Î4B INGBRTITCDE DE LA SCIENCE POLITIQUE
dans le choix et Tapplicalion des remèdes. Rien de tout cela. La Politique étale d'abord une profonde ignorance sur le principe des malheurs sociaux. Tel les attribue à Tambition et à la violence des passions; un autre en accuse l'ignorance du peuple, la superstition, la servitude, etc. : d'où l'on voit q^^ la Politique débute auprès du geqre humain, conun^ Im d^p^rs Tmhpi* et Temi^mUux , par des contradicHioiis deai la patient doit être victime; car chaque secte lui adoiiaÎBtre soi baume tour à tour, et cependant nos empiriques s^aecordent tous sor un point, c'est de nous confirmer qiie l'ordre social est vicieux dans ses bases, puisqu'il engendre ell^que iour de nouveaux abus. Âjnsf , dans Iç Roman eami- ^, les rnédecîps du Mans, après s'être longuem^nl et 4i- Y^rsemant con3ultés sur la gravelle du curé de Pomfroqt, pe s'ACCprdèrent que sur un point, à savoir qu't7 #vatl U g/ipo^ ^le, sans assigner ni la cause ni le remède ; ils lui déclareront dans un latin fort élégant qu* il avait la gravelle, La pauvre homme ne le savait que trop ; mais on le lui avait dit jusque-là en français ou en patois; cette fois il l'apprit en beau et bon latin , et ce fut le fruit qu'il retira de son voyage.
Peuples qui implorez la science politique pour vous délivrer de la pauvreté et des orages sociaux , quel soulagement avez-vous recueilli de leur ministère sinon d'apprendre, comme le curé de Domfront , ce que vous savez trop bien : c'est que pour "un qui roule en carrosse , il y en a mille qui roulent sur des sabots et qui rouleront ainsi tant que durera la Civilisation Y En dépit du perfectionnement que les modernes font sonner si haut, n'est-il pas constant que les sociétés humaines sont toujours le jouet de deux vices radicaux , des révolutions qui tourmentent les empires, et de la pauvreté qui tourmente les individus? Aristote et Sénèque nous l'avaient dit en grec et en latin , Montesquieu et Smitb iMus Font répété avec de profonds commentaires , au bout desquels il ne nous reste, comme au curé, que la connais sanee du mal et point du tout du remède.
Au reproche de médiocrité ajoutons celui d^étourderle que nos savants ont mérité pour avoir négligé l'etsai mépiodique^ pierre de touche de la vérité , que le bon sens et l'intérêt nous dictent dans nos affaires particulières.
Pour organiser l'essai méthodique, il fallait prendre dans
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«npife qnelqoM prûvincea ayant divers cârBCtères.
ifde , dans la France , on pouvait prendre trois ars d'uK million d'habitaab , daae Isa régions de
, ToursiM et Languedoc, qui oot trois caractères bi0B diWreota, le flegme, l'aménité et la rudesse. En roramnt étm ras 3 arrondiasements b subdivisions de 300, 040 Ames cbacane , on pouvait propocer des prix pour les innovstioni ^ dftnneraiaDt d'heureai résultats sur les trois caractèns, damt un essai fiié h cinq ans. Dans le nombre des essais, m «anil (ri>leDu des succès et d^s revers. Le résultat eflt été , on d'introduire d'après l'expérience des amélioralions important!», ou d'écarl«r d'après i'ex!>érience des innovations dwgereosei. Le génie se serait enercé plus sérieusement, quand il aurait vu s'ouvrir le cliamp do l'essai pour les plans jngés dignes d'épreuves. Combien cette méthode n'auraiteUe pas évite do calamités t Supposons que rétablissement des clubs eût été assujéti à une épreuve de cinq ans, sur les trois caractères de Flandres, Touraine et Languedoc ; on attrait bien vite reconnu la propriété qu'ont les clubs de s'affilier poar maîtriser les élections et Taire triompher les désorganitataurs, établir l'inquisition politique, proscrire et difbmer tout co qui est hors de leur sein. Ces pro|)riétés des cluba se seraient développées en peu d'années ; on en eût été rassasié dans les trois riions avant la Tm de l'épreuve , et ils ne se itraient pas étendus plus Inin. Mais, dans lit Civilisation actuelle, quand on veut tenter quelque amélioration dont le succès est bien Incertain, on commence par l'appliquer d'embléo à lODt un empire, à tourmenter vini^t ou trente millions d'hommra tout à la Tois, et souvent sans d'autre molir que le caprice d'un ministre ou d'une législature, qui se plaisant A renverser l'ouvrage de leurs prédéceâscurs. Les ministres, ainsi que les législateurs, seraient bien réservés en projets d'amttioration, s'ils savaient quo leurs vues ne seront adoptés* ^'après un essai de plusieurs années , qui , appliqué à diverses nations, ferait ressortir tous les vicef du projet, et pourrait couvrir les auteurs de confusion, avant de leur valoir aucun avantage.
aiunplsn de réforme ost sagement conçu, pourquoi no pas l'éprouver d'abord sur divers petits contons, afin de prévenir les désordres que produirait dans l'empire entier l'inlroduo* lioQ d'un système erroné? Que penseries-vous du oaloul ds
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TharmoDie universelle, s'il fallait rappliquer d'emblée à une nation entière, comme l'Espagne ou la France? Quel souverain serait assez téméraire pour y consentir? Loin de là, l'épreuve n'exige rien de plus qu'une lieue carrée de terre cultivable et 800 individus quelconques, fussent-ils choisis parmi les criminels dévoués au supplice , pourvu seulement qu'ils soient différenciés par gradations d'âges.
Les auteurs politiques, en négligeant de provoquer les essais méthodiques et partiels, donnent à penser qu'ils ajoutent peu de foi à leurs propres théories, et c'est être indulgent que de les accuser d'étourderie pour cet oubli qui n'est peutêtre pas un oubli.
Voulez-vous voir la Politique réunissant les vices contraires à l'étourderie, l'erreur méthodique, la résistance à la vérité et à Texpérience? J'en trouve la preuve dans son engouement servi le pour les bavards de l' Antiquité. Quand des tiiéories confuses comme celles des Grecs et des Romains n'ont donné aucun bon résultat, il faut les suspecter en masse et sans examen. Quel parti pouvait-on tirer des lumières de gens qui n'avaient su ni faire régner la justice, ni assurer la subsistance du peuple et le repos des Etats? Encore, si l'on n'avait eu que l'ineptie politique û leur reprocher! mais, quoi de plus odieux que cette Antiquité qui rabâche sans cesse de liberté, et qui vend des cultivateurs comme des pourceaux ? qui permet à un Vedius PoUion de faire dévorer ses esclaves par les lamproies pour avoir cassé un vase, et qui les punit de mort s'ils se soustraient par la fuite aux fureurs du bourreau qu'ils ont pour maître? Voilà l'ordre qui régnait chez ces apôtres de liberté. N'y a-t-il pas folie d'étudier sérieusement les impertinences sociales de ces philosophes qui ne méritent autre chose quo le mépris universel pour avoir gardé le silence sur les horreurs de leur siècle ?
Les modernes, à force de compiler les rêveries des anciens, ont épousé leurs préjugés, et notamment le plus ridicule, c«lui de fonder le bien sur les soins du gouvernement. Jamais les civilisations anciennes ou modernes n'ont imaginé une mesure qui no reposât sur les gouvernements. Ignorentils pourtant que Tadministration civilisée , en quelque sens qu'on l'organise, préfère son propre bien à celui du peuple. A quoi ont abouti ces théories qui prétendaient modérer les gouvernements? Qu ont servi les responsabilités de ministres,