‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 61 sur 136 · COMMERCIALE · texte numérisé non relu

COMMERCIALE

oxcitor la cupidité de ses voisins, qui Font rançonnée et dépouillée dans tous les temps et réduite finalement en pror✠dépendante qui se trouve entraînée dans les querelles do protecteur. La Suisse eût peut-être échappé aux derniers troubles et à la conquête, si sa fortune mercantile et récente n*eût excité la convoitise d*un puissant voisin. Ces deux nations, la Suisse et la Hollande, sont dans la personne de leurs marchands les nations les plus insipides de l'Europe. Si l'Angleterre a évité l'asservissement, elle en est redevable il sa position insulaire [à Tinterligne] , à la nullité de l'ancien cabinet firançais, — et non pas à son commerce ; car les Japonais, tout en repoussant et méprisant le commerce externe, se sont maintenus dans leur indépendance immémoriale, grâce à Tisoicment du continent. En résultat , quels sont les malheurs sociaux et individuels dont le commerce a préservé les nations? Londres, qui est le centre du monopole européen, n*est-il pas aussi bien que Paris un abfnne de mendicité et de dépravation? Si les juifs ont justifié les prophéties et les malédictions de Jésus , n'est-ce pas en se livrant au traCc, à la banque et à l'usure, dont l'exercice les a couverts chez toutes les nations d'un opprobre bien mérité que la philosophie ne lavera jamais? La persécution , qui fut pour toutes les sectes, et notamment pour les chrétiens, un germe de grandeur et d'anoblissement, est devenu pour les juifs un germe d'avilissement, parce que, dans leur disgrâce, ils se sont abâtardis par le commerce, qui conduit une nation à tous les genres d'avilissement (juand c'.lo l'exerce sans y allier rindostrie agricole et manufacturière.

La nature n'est jamais fausse dans les impulsions collée fives qu'elle donne au genre humain. Quand la très-grande majorité des peuples méprise une profession telle que le com^ merce, quand ce mépris leur est souillé par instinct naturel , sans le raisonnement, croyez que l'objet du dédain général recèle quelque propriété odieuse et cachée , 1ers même qu'il s'appuierait do raisonnements et se présenterait sous des couleurs séduisantes; c'est de quoi vous vous convaincrez par l'analyse du mécanisme commercial , où vous trouverez des désordres inouïs.

Le Commerce a un but qui n'a point été entrevu par les Économistes ; il tend à métamorphoser la Civilisation en féo-

%éé FÉODAUTÉ INDUSTRIELLE.

dalité industrielle , en monopole intérieur de tous commerciables ; il tend à élablir un système de c< fédéraiives, comme celle des Indes anglaises, qui r 60 servage le peuple et les petits propriétaires : tmeoi des crimes très-inconnus parmi nous.

Mais un tel ordre ne peut commencer que dans empire asseE fort pour faire militairement la loi sins et pour les forcer à ne pas entraver dans 1 Topération de la féodalité qui devient universelle. donc pas dans des états faibles comme Gènes ou même dans TAngleterre, que le Commerce pouvai ce but ultérieur.

Les nations commerçantes de Tantiquité, Phénic tbaginois , etc. , n'avaient pas épousé pleineme mercantile ; ils n'en avaient pas fait , comme qu< demes, la base de leur système administratif. Ces le Commerce ne put pas développer chez eux se tés malfaisantes. Pour qu'une coutume produise pour qu'elle puisse développer toutes ses propr le crime et la vertu , il faut qu'elle devienne doi régulatrice dans l'ordre social , témoin les clubs perstitions. Il y avait long-temps que les clubs ex Europe , mais sans inQuence décisive. On n'a leurs propriétés que lorsqu'ils ont pu tenir les Tadministration. De même l'esprit superstitieux de désordre tant que le sacerdoce fut subordo; il devint le germe de mille horreurs dès que h prirent le pas sur les rois. L'on voit par-là que cipe de désordre a la même propriété qu'un tartuQ se farder et se contenir tant qu'il ne jouit que d' licence. Tel est le Commerce. Il n'a pas pu déve mauvais génie dans Tantiquité , où il ne joua qu' Oondaire. Chez les modernes son intluence fut li (Iti'au XVIII*' siècle; alors il commença à jeter di cines et diriger dans quelques états le système adi U a débuté astucieusement en Europe ; il s'est étal chez les deux nations faibles, la Hollande et TAng il ne pouvait pas jouer le rôle dont j'ai parlé ; ( on s'aperçoit que , dans l'Angleterre, plus forte q lande, le Commerce a déjà manifesté une cod odieuse, et notamment dans l'Inde , où il s'est c

TaAiT£ DES NOIRS. 245

crimes que les Hollandais avaient ébauchés au cap de Bonne- Espérance, où ils ont fait dégénérer In race indigène à force de sopplioes. Définitivement l'Angleterre n'était pas on théâtre assez vaste pour donner Tessor au génie mercantile ; il fallait qu^il parvint à dominer dans un grand empire agricole , tel que la France, et c'est en France qu'allait s'ouvrir une carrière nouvelle aux crimes de la Civilisation.

