéissant à la morale elles sacrifiaient en vain leur belle jeunesse. Ils savaient en outre que ces malheureuses n'ont de ressources pour parvenir au mariage que dans les intrigues amoureuses qui leur assurent le dou-

Me afsntas^ de viTre daos tes pliUn aa Uen-dM tMNM, et d'aeqdérir la politique, r aplomb néeoBwÉHiil labr et enjôler quelque badaud pour le lien ooqlugri eofttraste de dumceB ! Dana le caa de déeehtfïaaaae philoBophiep une Jeune fille g;agiie le plaiair proTîaoin néoMaaire à Tembauebage conjugal , qui doit réuaair pit dea père et mère du badaud. Dana le caa de aoa à la pbiloeopbie , une Jeune fille perd le plaiair pend jenneaBe et perd en même temps l'art de manigancer I riagei qu'on ne décide pai a?eedea vertus, maia « i'argsnt on de l'intrigue. Tout philosophe de bonne M dû réféler ce seorst aux tannes. Ils ont mieux aimé i User pour les tromper, les endormir, atee leur poiiasi!

me gwde de ce vil calcul de caméléon. Jadis aa mes quelques vérités désagréables sur leurs hrirftndea songères que je critique et excose à la fois, qtdm toné Ta tyrannie des hommes. Biles ne me sauront pas m gré de ces critiques , et diront de moi : S*il ne noua pas, au moins il ne nous trahit pas, et ne chercJlie pas i rendre victimes des astuces masculines quH nous déno plein.

J'ai démontré que réducation civilisée manque en d'amour la transition spirituelle et matérielle. Nons examiner comment l'Harmonie procède pour francbii succès ce pas difficile et mettre l'amour dès son dé! balance et en accord avec toutes les nobles affections fées chez nos jeunes filles, qui deviennent, du mom elles sont amoureuses, autant de corps sans âme dans circonstance qui contrarie leur passion , et qui ne co sent plus, dès que Tamoura parlé, aucune considérât parenté, ni d'honneur, ni d'amitié.

ÊMANCIFAnOBI DM JUIFS. tl5

IH^Bonmee dM tnuuiltloiis eolI««ttT«i en Maoatlom.

Si les modernes ont été si faibles en politique sociale, c*est en grande partie pour avoir ignoré les procédés de transition collective. On en peut citer pour preuves leurs opérations sur les nègres et les juifis.

Les philosophes ont cru faire une prouesse de fraternité en admettant les juifs aux droits civils. Ils se sont autorisés' de ce qu*il existe des peuplades juives dont les moeurs sont honorables, nommément celles de Bayonne , de Bordeaux , Amsterdam. Il n'en est pas moins vrai que la masse de la nation juive, surtout dans le Levant et la Pologne , est im* bue de préjugés ignobles, de bassesse corporative et autres vices qu'un décret ne peut pas extirper. Il faudrait , pour mettre cette nation au ton de l'honneur, lui administrer une éducation collective et d'abord l'astreindre à l'exercice du travail productif, culture et fabrique.

Les juifs, pour échapper à l'impôt , s'adonnent partout au commerce, à la banque, à l'usure et aux fonctions improduotives et mensongères. Le Tabltau de Londre* les définit ainsi : « 2,500 juifs qui parcourent les rues en excitant les fils de famille à voler leurs pères, les domestiques à voler leurs maîtres 9 et qui distribuent la monnaie de mauvais aloi. » Quand des masses de proscrits ont adopté pour esprit do corps et d'éducation ces mœurs dépravées , on est assuré qu'ils ne profiteront des droits civils que pour donner plus d'essor à leurs penchants vicieux. On se trompe fort en croyant que la liberté inocule des idées libérales. Nous en voyons la preuve dans le paysan polonais qui .va se reven* dre le lendemain du jour où on lui a donné sa liberté : d'où il appert que Tesprit libéral est un arbre qu'il faut cultiver et étayer dans ses premiers ans, jusqu'à ce qu'il ait pris des racines et de la consistance qu'il n'acquiert que par gradation.

La preuve a été bien plus déplorable en France, lorsqu'on voulut accorder au peuple des libertés politiques dont il fit ; en sens administratif, le même abus que font les juifs en sens industriel.

Ceux qui croient avec des décrets faire naître subitement l'esprit libéral chez une nation vicieuse, ressemblent à des

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I ] qui croiraient faire une planlation de grands arbrw

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Bonaparte s'était pwnonné ^ou da moins il le Wgntit] pour les juifs, parce qu'il voalait flagoner les tra&caMael •gioieurs. Pour le payer de sa belle poisîm , les juib le trahirent en Pologne , et il envofa l'ardre de disaovdn leur Baahédrin, dont tout à coupon n'eol«adi(piiHp*rier, quoiqu'il eàt été convoqué avec édit. ta conduits qu'ils ont tenue envers fioBaparta , ils la tiendront avec loua les éUts civilisés qui les accueilleront. On ne voit nulle part les juifs •'entremettre aus services utiles, i l'agriculture et aux fabriques. On vante les ricbesses qu'ils ont rassemblées a Livourne, à Amsterdam; — elles auraient été gagnées par des chrétiens, et l'État n'en aurait été que mieux servi. Quel attachement peut-il attendre de gens qui nourriesent leur ^ine secrète jusqu'à la table de ceux qui les accueillant. Un jour la président du grand sanbédrio était invité b dtner chez l'archi-chancelier ; il ee borna à s'assooir i table e( boire; il refusa de manger d'aucun des mets, parce qu'ils étaient apprêtés par des chrétiens. Il faut que les chrétiens soient bien patients pour soufTrir de telles impertineitces. Elles dénotent dans la religion juive ua système de défiance et d'aversion pour les autres sectes. Or, une secte qui veut conserver see haines jusqu'à la table de ses protecteurs, mérite-l-elle d'être protégée! Ce refus de manger (ait pari» «hsf dea juib ne (léiiiontr»4-il pas la réalité de toutes les «■fonie* qu'on (sur i^nxdto, wtreMtMle priMJpe «ae <

