‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 129 sur 136 · C. La cupide , 12. L'évaslve · texte numérisé non relu

C. La cupide , 12. L'évaslve

^ I La mondaine ,

( L'égoïste ou réfléchie.

K. — £4 é^^veaUê est celle dea baiiei cteaaes qui ne

:*9i L'ENaOUFPBANTB, L\ DIVEKGBNTB ,

donne à lenfant quo des impressionâ vicieuses, ou lu façonne à la grossièreté, à la malfeisancfl Dans cci-taines lamiiies on l'élèvo am astuces de meodîcilé, au vol , a la térocilé. On lui meulile l'esprit do rent contes ridicules sur l'ogre rt les revenants. Il reste toujours de mauvaises (raceâ de cette éducation primitive du peuple. C'est un désordre ineéparabJe du règne civilisé qui ne peut pas établir un sysième d'édauliOD unitaire parc« qu'il est obligé de Tonner le peuple ï la rudesse pour le ployer à l'exercice du travail répugoaut.

L'indirecte, duperie do certaias pareots qui n'ajanl pu d'opiuion Tixe, n'ayant ni usage ni aplomb , luissont élever leurs eafaats par autrui , les livrent à quelque suni do la maison ({ui les façonne ii servir ses intéréla cl leur iuataiw gpéculalivcment beaucoup Aa vicos dont il peut tirer parti. Ce déâordri; (.'sl fréquent dans la elnsso ilcs parvenus.

<<■ L'ntgct^frMttt est celle qui élève lea mfiBts à la nris réelle dont ils seront inévitableinent dupes en civilisation. 11 est excessivement dangereux de prêcher la vertu aux carso térea enlhousiastesdu beau; c'est les assassinera TAvauceeu les disposant à être spoliés par les fripons , k être victimes d'un monde pervers. Les précepteurs tombent tous dans cet écueil si le père ne sait pas opposer un contrepoids à Jears impulsions.

S* ta dmergtnU tombe dans le mime inconvénient par la voie opposée , en excitant trop fonement à riatrigue , k l'a»tace, un enfant qui a du penchant pour la veria , penchant assez naturel chez les enfants. Si , sous prétexte de prudence et de circonspection morale, on contrarie leurs indinationi honorables, n'est les poussera s'insurger en secret contre les préceptes et il donner , par indignation, dans l'excès de vwtu qui causera leur perte.

C'est aussi par la méthode divergente qu'on forme des Néron , ûei Tibère : ils ne se seraient pas jetés & corps perdu dans le crime, si l'éducation n'eût pas heurté violemmcst leurs penchants. L'impulsion de vertu est dangereuse poor les deux caractères extrêmes, elle précipite les bons dans la duperie et les mauvais dans l'impatience. Bile ne convient qu'aux mixtes ; or cocnmeat les discerner dans l'état actuel od l'échelle des caractères est absolument inconnue ?

3* iM ffagornwH, ou manie à» gfller lea eofanlt. C» dé-

L'HÉBÉTANTE , L*HÉBÉ01TAIKE. 295

faut est général en civilisation où les pères et mères ont toujours quelque enfant favori , applaudi en tout et partout. C'est souvent le plus vicieux de la troupe.

La gâterie ou gâtement devient impossible en association : Tenfant n'y croira jamais un mot des flatteries des père et mère ; il n'ajoutera foi qu^aux reproches de maladresse qu'il aura reçus de ses pareils dans les groupes et séries qu*il fréquentera. Ce résultat sera d'autant plus précieux qu'il laissera aux pères et mères pleine liberté de se livrer à leur passion de gâterie , sans qu*il en puisse résulter aucun vice : elle sera sans influence.

i^ Vhèbétante. C'est la contre-partie de la flagomene. Leg pères et mères selon la règle du contact des extrêmes, vont d'un excès à l'autre. Ils gâtent tel enfant et vexent tel autre. Ils le raillent, l'humilient, le terrifient, l'hébétent, ils en font le valet de la famille, le CendrilUm. Tout père est plus ou moins tyran domestique, tout en se croyant équitable; il lui faut parmi ses enfants un favori et un bouffon. Souvent celui qu'il disgracie est le meilleur. Mais la morale a décidé que tout père, fût-ce Robespierre, est infaillible et éclatant de justice dans son ménage.

