‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 124 sur 136 · VICES DU CARACTERE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

VICES DU CARACTERE FRANÇAIS

qu'elle soit Tun des ressorts dirigeants de la mécanique civilisée.

J'ai dû citer le parallèle des actions ignobles, parce que nous n'avons à cet égard ancune donnée certaine sur Bonaparte. Ses détracteurs n'ont débité que des absurdités choquantes. Un sieur Gallais prétend qu'il était ingrat envers la famille Marbeuf. Cependant il fit épouser à l'un d'entre eux, jeune et sans fortune, mademoiselle Delglas de Lyon, âgée de 47 ans et affligée de cent vingt mille livres de rente ; il donna au jeune homme un régiment de cavalerie. Sur ce mariage, toute la ville de Lyon disait que si les Marbeuf l'avaient obligé, il leur avait bien payé sa dette. Après cette munificence, Gallais vous dira qu'il était ingrat envers les MarbeuL Goldschmit est encore plus inconséquent dans ses diatribes, lll se récrie sur l'ingratitude de Bonaparte envers le roi qui Tavait fait élever , puis il prétend que Bonaparte ne savait pas même l'orthographe. . Le roi lui avait donc fait donner une bien mesquine éducation dans le collège de Brienne, dont il était l'écolier le plus distingué. Ce grief donne la valeur des autres.

Il est à remarquer, au sujet de ce prétendu bienfait d'éducation, que c*est précisément ce qui a gâté et dénaturé le caractère de Bonaparte. S'il eût été élevé en Allemagne, il serait devenu un homme très-parfait; mais l'éducation française lui inculqua tous les travers du pays : la présomption, la frivolité, la fausseté, l'inconséquence, la versatilité. On peut dire que tout ce qu'il avait de mauvais venait de l'éducation française et des habitudes françaises. Je prouverai que cet esprit français travestit et dénature tous les caractères qui passent le 4' degré : or Bonaparte, comme Frédéric, était du 6*.

D'après les relations mensongères qui circulent sur son compte, il serait difficile d'établir un parallèle un peu détaillé. L'un prétend que dès l'âge de sept ans il commettait déjà force empoisonnements et assassinats... risumteneatis K. L'autre , qu'il était timide sur le champ de bataille, témoin les journées d'Arcole et de Marengo, et les dépositions des militaires de tous les régiments. Le^ mêmes donneront la palme de la bravoure à Louis XIV, qui, lorsqu'il s'approchait des batteries, était entouré de courtisans qui le forçaient à 3'éloigner. L'histoire civilisée n'oflre qu'un tissu de pa-

f54 LA mOHnàMB HB TOMBIIIB*

reiUeB contradictions. Chacun de ceux qu'elle vente peul ta dire:

81 J'eatie été Talnen Je tenb crinliHi;

eloe Dd eera pas un médiocre embarrali 4fn de ranoiir le CMtflt de chaque peuple à un espoaé Yéridiqee.

Quoi qu'il en aoit, noua trourpnadees tae daif iowvereiai que je Tienade citer un recueil compleldea fitcei mlUtainB ohrila ol religieux de Bonaparte. Ga mode de eonperttMi qui aaaemhle direra caractto» pour lea réIlécUr ee ai aeulyl^at io parallèle oompoaé, bien difléreed dea parelWa aimplea de Plutarqoe et biiMi.plua favoreblea pov meidUa la méiDoire, y graver lea faite hiateriquea. (7eat en qnf^qm façon donner la monnaie d'un oaracten, comme fit Lo^Xn ^prèa ta mort de Turenne, «I créeni à ia loia hiit nmréchamr qu'on appela wumnaU 4ê Tar»mii> Il n'eat paa eéceaiain que le paràilèle roule sur dea roia ni mèaw aor dea indiii due du même pays; il suffit de conyyter un teUeeu. Ton les siècles et pays où l'on puiaereaaraU boui é owneftn pour l'élève, et plus la iftonnoia de eandère-foyer aen variée, plus le lecteur enrichira CMîlement sa mémoire. 1 serait à souhaiter qu'une compagnie d'érudite donnât en o genre une histoire universelle, dont les parallèles seraien établis sur tous les siècles et tous les pays, sur le blâmi comme sur ]a]tIouange , sur le crime comme sur la vertu puisqu'on fait d'histoire il faut garder le souvenir de Tu comme de l'autre. C'est un des nombreux siyets qui n'ont pa été traités, et j'aurai souvent occasion de dire aux écrivains ai embarrassés de trouver un sujet neuf, qu'il en fourmiiJe pourvu qu'on veuille s'écarter des routines de la Civilisation C'est un pays battu et ruiné, il faut se transporter plus loin Si les voies de la civilisation sont stériles à force d'ètr battues, il ne s'en suit pas que le champ soit stérile ailleun et, pour ne parler que de l'histoire, voilà qual4^ nouvelle méthodes encore vierges :

Lm. synthèse inverse.

