S6 UNITÉ DES HARMONIES
trie et de plaisir. Il veut les distribuer comme les séries dont Topera fait emploi , quelquefois par 2 en ordre ascendant et descendant, quelquefois par 3 comme dans les chœurs de haute-contre, taille et basse-taille. — [En marge de ces deux dernières lignes est écrit mal dit,]
Sans doute ce ne sera pas au début de rbarmonie qu'on pourra monter un opéra avec des paysans qui n'ont ea musique d'autre talent que de brailler à vêpres, mais ces êtres grossiers sont l'embryon de l'espèce humaine. Elle ne corn* mencera vraiment a naître que dans la génération élevée en Harmonie. J'ai dit plus haut qu'en ( ] de mouvement le
règne du matériel précède toujours celui du spirituel, et ce qui le prouve bien, c'est la grossièreté des paysans civilisés qui ne sont que de la semence d'homme et non pas des hommes. Spéculons ici sur la deuxième génération et rappelodsnous Pannonce faite aux préliminaires sur les nombreuses lacunes d'attraction qu^éprouveront les premiers tourbillons, entre autres la lacune d'opéra , chose aussi nécessaire dans THarmonie que le pain en Civilisation.
L'opéra, en Harmonie, ne sera ni spectacle payant, ni société d'amateurs ; ce sera un exercice religieux aussi sacré que le sont parmi nous les offices de paroisse. J'expliquerai plus loin quel rang il tient dans le culte d'harmonie où il est religion mixte entre les cultes majeur et mineur. Tout détail sur ce sujet serait prématuré.
Il faut aller par degrés en éducation comme en toutes choses. Le principal but est d'habituer Tenfanl à l'esprit d'unité d'après lequel Lucullus retournera une allumette , par ce qu'il fera compte que cette minutie répétée par tout le globe, fournit une économie annuelle de 40 millions. l\ faut imprimer de bonne heure aux enfants cette manie de coopération unitaire, et c'est par l'opéra qu'on lui inculque le goût de Tunité sociale, de l'accord des sciences, des arts, des roanoBuvres et de tout l'ensemble d'un Tourbillon. C'est vraiment à l'opéra qu'un enfant voit les avantages de cet ensemble, qui partout ailleurs ne serait que partiel. La série de parade que j'ai décrite, n'est que l'unité d'évolutions: d'autres séries, comme la boulangerie, ne sont encore qu'unité partielle, tandis que l'opéra réunit toutes les unités mécaniquement et géométriquement alliées , peinture, poésie,
FAW10NNKL1.K8.
iutrumeaU, cbuiilâ, ilanso, geste ou pankiniime , tique, mécanique, et enfin < toas les ^ed.
Ceet vraiment la réHniun du lou^ les KCurdg maliriiU, et par conséqnent IVmblèmo malériel et acEiF de l'eiprit de Dieu ou esptil unitaire. Si donc l 'éducation de l'enfant doit oonunencer par la culture du matérial, c'est en l'enrAlaDt de boeae heure à l'opéra qu'on pourra Ib façonner aux brancttet msl^rietles de l'unité meguréa , d'un il passera aux branches Spirituelles : c'cal surtout dans les yeux et les oreilles que réside rinlelligence des enfants, et ce sont les deux portions de lour être qu'il importe do Taçonner d'abord â l'unitâ, pour les y soumettre peu à peu dans touâ les | | du pas-
sionnel et du moral. Or, l'opéia ay^nt pour les eutanls le charme le plu^ puiâ^ânl par hi magie du coup-d'osil, des Kcorda ut <ks niana'uvii.s, on ikiit les ralliera l'unité par Gf spectacle qui est le retiaort le plus propre A leur donner le goAt de l'oaité active.
AncDB bwid>in n'est admis au cbnur doâ chérubins , s'il *'a l'a^titode à figurer dans les basses manœuvres de l'opéra, ieit en ivolulioDS, soit en chœurs musicaux ; le synode chéndMpw naverrait de mois en mois rolui qui se présenterait, SÉH pontoir remplir cette condition et autres imposées par l'adaiisaioB. L'eofant élevé sur le théâtre dcrupcra, s'y exerce d'abord aux genres de justesse et d'unité qui sont de sa compétvBce, à la dext^lé du corps, i la justesse de l'oreille et do diBBl, à la vérité du geMe et A la mécanique générale dont w sfwclaele est [ ). Ainsi l'opéra est, pour les
"e d'éducation collective et branche de céréi nli^ux dite euUe ntuWe. Chaque cnrant d'un et «Hia 7 figure dès le basdge, san^i distinction de rangs, a qiu parmi nous l'enfant du monarque n'est pat plus I que celui du berger de fréquenter les temples ; is il y « celle différence que dos ei:erciœâ religieux sont aecaUavta pour l'enfant, tandis que l'opéra est souverai- •MMut attrayant pour loi quand il peut y figurer en évolutionset en chœurs musicaux. Rien ne plaît tant ï l'enfant que l'HMlé des manauvres matérielles, témoin son empressement à imiter li*s soldais en bataillon. Les plus rétifs des enfants sa soumettent avec transport à la discipline militaire dès qtt'OB «eut keur dpaner l'attirail du soldat, et les ranger en
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â$ feniMr l'homme à «ÎBMr la jusiiee et ia vérité. Ilg étaieat Ml de pemer qoe e'esl à Topera que réside ee aeeret, et q«e, Jimq«'à seuf ane, Tenfant n'a pas de meiileere école de lieiale que Topera, où on Télève à l'horreur de tout ce qai Ueeee le vérité, la Joatesse et Tunité. C'eet là que sont écrite lee préeeplee de Tinetitotioa naturelle, et que lee habitanta d*«i Teorbîllon t'habituent dèe le bes4ge à être toiia unie el fira^oe entre eux; car aucune faveur ne peut faire trouver gvêce A eeltti qui eet faux ou delà voix, ou de la mesure, en en geste , et si l'enfant peut s'habituer quelque part à souffrir In vérité, e*est vraiment à Topera. C'est là aussi qu'il s'ha* bftne A l'emitié collective. Rien ne lie les inégaux comme le concours dans les chcsurs, les danses et les cabales de Qva- Hté théAtrale. Aussi les comédiens soutrils entra eux la classe in plus intime et la plus charitable de la société. Voilà de hem germes dans ce spectacle auquel nous donnons trep peu ifalleRiion.
n fédéra A voir quel parti Ton en peut tirer dans un ordre de ehoees où le peuple est heureux et riche, où tout est dispoeé pour le règne de la vérité , et où Topera est réunion raiifsiease, et non pas arène de libertinage comme dans nos soeiètéa. Quand on n'en recueillerait que l'avantage de Tunité de langage sur le globe entier, ne serait*oe pas déjà un ( I d'un prix inestimable? Quelle honte pour les civi-
lisée avec leurs jactances de perfectibilité de ne pouvoir pas même comprendre leur langage respectif de nation à nation, pas même de province à province dans un empire vivant depuis des siècles sous la même loi ! d'avoir en tout pays dee lângagee divers pour le riche et le pauvre, comme si ces 2 eiassoe pouvaient se passer de conférer enseml>le à chaque instani I
Noire système eoeial , tout pétri de duplicité , a besoin dra(f<eir deux langages comme deux éducations; il faut pour le penpie un patois , des dogmes d'enfer , enfin deux éducattons disparates en sens matériel , poittique e( moral. Eh t eenuDent admettre Tunité d'éducation , dans un ordre de choses où la masse, les 7/8 du peuple sent spoliés par le h«i« tième qui rit à ses dépens ? Pourrail-on inculquer au peuple les maximes de la bonne compagnie, qui tient que prendre n'est poi voler^ et qui , en vertu de ce principe , spolie TÉtat à qui mieux mieux. U iisut bien, dans un pareil oiîlre, autant
^90 UNITK I>E LANGAGE.
de systèmes moraux qu'il y a de classes dans la Société ; mais dans l'Harmonie où il n'y aura de fraude ni sur la religioo ni sur les mœurs, on n'aura garde de fonder l'institution sur des [ ] de jongleries propres à contenif les diverses
classes; elles n'auront nul besoin d'être contenues, parce qu'elles seront heureuses et attachées à l'ordre qui leur donnera le bonheur. Dès lors les riches même , jaloux de faire briller leur Tourbillon, et liés avec chaque homme du peuple par le mécanisme des séries, ne voudront en éducation que le système unitaire, qui , en polissant la classe inférieure et lui assurant l'ample nécessaire, permettra que l'amitié r^ne dans toutes les réunions industrielles dont elle doit être le plu% puissant véhicule chez les Harmoniens.
