‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 49 sur 136 · CARAVANES · texte numérisé non relu

CARAVANES

Bca oiffmTBact VAtiionnèM on académies

ambnlaiites.

Déjà j*ai fait observer que les principes répandus par les philosophes s'opposaient à ce que je donnasse dans cet aperçu des tableaux sincères des jouissances de Tordre combiné. Je ne puis donc faire connaître que colle qui tiennent au progrès de rindustrie ou des sciences.

Les earavanes sont de ce nombre, et sont des rassemblements de virtuoses distingués dans les sciences et les arts , qui se réanissent pour parcourir on masse diverses contrées et y jouir des grands honneurs que Ton sVfforco de rendre à des réunions de tant de personnages célôbres.

Soit par exemple une caravane poétique : chaque Phalange ayant une académie de plusieurs groupes qui s'occupent de poésie , surtout pendant la saison d'hiver» il en résulte une série poétique dans laquelle les rivalités et la perspective des immenses récompenses forment incessamment de bons poètes. On pourra donc compter dans tout canton du Globe au moins une douzaine de bons poètes par canton quand Tordre combiné sera complètement établi , ce qui donnera environ 50 millions d'habiles auteurs ou praticiens en poésie.

Souvent, dans une contrée quelconque, soit la Perse, on ▼erra les principaux poètes proposer au congrès de Persépoiis une caravane par rentremiso des négociateurs et négociatrices qui traitent h ce congrès les relations des poètes et poétesses de la région. Cette caravane indiquera sa route et son départ ; elle se grossira en marchant. Tel la suivra pendant 200 lieues, tel pendant iOO, c^r on peut ne s'y enrôler qn*en qualité de volontaire.

La caravane n'admet que des personnages recommandables, comme des poètes dont une œuvre a été couronnée par le suffrage du Globe , ou des amateurs distingués par leurs connaissances, leur rang et leur zèle pour le bien de l'art. Il y a des règles fixes pour ces admissions et ceux qui peuvent y être admis composent l'Académie universelle.

La caravane s'adjoint ^ ailes ou deux petites divisions composées de savants ou artistes convenables avec le Centre. Par exemple, une caravane de poésie pourra former

470 CONFRERIES ACADAmIQUES.

2 ailes de musique et de danso, et partir au nombre de 300 poètes et amateurs célèbres accompagnés d*ane aile droKe de 400 musiciens célèbres, d'une aile gauche de 100 dan* scurs célèbres, en observant toujours d'assembler moitié de femmes, — les femmes devant être de moitié partout dans l'ordre combiné , jusque dans le Congrès de l'Unité univer* selle et sur le trône de l'Unité, qui aura son impératrîea, dont les fonctions seront différentes do celles de 4*emperear. Cette disposition doit être sans cesse rappelée aux CiviHiéB, qui , dans leurs calculs politiques , ont toujours ThabitUde de compter les femmes pour rien.

Si l'on veut se figurer l'accueil que doivent reeevoir les caravanes, il sufTira d'observer qu'en Civilisation, si la science et les arts sent méprisés et leurs auleors réduits à Tindigence , on voit pourtant quelquefois une ville entSère s'ébranler à rarrivô<i d*un acteur célèbre ; on voit le peuple y courir c^mmo la bolln compagnie. Que serait-ce donc si r* A voyait passer une caravane do 300 personnages eélè- U .es, commo Virgile, Horace, Homère et Pindare, avec f ailes de musiciens et danseurs également célèbres !

Il sera dans l'ordre quo les caravanes soient accueillies dans chaque région par ceux qui cultivent les 3 genres de sciences et arts que professe la caravane. Cet accueil doanera lieu à des confréries ou fédérations académiques de toute espi'cc formées par les gons riches pour défrayer les caravanes do station on station. Ainsi, i!ans les caravanes dont nous parlonî^, lia pointes -et p(j&t<r3:;es, dans une station do Paris ù Orléans^, seront défrayés par 300 fédérés 'dé la ré* };jon , et ces fédérés de France , s'ils viennent à passer en Perso, seront défrayés à leur tour, non par ceux à qui ils auront donné riiospilalito en France , mais par la confrérie à tour de rôle. Elle s'étend à tout le globe, et se forme sur toute branche des sciences et des arts. Les relais et la nourriture étant ù très-bas prix dans l'ordre combiné , il en ccùtcra fort peu pour payer le gfto des caravanes, et Ton peut estimer que le voyage do (ioO fédéi*és de Paris à Or* iéans, y comprenant deux journées do séjour à la slatkm d'Orlénn», ne coûtera pas 500 louis do Franco. On portera ces 500 louis sur le compte de la division poétique de cette région. Si elle contient 2,000 chevaliers fixes, il leur en coûtera six francs par personne pour avoir vu', accueilli et

GRATUITS. ni

tant d'illustres étrangers des deux sexes. ((On paie Ot «n Civilisation pour voir, non pas 500 danseurs «DS célèbres, mais un seul , sans avoir ni mangé ni avec lui.)) Les chevaliers fixes sont agrégés à la ré- OQÎaîs Don pas au voyage , comme les académiciens liera errants. Ainsi, la petite dépense de cette é et de cette fédération ne sera pas à regretter pour erkhe; aussi trouvera-t-on par tout le globe beau- \ de fédérés qu'il n'en faudra pour défrayer les ca-

Ndlun résultat qui semblera plaisant aux parasites; B bomme ou femme admis dans une caravane peut BU poste sans frais par tout le globe , et y fairo bère et joyeuse vie dans des palais magnifiques , . lui en coûte rien. Cet avantage no sera pas aperçu Ire combiné, où personne ne sera en peine de vivre

ravanes sont les seuls voyageurs qu'on admette à is l'intérieur du palais, comme les princes , les dilee recommandés à la Phalange. Le caravanseraï dessus du 3* étage'sert plutôt pour les fédérés qui de la région, que pour la caravane à qui tout le loupresse d'offrir des lits aux autres étages. Les caont carillonnées à leur arrivée et à leur départ, sans cesse par les paladins et les paladines de TUir les pelotons du chœur | ]. Au surplus, le

eut jug«r quelle réception on fait à des compagnies \ desquelles chacun se dit : Voilh Homère, voilà voilà Virgile et Horace , voilà Cimarosa et Sac* ;., et ainsi de 500 hommes ou femmes célèbres que enir la caravane dans les 3 genres qui forment ) et ses S ailes.

ivane est suivie par une quantité de curieux non la fédération. Ces curieux suivent la caravane à i, ne reçoivent pas les mômes honneurs. Ils logent 1 à l'avant-poste et non pas dans le palais; ils sont i fêtes sur la recommandation de la caravane ; elle ; à sa suito comme curieux qui doivent la suivre uelques stations.

t les caravanes se croisent et échangent quelquesirs membres. Lully» arrivant de Persépolis avec sa

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