Les pères ne pourront plus en association molester un enfant sous prétexte qu'il n'est pas l'écho du caractère paternel; cet enfant serait réhabilité par le suffrage de vingt groupes qu'il fréquente et qui savent donner cours à see instincts, les utiliser, apprécier ses services et lui allouer des dividendes. Le père serait traité de sot pour exiger dans chacun de ses enfants le caractère patemel« ressemblance qui anéantirait le mécanisme sociétaire, où il faut des échelles de caractères différents pour établir l'harmonie.

Il faut en outre que ces caractères alternent, qu'ils ne se reproduisent pas en lignée directe : c'est pourquoi la nature donne à père avmre fils prodigue ^ à bel esprit fils imbécille, comme le fils de Cicéron. Cet alternat de caractère contrarie étrangement les pères et les moralistes civilisés ; mais Dieu n'a pas fait l'homme pour la civilisation.

5* La dogm<mqu0} 6<> la cupide [Grand traité, translude],

1^ Vhéréditaire, C'est la manie générale des pères; ils veulent inoculer à l'enfant tous leurs défauts. Un marchand, un procureur vantent celui de leurs enfants qui est le

Mi LA QOftffQBATlYft , Là TMAariVII »

ploft tmà M le doimaot poor modUe au anlnt. Un pto jvît vMte renfaat ie plus rampant et le pins diaaimdé; un buveur considère celui qui boit bien dès le basjjge» nnjoqnar le façonne à aimer le jeu, etc. Ainsi chaque pèira s'efforce de comœuDÎquer S ses enfants tous aes iiices; pnis la norale nom conte que rinstituteur naturel de l'eafiSDt est le p6re; il est an conlraire le personna^ que la nature Teut distraire de. cette fonction où il me peut fair^ que le mal, sauf très* rares eiceptioas.

S* La ceirperalîM. Pour en définir le ridicule il sufBrait de citer réducation donnée par les barons allonands i leurs Qn£sQts qu'ils habituent a se o^nsidérer comme des 4Qinidîeez* Toutes les éducations corporatives présentent du plus au moins ce ridicnlei opposé au voou de la nature qui est pour Texerâos de Tindusti^s agricple et manufiitUxrière.

Cette éducation n*est pas moins vicieuse parmi les classes populaires qui ont des esprits de corps très-absurdes et des préjugés locaux dont l'enfaut est dès le bas-âge imbu par les pères, aiosi que des esprits do parti.

9" La vocative ou distributiye. Elle coosisto dans Taction des pères pour créer aux onfunts uue vocation ims^iuaire. On excite rafnéaufiiste, à Torgueil, parce qu ou veut en (airo un héritier; on excite le puiné aux astuces afin qu'il puisse faire un riche mariage, suborner mères et ûiJes pour uUer au but en se fardant de morale. On excite les cadets à une vie simple et modeste parce qu'on vout les déshériter ; ou excite les îilles à raustérité et à la vie ascétique parce qu'on veut les enfermer dans un cloitre. Lo père met en jeu une demidouzaine de morales qu'il applique à chacun de ses enfants pour leur supposer une vocation. Bons caméléons en morale, ils en ont de toutes couleurs, une pour chaque euCant, une uuisi pour la ménagère qui fait semblant d'y croire^ une autre pour les valets qui n'y croient pas davantage, et nue au besoin pour lu grisette entretenue à qui ils prêchent les saines doctrines do la ndélité. Que cette science morale est commode en intriguts, quel assortiment de masquosclde ressoruelle fournit à riiypacrisio, surtout en éilucation vocative !

tO» VilUisîonnairc, mnnio do parents qui sont dupes do quelques sots principes; ils les inculquent aux enfant» el réusâiisâsot plus ou moins. Ils les oxerceut à révérer tetpersonnago ou \<.^V^ classe qui les dupera. Souvent, par prévft*

tion pour tel remède, ils habituent l'enfant ii se droguer sans maladie, assassinant le physique par les sots remèdes et Tes* prit par les sots préceptes. Ils engagent l'enfant dans les exoôs d'orgoeil ou de modestie, selon leurs illusions plus ou nMÙDS altturdes.

