TROIS DEGRES
Je me trouve dans une situation tout opposée. Je n*ai ni Tappui de la richesse et des protecteurs, ni celui des devanciers. Personne avant moi n'a travaillé sur TAttraction passionnée et TAssociation domestique. J'ai trouvé tout ù faire sur cette matière. On no s'était occupé que de l'Attraction matérielle. Encore Newton et Kepler n'en ont-ils débrouillé la théorie que deux cents ans après les données qu'avaient fournies Pythagore , Empédccle et autres. Ils n'ont d'ailleurs expliqué que moitié de la théorie d'attraction sidérale, ne pouvant répondre à aucun des problèmes de causes qui s'expliquent par la théorie d'attraction arômale. H m'a donc fallu, outre ma science d'association et d'attraction , dégrossir encore une moitié de la science du mouvement matériel, et mettre au net les éléments d'une théorie de mécanisme arômal. Or, si Newton s'est immortalisé à juste titre en achevant sur l'attraction matérielle un travail que les savants de la Grèce avaient ébauché , ne m'accordora-l-on pas quelque mérite pour avoir commencé et achevé, moi seul, sans aucun secours, les calculs bien plus importants de l'Attraction passionnée , dont personne avant moi ne s'était jamais occupé , et qui était pourtant la seule étude urgente ? car ce n'est pas de la science qu'il faut au genre humain , il n'en est que trop pourvu. 11 a besoin d'arriver aux richesses et à l'harmonie sociale. Tel est le secret qu'on va lui enseigner.
((L'association ou desiinée sociale présente trois degrés dis! i nets, savoir : la grande, la moyenne et la petite.
4» La grande association, pour ôlrc organisée, demande un grand rassemblement de douze à treize cents personnes inégales en tout sens , en âges , fortunes , lumières , caractères, fonctions, etc., le tout en parfaite gradation. C'est une entreprise , non pas coûteuse., puisqu'il n'y a pas une obole à risquer, le travail étant agricole et manufacturier, mais exigeant une forto masse de capitaux actionnaires, tant pour l'achat d un canton d'une forte lieue carrée , que pour la construction des édifices, les bâtiments de Civilisation ne pouvant pas s'adapter à l'ordre sociétaire.
S^ La moyenne association n'exige que cinq à six cents
d'association. 5
personnes et un tiers du terrain qu'emploierait la grande. Moins étendue que la granJc , clli serait sujette à quelques lacunes en accords passionnels , mais ces lacunes , prévues et régulièrement indiquées , seraient une preuve en faveur de la grande.))
3° L'association simple est d^une facilité vraiment surprenante, n'exigeant d'autre effort que de réunir une trentaine ou une cinquantaine do pauvres familles , l'équivalent d'un hameau de cinquante feux , encore faut-il qu'elle soit composée de pauvres gens, et que, dans leur inégalité, la plus riche famille n'excède guère 4,500 francs de rente, si l'on opère sur 50 familles, pas 4,000 fr., si l'on opère sur 60. Il R*est rien de plus facile à trouver que 400 pauvres familles ; elles s'enrôlent volontiers mômo pour des émigrations hasardeuses, à plus forte raison pour une fondation localo et séduisante. On peut donc dire que la métamorphose des 3 sociétés, civilisée, barbare, sauvage, et l'avènement à l'Harmonie universelle ne tiennent qu'à un fil , s'il suffit pour opérer ce prodige do fonder une petite association de 4 00 pauvres familles, et si ce faible noyau suffit à faire la démonstration do l'Harmonie passionnelle simple et de ses brillantes propriétés.
Je m'arrêterai peu pour fixer l'attention sur la période f> , dite Gar autisme ; elle est , comme tous les échelons industriels de lymbes antérieures , difficile à organiser, opérant sur des nations entières, comme les systèmes philosopliiques dont on est las à si justo titre. Ijb Garantisme, à la vérité , n'exige aucune opération hasardeuse; mais pourquoi songerait-on à des améliorations qui s'essayent sur de grandes masses quand on peut en éprouver de meilleures dont l'essai est limité à une poignée de pauvres gens, un hameau de cinquante feux , ou l'équivalent ?
La petite association a sur les deux autres un avantage de circonstance : elle est morale au suprême degré, réalisant en fait de bonnes mœurs une foule de biens que la morale a rêvés, sans donner aucun moyen de les obtenir, comme vérité des relations, activité industrielle, charité générale, etc.
Les deux associations moyenne et grande sont encore plus brillantes quant aux bienfaits sociaux et aux richesses, mais leur mécanisme exige certains accords passionnels qui ne sont pas admissibles en rigoureuse morale , et qui s'écartent