‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 18 sur 136 · LA MÉTHODE INTUITIVE · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE INTUITIVE

Non , non ; il en résulte seulement que le sophisme est toajours aussi faux et les hommes plus faux qu'ils n'étaient.

J'ai renccmtré quelques personnes qui avaient connu des élèves de cet incomparable pensionnat. Vous avez donc vu, leur ai-j(^dit, des jeunes gens élevés selon la méthode d'intuition; ce doit être des esprits transcendants, comme la philosophie de Kant. — Eh non I ce sont des jeunes gens comme les autres.— Cependant, ils doivent acquérir des connaissances surprenantes au moyen de ces méthodes intuitives auxquelles nous n'avons pas eu l'avantage d'être initiés. — Mais ils sa* vent ce que savent les jeunes gens au sertir de l'école.-^ Bah ! vous voulez me persuader qu'en fait de mathématiques, ils savent ce que nous avons lu dans Lacallle et Bossut ! — Eh I sans doute ; que voulez-vous qu^on leur apprenne de plus? N'est-ce donc pas assez pour des jeunes gens?^ — D'accord; mais s'ils ne savent que ce que neus avons appris sans méthodes intuitives , quel sera donc le prix de cotte incomparable méthode d'intuition? — Ma foi 1 je ne sais : je je ne connais même pas la méthode d'intuition. — Ni moi non plus , et je me creuse la tête depuis long-temps pour deviner ce que c'est. Je suis inquiet sur l'éducation des enfants de cent cinquante millions d'Européens qui ne sont point élevés selon la méthode intuitive , et qui par conséquent ne pourront devenir que des sots, tels que vous et moi , qui ignorons tous deux ce que c'est que la méthode intuitive. — Que voulez-vous ! ce sont des phrases de circonstance qu'un instituteur met en avant pour dire quelque chose de neuf et se faire remarquer. — Ajoutez donc, pour se faire prôner par la cabale idéologique, ce qui est une saga précaution , puisque cette cabale, qui dirige l'opinion , peut à volonté accréditer ou perdre un pensionnat. — A la bonne heure; je crois que vous avez deviné, et M. Peslalozzi n'est pas un maladroit d'avoir flatté les plus forts par quelques verbiages insignifiants, tirés de leur grimoire idéologique. Je vois à présent le secret de sa méthode d'intuition , à laquelle je n'avais rien compris.

Quoique j'aie dans c« dialogue attaqué une formule de M. Pestaiozzi , je n'en regarde pas moins son pensionnat comme un des meilleurs de l'Europe , en c^ qu'il gouverne les enfants avec douceur, et sait se concilier leur affection. C'est une méthode recommandée depuis long*temps, depuis

ENFAKT8 ALLEMANDS. 37

I jusqu'à Jean-Jacques Rousseau. Avec celle prépour peu qu UD pensionnai soit brillant et re- Tenfant s*y attache et s'enorgueillit d*y figurer I soldat est 6er de tenir à un beau régiment. Mais unorcer Tenfant et exciter son émulation , on n'a saorl que les méthodes intuitives ou autres | ] , il ne mordra à Thameçon, et M. Pestalozzi lui- Mie qu'il ne captivait guère les enfants dans son .ree que, faute de fortune, il était réduit à un penlacur; les deux tiers des enfants désertaient, s'im- SBiy de son propre aveu, et aucun [ ].

. vain qu'on leur prodiguait les méthodes intuitives x>DSoler du mal-étro : ils ne furent point dupes de 6 idéologiques.

le, qu'on ait habitué des enfants allemands au jarphysique , cela n'a rien d'étonnant. Ils sont trèset on ferait obéir des milliers d'enfants allemands ul mot : ('/i doit titre , — pourvu que ce mot soit par un homme imposant. De là vient que l'enfant ne cause aucun dé;;ût; il ne gâterait pas un brin n'offenserait pas le moindre animal. Aussi, dans populeux, voit-on 1 as oiseaux si familiers, qu'on t à la baguette. Je l'ai vu même dans les grands ras- Ats , comme la foire de Leipsick , où les moineaux presque se poser sur les ôpaules. C'est un effet de § qui règne en Allemagne chez les enfants comme pères. L'Allemagne est une mécanique qu'on peut iToir avec le seul mot : Ça doit être. On conçoit E une nation si amie de Tordre, il est bien facile de des enfants à quelques simagrées de métaphyii- » que les méthodes intuitives , ce qui ne préjuge Texcellence de leur éducation. Cela prouve seule- ) rinsti tuteur est un homme prudent qui sait se ux faiblesses du siècle , hurler avec les loups, et * du jargon métaphysique, passeport de rigueur nonde savant. Ainsi , dans un temps, celui qui auié de se coiffer du bonnet rouge [ |.