C'est principalement à l'habitude générale de la scène i opéra, comédie, etc., que les harmoniens devront l'unité de langage et de prononciation. Le pauvre élevé dès l'enfance à figurer sur le théâtre de son canton, aura les mêmes prétentions que le petit peuple d'Athènes, où une femme de la dernière classe remontra Tbéophrasle sur une prononciation vicieuse. Le peuple en Harmonie s'observera plus que les grands sur tout ce qui tient à la politesse , et tout enfant y sera élevé à parler et prononcer selon la règle admise pour le globe entier au concile grammatical de Constantinopie. La coutume de faire figurer dès l'âge do 4 ans tous les enfants sur le théâtre , sera le garant de Tunilé de langage et d'une foule d'autres unités, dont l'opéra et ses accessoires sont le Palladium en Harmonie. Ces unités, en élevant les enfants à la justesse physique , les prépareront à la justice morale : Tune et l'autre se touchent de près dans THarmonie* quoiqu'elles aient peu de rapport dans l'ordre civilisé qui , par sa duplicité de mécanisme , rompt les liens naturels entre le physique et le moral, quoique les philosophes s'eflorcent d'en découvrir dans nos mœurs. Une preuve qu'ils sont dans l'erreur , c'est qu'eux-mêmes , avec leur pathos sur l'amour de la vérité et la recherche de la vérité , sont les gens les plus trompeurs qu'il y ait en Civilisation ; comment leur système social échapperait-il à la duplicité , quand ses coryphées même en sont gangrenés dans toutes leurs actions.
SEBIES DE XRAKSiTlO.X. 4^4
aooS'-nvoTAi.n internes : la bouase , lbi vigies.
^igM avec lot lecteurs, comme on agirait avec un homme qu'on introduirait dans un Tourbillon passionnel. On ne lui ivatipas eonnattre dès le premier jour le mécanisme des seon se bornerait d*abord à lui montrer les plus rappro* coutonies civilisées, et à l'initier par degrés, sans Carreler aux tableaux minutieux ; on lui donnerait connaissaaoe de ce qui touche à l'ensemble des relations. C'est ce que je vais faire dans ce chapitre, en décrivant % séries de tfanaitioB.
I<> La Bomu, — II n'est pas de série plus générale que la Bourse ; elle réunit autant qu'il se peut toute la Phalange. On tient dMKfue jour séance collective pour concerter les rassemblemeots des jours suivants; Theure des séances est la nuit tombante , l'instant où chacun rentre au phalanstère , et où les cuisines et jardins n'ont que peu ou point d'occupation.
La Bourse d'une Phalange est bien plus animée et plus intriguée que celles de Londres ou Amsterdam, chaque individu étant obligé d'y négocier une foule de rendez*vous pour les lendemain et surlendemain, soit en affaires, soit en plai* sirs : on y concerte même les réunions gastronomiques et galantes, mais avant tout, les séances agricoles et manufac tarières. Giacua a pour le moins vingt séances k négocier, va qa'mi traite pour le lendemain , et l'on ébauche pour les joora suivants.
En supposant 4,200 individus présents , et 20 séances i traiter par individu , il y a dans cette réunion 24,000 négoétalions ii conclure , et chacune peut impliquer 20, 40 , 400 individus qu'il faut consulter nominativement, mettre en laite cabalistique. Si , pour débrouiller tant d'intrigues et conclure tant de rassemblements, on procédait selon la mé* Ihade confuse de nos Bourses de commerce , on ne pourrait pas, en un jour entier , conclure moitié des réunions qu'il fJHt concerter en une demie heure. Je vais donner quelque idée de la méthode expéditive des harmoniens.
Au centre de la salle sont placés , sur un local cievé , le directeur et la directrice, cl les secrétaires faisant face Sui 4 divisions; autour de la salle sont les bui;i>aux de H né^'O*
(M LA nOtlBSE
dateur-s 12 hommes et 1 S remmea, gérant chacun lesaflaiifg do telles série» dont Ils tont «genla, et i(e tellMTMnflM Mi» sines dont tU oxerceiii le consulat. Chacun des Beciétairaa correspond avec 6 des 14 bureani par dot Ala de fer doM las mouvements indiquent les deinaDdes et Mdsloiia.
On négocie par signaux et sans bruit- CKaqtM •égaeiMar déploie en I | leB écusuns de« {ronpel M ^al«i|Ba
pour qui il tr^iito , et certains BfgMS confenua IndiqiMat t quel degrâ en pst le traité, |t l'on a demt, OU tiera, on qdkrt de» adhésions.
La multitude se prombne autour de la salle, et peut, M Hi tour ou deux, prendre part i 20 nidations, puisqu'il ^i^t d'adhérer ou refuser. Dorimon propose une assemUée des A^liaMpoor demain ( dix heures. Les chefs de oê Broupe Mt prts rtnjtialive selon les formes usitées. Il s'agit de tMoir ti, snr 30 sectaires de l'abeille, on aura une majorité ife H ; dfns ce cas, ta séance est résolue : chacun des lectaîree ei»aentanta tire sa cheville an tableau des abellllsles ptaeé ea artnt (hi parquet de Dorimon. Celni-ci tient de méOM en él*- Itge tous les êcussons des groupes qui ué^lent.
Cest un avertissement pour leurs sectalrfs dont on recueille au passage l'adhésion.
A l'autre côté de la salle , Araminte fait appel de rosistes, pour la mémo heure ; et comme beaucoup de rosiatAs enrôlés au bureau d' Araminte , sont de la secte des abeillisles . le premier d'entre eux qui s'en aperçoit, met obstacle et avise Dorimooi Celui-ci transmet l'avis au directoire , qui net ea échec Araminte et interrompt <«a négociation. Les rosislea sont obligés de fixerqueique autre heure; la rose n'étant que baaaa culture doit céder le pas tt t'abeille qui est moyenne cultnre.
Souvent, les négociations se compliquent an point de ne^ tre aux prises 3, *, 5 groupes, et même des séries estièret, qni cooeertent leurs assemblées. Tout se débrouille par rigaanx des négociateurs et négociatrices. Leurs acdytes eoaflrent avec Isa diverses cabales , en faisant approcher des loges de chaque parquet les chefs de cabale , et chaqve Ma qv on vaut monter une cabale d'assemblée ou d'obstacle , on l'attire dans les peints fixés hors du cirque d'ambulance, pour w pas entraver les promeneurs, qui voient, A chaque loar de uUe, l'état des diverses négociations, et se déoidsal «r U v« das tableau Mhsvilléa.