Les parallèles composés,

La méthode alternante,

La méthode graduante.

Il en est dé même dans les diverses branches d'éiedei

eiUNDM iCOLSS. 168

Elles abondent en matières et sujets intacts. Ce qui manque k nos écrivains, c^est Tesprit d'investigation. Je ne puis mieux les comparer qu*à de mauvais chiens qui n'ont point de nez et croisent la trace du lièvre sans la reconnaître. Combien de fois s^en accuseront-ils eux-mômes en^^lisant ma découverte l Que de fois ils s*écrieront : pends-toi, étourdi, tu n'as pas deviné celle-là !

Pourquoi nos savants n'ontrila pas la prudence qu'on tixmye chez les moindres juges, la précaution de ne pas s'en rapporter aux indices, mais d'exiger des preuves de fait et d'expérience. Tant que l'âge moderne négligera cette règle primordiale de sagesse, il ne sera, malgré ses jactances de perfectionnement, qu'un sièclede vieux étourdis et de grands enfants.

Il reste à parler de la méthode suivie par les harmoniens dans les grandes écoles. £lle doit être la même que celle de la petite éducation ; elle doit opérer par séries, qui est le seul gage d'émulation , à part le besoin et la faim puissante sur civil. ; mais inadmissible en Harm.

Universités bonnes en Allemagne, non en France. Gotha , étudiants sur route; France, dbns cafés et grisettes, à salles d'armes. Montpellier 40 à salle , pas 40 à étude, Pero a fourni sajets; je le crois; sur le nombre de i,200, exception donne déjà 455 par an. Vient ensuite, besoin, pauvreté, stimulant. Mqui nonne forcé d'envoyer 4200 pour en former 450 ? i^n militaire opère ainsi ? Dresse-t-il 4200 recrues pour. 4/8? Bon système, effet contraire; n'aura qu'un huitième d'avorté.

Droit. Étude la plus scabreuse et qui donne des Poussot, professeurs aussi sots qu'écoliers. Laissaient faire quia bénéfice pour la ville. On ne faisait rien ; on entrait pour ba« guenauder; profess. débitait pour son argent quelque cbosQ qu'on aurait lu sans lui.

4<> Il faut d'abord examen sur 4*' district par le tribunal pour 4" degré.

2"* Inde passage à chef-lieu do prov. ou départ. , pour 2* degré devant autorité, comme assise, aidée du professeur supérieur.

^^ BMHET» ■tofecnn.

3« d'année; examen défaut unhendM stégeant andief*

Usa de eontrée.

Alors nul n'ira en t»pitale poor y perdre du tempe; cari «?ant mAme d'aller an ch^-lien de pror., en S" degiré, Cuh dra «foir ^6 «wniné sar le lieu natal par tribinial et jiq|6 ^iCe. Or, Jeune homme une fins UiM de la aorte, on aéra refoâé, ou n'arriyera en univers, qn'cvee intention et moyen d'y trarailler pendant l'amiAe qu'il dem y paaaer; il n'y trouYem que gens yenos aivec mêmes desDeins et non oinlk

MHkekiê. Autre régimoi ffiite beâoin de tnmde ville , et que étudiants pauvres.

JPorro grand espoir sur Pédne. dvills. car abbé W. a publié ouvrage sur vices d'éducation moderne, et y dit qu'enfimt revenir ài la méthode ancienne, où Ton n'enseignait i jeunesse que les mystères de Jésus et de Marie, reîne du ciel ; que l'âge moderne y a substitué des sornettes sur les Grecs, les Romains, sur César, Auguste, Sophocle, Périclès, tous autant de monstres vomis par le dragon infernal pour faire la guerre à J,-C. , gens qui étaient tombées dans l*oubli lors des beaux siècles de 40, 44 liS, et que la perversité moderne les a tirés du néant où il faut les (aire rentrer pour la perf. et remplacer par mystère du Sacré-Gonir. Ainsi soit-il.

Si Uà ridicules, malheur est que philosophes en promettan raison sont encore plus ridicules et que nuisque louable n^est guère qu'écueil de plus.