38 AZAÏft.

(1810. —281, cote sondémentoir».;

Plus nos philosophes deviennent impuissants pour la du i ] , plus ils redoublent de jactance. J'ai d^jl

signalé leur nouvelle lactique de crier au perfecUonnomeii de la perfectibilité. ^ eci est astuce collective. La Jactaaos n*est pas moindre i n prétentions individuelles , et c'est ai point qu'un phii ïophe do Paris s*avisa dernièrement do promettre un sf,$lème de vèriU univertelle et d*unité de IHk nivors, el publia là-dessus un ouvrage en huit volumes.

Prculablement, ce philosophe , M. Azaïs, annonça aoUainelh'ment sa décuuverte on séance de TAthénée, à Paris, par un discours dont les deux premières phrases dénotaient qail n*avai( pa^ fait la découverte dont il se flattait; mais, ca affaires philosophiques, on ne s'arrête pas a éplucher kl titres ni la sincérité d'un auteur. II n'a qu'un devoir à renplir, devoir que M. Azaïs remplissait fort exemplairement, e'est do flatter. M. Azaïs disbribuait de Tencens à tort et à travers, il y en avait pour tout le monde, depuis les sayaaii de haut-bord jusqu'aux bénins auditeurs; chacun avait petit lot d'encens. Aussi les journaux s'écrièrent-ils le demain que, « lorsqu'on parlait comme M. Azaïs , on était B sûr de se faire écouter. » En eflet, l'encens est la denrée dont le débit est le plus sOr à Paris comme en tous payi civilisés.

Si j*avais été présent ï cette assemblée, j'aurais pu adri^ ser à l'orateur un argument. « Si votre système de vMié est universel , il devra embrasser le monde social comme II monde physique; il devra s'adapter à la pratique ainsi qaV la théorie, et fournir un moyen d'étendre la pratique de 11 vérité à toutes les relations du Globe , à défaut de quoi il no serait point universel. Or, vous engagez-vous 2i donner des moyens ûxes pour ramenor à la pratique de la vérité lo8 marchands, les procureurs, les juifs et autres classes dont chaque parole est un mensonge en affaires sociales? a Gertei 11. Azaïs n'aurait pas pris l'engagement d'etfectuer une telle conversion, et l'on n'aura trouvé dans son système, publié depuis, aucun moyen d'opérer cette mélamor[)hoso des menteurs dabituels en hommes véridiques, et des relations mensongères en relations loyales el garanties.

UHITÉ UNIVEMELLB. 39

Pour moî j'aurais pu garantir k rassemblée d*opérer cette métamorphose que M. Azaïs promettait implicitement par son titre , et toutes les fois qu'un philosophe s'engagera dans de pompeux discours à opérer quelque bien , je puis prendre contre lui double engagement : Tun qu'il ne remplira en aucune manière ses brillantes promesses, l'autre que je me fais fort de réaliser, par la fondation d'une mécûiique attractionnelle, tout ce que le philosophe n'aura fait que pro« mettre, sans moyens d'exécution.