BlUONIENNE. t9JI
Les séries de pivot remportent an r loi rie autre function, aprta ellca vient la grande culture , qui dans certains cas , prend le pas. % un groupe négocie un rassemblement de senaille , et riu'il Bolt traversé par une demande en séance da littérature indiquée i la même heure, le Directoire signrGera l'écbeC mat an groupe littéraire dés qu'il aura pris seulement t seclafrfB de celui de 'semaillc, et l'obligera û changer son heare de séance. Quand les Tonclions sont d'égal degré, il y a rtea règles de procédé impartial qu'il serait trop long d'expllqufr.
Entre le direcloire et les it parquets des négocialeurs , le lerrafn est divisé en i cirques, dont t'un, pins petit, eit Spécialement destiné aun enfants pour les négociations Mdusives aux chœurs des impubères; elles y sont gérées par 4 buresui spéciaux , qui ne sont pas adjptés à chacun des chœgrï, mais it prqmrtion des séries et groupes formés par ces chœurs.
Au sortir de la Bourse, chacun rapporte sur une carte la Dote doc réunions auxquelles il a accepté séance pour les lendemain et surlendemain , et, h l'issue de In Bourse , les négociateurs et négociatrices rédigent itvec le Directoire un bulletin imprimé de l'état des négociations et de tout ce qui a été arrêté; le bulletin , imprimé l'instant d'après, eglen- *oyé aux cantons voisins par un chien qui le porte au cou.
Les changements de temps ou autres incidents causent fré.
Îuemmenl des renvois de séances résolues; on en est informé ans la satle de relations générales; il s'y trouve toujours des entremetteurs ou courtiers qui renouent d'autres affaires et n^ocieot les rassemblements qui ont avorté la veille par tSel de conflits et échecs i il y a dans toutes les salles pubîlquee des bureaux de négociations disposés â cri cffL-t.
Tool ce négoce doit être conduit A contresens de celui de Kos bourses de commerce, où chacun ne s'attache qu'à dé> guiser&a pensée et lutter d'astuce, tandis que, dans les boorsM d'Harmonie, cbacnn ne désire que de manifester ses intentions et les faire connaitro de toute rnssomblée. Tel est le but dit négoce par signaux et par chefs dn cabale, tableaux d'inscription i la cheville. Quand il en sera temps, je décrirai plus amplement cette méthode, aussi expéditive que leg ■6lrefl Mat conflues et iatemiaablee.
194 DEii VIGIES.
2^ Le$ Vïgies. — Une autre série de service général interne et MLteme e»t celle des vigies ou gardes. Cotto sérÎB dîflère dtjbotes les autres, et mérite un article à part. Il est des fonciions quMl faut relayer d'heure en heure^ telles qM le soÎA 4u télégraphe et de la tour d'ordre. On ne les lait pas eiercer par un fonctionnaire isolé, rHarmonie n^admettaat pas le travail incohérent» à moins qu'il ne soit spontané.
La faction est coinmunément un tjravail de corvée qu'il faut soutenir de quelque appât, on choisira donc les amants ou les amis , ou toute autre liaison qui pourra foumirpar couples des sentinelles de bonne volonté, les factions d'fiarmopie présentant toujours assez d'emploi pour occuper % et 3 personnes. On en va juger par quelques-uns des postas pijncipaux.
4* La l&ur d^ordrt. — Elle contient le télégraphe, les signaux, le fanal, les pigeons courriers; tous ces soins suffisent amplement k occuper deux et même trois sentinelles, dont Tune peut lire dans les moments de stagnation.
S® Les vigi$$ nocturnes, qui parcourent la rue-galerie, les galeries des patriarches et des enfants, le camp cellulaire et le caravanseraï , les étables, etc., pour surveiller, entretenir les feux , répondre aux sonnettes et appels, faire les réveils, etc.
3° UwaM-posle y ou conciergerie du caravanseraï. C'est là que sont placés les chevaux de relais , les rafTratchissementspour les passagers, les dépèches pour les courriers des Tourbillons voisins , Tétable des chiens de message qui partent d'heure en heure, et des chiens pasteurs qui se relaient à la garde des troupeaux. Il faut à ce poste au moins 8 aentinelles, indépendamment des postillons de corvée qui doivent se trouver au voisinage et arriver au signal donné par la tour d'ordre. Elle découvre au loin les voitures et transmet les ordres donnés par leur pavillon ; aussi , à moins de brume, n'a-tron pas besoin de courrier d'annonce.
i* IjSs stations pastorales. — On ne voit pas en Harmonie un berger isolé aux champs. Les troupeaux sont si nombreux , que ce n'est pas trop de i bergers à cheval et suivis de chiens dressés à conduire le troupeau. Ne fût- il que d'oiea ou de dindes , qui seront par 20 et 30 mille dans un Tourbillon , il faut les faire escorter de plusieurs chiens qui tiennent le troupeau divisé en diverses bandes plus faciles
GkBDH ET aUR¥KILLA.\t:K. 105
e que do-^ttiMiM raawes coofosea conuoe celles de
Lm cfaioiu d'HanDODie sont dressés à conduira des BaiMS I béUil ou d'oiseaux ralliés sur un son de clochette. Cba- •«■mal, bœuf, mouton ou autre, est élevé dès l'enfance ■ari» yne soooeUo dont il a porté l'unissonoaQle pwdaot .taqiB de SOB éducation. Je donaerai à la S* Bectioa un ifim aor ce snjet qui n'est guère moins important que l'é- MMioa des hommes. On fait peu de cas parmi nous des liaMMi donestiques, surtout en France, où ils sont borri- MMBl bnilaliaés, et où cbacun, après les avoir maltraités ■* molif, croit se jusliBer en disant : Pourquoi eontib •vaux ? poarquoi sont-ils chiens? — Je répondrai à cet Bines françaises dans un chapitre spécial. W soin des divers postes que j'ai cités et de tous les autres ■Mes de corvée , est toujours confié à des factioneaires en Mabra double ou triple qu'en choisit parmi les amanU ou a amis. U se trouve beaucoup de gens studieux et wclini Ja lecture qui peuvent parfois occuper isolément un poste ■Ueale; mais dans ceux de surveillance, comme la tour Bfdre, un bonane seul risquerait de s'ennuyer, et d'ailleure n'abtMderait pas aux soins du poste. De lé vient qu'on •tribus les factions par couples, et notamment les stations Klorales où le berger et la bei^ère sont des adolescents h teval courant la campagne pour distribuer et commander t àùemt qui conduisent et séparent les cohortes de besnx.
Quelquefois des gens patients et pensifa ne craindront paa, ■M la belle saison, de passer une heure en laclion aoliiM. On pro6ter%de leur bonne volonté ; on les placera aux ataa où nna seule sentinelle pourra suffire ; mais en général Harmonie distribuera ses factions en couples, el plutôt par oia BurveiUaats que par deux , vu l'étendue de la lAcbe. Obaervons que ces stations de l'Harmonie sont toujours Meaiplois industriels et actits, même dans le cas de vigie la lunette, comme celle du télégraphe. On ne verra jamais sacaadales induslnets, comme celui des sentinelles civil!la ^acés inutileoient à la porte d'un homme que personne B aoDga à attaquer. Dans l'Harmonie, où il ne peut exister i Tol, ni brigandage, ni défiance, on n'a pas besoin de r deux oiub en baliabarde à la porte d'u^
IJM LA 6AMB INUflSTmilUbB.
