NATURELLE
ni les instituteurs ne peuvent remplir les vues do la nature en matière d'éducation , même en supposant que l*enfant reçoive tous les soins imaginables, soins dont la majeure partie des enfants est privée par la mort , l'indigence, l'insouciance, l'impéritie ou les vices des pères.
Passons à la méthode d'éducation de l'ordre combiné. — Le problème est de conduire tout enfant à 3 buts : la vigaeur, la dextérité et l'instruction ; de l'y conduire sans Tasservir aux volontés des pères ni des instituteurs, et en lui laissant la plus absolue liberté.
La solution de ce problème sera la même que je donne pour tous les autres. Tout repose sur l'influence des Séries de Groupes. Cet appui ne peut jamais manquer à tout enfant riche ou pauvre. Qu'il soit orphelin , dépourvu de parents et d'amis, n'importe à son éducation , il se trouvera toujours à l'âge de 45 ans (si Dieu lui prèle vie) rempli do santé, do dextérité et de connaissances pratiques sur les diverses branches de ragriculture, des sciences et des arts. Il aura en outre une petite fortune acquise sur les épargnes de ses bénéfices, car Tenfant , dans Tordre combiné, ne peut consommer autant qu*il produit.
Tant que Tenfant n*est pas en état de marcher seul , la Phalange où il est né le fait soigner à ses frais en cas qu'il soit privé de parents ou de fortune. Dès qu'il peut marcher, on Tabandonne à la nature et à Tattraction. On ne lui conseille ni vice ni vertu , ni travail ni études; on le laisse aller où il lui plaît, sauf à lui à s'y faire admettre. La théorie d'éducation de Tordre combiné consiste plutôt à refuser le travail qu'à le provoquer; car Tétat des choses entraine Tenfant au travail des sa plus tendre jeunesse.
Analysons les impulsions qui entraînent communément Tenfant au travail ; on verra que ces impulsions lui naissent en tout sens dans Tordre combiné.
II n'y a point d'enfants paresseux , même en Civilisation. Tous sont des travailleurs infatigables quand la fantaisie leur en prend. Voyez-les dans leurs nobles expéditions qu'ils appellent des farcet, quand ils vont casser des vitres, tirer des sonnettes, démolir un mur, arracher des palissades, etc. Ils travaillent comme des maniaques. Eh 1 quel est celui qui
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8*y porte avec le plus d'ardeur? Cest le plus petit, tout fiei d'élre admis à faire des farces avec do plus grands que lai Bn pareil cas, ces diablotins bravent les frimats et les fati* gués, et les dangers (ce qui serait un supplice s'il était or donné par le père) pour travailler, car cette prétendue far» est un véritable travail. Elle ne produit aucun plaisir sen suel ; loin de là, ils risquent des coups de toute eapèn, soi de la part do ceux qui les prennent sur le fait, aoii de h part des pédants à qui Ton va perler plainte; mais l'attraD lion les poussait, et quand elle suscite un groupe d'enftuita elle en fait des travailleurs beaucoup plus ardents que la hommes âgés , et leur ardeur est aussi grande pour édifiei
Sue pour détruire. On les voit souvent faire des efforts pro igieux pour élever une digue de cailloux en travers d*!» ruisseau, et construire un petit moulin de bois à l'extrémili de la digue. Bref, il faut présenter aux enfants des travan qui excitent en eux lattraclion ((c'est-à-dire jouissance di corps et de Pâme, ou bien deux jouissances de Tàme réume Voyez les articles Composition, Progression, Oscillation)), alors ils iront aux ateliers , aux études , avec le même m qu'ils mettent ai^'ourd'hui pour les parties qu'ils nomment des farces, et dans lesquelles ils ont divers véhicules :
L'idée de se signaler et Tadmiration de leur propre ou vrage ;
Une amitié collective, un dévouement pour Fhonneur de ta coterie enfantine ;
Fierté chez les plus grands de diriger les petits, etehea ceux--ci de s'associer aux grands.
A ces véhicules, déjà suflisants pour mettre Tenfant en at traction industrielle, il s'enjoindra une infmité d'autres biei plus puissants et qui ne peuvent naître que dans Toidn combiné. Il trouvera tous ces motifs d'ardeur dans chaque groupe qu1l fréquentera. Voilà pourquoi il n'y aura paf d'autre théorie d'éducation que d'abandonner l'enfant ili nature et aux groupes, dès qu'il pourra marcher et se rendn aux petits ateliers et autres lieux où se rendent les groupes de bambins , surveillés par quelques patriarches ou servi teurs qui ne leur donnent aucun ordre. L'émulation suflll pour tout diriger. Comme elle dépend principalement di l'influence des chœurs l'un sur l'autre, il convient d'eqili' pliquer la hiérarchie qui existe entre eux.
CH0BUB8 BNFANTIRS. 4 4 5
Les chœurs de l'enfonce sont :
4« Les bambinâ âgés d'environ. • 2 ans i\ 4 ans.
9* Les néophytes. 4 — à 6 —
3« Les adeptes 5-*- à 8 —
V Les lycéens g à 44 .
fi^ Lesdbevaliers, écuyers. ... 44 -— à 44 — 6* Les athlètes, gymnasicns. . . 44 — à 47 — Chaque chœur est divisé en 2 quadrilles , un de garçons , un de filles.
Chaque chœur a sur les chœurs inférieurs une grande influence d'opinion* Les Gymnasiens entraînent les Écuyers, les Néophytes entraînent les Bambins , comme un bataillon de grenÎMiiers entraine un bataillon de fusiliers. Il s*agitdonc de aéduire seulement le chœur des ((aihlètes)) gymnasicns pour entraîner tous les autres. C'est pourquoi Ton accorde aux Athlètes les plus grandes prérogatives et mémo des grades supérieurs. A la petite parade d'été, qui se fait à cinq heures du matin , au moment où la masse du groupe est prête à partir, les manœuvres sont commandées par des Athiètei, et ils ont le commandement dans toute cérémonie de petite étiquette comme la parade du matin. Ces faveurs aooordées à des enfants sont une sûre politique qui a double but :
4* Exalter les deux quadrilles des Athlètes et les habituer aux fatigues qu'ils affectent de braver, et les distraire à force d'occupsiiotts pénibles de l'amour dont ils atloignent
l'Age;
S* fintrafner les chœurs inférieurs qui ne refusent jamais d'agir avec les Athlètes, et qui ambitionnent de partager ieun travaux.
L'Athlète, fille ou garçon, lorsqu'il devient amoureux , est retenu par la craiute de perdre toutes ses dignités , qui lui édiappent lorsqu'il entre au chœur des Adolesc43n(s , qui est le plus jeune des neuf chœurs amoureux. Ce passage se fait sans éclat et sans prendre le grade de bachelier. Au con- Irtirei, il est d'usage qu'un Athlète cache quelque temps son amour et soit retenu par le regret de perdre ses grades, et par l'esprit de corps, qui s'oppose à tout penchant amoureux. ((Le jour où un Athlète , garçon pu fille , passe au ehoBur des Adolescents, est une journée de bon^o pour le déserlaur.))