COURS
qu'à l'extrémité , dans les 4 sociétés : Civilisation ^ Barbarie, Patriarchat, Sauvagerie, postérieures. On connaîtra historiquement les maux de ces 4 sociétés, et l'on s'en préservera le plus long-temps possible, comme un vieillard cherche à se garantir des maladies qui assiègent Tàge caduc.
Selon ce tableau , les âges d*infortune, les 4 échelons S , P, B, C , qu'on peut nommer le monde à rebours, tiennent un rang bien secondaire dans la carrière sociale. Ces périodes n'y figurent que pour 4/46, car elles ne dureront pas plus de 2,000 ans au déclin du monde, et si elles ont duré 4,000 ans et plus dans l'enfance du monde , c'est l'effet d'une étourderie scientifique des anciens, qui auraient dû découvrir aux beaux jours d'Athènes les issues de Civilisation et les voies d'entrée, soit en Garantisme, 6* période, soit en Association simple, 7* période.
La Civilisation n'est en échelle du mouvement ({u^une transition servant à créer la grande industrie , les arts, les sciences, pour s'élever a l'Association , qui exige un grand luxe.
L*es(«èce humaino, assez heureuse pendant la l'' période, Ëden, qui ne dura guère que 3 siècles , tomba bientôt dans les périodes Sauvagerie, Patriarchat et Barbarie, d^où naquit la grande industrie, fille de l'esclavage. De là on s'éleva à la Civilisation , qui engendra les sciences et les arts. On pouvait alors passer aux périodes supérieures 6, 7, 8, si on en eût recherché la théorie. Quant aux modernes, ils ne veulent faire sur ce sujet aucune recherche. II n'est pas étonnant qu'ils ne découvrent rien , car les inventions qui conduisent en 6« et 7* périodes exigent d'abord une certaine dose d'esprit inventif et indépendant dos préjugés , plus un travail de recherches méthodiques et bien dirigées. On n'en a jamais fait aucune sur les moyens de sortir de la Civilisation. L'esprit humain se gonfla d'orgueil ; il se crut au fatto de la perfection , parce qu'il était un peu moins arriéré que les Barbares et plus élevé qu'eux d'un échelon. Op étouffa la voix de la religion et du sens commun , qui ont sainement jugé l'ordre civilisé. La religion nous dit qu'il n'est que fausseté et vanité : Jésus-Christ n'y voit qu'une race de vipères , et c'est vraiment le nom qui c(>nvient aux Civilisés. Quant au peuple, il ne voit dans la Civilisation qu'un monde à rebours, et l'on peut dire de ce jugement : Voof popuU^ voxDei.
DU ■OUVBHE.^T SOCIAL. 57
Dans ce coup d'oBîl sur Tensemble du mouvement, doub «Toue opéré comme le voyageur qui , d'un sommet élevé , reconnaît la masse d*un pays nouveau. Nous en avons conclu qu'il ûiut diriger nos pas vers les 3 échelons 6 , 7 et 8. Ce sont les 3 périodes où Ton peut parvenir au sortir de la Civilisation. Quant à la 9*, on ne peut s*y élever qu'après avoir passé quatre ou cinq siècle dans la 8".
Pour organiser cette 8* période , il ne faut que très-peu de temps. L'essai une fois fait, elle s'établira avec la rapidité de l'éclair, par le seul appât des richesses et des plaisirs.
La 7* serait plus lente à s'établir généralement. Cette opération employerait au moins douze à quinze ans. Quant à la 6* (Garanlisme), il faudrait au-delà d'un siècle pour rétablir en plein et par degré , car on ne peut pas en organiser simultanément toutes les branches.'
Cest donc sur la 8* seule que nous devons spéculer, car chacun est pressé de jouir, chacun aime mieux un bonheur immense et subit qu'un bonheur médiocre et différé.
Avant d'étudier les ressorts et le mécanisme do celte période, il faut s'orienter, ne pas s'égarer, imiter le voyageur qui , en descendant de la montagne, ne perd pas de vue les points de direction qu'il a remarqués. Ces points que j'ai dû lûen observer en vingt^ept ans do calculs, sont les attributions primordiales de Dieu. En nous subordonnant sans cesse aux vues du Créateur des passions , nous serons assurés de ne point nous égarer, nous aurons par le fait son appui , car noutf marcherons dans les voies qu'il suit lui-même.
Il nous reste à donner, pour encourager à l'étude, un parallèle du terrain que nous allons quitter avec celui où nous allons entrer. La différence est la même qu'entre le Désert et la Terre-promise. N'est-il pas consolant de penser que ce régime civilisé , barbare , sauvage , auquel nous avions cru ] 'humanité condamnée à jamais , n'est au contraire qu'un Age di! transition , dont la durée s'est prolongée deux mille cinq cents ans de trop, par l'effet de l'irréligion des anciens, qui , n'ayant pas cru à Tuniversaiité de la Providence, ont pensé que c'était à la raison humaine à faire des lois , des codes sociaux , et que Dieu n'était pourvu ni de providence universelle, ni investi de la direction intégrale du mouvement? S'ils eussent pris pour boussole ce principe d'univer-