gPtBd ; chaeun et même l'OimiterqiM oummarqua Miprèma du globe vit en pleine sécurité dans son Tourbiilott ai garda*
Gaut qui s'adonnent d'tiabitude aux divaraea conréaa on flMstkHis de rextérieur et de l'intérieur, du jour et de la nuit, Mraent la série des vigies. Elle doit fournir une garda Jour» nalière, el o*eel la seule des séries que doive chaque jour « nombre fixe d'hommes, femmes et enfants; elle est trèa4argaaMnt rétribuée et tient rang parmi celles de pramièra néoaasité ; elle n*est point déconsidérée comme le sont en Civilisation les gens de service. On verra plus loin que tout aarviea d^araionîe est noble en ce qu'il est collectif et noa paa individuel. Celui même qui sert k table pour donner une asaiette a la rang de page dn Tourbillon , faisant fonetton noble oomme Test chee nous lo service domestique du roi : à plus fbrta raison considère-t-on celui qui fait la corvée pour le Tourbillon. Loin que cette fonction soit dédaignée , on voit souvent les gens les [>lus qualiftés prendre la place de Thomme de corvée, parce qu'en Harmonie toutes les conditions sont confédérées par les ralliements passionnels dont je traiterai plus loin. Crésus, roi du Tourbillon de Tibur (i), a un rendac-vous avec Glycère, jouvencelle du Tourbillon de Lucretlle. Vous croiriez que Crésus va partir en somptueux équipage , ou bien en Incognito dans une calèche qui exigera chevaux et postillon pour lui seul pour une partie de plaisir inutile à Fintérèt général. Point de tout. Ni Crésus ni d'autres ne feront un pas sans se rallier en quelque [ ] au bien public. Vamitié collective eu uniléime est une passion qui anime sans relâche tous les harmoniens et qui s'allie k tous leurs plaisirs. Crésus, en partant pour Lucrétile, aafaira Toccasion de servir le Tourbillon; i! iirah Falémon, courrier de corvée : Tu vas partir dans q iriques minutes porter tes dépêches ; donne-moi ta calèche, ro» « . ra moi qui les remettrai à Pavant-poste de Lucrétile; jj me charge de la corvée ; va h tes amusements.
Pour comprendre ces coutumes philanthropiques el siéloi-
(1) On verra k la section des uailés que chaque leurblUon est souverain absoUi de son terrUoire, et doit avoir un roi et nna reioe <É slgae de •eweralneté abieloe.
M Vimscéiifum w» AmMui. lit
iMii ii i^soMl iMtM« il feM MÊÊim lit déMIi du dé» fitoppement des passions , attendre de savoir mmiiint Cré» «» •! Ménon , qnoMpie ptecés aux ilem etiffémilés 4i la É» te fertaM, a'aiitKaideront et leronl lia^ dMM ona iPÎDlvîgMB ioit d'iadiiaftria, aoit da pMsir, ai îiomêriil «a aharma à s'obliger Tim raatra daaa laula ocoaaloa , il'è aanpir le toarbillan par iaa eoaaeris éaooamiquea da«t filfMirlé av aiMpilra da «as uaitaira, qui tara l'aaprit dooM» iiill'da loua las iMnnoiiteBS.
((rai décrit deux séries de transitioa ou de lien at d'ordre mMa; afanaslaaaai ja peasa panr donner un aperça daa sains fstaiplole PHarmonia A [ | iea relations aecondairsa, A phiiiblia raison Isa primordiales, dont je donnerai plua laio gl egitaa^»la aa dMpitra boalangaria* Continuona sur qaalqaa olfalpffapra A emilar Tialérét saas fatiguer raiteotioa.))
DB l'AdDCATION DBS ANIMAUX.
CônUanons sur le matériel avant de nous élever plus Haut B4 édoeirtfmi, el traitons de l'aspeet d'un Tourbillon , des ntfjMrhtef qu'il eau9era{t au premif^r abord A l'homme élefé âÊffiÈ M eôQftiAfon civilisée. Sur quelque point qu'il abordit la TdifbHVm, !f se croirait transporté dAns un nouvemi g0Éde : lés fbfAts parsemées d'intervalles cultivés , et dfstriboées en plantetions d'espèces distinctes , les champs ornés H^^durea et d'autels, les lignes engrenées de légumes, les rilîtftlai e^ mille ou conftision méthodique dite Jardin an-
ela, enfin tes édifices adaptés au service de chaque pfèee léfraffi, tout fbrmerâit un contraste frappont avec nos BAbMinas civIKsées. Lft surprise augmenterait eaeore daas mlnaii d#B délaHs. Analysons Tun des moins inlérasaania. RiHA parferai pas des o^ets d'attraction générate, comme (AlMMiiau de clief aut , de bétos A cernes ou bêtas A laine , ÊÊlê dNibfeta dédaignés comaM un troupeau de poalaa au nHêa. Le aeul aspect des poules ou daa oies de 1 Harmonie MOrafl pour insurger contre la Civilisation ses partisans M plus i ].
J'ai A dénoncer une de ces étourderies qui renvoient bien Mfl ÉM prétentions en éducation. Nous ne savons pas même Hfim lea animaux. La Civilisation ne sait pas élever le slnatt y ffn ew le conaoctaur des autres animaus. OomaMut
49a CHIEN ET CHEVAL, COOPBEATBUU DE L'HOMME. ]
saoraiMIe dire leur éducation quand die a manqué ceUe de leur chef?
Nous régnons sur la nature par rentremise de deoK qua» dropèdes, Tun est porteur et l'autre coopératear de l'homnie. Dans la direction , le chien n'exécute pas le travail, mais il est fait pour le diriger de concert avec nous , et c*est un emploi que nous n'avons jamais su lui donner hors de la chasse. Nous savons élever le chiens à des tours de force, des comédies de tréteaux , et nous ne savons rien lui ensei* gner d'utile en agriculture.
Le chien, comme tous les aniroaux»destinés au service de l'homme, est essentiellement harmonique ou apte à certaines fonctions qui doivent s'exécuter par le secours de l'Hannonie. Le cheval a celle des alignements, des évolutîoha; le chien en a d'autres, dont la principale est celle des gammes de direction, que Tordre civilisé ne peut pas mettre en usage, parce qu'il n'a ni grands troupeaux , ni moyens de les élever.
Chez les Harmoniens , le troupeau le plus subalterne , comme celui des oies, fournit des masses immenses qu'on ne viendrait pas à bout de diriger si l'on procédait selon la mé* thode confuse des civilisés, et surtout à la manière barbare des Français , qui ne savent diriger les bétes qu'en les déchirant à coups de fouet, en disant : Pourquoi sont-ils chevaux? Pourquoi sont-ils moutons?
L'éducation des troupeaux d'Harmonie ne sera pas la même pour lesclievaux, qui ne sont pas conduits par chiens et sonnettes. Us seront exercés au point de marcher en escadron , ou du moins par i et 6 de front , sans autres guides qu'un petit nombre de cavaliers, comme i pour 24 chevaux. Ajoutons que divers animaux, aujourd'hui sauvages, les zèbres, les castors, seront dans l'Harmonie aussi privés , aussi serviables que les chevaux, sauf la différence de traitement. Le castor établira en toute sûreté sa république dans les vallées qu'on lui assignera et qui seront paiissadées ; le zèbre s'apprivoisera à tel point, qu'une moitié des enfants de 9 à 45 ans (lycéens et gymnasicns) sera montée sur zèbres escadronnés et aussi dociles que nos meilleurs chevaux.
Le mystère de cette éducation harmonique des animaux se fonde sur l'association ou unité d'action. Hors des séries il n'y a plus d'éducation harmonique pour les anifloaux. H
TROUPBAVX D'HARMOmE. 49^
Dosn moyen de former^ pour un petit troupeau de Mitons, des gammes de chiens élevés à la sonnette • par tierce , ni former des masses d'instituteurs \ à l'éducation de ces chiens : on s'engagerait dans pense quadruple du bénéfice. En essayant pareille e on trouverait partout des civilisés grossiers ou maljqai la contrarieraient, des animaux voisins qui . n*éslormés à cette méthode, gâteraient par leur fréceux qu'on éduquerait barmoniquement. De là les agronomes civilisés n'ont pas pu imaginer cette M nalorelle qui n*est pas applicable à leurs campal leurs grossiers et malfaisants villageois , qui n'ont Igeooe que pour le larcin , la fourberie et nullement I travaux utiles.