L'esprit commercial n'est en France qu'à son début; il n*est encore parvenu qu'à la phase des banqueroutes publiques et particulières, faible prélude aux bouleversements quMl prépare. Il est encore pleinement coloré du prétexte du bien public; mais son masque n'aurait pas tardé à tomber, et si Ton veut se former une idée des crimes nouveaux que l'esprit mercantile allait produire, il faut analyser quelquesuns de ceux qu*il a déjà commis : soient les banqueroutes publiques et le dépérissement des races africaines en Amérique ; le mécanisme de ces deux crimes fera entrevoir l'esprit des crimes h naître qui composent le domaine moral du Commerce.

4 nt jji traite, — Parmi les actes de persécHition commis jusqu^à ce jour, aucun n'avait eu pour résultat de faire dégénérer u a peuple par l'excès du travail agricole, qui doit au contraire devenir un principe do vigueur et do reproduction pour tous les hommes. Les plus nialhoureux esclaves de l'antiquité, les Ilotes, multipliaient encore tellement, que la féroce république de Sparte les exterminait ou déportait pour en diminuer lo nombre. II était réservé à l'esprit commercial d'anéantir une race par excès de travail , parce qu'il en coûte moins pour rachiter dos nègres que pour élever leurs enfants. Celte activité meurtrière rabais.se les colons d'Amérique bien au-dessous do lous les bourreaux connus. Les Espagnols avaient fait périr les Péruviens dans les mines ; mais CCS mines sont un séjour funeste au genre humain, qui doit au contraire trouver la vigueur aux champs et s'y multiplier abondammtint , s'il n\st pas harassé de travail. Les barbaresques font périr nos captifs en les excédant de fatigues; mais les barbaresques sont des animaux à figure humaine; encore ont-ils une ombre d'excuse pour avoir pris nos marins a la guerre. Mais quelle justification trouver aux coiops d'^mérii^ue et à ceux qui prônent leurs cruautés pour

MO BAIVQUBEOUTES PIJBUQVJB8.

aufmeater de quelques chiffres la somme dès bénéfices ooleiiiaui.

Bésumoas. La traite réunit |>lu8ieurB cHmm bien di§* tilitits:

4» Assassinai des nègres par les mauvais traitements qui les empêchent de se reproduire;

2o Dépravation des blancs qui s'habituent légalement à ftmder sur les tortures et ta mort de leurs serviteurs uti léger accroissement de bénéOce ;

8<> Provocation dans Tintérieur dé rAfHqUe âUx guerres qde lés naturels se font sans cesse pour avoir des prisoflniefs et les vendre aux Européens.

fat Passons à une autre prouesse du génie comUiercial , ftl banqueroute publique.

Ce serait peu de frustrer les créanciers de PÉtat par une banqueroute franche, ce serait un vol pur et simple, un larcin d'écolieir; il faut en cumuler d'autres par les émissions et dégradations du papier-monnaie. Cette manœuvre réunît divers genres de scélératesse :

<• Conserver, par un paiement illusoire, un vernis d'équité à l'administration , et répartir la banqueroute sur la masse des sujets par la circulation des papiers qui se dégradent sans cesse ;

2<» Enrichir tous les affidés du gouvernement par les fluctuations concertées qu'il fait éprouver au papier-monnaie ; les I ] qui sont avisés à temps de ces variations pri-

vées font une fortune assurée aux dépens des dupes ;

3« S'adjoindre pour complices tous les brigands de l'empire qui s'autorisent de la spoliation publique pour exécuter la spolation particulière et rembourser en papier des sonmies reçues en valeurs réelles.

Voilà déjà 3 crimes, sans parler des autres : la friponnerie simple , la banqueroute franche n'aurait produit qu'un seul crime, et rien ne prouve mieux combien l'esprit commercial perfectionne la Civilisation , qui est un raffinement de tous les crimes.

Les deux infamies de la Traite et de la Banqueroute, considérées comme esquisses des crimes commerciaux , donnent pour ces crimes le caractère suivant: <( Ligue de quelques affi-

UtaOH BAH* LES ECHANOM. 347

B-iUtp&ai iotnIBBttw en hubs», aousle voile dd Mu puUfc, * flt MUS la protection des lois , les forfaits qu'ot panirsil ■ êÊ Sort dus l'Individu qui les commetlralt iMiéinenl. »

U npfa dfl l'esprit commercini tend donc à assdrer i des compagnies le libre exercice des crimes qui , dans une civillHlitn ordinblre, o'eet gamnti qu'au gouTememetil.

Apn» értte [ ] sur les Caractères et propHAlés du

OMHMh*, Blxinlons^ii quelques dogmes. Je ne peux tratttt la question que superllciellement ; Je me bofnerai ï éta- Hir runenea des principes les plus urgents et l'absurdité de ccm qni Mnt admis.

^aeo«> nn Ifentilet déehiré.J

Je place ici quelques considérations qui devaient guider les auteurs dans leurs théories aur les échanges.

