‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 50 sur 136 · MARCHE DE UL GAMAYAHE · texte numérisé non relu

MARCHE DE UL GAMAYAHE

caravane, dont Taile gauche est fonnée do muaicieoa» trouva à Milan une autre caravane qui vient du Nord et va en Afri* que par Messine et Malte. Elle a son aile droite fonnée éàt physiciens et chimistes, son centre de botanistes, sa gaucha de géomètres et mécaniciens. Lully, fédéré de 1* Académie universelle de chimie , quitte sa caravane et se présenta dans la nouvelle, où il prend place-dans Taile droite. Il peut changer de caravane plusieurs fois dans son voyage , soit comme fédéré, soit à titre d'amateur recommandé.

Toute caravane se forme comme les armées, quant à Tordre de marche. Elle a son centre et ses 2 ailes qui ne sont pas des divisions scientifiques. On ne place pas les 4<M> mu*^ siciens sur une aile , les 400 danseurs sur une autre aile, et les 300 poètes au centre. On mélange les d corps en ptroportion , comme 60 poètes, 30 musiciens et 30 danaeim dans une aile. Chacune des divisions de marche a des précurseurs en avant et des satellites en arrière à deux journées de distance. L'état-migor concerte la marche avec les |^. dérés, mais la passion du centre est la seule qui opère sur la marche , les 2 passions des ailes n'étant que des accès* soirée que le [centre admet pour varier les plaisirs dans U route.

Les 3 corps de la caravane se rejoignent de temps à autr» dans des stations indiquées par Tétat-major, qui , dans oetto. occasion, met la caravane en reflux. Elle se disperse individuellement. Chaque membre suit les fédérés fixes qui l'en^ traînent dans leur Phalange. Ce reQux est un combat de politesse en forme de bataille rangée. Les envoyés de chaqqa Phalange s'efforcent de séduire quelques-uns des illustra voyageurs, et de les amener passer dans leur Phalange la temps assigné pour le reflux. Lorsqu'une caravane se met en I ] et rassemble ses 3 corps pour les disperser indivi-

duellement, chaque Phalange de la région envoie ses individus les plus séduisants par la beauté ou les talents; elle les charge de ramener des prisonniers qu'elle festoyé jusqu'au jour assigné pour le rassemblement.

Il serait insipide qu'une caravane ne fût formée que d'un ceul genre, comme de poètes et de minéralogistes. Quel intérêt pourrait -elle inspirer à tous ceux qui seraient peu sensibles aux charmes de la poésie ou de la minéralogiet fin voyant arriver 4 00 voitures qui porteraient. Tune pavillon

de géologie , Tautre pavillon de [ ) , beaucoup do

gflos manifeeteraient do l'insouciance pour une telle caravane. n finit donc de la variété dans les caractères de la caravue pour intéresser la majeure partie de la contrée où elle voyage.

Celle variété s'établit : 4® par les deux ailes qui profesaent deux genres rapprochés de la passion principale;

9^ Par les caractères accidentels de chaque voiture. Ceci demande explication.

Les caravanes étant divisées en voitures de 2, i, 6, 8 personnes, les compagnies rassemblées dans ces voitures ont toujours beaucoup de passions différentes des 3 que profsese Ja caravane. Tout homme ou femme a dans l'ordre combiné une cinquantaine de goûts dominants. Chaque jour il en satisfait quelques-uns dans les séances des groupes eonpéfents. S*il voyage dans une caravane qui professe poésie, musique et danse, ces trois branches renferment tout au plus 40 de ses 50 passions , en supposant qu'il tienne a 40 groupes des séries de poésie, musique et danse. Il reste donc 40 passions qui ne sont pas affichées par la caravane. C'est sar ces 40 passions que rouleront les pavillons accidentels et les conversations qui auront lieu dans les relais ou dans les séjours où la caravane se mettra incognito. Dans tous les cas où règne l'incognito , chaque voilure se pavoise de 8 emblèmes ou pavillons qui indiquent les passions dans lesquelles excelle la compagnie qui compose la voiture. Exemple :

Une caravane part le malin do la Phalange de Tibur, où elle a stationné deux jours. Elle va coucher à la Phalange dUerculannm, où elle stationnera deux jours encore. Elle a suffisamment parlé de poésie, musique et danse; elle ne vent pas en parler encore pendant la route et dans les rencontres qu'elle fera aux relais. Voici comment elle s'y prend pour exciter des conversations étrangères au but de son ▼oyage.

La voiture A est composée do 8 personnes qui délibèrent pour constater les deux passions les plus communes aux 4 oonplea de la compagnie, abstraction faite de la poésie, la musiqae et la danse, dont on ne veut pas s'entretenir dans les rsoeontres des relais et du diner. Après délibération , hi vmiare A se trouve avoir :

474 IKGIDBIITS.

A droite, S couples passionnés pour Jouer les jeoMi premiers de haut-comique;

A gauche, 2 couples passionnés pour la ohasae au eeiL .

En conséquence, la compagnie fait prendre au caisson dsi signaux ceux qui indiquent ces % genres de chasse et.da 4ichmation. Elle arbore les 2 signaux sur sa voiture.

