‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 119 sur 136 · ÉMANCIPATION DES FEMMES · texte numérisé non relu

ÉMANCIPATION DES FEMMES

rantie de vérité. On ne saurait comprendre quei sens ils at« tachent à tous leors grands mots.

Il en est des femmes comme des juifs. On ne ferait qu'augmenter leur fausseté si on leur donnait une demi*liberté sans l*étayer de mesures capables de faire germer les sen* timents d'honneur et d'amitié , les affections nobles qu'elles subordonnent servilement aux intérêts de l'amour. Ce n'est plus exercer une passion noblement que d'en faire la vile esclave d'une autre. La mécanique sociale doit maintenir les diverses passions dans cette égalité de droits qui est l'objet des rêveries philosophiques; et par égalité de droits , je n'entends pas égalité d'influence , mais proportion graduée , qu'on ne trouve aucunement en Civilisation. Les femoîes n'y sauraient entendre un mot de raison sur ce qui touche à leurs amours. La plus douce, la plus vertueuse devient une tigresse dès qu'on veut pour son intérêt mémo la contredire en quelque détail d'amourette. La seule apparence d'une contrariété , même la plus motivée , suffit pour lui rendre odieux tous les êtres qu'elle affectionnait. Le plus ancien sentiment d'honneur, d'amitié, de famillisme, ne peut entrer en balance. L'amour, chez les femmes , est un torrent qui entraîne tout, et c'est ce résultat qui doit confondre nos entrepreneurs de balance, contrepoids, garantie, équilibre. Où est donc l'équilibre qu'ils ont établi en amour ? Us savent comprimer le sexe par la contrainte , les verrous , les duègnes, les préjugés. C'est employer la science du dey d'Alger, la violence plus ou moins gazée. Mais s'il s'agit d'amener les femmes à observer spontanément et de plein gré cet équilibre de l'amour avec les 3 autres affectives , honneur, amitié, famillisme, on conviendra que leur éducation est entiè* rement à faire sur ce point , et que les philosophes n'ont aucun moyen d'opérer, même par degré, cette conversion. Us sont dans une ignorance absolue sur la théorie des transitions fixes et surtout de la plus délicate des quatre , l'hypermineure, ou avènement à la puberté.

Inhabiles à concilier dans cette transition l'amour filial avec le devoir, ils le sont plus encore à façonner les femmes à l'usage d'une liberté où doivent arriver plusieurs d'entre elles. Une veuve riche est à peu de choses près dans l'état de pleine liberté. D'autres, comme les orphelines sanssur-

la duwnulatioii. D'autres y

totf éb leon ^npte

^ yjagMèae qui ianto jww gigmaant d> ta Mhgrtéu (kUtâkm da U fertoB»? Bllii iMl wtat^éM k iMriMMiR (k Éaa ■» liipa rîdîealaa qvt lit tmàmi la fiiate tfan Satfb«llfis una fortinal SUm ptiriMl Imv JaM oiakiBaa b^leiira qoi lea AMMWMBft da npriifa 4M0i dl«

biapi-étra. Les wm tom aiMn*» daM daa onNmtofw qoeiqaa agent de miMiaetèra qaî veal pm jonr plia à «a aies* D*«itma ta jeilfMt éaiia Fêlai de ttNii|bnp, f diat peut ma reléehe la furtima qy^eliei r aaMeenlaMotat df iMâlIté , ou , si ellea répaegBeal, e*ait poar M Ml» k fcÉb da ({uelqiia f ripoa qui la kier sonsCnira. SnT, aaMliawi pas sur les femmes libres on -TingUèmegM aadia oaer id|pi^ lièrement de la liberté dont les jeunes gens abosant hssyrarap moins , parce que l*amour ne leur ast paa défendu par faa usages.

Ce serait donc une éducation à iaîre coj/ect/vemant pour la liberté, à laquelle il faut , même en àviiisstioii , les préparer, puisqu'elles peuvent y arriver par les diverses conditions de veuve » d*épouse> d'orpheline, de malCrasse, de courlisane, etc. Proposez cette opération aux phiiosopbes, ce problème d*inoculer la raison aux femmes libres que j'ai citées « de les façonner aux convenances de Thonneur, de l'amitié , de la famille , etc, , ils n'indiqueront pas un seul procédé pour conduire collectivement les femmes à os but. Les mesures qui y conduiraient seraient empruntées de la période 6, Garantisme , dont ils n'ont su jamais concevoir aucun détail , et ce sera , il faut le redire, un sceau de réprobation ineffaçable pour toutes leurs sectes; car Ja généra* tion actuelle ne cessera de leur reprocher ce crétinisme de génie. Au moins, s'ils ne pouvaient pas s'élever à l'inven* tion de la série passionnelle, devaient-iJs spéculer suries faciles améliorations de la période 6 , qui , admettant aetre état domestique, les ménages incohérents, donnait une ample latitude à la science pour sortir des misères civilisées.