Les échanges étant la plus fréquente et la plus étendue des relations socialee, c'est celle où il serait le plus importaol d'assigner des droits â l'individu et des devoirs eu corps social envers celui qui est lésé dans les traités.

La Lésion, en fait de marché, est presque continuelle pour les hoBnèles gens, qui ne peuvent guère conclure un marché saas être indignement trompés à l'aide d'une bonne foi simulée et à l'abri des formes loyalement observées. C'est pourquoi , dans les échanges, l'homme le plus rassis aurait besoin, comme les pupilles, d'une assistance supérieure, l'une contre les perfidies mercantiles i l'autre contre les perfidies sociales.

Ainsi les droits de l'homme et les devoirs du corps social eiigeniient qu'il existât une méthode de garantie ou tutelle générale pour prévenir les friponneries auxquelles sont chaque jour exposée les gens peu exercés ou trop pressés da conclure un marché.

La méthode d'échange qu'on nomme romiiMrcf n'obvie aacuoemeDt { |. Elle ne protège point le novice contre

les efforts de la ruse et de l'avidité ; elle laisse l'homme confiant en proie à une véritable servitude , celle de la diiperîe, dont il ne pourrait se mettre à l'abri sans des précautions gênantes, dispendieuses et souvent impoSSltdA; telles sont les comparaisons, voyages , délais, enchères , qui réussiraient difficilement è prévenir la duperie , et t)ttl ettt>

248 LES TROIS GARACTEUbS COMHEIICIAUX

seraient en frais et terop^ un préjudice égal à celui qu'on voudrait éviter.

Le Commerce , malgré tous ces vices, e€t regardé comme une méthode d'écbange parfaite , parce que les contractants sont libres de conclure ou refuser.

Cette liberté n'est qu'un bien négatif. Elle n'a de prix que par comparaison aux méthodes des barbares, aux réquisitions, maximums, tarifs, etc.; mais il s'en faut beaucoup que la liberté dont on jouit dans le commerce suffise à elle seule, pour établir dans les échanges l'équité, la fidélité , la confiance, l'économie et autres biens désirables, qui sont incompatibles avec Tordre commerciai. Cet ordre établit tous les vices opposés; il fait Irioiopher la rapine et la fourberie, il répand une méfiance i;éni raie qui ralentit les relations et nécessite des précaution? dispendieuses; enfin, il fait régner une marche lente et compliqôée dans tous les échanges.

J'ai fait entrevoir les vues qui devaient dominer dans une méthode d'échange plus équitable que le Commerce. Elles servent de règle dan? des périodes sociales meilleures que la Civilisation , dont le l'.ommorce est la méthode essentielle.

Le Commerce a poi.T principes : o Considérez un marché conclu comme irrévocable, pourvu que les contractants, sincères ou non, aient été libres au moment du contrat, — et dispensez le débiteur du paiement total ou partiel si, ayant notifié juridiquement son impossibilité de payer, il parvient à séduire la majorité de ses créanciers pour signer une remise quelconque de la masse de ses dettes. »

Ces principes laissent au plus fin la faculté de gruger l'homme de bonne foi , sans que celui-ci puisse résilier ni se faire indemniser lorsqu'il a reconnu la tromperie , — puis la faculté déjouer sur le bien d'autrui obtenu en dépôt, et de faire faillite pour so dispenser de le rendre. Des principes si odieux conviennent éminemment à l'ordre civilisé , qui a pour but d'élever toute fourberie au plus haut degré.

Les caractères do l'action ccminerciale sont au nombre de 3, dont l'intelligence est à la portée de tout lé monde :

4o Rapacité, sans aucun frein aux bénéfices immodérés et vexatoires ;

2P Fourberie, sans recours quand les formes légales sont observées î

ra cnrtuMTioif . 3i9

3« BomjiieroQle» oa lareiti autorisé condliionneltotnent par les lofa.

La présence de ces 3 caractères constitue le mécanisme oontmèrcial , c'eat-A-dire qae si un des trois disparaissait, si par exemple la banqueroute devenait impossible pa^ des mestttes (}ueicotiques» Tordre conmiercial serait renversé; ce sefail une brèche faite k la Civilisation et un empiétement M les eûciétés dupérieures , où la banqueroute est impôtsible.

Comparons au Ck)mmerce quelque méthode d'échange moins perfide, soit celle de la 40« période sociale, dans laquelle disparait Tun des 3 caractères commerciaui , la banqueroute.

Dans la 40* société, le corps entier des marchands (je ne dis pas lés manufacturiers, mais seulement les hommes qui trafiquent sur des objets quMls n*ont pas recueillis de leurs domaines .et manufactures) sont réputés eompapiit ffûiêU" ranee responsable coUeelivemenl du produit que la société leur cotlfie pour eh opérer rechange et la distribution. C'est à eut à se concerter pour faire peser sur qui de droit la rea. potlaabilité dont ils sont collectivement chargés.

