‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 56 sur 136 · LA PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

LA PAUVRETÉ

sociétés quelques horreurs qui ravalent l'état barbare encore àU dessous du vôtre. Mais où en ètes-vous datis la route dû bien, quand la mendicité et le brigandage , la vénalité et les cdticussions , régnent perpétuellement dans votre dégoûtatlte Civilisation?

Quel service la Politique aura-t-elle rendu au genre humain? Elle avait deux vices sociaux à combattre : 4<> la pauvreté qui afflige les individus ; 2° les révolutions qui menacent et renversent les empires.

h^ La Pauvreté,

Que votre pacte social est admirable pour assurer les jouissances aux riches et Timpunité à leurs crimes ! Qu'il est impuissant pour fournir aux pauvres la subsistance, le travail et la protection contre ses spoliateurs 1 Quelles mesures a pHses la Politique pour garantir à l'indigent ses droits naturels? Et par ces mots droits natui^els, je n'entends pas les chiihèl'es connues sous le nom de liberté^ égalité. Le pauvre n'aspire pas si haut; il ne veut pas être l'égal des riches, il se contenterait bien de vivre à la table de leurs valets. Le peuple est encore plus raisonnable que vous ne voulez : il consent à la soumission, à l'inégalité, aux servitudes, pourvu que vous avisiez au moyen de le secourir ijuand les vicissitudes ou les perûdies sociales l'auront privé do son industrie, réduit h la famine, à I opprobre et au désespoir. C'est alors qu'il se trouve abandonné de la Politique. Qu'a-t-elle fait pour lui assurer dans les revers, non pas des secours, mais seulement l'exercice de son travail habituel d'où dépend sa subsistance? Partout le peuple et mémo la clause polie fourmillent d'infortunés qui demandent vainement de l'occupation, tandis que leurs semblables vivent sans inquiétude dans la fainéantise et l'abondance. Pourquoi la Politique persiffle-t-elle ces malheureux en leur donnant des droits à la souveraineté quand ils ne demandent que des droits à la servitude, que le droit de travailler pour le plaisir des oisifs?

Les indigents, direz-vous, ont eu des torts dans leur jeunesse. Quel tort ont eu des millions d'enfants qui souffrent la faim et le froid? Quant aux pères, la plupart sont tombés dans le ihalbeur par excès de probité et de confiance, car les gens conûants sont les seuls qui se ruinent en Civilisation. -D'au*

LES RÉVOLUTIONS. Hà

Dr0S sont tombéB dans la pauvreté par suite (jles révolutions ^ tes philosophes ont provoquées. Mais quahd les indi- Mits seraient coupables d'imprévoyance, la Politique est-elle jOHifiée de les délaisser et de ne pas leur fournir le travail qtti leur est familier? Voyez-vous que la nature interdise la êhasÊ^ au sauvage, parce qu'il a épuisé ses provisions après linéiques jours d'indolence? Voyez-vous que la religion repousse le pécheur parce qu'il est resté dans l'impénitencet Non, la nature et la religion oublient tous les torts dl) ]*bomme du moment où il revient sous leur bannière : la Politique seule est sourde aux malheureux qui Timplorent.

DlrM-fUMil à l'indigent..... {Phalangt , 1847, tome V, pige SSI el mIvi)».,.« ne tooiberoot pas dans riodigenet*

S» Let révolutionê.

Bi la Politique n'a pas pu pourvoir au sâlut des individus froissés par le pacte social , a-t-elle mieux assuré le Salut des empires? Âcciisons-la maintenant sur les révolutions dont les peuples sont victimes.

C*est ici que s'accumulent les symptômes de votre infirmité sociale. Parlons de la fragilité de vos osuvrse et du psrsffflage de la nature , qui fait écrouler vos merveilles ail ttûiléu de leur éclat.

ie veux être un moment l'écho ( Théorie det quaire Mouvc-

menu, épUogne, avec quelques variaotes).... vous êtes deux moflilêi eonservéeê pour ornement de son triomphe, vous êtes Pofâdé èBS assauts qu'elle prépare aux empires mcMlernes , el dont noM âttfflS tu le prélude dans la révolution française.

Et vous, Empires modernes dont les fureurs mercantiles pèsent déjà à la nature comme a la raison, étes-vous bien rassurés sur la prédiction ((de Montesquieu)) générale t La Russie grandit et essaie déjà ses forces. Combien de chances peuvent lui donner le sceptre du continent ! ((Qu'elle entame seulement la Prusse et bientôt elle s'empare de l'Europe.)) La liberté des états d'Europe ne tient qu'à Texistence du royaume de Prusse, le plus faible des cinq qui jouent encore un r6le actif. La Prusse une fois conquise et partagée, Il ne reste en Europe que trois prétendants : la Russie , l^AutHche ei la France, triumvirat qui doit servir de marchepied

2t4 LA RUSSIB 8'AVANCE SUR L'EUHOPE.

à la Russie pour s'élever sur les ruines de l'Europe et de la Civilisation»

Je ne parle pas de rAngleterre dans un tel débat , car dès que les triumvirs continentaux verraient qu'il s'agit du scep* ire de l'Europe, ils abandonneraient les futilités mercantiles pour ne s'occuper que d'un seul objet, faire des soldats, bien assurés que le vainqueur du continent réduirait l'Angleterre par un seul arrêt , par la fermeture des ports d'Eu> rope et d'Asie.

Voyez si la chute de la Prusse ne laisse pas le sceptre du globe à disputer au triumvirat, et cette chute n'est pas éloignée. La Prusse, avec toute sa vigilance, n'est qu'un état de 42 millions, menacé par des voisins de 25 à 30 millions. Ouverte de toutes parts, son sort dépend d'une bataille. Depuis le partage de la Pologne , Tagonie sonne pour tous les petits étals, et c'est à la Prusse à être dévorée par le coup d'essai du triumvirat qu'elle a si imprudemment préparé. {Noie A.)

(iVoic A. — Sur Frédéric 11.)

Étrange bizarrerie ! c'est le vieux renard de la Politique, c'est le grand Frédéric qui a préparé la perle de son propre état. C'est lui qui , en machinant le partage de la Pologne, a tout disposé pour l'asservissement de TEurope et le renversement de la Civilisation. Quel avenir voyait-il donc dans ce partage? Pour obtenir une langue de terre, il donne le signal de la destruction de tous les états faibles comme le sien ; il se fait resserrer par ses deux ennemis naturels, l'Autriche et la Russie. C'était l'opération d'un insensé ; le moindre novice se serait aperçu que la Prusse, trop faible pour lutter contre TAutriche et la Russie, devait renforcer la Pologne, plus capable de les tenir en bride ((Frédéric devait remplaéer l'administration polonaise et grossir cet état du territoire do Kœnisberg , en négociant pour lui-même un équivalent dans le nord de l'Allemagne)). En suivant ce plan, il débarrassait ses étals et l'Europe entière du voisinage dangereux de la Russie; il se niellait à l'abri de rAutriche, contenue par la Pologne et lui, et il conservait dans tous les cas la faveur de la France et de l'Angleterre, intéressées à maintenir une puissance dans le nord de l'Allemagne.

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