0 est pas de même chez les Harmoniens, où chaque n d'un Tourbillon fournit des masses énormes de 20 Ml moutons, masse qu'on peut combiner pour la di« arec celle des cantons voisins, puisque le système lion est le même pour tout le globe. On peut faire » nombreuses troupes les frais d'une série d'institué ivîfléfren divers groupes dont chacun est affecté à Tén d'uae espèce d'animaux et de ses chiens. monie, devant avoir proportionnément beaucoup le cbttops et beaucoup plus de bestiaux que la Civi- , il lui faudrait des légions armées de bergers si ipeanx étaient aussi rétifs et confus dans leur mar-
1 dans les nôtres. Cependant elle n'emploiera à leur m que très-peu de bergers , mais des chiens intellit expérimentés dont l'éducation, ainsi que celles des isx, sera d'un intérêt presque aussi majeur que l'éduies hommes; aussi les sectaires de cette série d'édalas chiens et troupe aux auront-ils rang de sybils (chefc Aien).
avens à parler du langage de convention avec les
ici qu'on peut apprécier la nécessité d*accoutumer Mis-àgo les enfants à figurer sur un théâtre d'opéra , iMtuer à l'harmonie et à la mesure. L'enfant apprend « le respect de l'unité, l'ensemble des opérations, la observance de tout ce qui est hêrmoniê tfaneemii ,
MO AlViyAlJX INSOUMIS.
illinawrii anitairv. On na pourra discipliner ces immenses tiiupttix d'Harmonie qu^autant que chaeun connattra ie InigÊgê d* oonviHiUon qu*oii doit loor tanir, langa^a fut, «!• fois •rrél^ en congrèa général, sera le m^me «nQliiBt qt'en Buro^.
Wêm ayant distribué aux animaux domestiques daa beaolaa et des inattnots proportionnés aux soins que pourra leur doMier l'Harmonie, on ne doit pus s'étonner que pluaieoni eapèeos laites pour la domesticité, comme le xèbre et la eas^ tof, se refosent à entrer en domesticité dans Tétak aatiiei; lear iasoomission est-elle une preuve d'insocîabilité? Non , ans doute , car nous tenons en société des êtres fort înaou* adi, qui sont Tabeille et le cbat : Tun et Tautra aa tauianl supporter aucune contrainte. Nous leur eédons , at a*aat la aail flMyan do les fixer parmi nous.
liais ai Tabeille et le chat peuvent s'accommoder daaaoïh toUea ctTiliséee, le zèbre et le castor ne le pauvant pas. QM an vain qu'on aurait pour eux toutes les prévenaoaaa iniaglnablei, ce ne serait pas encore oédar à leurs iaatiaaii, paiai|ua ces instincts exigent des eoutumaa d^harmonia na* aaréa que nous ne pouvons pas leur piMwai^ U oa faat donc pas s'étonner de leur rébellion Qbitinéa; alla n'aat qv'un argument de plus contre rimpént^.ft*riliaée, qui, sur ea point comme sur d'autres, ne sait ntto)6dre à auouna daa parfsetions auquelles est évidemment <*éservée l'iodAistria haaNiine.
H ne m'arrête pas à décrire les moyens par lesquels on apjprlvoise ces précieux animaux , sur lesquels la maladroite eMIisation épuiserait ses subtilités aussi vainement que aar la sauvage daTAvayron, près de qui ont échoué tous nos idéologues parisiens. Je me borne à observer que la Civili» aaiidn n'est initiéa que partiellement au commerce de la na* ture ; qu'il est dans le matériel comme dans le pasaionnel une foule de relations d'où elle est évidemment exclue , téaMiin la société de ces précieux quadrupèdes cités plus haut, zèbre , couaga , castor, vigogne , et pourtant si bien laits pour l'homme. C'est une thèse qu'on étendrait à Tinfiai. Nous pouvons sur ces quadruples rebelles fonder la thèse d'oxelâsion et reconnaître que nos sociétés sont un état de seission avec la nature , scission bien mieux eonstatéa par rabeenea de la vérité bannie de nos relalions. Bh 1 ai raa-*
M M yoMM INMIHM. m
immUUÊM9ë pMr bai riMmioiiki oi ta HrMéi It Mm- 4M4t liteMlofUé éM eréttUiM^ i|uêi Npport mm io« «o- «Mt fliftiltitg «i iMrtMirM i¥ec ges vtt«i MeâftiiMiiM » «t fHMl raiiM pèui-mi voir ehet des sopbitiés qui Mi >'«ftMmtocto donner poor perfoctiotinofliMi un ordre AntipilUffOe avee toates les bases d'hirmoniê, de Jusliee ei de vérité | itft ordre qui, en parlant de justice distribulive, ne se fonde que sur la peur des baïonnettes et des gibets, et n'engendre en toai sens que la fausseté et Tindigence, l'oppression et le carnage?
TentAnùnA dur le sujet de ce chapitre , qui est l*éducation des anîmaux combinée avec la pratique générale de Topera. H est dans le système social des fonctions 3 classes, les libres, Mmlttaê ei les mesurées. La régie des animaux eM du nomfm des ftmctions mesurées, qui exigent conceri de régie lur iMaoliMi, \eê signes, lee paroles : or, si les hommes ne iMt {MIS dès renfonce habitués k Tordre mesuré par la fréqoaiitatlos de l'opéra, Ils seront inhabiles à élever les immeilae^ ifOUpeaox de l'Harmonie; elle perdra par cette seule lieimé le premier et le plus fort des bénéfices, qui est celui dsTexpleHatlon du règne animal.
Les noftiiM ne pouvant prendre l'usage et l'esprit de To^ dre combiné qu'à l'opéra , comment sauront-ils élever les Iffffmaui à cet ordre, ne sachant pas s'y élever eux-médies? fh, quand on aura fiait le compte du produit des animaux élevés en harmonie ou en régime mesuré avec les animaux de régime brut ou violenté, qui est celui de nos villages, et qui ait eneore au-dessons do régime libre, on reconnaîtra qa'a- VM dei peines infinf^ =: nous ne tirons pas des animaux lé tiers du produit que dor^<orait Tordre mesuré à moitié moins de fJRSis, et cependant ^nus avons des traités d'économie et de perfectibilité.
Dans ees deux chapitres sur Tordre mesuré matériel et Mr tes branchea ( ] mesuré, j'ai fait entrevoir Timpor-
tsnee que les harmoniens attacheront à façonner tous les hffmalna dés le bas-âge â l'esprit d'unité matérielle ou mandBUVrière , économie et combinaison ; c*est le seul moyen de les amener, dans un âge plus avancé, â Tunité spéciale, d*eii recueillir les bénéfices toujours immenses , même dani nnflniment petit , comme Tépargne d'allumette. Bile devien^ dm jouissance pour tout hârmonien , par le deul esprit d'u-
Ml GOlVTBMABCmi Ml U GIVIUMTIOIV.
litéy par la penaéa qu'en oonservani la demî-aUaiaatti #«^ «aril w€€ timi k §lobê^ il épargne annuellement iO miUieMb Quela trésors enfantera un ordre où tous les hamaîns serait ilCoanés par goût et par ton à cet esprit d'économie unitaiitti véritable esprit de Dieu qui ne laisse pas perdre un attea dans la régie du mouvement universel 1
CONTMMAIICHB DB Lk GITILISATION EN COMBUfÀlSONS
INDUSTRIBLLBS.