Quelle impéritie ! En aucun pays civilisé on ne peut par^ venir à apprendre au peuple entier les connaissances de première nécessité : lecture, écriture, arithmétique. Dans les autres branches du mécanisme social , même désordre, même ridicule. On fait une révolution pour diminuer les impôts, affranchir les peuples, et Ton n'aboutit qu'à doubler les im« pots et enchaîner la pensée. Une nation s'indigne de payer 40 millions de pensions secrètes; elle Unit par en payer 85 millions.

mfÉMONIQUB GiOGRAPBIQUB [a).

ou

Méthode pour apprendre en peu de leçons la géographie , la statistique et la politique '* extérieure ** (l).

Depuis que les capitalistes et commerçants font des placements habituels en fonds publics, Tétude de la Politique extérieure, de la Géographie et de la Statistique leur devient nécessaire, comme moyen d'apprécier le crédit des gouverments emprunteurs.

Cet emploi de capitaux séduit de plus en plus toute la classe opulente, et lors même qu'on effectuerait la réduction projetée sur la rente française, il resterait la voie de placement en fonds étrangers, dont la masse augmente chaque jour et va s'accroître d'un nouvel emprunt de SOC millions de francs qu'annonce TEspagne.

Ajoutons qu'à la première guerre continentale, tous les Etats européens redoubleront d'emprunts, souscrits à 35 ou 30 p. 0/0 de perte : l'Europe sera inondée de papiers fiscaux^ dont les emplois lucratifs ravaleront de plus en plus l'agriculture.

Dans cet état de choses, l'homme qui ne connaît pas la Politique extérieure court le double risque de manquer les

(a) Ce petit écrit a été publié en 1836. — Les mots ajoutés à la main sur un exemplaire imprimé formant la 163<* pièce de la cote supplémentaire sont renfermés entre ces signes *' ".

(4) ** Il ne s'agit point ici de la politique intérieure, mais seulement des intérêts commerciaux , fiscaux et militaires de chaque pays, dans ses guerres , ses alliances , ses travaux publics , ses moyens, etc» "^

Î68 IMPORTANCE DBS C0!ïSAl8SATtCB8 GKOCRAPHIQUa^V

chances de placements favorables et de se faire iUusJOQ s les chances dangereuses; d'étrc dupe des momenes dîpf' raatiques ol des nomellei de bourte.

11 ne suffit pas, dans un le! négoce, d'être aa courant d«'] intrigues locales ou menées d'agiotage; il faut s'aider d'iir"" seconde boussole, qui est la oonnaisasuc* de la Politique a térieure, .

Ceux mêmes qui n'inclinent pas à placer en tonds publia,,"' doivent considérer qu'après cuï, leur^ enfants et hérilierey seront entraînés, car les jeunes gcna n'aiment pas à traiter '\ avec des fermiers, ions fripons ou cliicsDBiire. Aussi aian^ donne-l-on de plus en plus les domaines bornés eu citélit | produit do 3 p. n/U; il est si commode de placer à 5 4' I C p, 0/0, avec bénéBces accidentels, gain de prime et accrois* | sèment du capital qu'on a vu s'élever en France de 56" j

II importa surtout aux famille» ricboa da Vum «i^» lout «niants sachent se diriger dans oetle carrito*. i^réoar par eux-mbnes le crédit journalier des gouvernetnaots, sans racourir aui opinions contradictoires des joiuiuuz qai, mJod les convenances de parti, exagèrent atié&ùaeat i«s facultés da l'Etat emprunteur. On n'en juge uânemeal qu'autant qu'on est versé dans la Politique extérieure et la Statistique, deux sciences dont la Géograpliie est la def. Elle devient donc aujourd'hui branche obligée da t'ëàuratioQ des gens riches, à titre de boussole en affaires d'intérM.