Si Ton jette un coup d'œil sur les diverses transitions soit •n sens individuel , comme dans l'avènement è la puberté st

nPOETAVGB pis nâVOlTIONS. tU

le retard d'initiation, soit en sens collectif comme l'afihuichissement diBS fiiègres, des juiis, des femmes, et leur éleva* tion graduée à la liberté , on reconnaît facilement que les philosophes n'ont aucune connaissance des mesures de gra« dation qu'il faut employer dans ces transitions. Elles sont pourtant le cété le pltks délicat et le plus épineux du mouvement social. Tout est manqué si Ton manque l'ambigu ou transition. Dieu nous dénote assez l'importance qu'il y attache par sa méthode invariable d'intercaler des produits de transition eni;re les classes , genres et ordres de toutes les choses créées. On ne trouve pas une série de produits qui n'ait ses transitions distinctes, et selon Tunité de la nature, elles doivent exister dans le passionnel comme dans le ma* tériel , et nous devons les ménager avec la même exactitude en toute opération sur le système social. Or, c*est précisément le point que nos politiques ont négligé en entier, témoin la première de toutes les transitions, celle du minimum de subsistance et d'entretien qui formerait la transition régulière entre l'état sauvage et l'état policé. Eli0 n'existe point parmi nous , et le pauvre est envoyé au gibet fuand il demande le minimum qui lui est dû en remplace- Aient des droits naturels dont le prive la société.

C'est dans le traité de la période 6, Garantisme, que nous apprendrons cette théorie générale des transitions civilisées, toutes négligées par nos philosophes. La plus délicate est celle des transitions amoureuses. On a vu combien nos savants sont stériles sur ce point , et combien l'Harmonie est féconde en mesures préservatrices du mal et en amorces du bien. On a vu que l'éducation , dans les séries passionnelles, 86 dirige l'enfant que par l'appât du plaisir. C'était là le but do l'éducation. Loin d'en avoir approché, nos systèmes n'ont su former que des troupes d'enfants toujours ligués en secret contre Tétude, l'éducation et les instituteurs, et faisant la digne pendant des pères qui , sans la crainte du gibet , se révolteraient do même contre le régime social ; -^ femmes poutre idem, prêtres contre gouver. indi bien dignes d'avoir •dmis juifo, nation improd. qui est révoltée contre société •t vérité*

de la domioBiiee de rjHouBV UWnL (1820. — W d 61 • cote 9.)

Tout bien qa*a lèvé la sageiee hamaiBe doit te «m» le règne du code divin oa régime dee sdriee néee. Si la philosophie forma le pnjet de guider lei par lee Toies de l'honneur, daiibéraliÉBie» o^eal à rflarmon» d'edécuter œ que la pauvre phiioiophieoeait à peîaeréfer.

En traitant de rédnoation que Penteiee reçoit dut ta aérioB paseionnées, mma n*avoM envingé Jnequ'id qne Mi institutions de première néceenté, Tart de donner aux enfants la vigueur et la deiLtérité, de les habituer à la pratiqua agricole et maDufacturière , et à Témulation individuelle.' Une éducation bien adaptée aux besoins de rbomme doit pourvoir avant tout au matériel , c'est^-diro à la santé et à l'industrie; mais tout mouvement doit s'élever du matériel au spirituel. Nous allons passer à la branche libérale de l'éducation , celle qui a pour but d'habituer les enfants, dès TAge de 9 ans, à être tout dévoués à l'honneur libéral. J'use de ce mot honneur libéral pour éviter toute con!u»on avec l'honneur arbitraire, égoïste et dévastateur qui est en vogue chez la Civilisation.