En arrivant au relai et au BU>ment où les oarîUons amioa* cent son approche, elle voit sortir du bâtiment de I*«YaBtr poste 3 à 400 personnes formées en couples qui ohwnreBt les signaux des voitures pour aborder celles qui seront à hor convenance.

Au moment où s'arrête la voilure A, deux oonplea a'a* vancent vers ses portières. A droite la voiture est abordée par Florioour et Gidalise, m«nbres du groupe des Jeanesp proniers de la Phalange de | | , à gauche par Actéoo

et I I, membres du groupe de la chasse au œif. Las

% couples déclarent à ces étrangers qu'ils partagent et fér Durent leur passion , et la conversation peut s'engager cet objet pendant le peu de minutes que la caravane au relai C'est à la station du soir que la caravane développe ses passions d'ordre; mais au passage et aux petites séances de repas ou rafraîchissements, on pavoise toutes sortes de passions pour varier les entretiens et rendre l'abord de la caravane plus intéressant à ceux qui ne la voient que peu d'instants. (Le reste de ce cahier 35 est déchiré.]

(1820. — 2* cahier, cote 9.)

On ne songerait plus à chercher le bonheur» ni à controverser sur le vrai bien, si on pouvait voir de près, fréquenter un seul jour ceux qui l'auront trouvé. Tels seront lea Harmoniens, surtout ceux du canton d'essai, qui , en se reportant sur le passé, sur les ennuis de Civilisation , seront dans une douce ivresse causée par le souvenir du mal être et la présence inespérée du bien. — Supposons-nous on moment au milieu d'eux.

Le premier spectacle qui frappera rdl>servateur sera l'oh souciance générale de toute la Phalange. Lee pères mèmes^

IlfSOUCIAlVCE GÉNÉRALE. 475

n inquiets en Qvilisatîon , afficheront toute la frivolité dos enfuts actuels, uniquement occupés des plaisirs et des intrigues amusantes. Plus de souci chez le père pour marier ne fille ou placer un fils : les mariages ne coûtent plus une obole. Point de frais de ménage; ' c'est la Phalange entière qui tient le ménage , et les jeunes époux , attirés au travail, gagnent toujours plus qu*ils n*ont dépensé, consommé. Ui ne sont astreints à aucun soin des enfants , c*est la Phalange qui en fournit le trousseau et pourvoit à toute IWacation jusqu'à 3 ans, où Tentant gagne autant qu'il con-

Dmia on ordre de choses où les pères et mères seront iplB d'inquiétudes , vivant en pleine insouciance , l'on peot eoocevoir quelle sera l'insouciance des enfants. Il est îaatile de la dépeindre.

Ce serait peu que Tabsence du mal ; on veut la réalité du bien« on veut des plaisirs positifs , et c'est là le bien dont je«it à éktqvte instant un Harmonien par les intrigues indus-

APPENDICE AU CHAPITBB PBicftDBNT.

(1820.— 9, cote 9.)

MTlsIra 9«itMl«« des sértai

Cest pea de signaler les égarements de la scienee, il frat ee pénétrer de ses fautes pour ne pas les imiter, et d*abord ne pas nous jeter d*emblée, comme nos philosophes • dans les subtilités théoriques. Attachons-nous avant tout à la pratique, et puisque l'objet de nos études est la formatîoii des séries, commençons par étudier ce qui tient à la pratique sa* balteme, aux détails bourgeois d*un ménage d'Harmonie, BOUS trouverons sur ce sujet assez de questions tranaoen* dantes à débattre. Donnons au moins cette première atatioD de synthèse aux notions familières; les. plus mesquins détails vont nous présenter des calculs d'intérêt colossal. Les al* lumettes mêmes, en Harmonie, deviennent un objet de hautes spéculations économiques , à plus forte raison les minuties plus précieuses , telles que le beurre et les œufs , qu'on cita parmi nous comme objets de risée, et sur lesquels je pourrais établir des bénéfices par milliards dans le parallèle du mécanisme d'harmonie au mécanisme civilisé. Il n'y aura point de petite épargne dans un ordre de choses qui embrassera le globe entier, composé de i milliards d'individus , ai si , dans chaque tourbillon , Ton peut , par une bonne gestion da poulailler, un bon choix de poules , obtenir une diflTérence de 4,500 œufs par jour sur la gestion civilisée; ces 4,900 CBufe, dans 4 millions de tourbillons, donneront d^ 6 nûlliards d'csufs par jour, et environ 4 ,500 milliards par an , à ne compter que 250 jours de ponte franche. Or, 4 fiùO oiil* liards d'œufs, à les estimer un demi-sou l'œuf, prix commun des campagnes, donnent un produit annuel de 750 milliards de sous , 37 milliards de francs, monnaio de France, et on milliard et demi sterling , monnaie d'Angleterre , d'où l'on voit que le globe pourrait payer l'épouvantable dette d'Angleterre en y affectant le seul bénéfice d'une année sur Pexoédant du produit des œufs de poules comparativement aa

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