^^•VinsurgenUy 4 S» Vévasive et la mondaine. [Grand traité, Irarislude.]

J'ai désigné \a mondaine comme pivot parce qu'elle est le foyer où tous les systèmes viennent se rallier à se confondre ; elle a son contre pivot qui est

L'éducation égoUie^ celle que l'homme se donne à luimême par usage du monde. Il reconnaît bien vite qu'on n*y réussit que par l'hypocrisie, l'audace, la violence, la calomnie. Comment dans ses débuts a*t-il réussi en amour? Un jeune homme se garde bien de dire aux pères ce qu'il vient faire dans leurs maisons, séduire femme et Gile ; il persuade aux parents qu'il n aimo que la morale et la charité. Plus les tartufferies sont ridicules, mieux elles réussissent. I.o jeune homme en conclut bien vite qu'il faut s'étayer de rby< pocrisio, et ainsi des autres vices dont il a fait l'essai.

De là vient que Jes civilisés deviennent en dernière analyse des tacticiens de vice fardés, l'un de vertu ou de piété, l'autre de franchise ou de philantropie. Chacun d'eux prend un masque moral assorti à son caractère; il tonno contre ceux qui prennent un autre masque, et les déclare ennemis de la tendre morale et des saines doctrines.

B«i« lie l>é4iicailoii naturelle ou lianBioiii««e.

(1S20. — 62, cote 9.)

Précisons d'abord la différence des deux éducations, harmonique et civilisée. Elles sont opposées en triple sens :

4" l'Harmonie met en œuvre la pratique avant la théorie, et la Civilisation place la théorie avant la pratique.

i* THarmonie n'emploie d'autres stimulants que les passions ée VBnfant, priDciptlemeat ta gourmandise. OÎi n'eoiplole en

298 BUTS M L'itraCÀTIOll flAUMSUninB.

CitUttBthm que des ressorts quifatigimitea rébutenireBfini comiM devoir « contrainte, besoin , etc.

3* l'Harmonie varie à Vinftni les initiations donnéeaàrsftfant; elles ne roulent que sur des plairira, tout traral donnant plaisir dans les séries passionûâes. La Civiliaatioii m contraire assujétit l'enfant à un très petit nombre defimctions forcées soit en étude soit en labeur.

Ces trois contrastes naissent de la diflérence des deux m^ 5>ani«n<ta sociaux. L'uu ofganise en série , l'autre en bnnUe. Un monarque civilisé ne pourrait pas , miènie en prodignnt des trésors , donner à son fils une éducation équivalente A celle que l'Harmonie fournira gratuitement A renàmt pauvre : 4« ce monarque ne pourrait pas habituer son fils à la prati» que de tous les travaux agricoles , manufacturiers et domeetiquesy ou bien il faudrait violenter l'enfiuit A foice de chAtiments pour le déterminer à prendre quelque teîntare de tous ces travaux auxquels l'enlralnera par plaisir la fréquentation des séries passionnées.

2» Lo monarque ne pourrait pas employer le plaisir comme stimulant d'éducation, puisque les fantaisies de ]*cofant civilisé et de tout enfant hors des séries passionnées ne rentrâtnent qu'à commettre des dégâts et tomber dans les excès.

3* Le monarque no pourrait pas varier beaucoup les fonctions de Tenfant, car la variété est inhérente à Vordre des séries qui offrent d'heure en heure de nouvelles fonctions à choix.

D'après ces trois entraves, réducation civilisée, quels qu'en soient les préparatifs et les efforts, ne peut atteindre en au* cun sens aux divers buts qu'elle se propose.

On peut assigner à l'éducation les 5 buts suivants :

Pour le corps : Dextérité , Talents pratiques. Pour l'àme : Vertu, Science théorique.

VIGUEUB COMPOSÉE.