Comment pourrait*on , en Civilisation , avoir quelque idée juste sur l'esprit libéral , quand chaque parti enseigne qu'il faut lui sacrifier tous les autres ? Ecoutez le sacerdoce, il vous dira que s*il convient à Mahomet de faire assassiner Zopyre, son fils ne doit pas balancer à commettre ce parricide. Do même, s'il convient aux ligueurs et aux jésuites, etc., d'assassiner Henri IV et le meilleur des rois, il faut que les Ravaillac, les Clément , secondent la fureur des ligueurs et des jésuites, et se sanctifient par le régicide. Même frénésie chez les philosophes. Dans leurs visions de liberté , d'égalité et de fraternité , ils ne prêchent que le régicide et le parricide comme voies d'esprit libéral , témoin les cruautés des Brutus et des Marat. On retrouve ces excès chez toutes les

ESSOR INDIVIDUEL £T GOLUEGTIF. 232

classes inférieures. Les marchands vanteront le mensonge, le vol, Taccaparement, Tagiotage, comme voies de sagesse, de raison , de bonlieur public. Les maris vanteront de même le dévouement conjugal, et prétendront qu'une femme, épouse de Robespierre, doit admirer, soutenir en tous points son féroce époux. Bref, on ne trouve dans tout le mécanisme civilisé que ces prétentions outrées qui sont l'antipode et Tabsence de l'esprit libéral. Il consisterait à tenir la juste balance entre les personnes et les passions , distribuer la mécanique sociale de telle manière que chacune des 42 passions se conciliât dans ses développements avec les convenances des 4 4 autres. Hors de cette règle il n'y a plus de libéralisme , et on ne peut voir régner que l'égoïsme et le despotisme.

((Le premier problème est de savoir comment les séries passionnelles concilieront le jeu de chacune des 4 2 passions avec le jeu des 4 4 autres et des 2 foyers ; car tout calcul sur les 42 passions implique l'emploi des 2 foyers, FUnitéisme ou msyeur, le Favoritisme ou mineur.])

Je vais traiter d'un honneur compatible avec le bien général, c'est à-dire avec les 42 passions de chacun. On peut même restreindre le problème à i passions au lieu de 42 , car les 3 distributives ne sont qu'un assemblage ou mode d'exercice des 9 autres, et parmi ces 9, les 5 sensuelles ne doivent pas influer isolément dans une théorie d'essor libé« rai y car toute passion sensuelle isolée des 4 affectives n^est que brutalité : les 5 sensuelles doivent donc en théorie de libéralisme se coordonner aux vœux des i affectives, et c'est sur ces i que bous avons à spéculer : il s'agira de les déve* lopper de manière que l'essor de chacune des 4 conçoive au bien dad 3 autres et (ïeHe-méme en exercice collectif et individuel.

Je dis que la passion pour agir en sens libéral doit concourir à son propre bien. Nous voyons sans cesse le contraire en civilisation, surtout en amour, dont la propriété essentielle, soumission du sexe fort au plus faible , est partout intervertie ; l'éducation forme les femmes pour le mariage, dans lequel il convient politiquement que la fenune soit souh mise au mari. Or, une passion , amour ou autre , devient ennemie d'eUe-mème , et no marche plus en sens libéral , si

231 EOSOII KQuiunii.

ello n'sUeint paB ses propnèléa essentielles , et co nul pas on wiiinir nua rtonimo doit dominer sur la ramnie, W !i ;is*oi d'iittruB clmncea de supériorité. S'il veul paitoui prcdami- MT, il D'y a plus liarmoaie, mais de^iismu. CeponitaM , l'-Aducatioo civilinée conduit à i:« vicieux effvt , non-seulem«ol par le muriage, qui t«ad à asservir la remo»! en nmour, ouii par mille autres diapoêilions qui rendeut les feotiiuiâ ijerriltis avec leuiï amonts et les taommeâ impérieui avec leurs maltre^MS, d^ii il suit que l'amour civilisé va contre le« vraii ÎRlér^ de l'amour, qui sont de subordonner dans ce grare de paaaion le sexe fort ail faible , et tout r^inuj social qui entrave celte propriété de Tamour entrava par contrecoup ceilue des autres pas^ioDS : il devient r«gime oppressif el illibéral.