Quoique nous soyons encore loin du traité de la oontre* marche passionnelle, qui sera Tobjet dos 42 sections mineures, il est bon de préluder sur ce sujet , de même qu'il sera à propos, dans l'octave mineure, de revenir parfois sur les matières traitées dans la majeure. En conséquence , je rais donner quelques lignes de parallèle entre les cultures de la Civilisation comparées à celles de l'Harmonie, dont je viens de décrire les trois méthodes. On va voir la Civilisation constamment engagée dans les deux excès opposés aux procédés d'harmonie.
Établissons la comparaison sur un canton civilisé de 3,000 habitants; c'est le pair de ceux d'Harmonie, qu*il faudra porter à 1 ,500 habitants au moins, occupant à nombre égal moitié en sus du terrain qu'occupent les civilisés.
Évaluons d'abord les disséminations ou morcellements de cultures. 4 ,800 villageois formant 300 familles, auront, sinon 300 jardins, au moins 200, et par conséquent 200 carreaux de choux, 200 carreaux d'oignons, dont la plupart sur des terrains très-peu convenables ; sur quoi chacun d'eux observera qu'il est obligé de tirer parti du local qu'il possède ; qu'il ne peut pas recourir à son voisin pour ses approvi* sionnement du ménage. Voilà donc dans ce canton des choux et des oignons sur 200 terrains divers. Un Tourbillon n'aura pas le 20* de ces variétés , à peine 4 0 compartiments de choux, car les divisions de centre, ailes et ailerons, engrenées dans d'autres lignes, pourront être contiguès ou à peu près vicinales; puis, si la secte des choutistes jette quelques rameaux sur d'autres terrains convenables en divers pointa
tmÊ^iî^Mmmj «n las MpfWiaiit an nonbr» da «# Mmt toujours que le Se* des suMirtsieiis qu'on m «s emIeB eîTtiisé de sorféoe éqoimleute; il — wBsUcmeet ruioeux ehex les civilisés, taïKlis WÊn que distribution judicieuse chez les harmoils Umiteroal leurs eoabrancfaeRienls aux variétés I fropres à différentes espèces qui ne pourraient également sur le même point.
du morcellement ou dissémination à l'excès op- Doacentration outrée , ou monopole de localité qui telvement tel terrain aax fonftts , tel autre aux aux prés , quand on pourrait entremêler avaotaess cultures sans tomber dans les incoBvéniests BSMDt. Il n'est pas de genre où ce désordre seît le que dans la distribution des forêts, ier vice des forêts civilisées est de n'avoir aucun ^n en forme des massifs d'arbres impénétrables fà caresse à peine les sommités des arbres. C'est • la première loi d'agriculture , qui veut que |flal soit vivifié par les rayons de l*astre sans le |aal aucun arbre forestier ne saurait prospérer; Ibilkm est absurde si elle n'est poà telle que cha* lilt frappé de la tête aux pieds par les rayons du
M pas dans toutes nos plantations de promenade feecadu milieu filent et restent chétifs , tandis que aiissont vigoureux, d'un^ meilleur bois et d'une » , c'est qu'ils sont en contact avec le soleil , qui tige et répand des sels sur leur sol. Pour mettre à BfDns, toute forêt doit être parsemée de ciairièiea i tellement distribuées, qu'en aucun point de la lassHii d'arbres n'excèdent 50 toises. Le soleil ne is percer au-delà de cette épaisseur, lesdites onneraient de nombreux bénéfices, bonification iccroissement plus rapide , collecte de fourrage , divers végétaux , fraises , chanvre , etc. , qui la fraîcheur, emplacements de réservoir, etc. I ne doit pas établir ces lacunes sur les points oà Bnir le terrain et garantir une montagne de Te^ Dans ce cas, on spécule pour la montagne et noti
pMrltiHél» giii«bil4lM«>iiienré»tli «Mlîft 9limk MélbiMlt tifUMi «t iÉU¥if e (4 )<
i% pMM 4(|alentiil sii# i« 4étattt «kioltt 40 «iliiirt^Mi MM leréAs» où on liiaM croUro oprèi ki Mq» loiio Im jolt iéd«iill à i*4ftottff6f «DM oUx , tl ikml à fmo im q«vi pi«ft CMior ligt do léiitlinoo , tanëio ^«o \m IrOit quârtOf foi oool élo«ifléi , épaiiofli lo rooioo iiOo fonnûf ououo f^oodoit notable. Toutes coi ohoonrolioai tooL do rOMOrl doo ogro* nomes. Je ne le suis pas et n'en fais mention que pour proulor qoo B*ii exialo en GiTi&isaUon dot ogronoflooi, il o'oidste point d'agronomie»
Paiioiis à l'objet qui est do ma oompélonoo* la diaUttu* Uqb des planta. Bile aat partout l'tiet du hasard : leaarbroa aOBt r^artis pèloHnMa , eomme la sort laa a plaoia. toi An oMna où il faudrait du bèire , U du frêne où il fiwdrwl di l'orme, et cette oonfusion qu'on appelle perfeotioB de Ui Civilisation perfeotible, je l'appelle oulture pleioemaniaaaviie. Oa ne verrait pas pl^is de confusion dans les forèta viaifss du Canada ou de F Australie « et du moina on y treuvaraîl aa avantage incontestable , qui est la conservation dea monta* gnas, déchaussées et raséai à nu dans nos contréaa patiio tilnlisées. Le premier soin des agronomes d'Harmonia aara da daasar laa espèces, restreindre chacune aoa Haut où elle peut prospérer, et n'admettre les mélanges qu'an proportion convenable ; sans ce triage, aucun groupe no pourrait sotgaar saa espèces, établir ses rivalités, choisir ses terrains.
En quelque sans qu'on examine la Civilisation , nous la verrons toujours donnant ainsi dans les excès opposés à l'équilibre social; on dirait que toute la politique civilisée ait Voulu prendre pour modèles ses hommes de loi qui , dans leurs [ I , emploiont alternativement une écriture de
groaseur outrée si on les paie à la page, ou de finesse outiée ai on les paie [ |. Je viens de signaler ce double vice
an
.1) Dans certains cantons de Suisse il y a peine de mort cèntfe iii qui sbattraU un arbre sur les points destinée à préserver d« 1*1valanche et de reffrltement. Sans doute li punition est outrée, fflâli le principe est louable, et sans (snt de rigueur, Il seraU faeile de Rappliquer pour réduire au simple êkt^imment loutfi ces eoafas qui dithanisent et effritent les montagnes depuis le perfeettooneaiot de la eifUlsallon perfeoUUe.
DKA St.HUH VH'JNALKS. iOS
\tm H^ abira iiidu^iell«. Ua verra parojllo muiistruosiU- Ih* toat le mécaniamc des passions, et l'on se convaincra HrJ jNB ifÊO la Gviliaation , à titre de wciélé subversive KiflMtrtiurcbe paanoDiieile, donne toujours, non pas un, Ifta, dvx ente opfmeis an bien , la duplicité d'action éteot ipiwlKsl du rBécâniane subversif , conune l'unité ou ba- ■■• «t propriété exeotielle de l'Harmonie.
HMMpKtt béailerà reconnaître cette grande vérité proliBieyw le akécaniame céleste et eipliquée par Newton? /■iAven, en matériel oomme en passionnel , est si^et aux )6riodaft d'nûté et eus périodes de duplicité ou incohétaee, qoi ne maintienDent la balance générale que par lea Boto oiqiosés.