J'assigne pour but principal la vigueur composée ou santé du corps et de l'àme dont l'absence transforme notre existen* ce en un long supplice et fait de l'homme moral uu avorton, dans mille occasions où les impressions de l'àme sont contrariées parla faiblesse du corps. L'éducation a donc pour premier but de former des corps vigoureux. On n'est pas persuadé de cette vérité en Civilisation où le but social du civilisé

VIOUEUR C0MP08BÈ. S99

n'est que de savoir tromper et raser pour parvenir à la fDrtune. D'ailleurs l'exercice de ses facultés corporelles est souvent accusé de crime : de là vient que les systèmes d'éducation n'ont point pour but le développement des appétits du corps et [ ] de l'âme , ou bien , s'ils tendent à ce but , un tel aveu est leur condamnation.

En effet la race des civilisés est collectivement d'autant plus faible de corps et d'aatant plus sujette aux privations qu'elle est plus avancés en luxe. Mille sauvage pris auhazard sont très supérieurs en vigueur à mille paysans civilisés, et ces mille paysans sont généralement plus vigoureux que mille citadins. Voilà donc la race actuelle convaincue de dégéné* ration matérielle, en rapport du progrès des lumières et de la dispensation qui en est faite aux diverses classes. L'éducation atteint donc à l'opposé du but. Là dessus nos faiseurs de systèmes abonderont en répliques ; mais les faits parlent; comment les démentir ? Si nos instituteurs civilisés veulent avoir gain de cause qulls nous montrent des civilisés de la classe polie, un millier de grand seigneurs , assemblés sans choix , plus robustes, qu'un millier de sauvages, j'entends de sauvages sans contact avec les civilisés qui les font dégénérer en peu de temps par les liqueurs fortes et la communication des maladies dont ils n'aj^portent pas le remède. On sait combien ces { ] ont abâtardi diverses hordes, notamment les Hot-

tentots , les Ostiaks , les Otahitiens , les Sandwickois , etc.

Assignons plus distinctement le but en fait de vigueur. Par exemple , aujourd'hui cent paysans de 25 ans seront plus vigoureux que cent citadins de 25 ans pris dans la classe opulente. Il faudra donc par opposition que cent jeunes gens de la classe opulente élevés dans l'Harmonie soient plus robustes que cent poysans civilisés du même âge. L'éducation d'Harmonie pousse la vigueur bien plus loin , et à tel point que cent jeunes filles élevées dans un tourbillon passionnel pour^ ront terrasserai la lutte cent paysans civilisés du même âge. Voilà pour le but pivotai qui est la vigueur ; passons aux buts cardinaux.

En matériel ; ^^la dextérité. Il semble que sur ce point l'éducation civilisée atteigne partiellement au but, car le citadin est plus adroit que le paysan. Ce n'est qu'un nouvel indice de dégradation. Car, si l'éducation est judicieusement dis-

^tecidtntoUe. On niitNtT» Ut cmm diMU«ift ^ tpfliqiiéfaaKOÎlMlntt [ ) :

if Ui vèlBttaito 0âDniU el •DrtaaNM salKAi tl res épaisses [ du pay8Mi|.

•ft»La déiMiidiBonraca, fynuMliqni, dMa», fs'oi lEMMnil iui iMiriiaa.

«t Ukaguenr dn lénotsdaltlMiir» i»déf0ÉI intataU Hiî lialiifun mm lu pajfaain fi la Iwitrir iw ■wmiiMii

AiaaîlapitMilBar, la raidaaréaiapaymM ■Taat^t'MB^ éanlallak Oa tovdtdanaaarlainaeaBi attaitiMAaiNrèi^Mt-: (faoa ■«»!§ d'taaroice aiiUlaîro artÎTarMa-pranpiMWttl i la laupiswe élea dladint al iaa aorpaaMr ëaaa la natiM. Mais >ft»aBi at le» aatres aoalpiDrliiiBMHBuatiiuiguli éa lada»" tdHté du saurage, à la iteiia,è la pè^ an lîr, à la cooiaa «c fiatis toat exercice, L'enfanI élaf é en Harmonie anra proportroDiiel^efnent la même iupérîonté sur la saurai qaî tombe, ceaime le cÎTiKsé, dans lo vice des exercices outrés on pcirrîets. L'exercice outré raidit les membres au lien de les a:$d.>uplir. L*oxercice partiel, auqneiflont bornés tous les citili^és soit dos rilles soit des campagnes , ne disUibue pas Wa fi>rf i>8 en rapport convenable k tous les masdcs. Tai est le défiiut de toutes les fonctions civilisées qui n*exfrcent qu'une partie du corps. La dextérité ( ] no peut nailre que du