Dafis cet ordre, les marchands d*une ville, d'une contrée, soDt (ilassés en diverses tribus, dont chacune a ses fonctions distincte , et chacune garantit sur la fortune de tous ses membres les dettes eommerdaleê de chacun d*entre eux , c'est-à-dire les seules dettes qui se rapportent au commerce spécial de la tribu. Dès-lors si l'un ne peut remplir ses engagemente^ sa tribu est solidaire pour lui , sauf à elle à s'indemniser comme elle pourra sur les propriété du failli , et de même les tribus en masse sont garantes des malversations d'une tribu particulière; c*est un ordre semblable à celui d*une ahnée où chaque légion doit soutenir un de ses postes en danger, comme Tarmée entière doit réparer la faute d*une colonne battue.

Chaque tribu peut inspecter les opérations de ses membres, dont elle est garante. Tout marchand est en tutèle permanente sous la masse des sociétaires qui peuvent le censurer par l'organe des syndics, et le congédiiT s'il s'aventure dans des tripotages étrangers au genre de commerce de sa iHtm ot de follaa dépenses dont sa fbrtune ue présente paâ

350 MÊTHODfi d'Échange

une garantie suffisante; et il n'est pas à craindre que la tribu qui est rc r» ^nsablc tolère chez aucun des siens des entreprises trop hasnttio'.'çps.

Chaque marchand est a-trcint à un nantissement dont la fixation, la gestion et rusufruit n'appartiennent point à sa tribu ((mais à la contrée , qui nomme une commission spéciale pour cette gestion dont le produit est affecté au service public)]. Aucune tribu ne peut refuser d'admettre celui qui fournit le nantissement exigé et la recommandation du conseil des communes, car ^lors on n'admet pr<s, comme parmi nous, tous les vagabonds, les juifs et autres, à s'établir dans un pays aux dépens des naturels.

Le conseil du nantissement peut en mociifitT la somme à volonté; son but est de l'établir à un point qui restreigne les bénéfices de l'échange au terme moyen entrç ceux des fabriques et des domaines, selon la proportion suivante :

Bénéfice de fabrique = denier <0.

Bénéfice des échanges = denier 45.

Bénéfice des domaines = denier 20.

Dès-lors la classe des ((échangeurs)) marchands, qui est moins utile que celle âvs manufacturiers, et moins importante que celle des propriétaires , ii'exerco sur les capitaux qu'un degré d'influence intermédiaire; le nombre des marchands ne s'élève ni trop, ni trop peu ; cette limitation est nécessaire à l'ôt onomie et à la concurrence qui disparaissent si le nombre, des marchands s'accroît indéfiniment. Je l'expliquerai plus loin.

On conçoit qu'il n'y a dans un tel ordre de choses ni crédit ni discrédit ; car il n'y a plus de risques à courir ni de modération dans la confiance; chaque marchand acquiert un crédit suffisant par la seule admission dans les tribus solidaires, et cet avantage compense amplement l'intérêt de la somme qu'il a n!întie pour obtenir cotte admission (4).

(I) Oii Vapercevia que celle rKélhodc, si clic clait introduite dans i'ordrn civilisa, dégéfièrerait en monopole, parce que les plus riches marc!:nnd3 fc cosIîscrAient pour séduire le* conseiU provinciaux charges de fixer le taux du nantissement A force d'intrigues et de cajo'e its, on ferait élever la somme du nantissement «ssez haut pour exclure les prétendants à fortune médiocre ; dès lors la [ ] deviendrali illuioirc. — Celte objecdon eut juste, mais pour réponse

PAU t* SOLIDAIIITÉ DES MAIICIIAUDS- 2M

((Ls méthode dont nous parlons Tomie aypc le cnmmrrce le même conlrastfl que les arméca barbares avec le? mVr '^ ; tbex les barbares la licence, le brigandage rlu goUlat; cliw BOUS l'ordre, la disciplini» et l'unilrt d'action,))

Lea marchands sont en quelque snrle i:ne milice affwlL'p au service des cultures et fabriques. Si on leur acconle toute lieence, ils devienneot plus puissaols que leurs nialtrea ; Jlg imitent lee janissaires qui jouent aux boulps avec les ^les des ministres. C'est ainsi que les banquiers jouent aui dés avec la fortune desparticoliers et celle de l'État; car, n'est-ce pas assassiner l'État que do paralyser les manufactures et les entreprises agricoles par l'agiolagc qui détouroe et attire à lui la nifijeure partie des capitaux '! Lea marchands doivent donc èlrc muselés et ccnlenus avec la mémo sévérité que le soldat , et le seul moyen de les contenir, c'est la respens:i bi'ité solidaire.

On voit que le mécanisme des tribus solidaires n'e^t pas le Commerce, car il exclut l'un des 3 caracléres de l'action commercial, celui déjouer le bien d'aulrui, le bien do la société, el de pouvoir sa libéicr, en cas de perte, încon<1 .iie et friponnerie, par une banqueroute impunie que nous nommons faillite.