Lm comètes, incohérentes en mécanisme, s'approchent ■DAdérément du soleil pour s'en éloigner sans mesure, tanli»qiM lea planètes, dans leurmarche combinée, se placent 1 ^n Mf» dialaBa de l'astre et s'y soutiennent en apo^ et ■érigés, H&B varialion outrée et sans uniformité. Nos paslîou civUiaéM sont les comètes sociales qui ne marchent pi» d'esoès en excès. Quand nous serons las des borreura |«Ule» causent, il faudra recourir, pour les harmoniser, au DéoiMsned'nmté, dont le système planétaire noua enseigne fli riglea; ellea doivent être aussi règles d'harmonie pasiioaïielle, à défaut de quoi il y aurait fausseté radicale dans 'MBiinrii de Dieu et duplicité de système dans le mécanisme la l'univen.
ou COH«nTE8 BXTBBmS.
L'islration de Dieu étnnt de multiplier les liens, en former de canton i canton, do province à province, de région b régMm, et ainsi jusqu'à l'ensemble du globe, il a ménagé des tnnui qui ont besoin de l'intervention de plusieurs cantons, plMiears provinces , pour pouvoir être exercés en pleine série, «t nous allons succinctement en examiner quelques uns, n commençant par les externes vicinales, qui sont celles de
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LE CH.^imC COMPOfE PKlilfAIVENT. 307
ffciéral i sans l^quei loul le mécamsrae extârne serait HliÉfmeBt paraiyaé dans la premier Tourbillon. <JLa cabtle externe e'agraDdik à nieeure que l'eiisemble férié exige rinierveniion de plugieuri provinceii , plueeetréet. Aioii, pour une êérie complète do PommiUês «i^Mllifaleure de la Pomme, il faudra quelquefois réunir et dei eectea de» eanlons trèe éloignés les uns dei autres, eentigue ne comportant pas toutes les espèces. ii aérie, quoique disséminée sur une grande surface de ter*fÉNl^ ii*ea a pas anoins ses liens très réguliers. C'est un sujet dMl II a'eaftpas encore temps de parler, et dont je n'ai fait OMlite mention que pour (aire observer la propriété des d'embrasjser plusieurs contrées. J'en indiquerai par iradatioo de plus étendues , o( qui embrassen( le globe eo* HtTiaoîteQ iodastrie, soit en plaisir.
•nÈBt DU CHAIMB OOMPOêà faaiuiiBitT, es deaMe predige attaché an mécanisme dat séries.
' Im predifcw composés tels que je viens de les décrire aait va affet si étranger à l'ordre civilisé, que les esprits ne Miraient souscrire à ia perspective de pareils résultats; lavr tabtoau n'e^oitera que des objections d'impossibilité et iIp viaton magique. Je voudrais pouvoir affaiblir la magnifi* eynae de la tb^, je sens qu'elle va soulever la plupart des Jieleiire ; ils y verront un sujet de rapprochement avec les janglerjes de magie. Les civilisés se plaisent aux critiques haeardées, les Français surtout sont prompts à condamner ataol d'examiner. Je ne me dissimule pas ce vice appartnt de diable miracle , dans les effets d harmonie, et si je le dé- Muae motHnéme, 6*esi pour persuader d avance les lecteurs ^feaaetitade que je mettrai à fournir des preuves rigou- IViiia et efbper le vernis de magie que répand sur une Jké^fia cetle propriété de charme eompoii inhérente aux opémiéfW des séries paastoanées.
ni indice propre à fonder la confiance du lecteur, c'est It fésQltaft eontraire que donne le mécanisme civilisé. On y Il9tifa en tout seps le malheur composé au lieu du charme J4igeoiis««ft par le travail. Il est , dit fort bien PÉ-
^08 ASPECT MBRVEILLEOX
criture , une punition de l'homme : Adam et ses rejetons sont condamnés à gagner leur pain à la sueur de leur front. Voilà déjà une disgrâce; mais ce travail , ce travail ingrat , d'où dépend le gain de notre misérable pain, nous ne l'obtenons pas : un ouvrier manque de ce travail d'où dépend sa subsistance, il demande en vain une tribulation , il en essuie une seconde , celle de n'obtenir parfois qu'un travail dont le fruit est pour un maître et non pas pour lui , ou d*étre employé à des fonctions dont il n'a aucune habitude, tandis que le sauvage a toujours le droit d'exercer la chasse et la pèche auxquelles il est façonné. L'ouvrier civilisé essuie une troisième disgrâce par les maladies dont le frappe communément l'excès de travail exigé par un maître. Il éprouve une quatrième vexation par le refus de ce travail rebutant qui lui épargnerait le supplice plus terrible de la famine. 11 essuie une cinquième disgrâce , c'est d'être méprisé et traité de gueux , parce qu'il manque de ce nécessaire qu'il consent à acheter par le supplice d'un travail répugnant. Il essuie enfin une sixième persécution , en ce qu'il n'obtiendra ni avancement ni salaire suffisant , et qu'à l'ennui d'une souffrance présente se joint la perspective de souffrance future et d'envoi au gibet, quand il réclamera ce travail qui peut lui manquer le lendemain. Voilà donc , au lieu de charme composé, un malheur composé , surcomposé, bicomposé; c'est donc une conséquence régulière d'attendre du mécanisme sériaire l'effet opposé et d'augurer, même avant la preuve, que si l'ordre civilisé nous accable en tout sens de souffrances composées et bicomposées , l'ordre social devra nous garantir en tout sens le charme composé et bicomposé. Pour modérer provisoirement les défiances, j'ai recours à l'esprit religieux si méconnu de notre siècle et de tous les siècles civilisés , qui n'ont jamais eu d'opinion franchement religieuse. Je vais m'étayer d'un argument tiré de Beitiardin de Saint-Pierre, qui dit (au figuré, sans doute] que si Dieu nous apparaissait dans toute sa gloire, nos faibles sens ne pourraient en soutenir l'éclat, et que nous serions frappés de mort par la violence de notre extase. Telle est , il m'en souvient, l'opinion de l'auteur, sauf les expressions que j'ai oubliées. Or, cet éclat de Dieu n'est pas un éclat de rubis et d'escarboucles. On peut entendre par-là un éclat de sagesse, l'admiration qu'exciterait en nous l'immensité de la
di b bonté diviae , soa loieiligenca à assurar le i oréatjires ei l'harmonie de ruoivers.
m t iniâérable» civilisés , qui o'avons vu sur ce 'iminensiié de malice et de misères, que le moupfêrmî ou état civilisé , barbare, sauvage; si nous it i coup Tceuvre divia , la Phalaoge d'harmonie à^n$ toutes les opérations des séries les doubles i charme composé que je viens de décrire . nous force d'extase, dans un élatd'éblouissement, de d^ftbiorption. L'aspect d*un bonheur si magique, I pour les merveilleux effets de Tordre divin , i contre le régime démoniaque ou civilisé , la l'avoir été 3,000 ans dupes de la philosophie ((et )gie)) « qui vantent lee lois des bommee Qt reoode de Dieu ; -^ toutes ces impressions cumu- ^useraient sinon une aliénation , au moins une «mporaire des facultés mentales* Chacun de noue, pit et la honte d'avoir perdu ses beaux jours en » serait pendant plusieurs jours incapable d'autioo , «t quelques personnes trop sensibles coo. par excès de saisissement des maladies daogenorielles ; enfin , chacun regarderait longtemps irdre social comme une illusion. Après avoir vém jours dans le Tourbillon, Ton douterait encore pas un rêve, à plus forte raison regardera-t-on lia simple annonce, la thèse du charme composé ront constamment les séries. On aurait peinera les voyant réalisées. Comment prendre confiance ) qui le promet?
•rspective semble choquante, plus elle m'impose do preuves sévères. Je viens de prouver comm la nécessité, et je puis assurer que ceUe prégie nommée charme composé paraîtra un effet l et très-intelligible quand j'en aurai analysé les ui ne sont pas nombreux. Çest une mécanique ;ompliquées.