Loin de moi l'idée de désobliger le personnage que j'ai nommé. Je n'attaque jamais que le sophisme, et ne veux pas, comme les journalistes de Paris; offenser les individus. Cependant, je dois faire valoir mes droits de priorité contre ceux qui maraudent sur mon domaine , comme M. Azaïs , puisqu'il ne s'est mis en scène que long-temps après moi au sujet de la théorie de la vérité universelle, branche de la théorie du mouvement universel. Un homme, apte à ce genre de calculs , pouvait , d'après les aperçus contenus dans mon prospectus de 4808, faire de grands pas dans cette étude , et prétendre s'arroger quelque branches dos V^ y et i* mouvements. Ce livre mettait sur la voie ceux qui auraient eu de l'aptitude. Je n'avais pas tant de données ni de traces quand j'ai commencé l'étude , et ce que j'ai pu faire sans aucun secours antérieur, un autre pourrait le faire d'autant micu% avec les indices que j'ai fournis. Mais le larcin était prévu, et j'ai d'avance déjoué les plagiaires. Personne no pourra s'arroger aucune initiative sur la théorie des 2*, 3* et 4* classes du mouvement. Quant à la première , je n'y prétends rien , et ne veux pas contester à Kepler, Leibnitz et Newton leur portion de gloire, dont les systèmes philosophiques semblent vouloir encore s'attribuer quelque part, témoin le philosophe que je viens de citer. M. Azaïs me semble avoir voulu marauder sur le terrain de Newton et Leibnitz; il prétendait expliquer les causes de l'unité de l'univers, expression impropre et vide de sens.

On ne peut pas expliquer de causes là où il n'y pas d'effet. L'unité de l'univers n'existe pas encore. Le monde social n'est pas encore parvenu à l'unité sur notre Globe, puisque les 3 sociétés civilisée, barbare, sauvage , ne veulent pas s'identifier à un régime unitaire. Nous sommes donc hors d'u«

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nHé, qireUe soit possible ou non. Si elle règno dnns l'univers matériel , dans les astres , elle ne règne pas encore dans le Bjrstëme social do notre Globe ; elle n'est donc pas universelle pour nous, puisque notre Globe, socialement coiimdéré, s'en trouve exclu jusqu'à nouvel ordre. Notre globe doit donc chercher les moyens d'établir l'Unité dont il eit privé. Ces moyens sont découverts. Notre Globe peut quand il voudra opérer l'Unité sociale , la réunion des 3 sodétél civilisée, barbare , sauvage , en un ordre unitaire identique. Jusque-là il faut être bien audacieux pour raisonner sur l'Unité sans donner les moyens de l'établir.

Faut-il croire que M. Azaïs n'a entendu parler que d'unité naturelle ou autre qui exclut le | ] des discordes sociales du Globe. J'y souscris et je vais argumenter gor cette thèse , exclure le mouvement social et rapporter toit mouvement aux 3 autres classes : matériel , organique et instinctuel.

J'observe d'abord qu'il n^y a pas encore d'unité dans b mouvement matériel , dans le système planétaire ; son unité n'est pas complète. EUecst faussée par le désemparement do semi-clavier de la Terre et par le retard d'accession des comètes qui forment l'immense majorité des Tourbillons , et gravitent sans unité, sans lien d'harmonie . Mais passons sur ce désordre, qui n'est que temporaire, et raisonnons sur l'hypothèse de l'unité future qui aura lieu api*ès l'entrée en ligne des comètes et l'harmonisation sociale de notre globe. Alors quelles seront les causes de l'unité univereelle? 11 y en aura deux : 4® la cause clTicienle sera l'attractioo matérielle dont Newton et Kepler ont expliqué le système; S** la cause rectrice, l'arbitrage de Dieu, qui sera la nécesrité de la coordonnance du monde matériel au système de mécanisme passionnel. Sans cette analogie de mécanisme entre le matériel et le spirituel, il n'y aurait d'unité ni dans riinivers, ni dans le plan de Dieu.

De là il résulte que pour expliquer les causes do l'univen, il faut d'abord connaître les nituiificalions qu'il subira to | futur, tant dans le ciel que sur la terre , chose qu'ignorait | M. Azaïs. Il faut connaître en outre le système d'arbitrage ou décision géométrique de Dieu sur la mécanique des quatre classes de mouvement coordonnées aux mathématiques, œ qu'ignorait encore M. Azaïs. On voit combien ii était élojgei