régime d'harmonie qui dès le bas âge habitue les enfanta aux fonctions infinimont variéeset soumet à un exercice alternatif tofites tes parties du corps.

2* Les talents pratiques. Nos instituteurs s'attachent à surcharger l'enfant de notions théoriques, et Ton ne saurait dans Tonlre actuel suivre une autre marche. Celle de rHarmonie nhffbrtne l'enfant jusqu'à 9 à lOansqa'aux notions pratiques (i). Avant de commencer à fréquenter les écoles, il aara dé}à exercé en toutes sortes d'arts et de métiers ao moyen du

(I) Lorsqu'un enfant âgé d'environ 8 ans 1/2 passe au chœur do lycéens et lycéennrs il commenco à fréquenter les éooles. Juàquo là il n'a été admis que dans des salles subalternes où on apprend à lire et à écrire. Cesl aux approches de • aaa qa'il s'engage dMM laa études fil, aaU »)•

LA VUXII I lA SOBHCB TBÉdUQUB. Ml

paroourg des divers groupes dont il va fureter les ateliers et ébaucher le sieou travail» C'eil ua esprii da corps parmi les enfants d'harmonie que deconnatire tous les ateliers du Tourbillon et pouvoir au besoin s'entremettre dans tout service r^lamé par un groupe que des cas d'urgence obligeai à faire un appel général aux initiés et adeptes.

En spirituel , 3<> La vertu , ou les qualités du oœor. Il est impoasible de les inculquer aux enfants civilisés qu^ellea conduiraient à leur perte. On est forc'é au contraire de leur don* oer rhabitude de la déâance , de la dissimnlatiun qu'on appelle civilité , de résistance aux bonnes impulsions telles que la charité. Cette politique devient inutile dans THarmonie où l'enfant ne court aucun risque en se livrant à tous ses pea<y chants, et il suffira quant aux vertus k acquérir de l'abandonner à la nature qui conduit dans œ nouvel ordre à la vérité et la générosité. Déjà renfant civilisé penche visiblement pour la vérité. Il ne devient faux que pour surmonter les entravea qu'on oppose à ses passions ; mais dans l'Harmonie qui ne les entrave en aucune manière il ne pourra manquer d'être véridique et de s'adonner de même à toutes les vertus naturelles ou penchants qui réunissent l'agréable et Tutile.

i^ La science théorique. Le problème est d'amener l'enfant à la demander. Il étudie sans fruit quand il n'a pas le désir de s'instruire sur l'objet étudié et j'ai ex^tliqué plus haut comment l'Harmonie fournit à l'enfant les stimulants et notions pratiques dont l'acquit le conduit à demander la théorie.

Pour la distribuer tous les enfants, aux séances des lycées, 10 forment en séries doctorales et chacua d'eux est classé selon son aptitude à l'enseignement Les Sibylles et Sibyls n'instruisent guère que les chefs et se bornent à un exaineB critique sur les progrès des inférieurs. J'ignore si c'est la mé* thode Lancastrienne qui dans ce cas serait la plus rapprochée de la nature.

De ces quatre buts le plus embarrassant pour la science crvifisée est do conduire Tcnfant aux vertus naturelles qui en chrîtisation sont impraticables et de plus inconnues.