Celte destruction de la banqueroute est un bien que nos savants sont impardonnables de ne s'être pas proposé. Leur silence à ce sujet donne In mesure de leurs bonnes intentions. Quant DDX deux CHractères commerciaux , qui sont la rapacité el la fourberie, on ne pouvait guère exiger que des civilisés prétendissent à les réprimer : en Civilisation, où règne la suprême perfidie , on ne peut avoir, en fait de justice et de vérité, que des vues bien bornées; mais au moins devait-on essayer de combattre une infamie (elle que la banqui;route, avec laquelle nus réformateurs sont si familiarisés depuis leor nccointance avec les marchands et banquiers.

Je me borne 1 lépéi.er ce que j'ai dit aflleurg : qu'une dltposlUon emi^unl^ d'une période toclale se dénature dans une autrv, comme an animal ou u:i végttnl :e dénalurint par la transpInoUtlon. l'explique iii la méthode d'écbani;u qui doit exlslar dans la 10- période sociale. S'il fallait l'inlrodulie dans la e*. dana laClvitisaiion . j'mdiqucr.-ils les modifications qu'elle doit eublT ponr M pas dégénérer en monopole.

i&% VICE POIITIQI'E nu COMMESCe.

Si l'ordre d'échange de la 1 0' suciol6 bannît un des 3 cdractëraa commerciaux, on p^ut préâunKT que l'ordre de la (1* en bannira 2 , et la 12' li's fera di^j-inrattre toug troji ; enfm que les 13° eiU* gociéléi, puis l'Harmonie, introduiront dans lt'3 échanges des bienâ que ta perfidie civilisée nndrait incencevablee.

[UcQDeierMillIat* eoupéi.— SuTltDomeBcUtnradMpMadH MCUlet dont 11 e>t tel parM , et qug Parler avilt d'abord «4011^ dtiu Ht prunlare minownits, maUquIla remplscéipor nnetoUe dti» la l'kterit dM quatre MowMHaUi voir là Pkalangt de lH>> tome IX , ob'w de3 Trait Haiiii du Mourtm*'il.]

BentronsdanB la question. Noua avons défini lesproeédés du Conimerce; parlons de ses effets. — J'y découvre S vices principaux :

4* Vice politique dans rinlluenc« qu'il exerce sur las capitaux et sur l'industrie productive ;

i' Vice mécanique par les entraves qu'apporta aux échanges la fourberie, qui est le ressort principal du commerce.

1° Tlee polltlqaa dana 1« €^mm«re«t

par l'influence qu'il exerce sur lea capllaiii et sur l'induitrle produatlve.

Ualgré la fréquente opposition qui se trouve entre les intérêts des producteurs et ceux des échange urs ou marchands, les économistes, confondant ces deuï genres d'induslrie, confundant le principal et l'accessoire, ont opiné pour pro- Uiger indistinctement l'un et l'autre. Si leurs inléréts coïncident quelquefois, combien voit-on de circonstances oii ils sont opposés 1 Tout marchand n'estil pas intéressé à appauvrir sa patrie en y introduisant et propageant le goût des étoffes étrangères dont il fait le commerce , Et en décourageant la culture eu fabrication des mtoes objets dans la pairie? Combien de fois n'a- 1- on pas vu de riches marchands écraser h plaisir une manufacture naissante, en donnante vil prix le* objets dont celte fabrique leur aurait enlevé le débit si elle se fût soulcnue. Les marchands ne s'enrichissent que sur la vente de ce qui vient de loin ; rien ne les épouvante comme l'idée d'établir des manufactures dans leur pays; car alors le bénéfice passerait au:( fabrifanta et )i U

ABSOftmON DES CAPITAUX. £S3

psirie. mais non pas »u marchand qui est îDléresaé k dépouiller la patrie pour l'avanUge des pays loinlaias. L'intérêt dcâ marchands sorail <jud chaque pays ne produisit et ne fabriquât rien de ce qu'il consommo, qu'il fallût aller cliercher SD bout du monde tous les objets de dos besoins , et que les régions lointaines ne consommassent aussi que les objets qoi croîtraient dans les nAlres. Alors la moitié de la population se composerait de marchands, navigateurs, voituriers, etc., tous gens qui n^ criant rien et dont il importe de diminuer le nombre.

KemarquoDB dans quelques l<iiis passés récemment sous nos yeux combien il est dilTérent pour le bien de l'État de diriger les capitaux au travail d'échange ou au travail de création.

Une compagnie de banquiers employa dernièrement un capital de tO à 12 millions à accaparer les laines Gnes pour les r&rëHer, les vendre à très-haut prix aux fabriques de France et leur donner du désavantage dans les marchés étrangers. Supposons qu'elle eût employé la même somme & établir en France des trouprsui ilv race précieuse, comme ceux de Rambouillet, quels résultats dillércnta auraient donné ces deux emplois de capitaux ! La compagnie aurait dans le second cas rendu à la France un service signalé en lut créant une source de richesses dont l'absence la rend tributaire de l'étranger. Elle aurait mérité uno récompense nationale. Dans le premier cas, elle a porté à la France un préjudice notable, en nuisant b ses manufactures i elle mërile dès-lors une flétrissure publique. Toutes les compagnies do banquiers coalisées ne cunccrtcnt jamais que des opérations de brocanlage dont le but est de nuire à leur paya, tandis que des établissements manufacturiers, fondés avec ces énormes capitaux, seraient un avantage iuappréciab)e. Voyex combien il est diiïérenl pour l'Ëiat de diriger les capitaux au trafic ou bien uu travail créateur, et concluez qu'il serait utile de réprimer et punir, dans bien des circonstances, le Commerce qui, par ses tripotages et spéculations, absorbe les capitaux deatiuùs à alimenter l'industrie productive, et les emploie ii entraver cette même industrie (< ). .