I sur ce myslérieux programme. Le charme proie séries s'élèvera souvent au degré bicomposé. ce genre de b«inheur. (Interlogue, ^^^ seçticn.) ivent loin du bonheur permanent, même dans le Ue tachaiitemeiU. Il est aiaé de so procufior ce
240 FÉERIE COMPOSÉE HAIIMONIQIIE.
charme quand on a l'opulence. Tout Crésus voit alentour de lui des simulacres d*amitié et d'amour, qui peuvent bien lui valoir des illusions composées, mais tr^passagères. Il ne tardera guère à découvrir que tel ami , telle maîtresse , étaient épris de sa fortune et non de lui. Ainsi , Tillusion dont il a joui quelque temps n'est pas un moyen stable de bonheur, en ce qu^elle manque de réciprocité. Pour remplir cette condition il faut souvent des plaisirs plus relevés , comme le bicomposé, qui se trouve dans l'amour réciproque. (Interlogue, i^ section.) On se convaincra dans cet ouvrage que les séries passionnées ont la propriété de fournir à tous les âges des charmes de degré nécessaire au bonheur oompleti soit en composé, soit en bicomposé.
Il ne faut donc plus s'étonner si la nature nous donne k tous, en dépit de quelques raisonneurs, le goût du merveilleux et des féeries, objet de nos railleries et pourtant de nos inclinations secrètes. Dieu nous réserve la féerie composée dans le mécanisme social qu'il a composé pour nous; il doit nous inspirer à tous le désir d'en jouir. Dès-lors les dames et le petit peuple , dans leur penchant pour la magie , n'ont d*autre tort que la modération ou désir des prodiges simples. Ajoutons , pour justifier la magie , que ces beaux distributeurs de raison qui combattent en nous le penchant aux illusions magiques, sont les plus disposés à s'en repaître et à nous en bercer, puisqu'ils cherchent tous à s'entremettre dans l'administration civile ou sacerdotale , qui leurrent les peuples de double illusion.
En effet, nos théologiens ou prélats oisifs nous bercent d'illusions mystiques sur les joies d'un paradis qu'ils assurent être délicieux, quoique les tableaux en soient insipides au suprême degré. Ils nous leurrent encore d'un prétendu charme religieux dans les privations et austérités de cette vie où ils aiment pour eux toute autre chose que les privations; bref, les prélats, tout en se gobergeant dans des palais, nous paient en double illusion le prix de la dépouille des peuples dont ils jouissent. En nous abusant sur nos privations par le double leurre du bonheur futur en récompense de ces privations , ils reconnaissent de fait que la nature humaine a besoin du prestige composé.
Nos philosophes, nos administrateurs , nous prennent au même piège. Poai; farder leur ambition et leurs rapines, ils
LES MAMCIENS CIVILISÉS. 244
nous vantent les doux plaisirs de la fraternité républicaine el da brouet noir des Spartiates , le bonheur d'aimer le roi qotnd on n*a pas de pain , les perfections d'un ordre social fondé sur la crainte des gibets, les libertés des peuples qu'un tendre père envoie au gibet s'ils se plaignent de manquer de pain , la fraternité^ l'égalité de cet ordre où les oisifs nagent dans les plaisirs, tandis que le salarié, qui crée tous les prodaita, n'a pas même l'assurance de porter sa chaîne industrielle et de pouvoir nourrir sa famille, car il vend son blé pour avoir du pain. Nos philosophes, sur ce régime de dupe* rie et de spoliation, bâtissent des doubles et quadruples [ ] d'équilibre social , comédies sentimentales sur Ta*
mour des peuples et du monarque, la munificence de la nature qn^ils disent être un échange perpétuel de secours el de bienfaits. Afeis quels bienfaits répand-elle sur l'indigent qui meurt de faim à côté des palais? Bref, tous ces enjôleurs et prédi* cants de félicité civilisée sont magiciens de profession, créant la double illusion pour farder la double souffrance. Doivent^Is s'étonner que Dieu ait attaché à son code social un bien qu'eux-mêmes veulent nous montrer dans les leurs, que Dieu possède le pouvoir du double charme qu'euxmêmes veulent exercer en couvrant de fleurs ces doubles tortures civilisées , si bien nommées le jeu des dupes et des fripons.
Vous qui , brisés par le malheur, inclinez à croire que j'exagère sur les bienfaits que vous prépare le code divin, sur la propriété de charme composé permanent qui est inhé» rente au inécanisme des séries , essayez , pour vous façonner à cet espoir, de méditer la comparaison suivante.
Chacun de vous connaît ou a connu les doubles charmes attachés à l'amour. Cette passion crée en tout sens, non pas des illusions, mais des charmes réels, d'abord dans la réunion des plaisirs spirituel et sensuel , puis dans une foule de prestiges dont le charme est d'autant plus réel qu'il est ridicule et inique. Tel est l'avantage d'une renommée obtenue par les amusements d'une faveur qui transforme en perfections les vices les plus grossiers : l'impudence, l'hypocrisie, les violences. Elles ennoblissent l'homme qui est en l'âge des succès amoureux. II se fait aimer et prôner des femmes pour la conduite la plus monstrueuse; il la voit non pas excusée, nais ériféeen titre de célérité par le moi^e galant j qui se
149 ÇVÀIlIfBS DB |.*A||01Jft.
ffpatt d'illusions les plus absurdw i («adis quQ Titra qui a piasé Tige do l'amour est critiqué iur ses vaiius mèoifia* Qui d'eotra vous n'a paa regretté ou ne regrettera pas l'Age oA l'on jouit de cea doubles charmes composés» de cas dou* Mes, quadruples ((et quintuples charmes, décuplée presti-» ges)) enchantements attachés à l'amour heureux T
Elevons là-dessus une question de la compétence de tout le monde. Cet état de charme composé est-il deetinée de THarmonie? Chacun déciderait affirmativement s'il savait le moyen de prolonger jusqu'à la fin de la vie cette chance de double charme que la nature limite au jeune âge ; maie» en voyant que ce bonheur finit avec le printemps de la vie, et qu'on ne peut guère, à moins de grande fortune, le remplacer dans rége avancé per des plaisirs de nature composée , diaeun conclut que le charme composé n'est pas destiiiée péri* aanente ; qu'il n'est qu'une fleur passagère faite pour enn bellir l'ége d'adolescence : conclusion erronée, véritable esGobarderie !
En effet, nos savants se battent les flancs pour nous en* soigner à remplacer le charme de Tamour auquel il faut renoncer dans l'automne de la vie. lU nous présentent en compensation des rapaodies sentimentales, des lubies de tendresse Cuniliaie, patriotique, morale, etc., qui n'est point réciproque, par conséquent demi-jouissance. Mais voici deux aiiguments terribles contre cet orviétan philosophique : l'un est que la jeunesse trouve dans l'amour seul ce charme composé que nul ne trouve dans le fatras sentimental des philoeophes, puisque la vieillesse avoue à l'unanimité qu'après la aaison de lamour il ne reste plus qu'une source de solide bonheur, la richesse : encore les vieillards remploientr^ils à se procurer quelques réminiscences de cet amour passé pour eux , ou quelque charme composé en ambition , comme celui du Ivxe intérieur joint à l'influence politique. Tous les vieillerds fortunés avouent que les plaisirs substitués à l'amour n'élèveiii pas l'enthousiasme au même degré , tandis que les vieillards privés de fortune, formant l'immense majorité, assurent qu'après l'amour fini , la vie n'est plus qu'un seaiier de ronces pour qui n'a pas la fortune; que leur unique ressource, leurs plaisirs de ménage et de famille eeni tmUtnèlés de mille traverses quand on vit dans la médioenlé.
On se pl«Uit dOM de ee q«e Dieu «'a fMs fféservé è la