Mt I-M

rai défini les dnq bats que se proposa PédacsIlDa ds rBarmoDie.

rifpore quels autres bots se proposa rédneatkm dvilîais. len'OQ ai guère lu les traités, mais à en Joger par la lésaitat, le prenûer et le plus générai ohei les enfnitB oMSsis, cTest qu'ils n^useat de leur liberté que pour eommettre toÉtas sortes de dégâts, s'exciter l'un l'autre à la maliea at la mal* faisanes, I tel point qu'une troupe d'enfimts qu'on bussenit en pleine liberté, sans crainte des chfltiDniits^ finimîtparss donuBer le délassement de Néron, ineendier moTille.

Prétendra-t-on que cette malidsanca génfeala de renfsBl ÈOii un yioe? Elle n'est plus tioo dès qu'elle est impoMm collective et commune à toutes les masses; elle devient nature, effet d*attraction générale, comme l'impulsion du peuple qui courrait au brigandage et formerait des hordes si on cessait un instant de le contenir par la crainte des gibets. L'enfant a la même propriété. Le prenuer usage qu'il fait de sa liberté est de se soulever contre Téiat social et tonner de véritables hordes qui débuteront par exercer de menus pillages, casser des vitres et barrièm, attaquer à coups de pierre, maltraiter, tuer quiconque leur déplaît. On intervient bien vite pour les arrêter. Il n'est pas moins vrai que ces hordes enfantines finiraient par les dévastations et l'in* oendie.

Singulier effet de l'éducation et de la législation civiliséesl L*une forme Tenfant à détruire les produits de l'industrie, l'autre forme le peuple k détruire l'ordre social. Tels sont les penchants universels de la horde subversive majewre^ os rassemblement de populace libre, et de la Iwrde suhverebjs neiftre, ou rassemblement d'enfants libres. En vain dira-t-os que la législation et Téducation se proposent des buts opposés, qu'elles ne tendent qu'à corriger ces vicieux penchants du peuple et des enfants. QuMmporte le but où elles tendent, je ne vois que celui où elles aboutissent constamment. Or il est certain qu'en tous pays, sous tous les systèmes civilisés, une troupe de populace démuselée et d'enfants dérnuueUe s'adonneront à l'instant aux ravages de toute eapèceu Ut

MAiISURE IT NBOTRE. 303

deux sciences ne sont donc autre chose que des théories de contrainte, des sciences avec qui la nature est antipathique, puisque l'homme et Tenfant, du moment où ils recouvrent leur liberté, suivent une marche opposée aux impulsions données par lesdites sciences.

Ce vice est moins remarquable dans le sexe féminin parce qu'il est plus faible et plus contenu. Les petites filles libres se livrent à des récréations niaises, comme les poupées, les jeux innocents et autres [ ]> fort opposées au but de la

méthode naturelle qui amènera Tenfant à s'occuper sans cesse de travaux utiles.

Dans le régime d'éducation que je vais décrire les enfants jouissent constamment d'une entière liberté dès l'âge de 4 ans. Le peuple ou classe pauvre jouira de la mémo indépendance. Les uns et les autres, loin d'en user pour dé« truire, ne s'occuperont qu'à la production. L'enfant, dans l'Harmonie, méprise dès l'âge de 3 ans 4/2 toutes ces gimblettes dont les nôtres s'amusent jusqu'à 12 ans. Il est, dès l'âge de i ans et même auparavant, occupé exclusivement à parcourir ses groupes et ses séries industrielles, à figurer ac tivement dans leurs intrigues et leurs travaux qui varien pour lui vingt fois dans un jour; enfin l'enfant d'Harmonie est beaucoup plus raisonnable et laborieux h 6 ans que ne le sont les jeunes gens de 20 ans qui souvent se donnent le diver* tissement des écoliers, la horde subversive ou destructive. Combien voit-on de ces rassemblements nocturnes oii des hommes de 20 et 25 ans vont briser et tapager, commettre toutes sortes de ravages 1

Il est donc évident que l'éducation civilisée ne fait qu'en, gorger la nature au lieu de la développer, puisque l'homme fait et, à plus forte raison, l'enfant, n'usent de leur liberté que pour s'adonner à la destruction qui est l'acte le plus honteux pour Thomme social quand elle est exercée par plaisir et sans nécessité. Aucun animal ne détruit son ouvrage ni celui de son semblable, et pourtant l'animal n'a point reçu d'éducation. Comment se fait-il que la nôtre nous conduise à une absurdité si évidemment contraire au vœu de la nature?