(!) Otaerrona plus en détail la nullllé des marchands et l'importanee des manafaclurleri que les économlitee confondit Mni dis- (6 i

254 LES COMMIS DU PEUPLE SOUVEIlAIN.

En résultat f les fabricants étant la principale source de richesses après l'agriculture, les marchands et banquiers n'étant que des agents accessoires , des valets , dont 1 existence dépend d'une industrie qu'ils ne créent pas, des valets qui ne peuvent jamais manquer aux fabriques et qui [ | ,

la politique devait favoriser les manufacturiers et non pas les commerçants.

En vain les Économistes prétendront-ils que leur intention fut toujours d'encourager les manufacturiers : l'expérience atteste que leurs théories opèrent un effet contraire. Le seul mot encouragement prouve que les fabriques sont en défaveur, et qu'une autre branche de travaux élève plus haut la rente des capitaux. Cette branche, la plus lucrative de toutes, est le Trafic, dont j'ai démontré le peu d'importance. Pour que les manufacturiers jouissent d'une influence réelle et non pas d'une protection ilhisoire. il faudrait que l'ordre établi procurât aux manufactures plus de bénéfices qu'aux marchands et banquiers. Cette seule circonstance suffirait pour décider les riches capitalistes à employer aux entreprises agricoles et manufacturières des sommes de plusieurs millions qu'ils consacrent à l'envi aux manœuvres d'agiotage et d'accaparement dont les fabriques sont toujours victimes.

Tant que les grandes masses de capitaux se dirigent vers les tripotages préférablement à l'industrie productive, tant qu'on voit le travail parasite plus profitable que le travail créateur, on peut dire que les relations industrielles sont une répétition de la grande farce civilisée, jo veux dire de l'Administration, dans laquelle ceux que la politique appelle commis ou mandalaires du peuple souverain^ font la loi à leur maître, et deviennent plus dodus que lui. Ainsi, dans notre mécanisme industriel , les marchands qui sont commis et agents de l'industrie productive deviennent plus opulents que les manufacturiers et métayers qui sont générateurs de cette industrie. C'est en tout sens que l'accessoire l'emporte

tinction de leurs services. Démontrons que les fonctions des marchands sont de la même nature que celle des voituriers et portefaix, et ne doivent pas obtenir plus d'influence. [Le reste de la note est coupé.]

VICE HÉCANIQUB DU COMH ERCE- ItSS

fior le principal; enCn, c'eât la Civilisation, c'esM-iltre le riiBcule qui domine sur h bon sens.

J'jti déftni le vice poliliiquc <lu Commerce, son ioflueDCe sur les capitaux qu'il détourne des catrap ri «es productives' Quand même il l<?â dirignruit à leur but naturel , qui est de se.n'iT les producteurs, son influence serait encore un vice social, parce qu'un travail accessoire comme l'indusUie mercantile ne doit pas influencer te travail essentiel qui est celui du producteui. — Passons au vice mécanique, et analysons le Commerce comme méthode de lenteur et d'entraves dans l'exercice des échanges auquel il est réservé.

3* Tle« méevnlqBe dans le Commerce,

Le but étant d'établir la plus grande célérité et économie possible dans la circulation des produite, il faut en opérer l'échange avec le plus petit nombre d'agents, de capitaux et do déplacements, selon le principe de toute économie : obtenir la plus grande masse d'eflets avec la moindre quantité de ressorts.

L'Économie politique n'a point aperru ou n'a point voulu apercevoir le vice par lequel lo Commerce manqoc ses deux buts de célérité et d'économie. Ce vico est la fausseté des marchaniis. £lle tend à élever au plus haut degré les entraves causées par la déSauce et les frais do comiilicatjon et de déplacement.

Pour abréger la démonstration, bornons-nous à supposer li's deux excès contraires, l'accroissement de fourberie qui augmenterait les entraves actuelles et l'accroissement de vérité qui réduirait au vingtième et trentième les agents et les capitaux qu'on emploie aujourd'hui aux échanges.

t* L'eanrént fovrberie. Supposons que l'on autorise en Europe les friponneries que la loi réprime, celles par exei!D-< pie qui sont autorisées dans l'empire chinois, où l'on permet le faux poids, la fausse mesure , la fausse monnaie, la falsification des métatix ouvragés et en lingots , l'insertioa de cail-

256 LA FOUBERIE COMIIERCIALB

loux et autres saletés dans les balles vendues au poids, enfin toutes les friponneries orduriëres dont les marchands sont capables quand l'Autorité leur lâche la bride, depuis Tescroquerie du coquin subalterne qui vend à Quanton un jambon rempli de terre et artistement recouvert de tranches de chair, jusqu'à l'escroquerie d'un fameux armateur si vénéré de TEurope, qui faisait assurer en Hollande ses vaisseaux, les faisait prendre en Angleterre par des corsaires armés à 'fies frais, et se faisait ensuite payer de ses cargaisons dont il s'était emparé lui-môme.