Mais dans l'enseignement de Géc^raphie on suit une niéibode lente, hérisaée de difficultés, ne parlant jamais à l'imagination, employant des années là où suffiraient deux mois de leçons par Mnémonique pittoresque. Cette nouvella méthode sème le chemin de flours; elle ne se compose qua de tableaux inléressants, de contrastas et parallèles piquants qui se gravent aisément dans la mémoire et varient l'enaaigneraent, selon les goûts de chaque étudiant, "Elle servira les vues de tout homme qui désire que ses enfants puissent briller sans longues études et Jouer un grand rdle dans l'nM des carrières diplomatique, edminislratire, commerciale, etc.; l'élève qui aura déjà étudié la Géographie routinière apprendra d'autant plus vite, et en un mois, les 3 sciences ds PpCtiquo extérieure, Hii^œpnique géographique eï Thiori» dee causes Bnales. " -

aURTOCT BN FOUTIQUE. SM

U esiate à Paris des professeurs et cours publics excellents, sans doute; mais ces cours, dont le cadre est d^une année, ne remplissent pas les intentions d'un homme pressé d*allerau but. On y engage l'étudiant dans les profondeurs de la science, géologie, cosmographie, etc., et on y néglige les deux branches convenables à l'homme d'Etat et de commerce ; il a besoin de s'instruire sur la Politique extérieure et ia commerciale, peu familières aux professeurs.

Leur doctrine est si insuffisante sur ces deux points, qu'on iKÛi les plus doctes adeptes, comme Louis XVI, rester étrangers (4) à Tolyet principal de la science, ignorer les intérêts politiques et commerciaux des nations, même de la leur.

On a donc besoin d'une nouvelle méthode en ce genre

(1) Louis XVI, quoique très versé dans la Géographie physique et routinière, n'avait aucune notion de Géographie spéculative et naturelle ; aussi no forma- 1-11 aucun plan sur la rectification des limites intérieures et extérieures de son royaume, ni sur la restauration clîmatérique.

II en fut ainsi de Bonaparte ; bon géographe en genre ac« tuel, il ne sut établir que la confusion dans ses limites et nomenclatures comme dans toute sa politique, nous donnant Rome et Hambourg au lieu de nous ménager le moyen de conserver Belgique et Savoie.

C'est pour la France une calamité sans pareille que cette négligence d'enseigner à un prince la Politique extérieure, dont le premier principe est de se procurer de bonnes limites. Vingt fois la France aurait pu atteindre k ses limites naturelles; on les lui a toujours enlevées par quelque astuce diplomatique. Ainsi, lors du congrès d'Aix-la-Chapelle, les ennemis gagnèrent le ministre et l'ambassadeur fhmçais pour faire croire à Louis XV qu'il passeraitpour un marchand s^il gardait la Belgique. Louis, efifrayé de ce surnom de marchand, fit déclarer qu'il ne voulait pas faire la paix en marchand, mais en roi, tout rendre.

Louis XIV était donc un marchand quand il garda la Franche-Comté f II ne serait pas si aisé de spolier les Français si l'étude de la Politique extérieure faisait partie de leur éducation et de celle de leurs princes.

f30 ànaçaMê^roBBkm

d'wiiwgnnmnntj d^nne MBéamiqm fnfrê à m^tÊKégm h ]08goMir. GeUe qpfoû propos» id alUe toofous ftfrfièleâ lïrtile ; elle eiuwgiie One Bdenœ par iiM airtiQ, 6t iroaj^ que le plaisir poor aider lamtaMiive.

Tel est le cadre de to MnémoniqoB pittorsaqoe appli|ais â la science qd surcharge le plus la laémoirc, é laGéagWh phie. Si cette méthode réussit kgraierelideak mois, dans l'esprit de rétudiaat, les nomsnciiitaieat laa dMAna tani»

toriflJes, les statistiques, les mojeBaoofBmeraiaiii: et iaiéÉMs politiques des diTorses régions du fljbibe^.oe awote va» Us constaté par cinq ou six élèfss, il né reoîsraphisdedBalis sur reoraelleaoe du procédé; on pouna l^npHquer SfBc SHh très sciences, en abréger considérabtaBiBnt rétudau

n est dans Paris plus de SiOOOchefriletanille qo^ pour l'éducation de leurs enfants» désirant des ■»^*H4wi «eofil^» ratrices.; ou peut les inviter à exaJBiinér si, sur les IS Toies proposées id en Bfnémoniqoe géographique et leçons pittoresques, il n'en est pas au moins trois assez adaptées au godt de chaque élôve, pour intéresser môme les jeunes femmes, et élever en deux mois Tétudiant au degré d'instruction où il arriverait à peine en deux ans d'emploi des méthodes con* nues.

Aperçu dos vetee et moyeas.

Le tfiJ)leau suivant les expose en 46 branches : on pourra y en ajouter d'autres, sauf à se conformer aux deux conditions de base, A et B.

A. Union de t'agréabU à ruUle.

B. IfiêlruelUm campoiie ^ aelion appliquée. 4. Tables géographiques. 9. Signes initiaux.

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