Ces ridicules civilisés s'expliquent par l'engorgement des passons. Chez le peuple, c'est Teflei de la jalousie que iiri

iiiipîra l'aipta du rioha, mû <ta( te ridM c'Ml rf^ tng paMÛma engorgjtei» Bflmm0Q(dM3 dte^^ aÙBOoftlttiir impoli dans Qi 9Wtwt A fmar k terdi iuOiveruv^et ravager par plàtoîr. U y » d«aa m nmsi dAi^ loppement de la Composite, de l'iJteviaiito ci d» It GAiliaKd*

. La groupa d^eoiàDU (mi tfhoinuQetMtre an ^^^"y'i^ W la Tif aoUMHiaiaBaie que leur inspira eaaoïdèvaBMBloaMlii laa pédaaU et lea pèraa at l'attirail cotedtiCda Fédocttioa. La ravagjs qu'exercent lea en£aata flatta leur vna par aaa^ pect de chaos qui fait diversion aux ennuyeux titoaix et ks Tenge de la contrainte industrielle A laquelle on lesaasojétit Dana oetia bacohanale, ila sont anlaounéa d'une frénéiîa de rérolte qui électrise les Ames. VoîlA d^A ivraasa pour tai sans et l'Ame et aliment de Compoaita. Us y trouvent ensnifs un charme d'Alternante, le paasaBO aubit d'un état d*eaclavage habituel à une licence absolue, plus un charme de Cabaliste par l'idée des inquiétudes et des dépits qu^ils voal causer A leurs oppresseurs.

Les enfants sont loin de songer à ces subtilitt^s ana/yt/ques, les maîtres mêmes n'en ont aucune idée et accusent très mal à propos les enfanta de malice , de [ \ , quand i\ se li-

vrent k ces bambocbades malfaisantes. Il n'y a aucune malice dans leur fait, ce sont des êtres qui donnent l'essor à la bonufl nature , à 3 passions que Dieu leur a départies. Vouiez vous qu'ils s'en corrigent? Fonrnissez leur d'autres moyens de développer plus activement ces trois passions. Tel est le but qu*u(teint Téducalion d'harmonie; elle les amène A ressentir pour le travail productif cet enthousiasme que Tordre civilisé ne sait éveiller que pour le travail destructif.

Cessons donc de penser que ni les enfants ni les hommtt aient des vices. 11 n'en est rien. Il ont des pasdions que li Civilisation ne sait pas développer et appliquer au bien; elles font leur explosion pour le mal; — puis les pédagogues cl législateurs veulent réformer, corriger les passions. Pauvres savants 1 cherchez le [ ] de développement que Diea

leur assigne. Nous les aurait-il données 8*il les avait crues nuisibles ou seulement inutiles? mais dans l'état civilisé » elles sont comme le fleuve qui , engorgé dans son lit par quelque obstacle subit , se répand dans lee campagnea et rafip las itrrea qu'il devait féoonder.

AfifiOCISg POUR Uk PEINE. 305

U est peu de problèmes qui aient plus désorienté nos sa« vants que celui de la malfaisance des enfants et des hommes Ils ont mis en question si l'homme était né méchant , faux , vicieux. J'ai déjà répondu à ces doutes que vouloir juger l'homme sur les habitudes de civilisation , qui engorgent toutes nos passions» c'est comme si on voulait juger le castor sur sa bêtise et sa nullité dans l'état d'isolement où il est un quadrupède fort stupide. Mais fournissez au castor les chances d'association et de développement passionnel, vous verrez en lui le plus industrieux des animaux. Il en est de même de Thomme. Fournissez lui les chances d'association, le tourbil* Ion passionnel à 84 0 caractères ; dans cet état les hommes vous sembleront des êtres tout nouveaux , des démons transformés en demi-dieux.