Recherchons quel effet produirait en Europe la tolérance do toutes ces gentillesses admises dans la Chine , qui est pourtant le pays du monde le plus farci de morale (4). Pour ne parler que du Taux poids , aussitôt qu'il serait autorisé ,

(t) Les Européens soiit-its moins anrs de la friponnerie, et n'ont-ils pas des usaces et une politique pires encore qu'à la Chine! SI nous accufons les Chinois de tolérer toutes les fredaines mercantiles hors le Inrcin pur et simple , Ils nous répondront : « Vous permettez, Européens, jusque sous les yeux de vos tribunaux, des fourberies collectives bien plus nuisibles que les faux poids. Telle est la vente des boissons méléfs de compositions métilLiques et autres ingréd cnts qui attaquent la santé du peuple, tandis qoe le faux poids ne fait de mal qu'à la bourse. Vous permettez des persécutions générales contre l'industrie ; — tel eil l'accaparement, fait en juin 1803 par les banquiers de Paris et leuri correspondants des ports, de toutes h s denrées coloniales qu'i's ont fait subitement hausser de moitié. Vous provoquez même ces Infamies en les décorant du nom de haute spéculation. Vous permettez des collusions mercantiles entre un général et un fournisseur sur la nudité, la famine et l'assassinat du soldat. Vous autorisez dune les plus dangereuses coquineries du commerce , et vous vous bornez à punir la moins importante, comme le faux poids. Du reste, vous honorez les marchands qui sont tous des larrons plus ou moins impudents. Nous, Chinois, nous les laissons au rang subalterne qu'ils doivent tenir. Loin de subordonner au commerce les opérations du gouvernement , loin de faire du commerce la boussole de notre politique, nous aimons mieux vous fermer nos ports, négliger quelques bénéûces et ne point laisser prendre aux traQcants et au trafic trop d'influence sur le sort de l'Etat, dont l'assiette est bien plus stable quand elle dépend uniquement de l'agriculture, des fabriques et de la consommation intérieure. »

ETÏTRATB LES ÈCMASCKS. 257

dwqna marcband se mnoirait comihe à la Chine de faasHs btlrâcH, les unes trop Taibles pour tromper les acbelenra , iMaatrea trop fortes pour tromper tes vendeurs, et ceux-ci , pour éviter la duperie, seraient obligés (!o porter jtvec eux des Mlvices justes , comme cela se pratique en Chine. Le faux pokb donnerail encore lieu ft vingt autres entraves dispendieows. Que s?rait-ce après cela de la fausse m6sun),la bu8B0 monnaie, etc. , et des autres Tourberies qu'introduirait en Europe le surcroit de licence qu'on accorderait aux mardiands !

Si au contraire vous pouviez réprimer une ou plusieurs des friponneries mercantiles usitées et nuIor'siSes en Europe, votts diminueriez d'autant les entraves et les frais dont elles sont la source. Pourquoi donc avez-vous hésité il poser en principe que la fourberie des marchands est un vice politique opposé à la célérité et à l'économie, el que loin de les laiMttr faire, selon la secte économiste, il faut s'occuper à les réprimer par toos les moyens possibles, et puisque les marchands tronrent leur intérêt à exercer toutes les fourberies imaginables quand on les leur permet, témoiu leur empressement à faire l»nqueroute, faillite, en France, depuis que le gouvernemeatlcs y aotorise, n'estil pas évidentqueles intérêts des marchands et du commerce sont contraires à ceux de l'indiislrie gécërale, qui exigerait dans les échanges la célérité et l'économie, et par conséquent la vérité, la BdcMlé, etc. , qui préviennent les entraves et les frais qu'entraîne la défiance. Ainsi , plus on nuira aux tnlérdts des marchands en réprimant la fourberie, plus on servira l'industrie générale. Nons allons le démontrer en supposant les chances de vérité absolue, opposées à celles des lourberies illimitées.

2" h'extrém* vériU. Qu'arriverait-il dans le cas oii tous les marchands de tous les pays se résoudraient à dire constamment la vérité? ï mettre dana leur profession autant de loyauté qn'ils y mettent d'astuce? L'effet de celte bonne foi Hrait de réduire au bout d'un an le nombre des marchands an vingtième et trentième de ce qu'il est actuellement , et de les forcer â reporter leurs bras et leurs capitaux aux cultures et ateliers.