ENCORK. il

yoir tenir les promesses do soa titre, qui est un plammis sur mon domaine : mais je l'excuse d'autant

qu'il n'y a eu larcin que du titre et non do science, este, je félicite cet écrivain d*agir en habile civilisé, ime exercé aux spéculations sophistiques, et intellilatter un public qui ne veut que des illusions dogma-

au lieu de science véritable et compatible avec l*ex- «. C'est par ces [ | qu'on parvient chez les

s à la protection , aux honneurs , aux places lucraiux sufTragos des feuilletons et à la vente d'un ou-

a raisonner sur le f(ind do la question, quelle est la é de M. Azaïs en choisissant un pareil sujet, et comeut il le traiter? Il nous parle d'unité de l'univers ! !Q d'opérations retient à faire sur toute la nature, les cirons, les a(omes, jusqu'aux Soleils et aux Tour- , avant que notre univers soit parvenu à l'unité? irations ne seront en pleine activité que dans vingt ns, période calcu!ée sur l9laps de trois mille ans tloie la lumière à se communiquer des étoiles lixes au J'expliquerai ces [ ] (chapitre des univers

et confus qui pivotent sur foyer simple). que vingt mille ans ! diront les beaux- esprits de Paris; aille ans, c'est une bagatelle ; prenons patience d'ici à aille ans ! — Us croient plaisanter, mais si leurs corps Uentent aujourd'hui , leurs âmes patienteront dans r. Ne voit-on pas parmi nous des particuliers faire eur jeunesse diverses opérations dont ils ne jouiront agt ans après? Un prince entreprend, comme Pierre I***, istanttn, de bAtir une ville, faire un canal; un particuinte un verger, une forêt : ils ne jouissent bien de leur qu'au bout de vingt ans , et de même notre Globe et générale dont les nôtres font partie ayant en aperçu un de vie de quatre-vingt mille ans à espérer, ils jouiront en des opérations qui auront exigé vingt mille ans vement, et ils en auront joui dans l'intervalle de ces nille ans, comme un homme jouit d'avance d'un verger et qu'il voit grandir et dont il ne lire ni fruits, ni § dès la première année ; mais le produit arrive prorement au bout de vingt ans, — et de même le bien-

IS OPÉRATIONS PRÉPARATOIRBS

être arrivera, tant pour les vivants que pour Tàme du globe dont les nôtres font partie , pendant l*intervalle de vingt mille ans qu exigera le passage de notre univers à Taiiité dont il est encore très-éloigné.

Vingt mille ans lyoutés à huit mille que je compte depuis rentrée en ligne de la planète, feront vingt-huit mille ans, disons trente mille. Ses jouissances seront encore bien précoces si elles atteignent à leur plénitude au bout de trente mille ans, de même qu*un de nous doit être réputé fort heureux si à l'âge de trente ans il atteint a la plénitude de bonlieur possible.

Le bonheur accablerait si toutes ses [ ] nous sur-

venaient I ]. 11 convient à nos intérêts qu'il soit

progressif et que les voluptés n^arrivcnt que successivement. Elles peuvent commencer dès ce moment; nous pouvons passer à une branche d'unité, celle du mouvement social ou de i* classe. D'autres branches, comme Tunité organique ou unité de P classe surviendront plus tard. Elle exigera pour être atteinte quatre à cinq cents ans de délai et de travaux préparatoires, travaux qui , malgré leur immensité , comme oeux à faire dans le Sahara, seront des jouissances , puisqu'ils seront attractionnels, et que le globe une fois organisé, les exécutera spontanément et en croyant se livrer aux plaisirs.

Si Ton considère que toutes les opérations préparatoires de l'unité de l'univers, opérations dont plusieurs exigeront sucoessivement des milliers d'années, ne sont encore ni entamées ni connues , il devient fort plaisant de voir un homme pérorer sur l'unité de l'univers, comme si elle existait, et prétendre en expliquer le système et les causes , quand il ne peut pas même en prédire les époques diverses , ni dater même les moindres opérations qui [ ].

Cependant, toutes ces jactances revêtues de fard omloire font fortune dans Paris. Il importe d^insister sur leur absurdité pour faire concevoir à ces Parisiens , qui se prétendent régulateurs des opinions européennes , combien ils auraient besoin de modestie sur toute question relative au système de l'univers, à ses diverses classes de mouvements, d'harmonie et d'unité, et combien ils devraient se défier dee beaux-esprits qui veulent sur pareille question

Dl L*UNin. 13

proMire le (on doctoral quand ils ne sont pas niôme écoliers. Proposons à ces beaux-esprits quelques problèmes sur l'unité : qu'ils nous disent pourquoi Thomme est discordant gfec la nature dans les 4 classos de mouvement :

Bn 4* degré , ou mouvement social , Thomme est discordant et bore d'unité avec la nature, car il marche aux foyers d'attraction , aux richesses, etc., par la fausseté, d*où il s'ensuivrait que Dieu , auteur de la nature, veut le règne du mensonge , puisqu'il ne nous ouvre que la Toie du mensonge pour atteindre le but qu'il nous assigne.