Ainsi tous les êtres destinés à la société, les animaux comme les hommes , ne peuvent être jugés qu'autant qu'on les place dans cet état de société auxquels ils sont destinés. Or l'état [ ] , ce n'est pas seulement la société admi-

nistrative, mais la société industrielle. Nos savants, qui n'ont spéculé que sur la première , ont donc vu la destinée sociale en ordre simple. C'est leur faute habituelle ; ils ne peuvent en aucune science s'élever au composé, témoin l'éducation ou ils n'ont rien su faire pour le spirituel qu'ils ont organisé en fausseté générale.

Cependant ils ont donné à la Civilisation le nom d'état de société, sans dire si elle est simple ou composée. On dirait qu'elle ait poussé au dernier terme toutes les associations possibles. Pour se désabuser, qu'ils entrent dans un comptoir de commerce où il y a souvent 3, i, 5 associés, et qu'ils adressent à chacun des personnages la question suivante : Etes>vous associés de la maison? Les 2/3 de ces agents leur répondront enriant : Oui , associés pour la peine* On comprend fort bien dans le commerce qu'un commis débutant, qui n'apartqu'aux fatigues et point au proût, n^est pas associé , qu'un commis exercé qui n'a qu'un petit salaire souvent inférieur à son mérite n'est pas non plus un associé. Aussi les appelle-t-on ironiquement associés potw la peine. Tels sont les paysans français qui , cultivant le pain et le vin pour les riches, mangent des orties et boivent de l'eau claire. Il y a en France 24 millions de ces associés pour la peine et environ 5 miUioni

3f6 A QOBL DBOU m LIMÛUX ?

d'oittfr, de véritableg asaodés qui perçoireat en pirtiiii^ les le produit du travail des » ndlHeiis d*ilotê». LaCmli- Bttion est donc un oxdre où la grande maiorité est esdnedi l^uaodation.

Lea philo8q>liai répondront que oet Atal eat moiaanianen" reox que œlm des barlMures et des nèsrea où le nooriae doa opprimés est bien pins grand. J'en oonriena, nais ei*<in arriYé au bien parce qu'on a fait m pas impereeptibb tari le InenTS'îl y atO degrés à monter pour entrer dans on appartement , faut-il s*arrèter lorsqu'on en a monté dea: oo trois Y Telle est la méprise de nos philosoplMa. logeant aans par comparaison aux Barbares, ils imitent rhonune qni ternît trois degrés et dirait à oeox qui sont phis bals : c nm yoid arrivé , car je suis plus haut que voos s On Ivf répondrait : c vous avez raisoui vous êtes un peu plus près ds Tai^artement , mus vous n'y êtes pas plus arrivé que nous. »

Cette bévue des comparaisons rétrogrades nous ^re en tout sens et domine dans tous les détails de la mécanique ci'vilisée, témoin les divers systèmes d'éducation. 1/ serait facile à un prince do faire essayer mille systèmes différents dans mille bourgades; chaque théorie d'éducation contredit les précédentes : il serait donc aisé d'en éprouver mille à la fois. Quand l'épreuve sera achevée , au bout de 3 ou i ans , qu'on soumette les divers élèves k la pierre de touche naturelle ou liberté absolue , vous les verrez tous en user de même , former à l'instant la horde subversive et exercer des ravages qu'ils appellent des farces. En vain aurez vous employé toutes les subtilités à la mode, les méthodes d'intuition, les méthodes de perception , tout n'aboutira qu'au même résultat et les élèves des mille systèmes divers , mis en liberté , s*acco^ deront sur tous les points, à former la horde subversive.

A quoi donc ces méthodes d'éducation forment-elles Ten* fant? À nourrir en secret des penchants anti-sociaux qui écla> tent dès l'instant où il recouvre sa liberté. Or, quel était Is but à se proposer? de former des élèves animés d'un véritable esprit social et n^usant de leur liberté que pour s'adonner aux travaux utiles. Tel est le résultat de Téducation d'Harmonie qui développe toutes les passions de l'enfant, et il est d'autant plus nécessaire deleurdonner plein essor que l'enfant étant privé des S cardinales mineures, Tamour et le pate^

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