Pour mieux faire entrevoir l'elTet que produirait la vérité abecrioe, telle qu'elle existera dans d'autros périodes eocialw,

256 LA FOUBERIE COMIIERCIALB

loux et autres saletés dans les balles vendues au poids, enfin toutes les friponneries orduriëres dont les marchancte sont capables quand l'Autorité leur lâche la bride, depuis Pescroquerie du coquin subalterne qui vend à Quanton un jannbon rempli de terre et artistement recouvert de tranches de chair, jusqu'à l'escroquerie d'un fameux armateur si vénéré de ITurope, qui faisait assurer en Hollande ses vaisseaux, les faisait prendre en Angleterre par des corsaires armés à j^ frais, et se faisait ensuite payer de ses cargaisons dont il s'était emparé lui-môme.

Recherchons quel effet produirait en Europe la tolérance do toutes ces gentillesses admises dans la Chine , qui est pourtant le pays du monde le plus farci de morale (4). Pour lie parler que du Taux poids , aussitôt qu'il serait autorisé ,

(I) Les Européens sout-ils moins amis de la friponnerie, et n'ont-ils pas des tisases et une politique pires encore qu'à la Chine! Si nous accusons les Chinois de tolérer toutes les fredaines mercantiles hors le Inrcin pur el simple , Ils nous répondront : « Vous permettez, Européens, jusque sous les yeux de vos tribunaux, des fourberies collectives bien plus nuisibles que les faux poids. Telle est la vente des boissons méléfs de compositions métilLiques et autres ingréd cnts qui attaquent la santé du peuple, tandis que le faux poids ne fait de mal qu a la bourse. Vous permettez des persécutions générales contre l'industrie ; — tel cit l'accaparement, fait en juin 1S03 par les banquiers de Paris et leuri correspondants des ports, de toutes Its denrées coloniales qu'i's ont fait subitement hausser de moitié. Vous provoquez même ces Infamies en les décorant du nom de haute spéculation. Vous permettez des coilosions mercantiles entre un général et un fournisseur sur la nndlté, la famine et l'assassinat du soldat. Vous autorisez donc les plus dangereuses coquineries du commerce , et vous vous bornez à punir la moins Importante, comme lo faux poids. Du reste, vous honorez les marchands qui sont tous des larrons plus ou moins impudents. Noud, Chinois, nous les laissons au rang subalterne quMls doivent tenir. Loin de subordonner au commerce les opérations du gouvernement , loin de faire du commerce la boussole de notre politique, nous aimons midux vous fermer nos ports, négliger quelques bénéfices et ne point laisser prendre aux traQcants et au trafic trop d'Influence sur le sort de l'État, dont l'as-ilette est bien plus stable quand elle dépend uniquement de l'agriculture, des fabriques et de la consommation Intérieure. »

EIITIATB LES ÉCHANGES. 257

chaque marchand se munirait comrtie à la Chine de fausses batences, les unes trop faibles pour tromper les acheteurs, les autres trop fortes pour tromper les vendeurs, et ceux-ci , pour éviter la duperie, seraient obligés de porter avec eux des balances justes, comme cela se pratique en Chine. Le faux poids donnerait encore lieu à vingt autres entraves dispendieuses. Que serait-ce après cela de la fuusse mesure, la fausse monnaie, etc., et des autres fourberies qu'introduirait en Europe le surcroît de licence qu'on accorderait aux marchands I

Si au contraire vous pouviez réprimer une ou plusieurs des friponneries mercantiles usitées et autorisées en Europe, vous diminueriez d'autant les entraves et les frais dont elles sont la source. Pourquoi donc avez- vous hésité à poser en principe que la fourberie des marchands est un vice politique opposé à la célérité et à l'économie, et que loin de les faisser fairê^ selon la secte économiste, il faut s'occuper à les réprimer par tous les moyens possibles, et puisque les marchands trouvent leur intérêt à exercer toutes les fourberies imaginables quand on les leur permet , témoin leur empressement à faire bianqueroute, faillite, en France, depuis que le gouvernement les y autorise, n'est-il pas évident que les intérêts des marchands et du commerce sont contraires à ceux de i'industne géoérale, qui exigerait dans les échanges la célérité et Féconomie, et par conséquent la vérité , la âdélité , etc. , qui préviennent les entraves et les frais qu'entraîne la défiance. Ainsi , plus on nuira aux intérêts des marchands en réprimant la fourberie, plus on servira l'industrie générale. Nous allons le démontrer en supposant les chances de vérité absolue, opposées à celles des fourberies illimitées.

^ Vexiréme vérité. Qu'arriverait-il dans le cas où tous les marchands de tous les pays se résoudraient à dire censtanunenl la vérité? ^ mettre dans leur profession autant de loyauté qu'ils y mettent d'astuce? L'effet de cette bonne foi serait de réduire au bout d'un an le nombre des marchands au vingtième et trentième de ce qu'il est actuellement , et de les forcer à reporter leurs bras et leurs capitaux aux cultures et ateliers.

Pour mieux faire entrevoir l'effet que produirait la vérité absolue, telle qu'elle existera dans d'autres périodes sociales,

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