DS GRTS HISIiEB. U7

voler im chréiien n*mi pas vol^. Quand ito reUgioM «oal aDAî-cociaies, il fiftadraît, avant de les admottre, eiiger de !€«» sedtaina uae abjuration dea dogmes ipMciaax de leur croyance , et de plus une garantie de ( ]• Admettra-

Uin des mahométans à venir au aein de nos villes vendre dee femmes et des esclaves soua prétexte que leur religion les y auloriae? On n'en ferait nen, et on empècba bien rambassa? deur persan a Paris de Caire empaler un de see esdaves qui avait cassé un cabaret de porcelaine. Bonaparte lui fit dire qu'il serait à l'instant renvoyé de Pans s'il commeliak ce meurtre autorisé par la loi mahométane sur les esdaves. Admettrait on des Quakers qui se prétendraient autorisés par religion à ne payer aucun impôt et k no fournir aucun bomme aux levé^ de milice? Comment se fait-ii que nos savants , qui parlent sans cesse de garanties et contrapoids, oublient toute garantie dans les affaires religieuses qui s'allient en tant de points aux affairée civiles ? C'est qu'il n'y a dans toute leur tolérance, comme dans toutes leurs chansons philanthropiques, d'autre motif que Tintrigue. Si la tolérance était raisonnes, on reconnaîtrait qu'elle doit eomporter les exceptions dans le cas de lésion de l'unité sih eiale, et comment peut-on voir des êtres sociaux dans une secte coalisée par toute la terre pour ne pas s'adonner à l'agriculture?

La législation, pour être impartiale et d'accord avec le régime des Garanties, devait exiger des juiii pour première condition cet exercice de Tagriculture qu'ils dédaignent parce qu'elle est moins lucrative. On ne devait leur accorder qu'une famille marchande sur 50 agricoles : c'est environ la pn^rtion. Il fallait en outre exiger des garanties d'éducation eollective, de réforme et de bonne conduite. On devait leur interdire les manufactures, k moins de fondation , car tous, sons prétexte de fabriquer, se senùent établis marchands et agioteurs. Quant aux dogmes, il fallait exiger l'abjuration de ceux qui sont anti-sociaux , comme le refus de manger les mets apprêtés par les autres sectes; et encore, après toutes ces précautions, auraitril fallu user de beaucoup de surveillance k l'égard des juifis admis , s'assurer par des inspections fréquentes que leur éducation nationale faisait des progrès et qu'ils renonçaient A leurs principes vicieux s les disséminer par villages entremêlés à ceu des chrétlsea,

lift piMV loii deft fnwlîènft , oMaft awItlmMU

ooatidwde et traBc, leur inlardim tai prBfeMhM

m, ta foncUons de oonaim , dft eovtiMB el«f

pMs do itpine oa attaoe Mgale, ete., éle. Telte

ooDditiMB qu'exigeait la garantie aoeiale dans l'ai

d^ne aacte eiseQtielleiiieot ennemie des antrae et miéa par

OM kMigae proBcripCion ; maisim tttt, en inpoenl aaitié

aantemeiit de cea oonditionB* n'auraitpaa va «m aenl eolaa

joif et B*en seiait bien trouvé; car, qn'MI-U.beaoûi d'allinr

dea brocanteors , agioteors, iiioriera.eoartien,ooBlniiaB*

diera et dîatribateora de fkaïae monaaîe qni anraho«deBt.ai

toQa lîeox? Ceit gorger on fMya de paraaitea et deaBlfai*

tenra dent le nombre n'eat que trop gâaid , et lea piiiMinui,

qoi piennent des préoaotiona de aaiate^Uiaiioe poar eorn^ar

dîren aboa, aoraient dû y plaoer an pfemier rang ealle de

fèmr les Juifii à l' adopUon de ragrieoltore H k I^UjarUiM

des dogmes insodaiix. Les joili ont profilé d'une erreor qui

place le commeroe au rang des profesuoas utiles. On sera

bien désabusé après la lecture de cet ouvn^.

Dans la 6* partie où je traite du commerce meosoiigar, oa pourra se convaincre que les classes d^à policées comme les chrétiens, qui se livrent au commeroe, mériteraient par leurs menées criminelles d'être Tobjet d'une surv^Uance particulière, et que rétablissement du négoce véridique réduirait au dixième tous ces parasites appelés marchands, et ies renverrait avec leurs capitaux h l'agriculture qu'ils \ ] sous prétexte de l'approvisionner. Notre politique, au lieu de s'exercer sur la répression du trafic mensonger, admet aux droits de cité la classe des juifs , «qui s'est pervertie par l'exercice général du trafic , de Tusure et du brocantage. Les juifs ne sont que dos corsaires introduits dans l'État pour aider au ravage de la classe déjà trop nombreuse des marchands et des usuriers , classe qu'il faudrait réduire au moins des 9/40.

Si nos politiques ignorent l'art d'opérer la transition dans Tordre civilisé , s'ils ne savent pas élever une classe à la liberté, ils doivent être plus ignorants encore sur J*art d'élever le corps social entier à un degré plus élevé, et l'on doit peu s'étonner qu'ils n'aient pas su inventer la 6' période ou Garantisme, eux qui, en parlant sans cesse d> garantie, vantent le commerce libro dans lequel il n'existe aucune ga-

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