Bn 3* degrél, ou mouvement instinctuel , Thommo est discordant et hors d'unité avec la nature , car s'il écoute l'instinct , il tombe dans l'excès sur l'usage de chaque jouissance , comme la table, Tumour, etc. , tandis que raniixial , en no suivant d'autre règle que l'instinct, se borne communément à la dose de jouissance que permet son tempérament.

Bn S* degré, ou mouvement organique, la discordance de l'homme avec la nature est encore plus choquante : il dégénère et s'affaiblit par le luxe qui perfectionne tous les produits animaux et végétaux , et qui pourtant denature Thomme à tel point, que l'habitant des villes est inférieur en vigueur et longévité aux paysans et aux sauvages ) biea moins pourvus de moyens de subsistance.

Eu 4** degré, ou mouvement matériel ((l'homme est en pleine harmonie avec la nature : si l'on jette Manlius de la roche Tarpéïenne, il tombe selon les mêmes lois de la gravitation qu'une pierre qu'on aura jetée de cette roche)), [k Tinterligne :] les pôles glacés, homme chassé de son domaine.

Ainsi 1 homme n'a atteint le but d'harmonie et d'unité que sous le rapport de bloc matériel ; mais dans les trois autres modes de développement , il est en pleine discorde avec la nature; de sorte que sur quatre cIhsscs de relations susceptibles d'unité, trois relations n'offrent que discorde , incohérence ei fliasseté.

ii COLORIS HUBIAIN.

Voilà , certes , un fâcheux [ | à ceux qui veulent

trouver quelque harmonie de l'univers dans l'état actuel des choses terrestres et célestes, humaines et sociales. Pour confondre les Athénées et les beaux-esprits qui débitent et écoutent de pareilles sornettes , et qui ne voient pas cette absence des trois unités dans l'homme actuel , je vais donner sur quelques points un parallèle d'unité future et de duplicité actuelle. Je choisis, pour être à la portée de tout le monde, un exemple de mouvement organique tiré du sens de la vue, qui comprend le coloris et la vision.

L'homme , quant au coloris , est en pleine discorde avec le foyer d^harmonie ou soleil. L'astre qui colore et embellit toute la nature, obscurcit l'homme et lui noircit la peau. U ne noircit pas les lis ou les tulipes : au contraire, une fleur exposée au soleil est plus blanche, plus vive en couleurs diverses que «elle qu'on a cultivée à l'ombre, — cl pourtant l'homme, qui est la fleur de la nature , le foyer piisomptif d'harmonie sociale , est décoloré , barbouillé par le contact du soleil , qui est aussi pivot d'harmonie matérielle. Voilà deux pivots d'harmonie biea évidemment en discord. Ils se rallieront avec le temps. L'homme , après seize générations passées dans la mécanique attractionnelle et employées à renforcer son tempérament , sera régénéré au matériel , tant par la vigueur acquise , que par l'acquisition de nouveaux fluides émanés des lunes vivantes et des anneaux que le globe aura repris. L'homme alors commencera (je diffère làdessus tout détail) à blanchir au soleil : l'habitant du Sénégal sera plus blanc que le Suédois et le Sibérien. Il acquerra le coloris harmonique ou blanc renforcé en raison du contact avec l'astre d'où émane la lumière. Il acquerra la vision harmonique ou directe, ou l'œil apte à fixer le soleil , comme celui de l'aigle et du coq , — la vision harmonique inverse ou œil clairvoyant dans l'obscurité, comme celui du lion et du chat, — la vision harmonique mixte ou ambiguë par l'œil divergent comme celui des caméléons. Enfin , l'homme, dans son système visuel , se ralliera à l'harmonie, et concordera en tout sens avec toutes les combinaisons et distributions possibles de la lumière.

Voilà ce qu'il y a à acquérir sur un sens seulement pour arriver à l'Unité. Qu'on juge par-là des acquisitions et | ]

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