Comme c'est surtout en alTaires d'amour que les dviliséf lutsseat la mécanijoie passionnel , il conviendra d'applifutr de préfiirence les lliéories d'bsrrnonie à l'amour, parce que c'est la passion pioscrite, mal ju^ée el ^arritiée aux besoins de la politique. Les autres passions allerUve-; lini e;i,T.re nn itiief apparent ou réd ; dwcuQ, par hypocrisie, ptSaafynitii et l'hoBueur, filt-ce ludaf : lottutd» vwdniéHis, il dira affronlénient qu'il f«ut respMkr j'fcoDgMr at VaniU. ÏBHiles de Judas, tous les civiliBéatiaBneBtUmiHi»langBy et la mène conduite. D'autre part 1* itgÊlatiiB et 1* incwilo M les excitent qu'A l'égoïsme de fiBiUe. V<îIA tkmç 9 pas- ■leasaffectires, dont 3, {'honneur etl'sBitté, jeaâtnat d'un crédit apparent; la 3*, Pamiilisme, jouit d'un oridit léal. Dé* lora on goûterait asseï une tUorie &n>nd)lB à l'B«»neur, à l'Amitié, au Famillisme. U m!ta aMpa» lÎMi de l'AoMHir, qui est proscrit en tout sens, "t — due le^friaga, où la loi vaut lui donner une directàna siitiiSMÎsa par la soumission du sese faible au fort. C'est donc sur V-kamit qu'il convient principalement d'appliquer la théorie de libéralisme ou essor d'amour favorisant Isa i»of>riéléadn II ■>(tna paaaiOBS et de l'amour n>êow.

J'ai observé que nous bornerons la thèse aux i paawas afsGlives. On ne pieut pas tes servir égalemeat toutes t ; îldait arriver que, sans en fa^ttei aucaoa^ la balance penche aa peu vers l'une on l'autre. Tel cancUia iaaJioa davwitagi Tare VàsMoeur au l'aaMtfi. leiaotia wf* Vanaorau ieia-

UBÉBAUSUE HVPVH V Vnf BCR. fotê

millismei de \k mitt une distinction dç l'esprit libéral «r nuyeur et mineur. Nous appellerons libéralUme majeur^ celui qui sert de préférence les 2 affectives majeures, THonneur et TAmitié , et Hbérali$me mineur^ celui qui coïncide mieux avec les 3 affectives mineures, TAmouret le Familr lisme, et puisque Tamour est la passion que nous choisissons pour canevas de théorie, il faudra montrer Tamour en exercice majeur, où il servira les intérêts de THonneur et da l'Amitié ; puis en exercice mineur, où il servira TAmour même et le Famillism^ De ces 2 exercices naîtront des corporations qui suivront en amour la bannière majeure ou la bannière mineure , et arriveront par diverses voies au but commun , qui est de faire coopérer l'amour au soutien des 3 autres cardinales et de lui-môme.

Laquelle des deux bannières doit l'emporter ^n influence? Est-ce le libéralisme majeur ou mineur ? En quel sens l'esprit social doit-il tourner de préférence? Doit-il donner la priorité à l'Honneur ou TAmitié, ou bien doit-il faire pencher la balance pour l'Amour et le Famillisme. Consultez la nature pour décider cette question. Des civilisés décideraient tout de suite que c'est le majeur qui doit l'emporter, que l'Honneur et l'Amitié doivent être nos boussoles préiérablement à l'Amour et l'esprit de famille. La question est très délicate. Eux-mêmes contredisent leurs principes, car ils donnent dans leur système social toute l'influence au Failûllisme, aux dépens de l'Honneur et de l'Amitié. Si Puq 4es deux exercices, majeur ou mineur, doit l'emporter sur Tautre, ce doit être de peu, ainsi qu'on va le voir, l'harnionie ne permettant pas que 2 cardinales soient sacrifiées A S autres.

Pour déci(}er entre elles j*ai recours à la comparaison sexuelle, qu| va nous indiquer en principe le vœu de la oa? ture.

Il est évident, par la proportion numérique des S sexes, 21 hommes pour 20 femmes, que la nature veut faire légère ment pencher la balance du côté du sexe masculin , lui accord^r ce petit avantage que les acheteurs appellent bon pQidt^ ou Umihée dt 6a(ance, p^r laquelle un vendeur prouvQ la loyauté de sa mesure. Cette légère influence établie par la

penonte au majeur ou d'obserrer dans chaque p des 840 caractères, de i noD pas de 405 couples , serait une rébellion noto nature. Bile vent de mém Uté du !t* en faveur du et neur et de l'Amitié, pSK mitscultB qae l'Amour et le Mxe mineur ou fdmini tendresse maternelle, tend a plus de nerT dans les S bi lié, qui sont les cardinales Pour conformer notre tt il fout donc disposer la bt manière que l'exercice maj ■or le mineur, c'est-à-dire en faveur des S cardinales i et que dans tout le système nent le pas, jouissent du fc uteuneoent les i autres ca puisque l'inégalité d'influet différence vrsi m» f •-'-—■*

Page 1