MM. RUMFORD ET CADET DE VAUX
eoiMûe l'irrigation, pour construire et entretenir les aqueducs, machines, etc. , travaux qui exigeraient souvent l'association d'une contrée entière et non pas d'un canton? Aussi , pour les travaux les plus indispensables, les digues, routes, etc., sont-ils obligés de s'adresser aux administrateurs dont l'intérêt est de temporiser, commencer et ne rien finir; car, avec les lenteurs et incidents divers, on obtient de nouvelles contributions que l'on prolonge le plus long-temps possible. On n'achève rien et on laisse la fusée à débrouiller à on successeur qui trouve le plan vicieux et demande de nouveaux fonds pour rectifier, corriger et augmenter, quoi? sa bourse.
Dans l'Harmonie, où les campagnes seront arrosées régulièrement en été comme les pots de fleurs de nos parterres, et où l'on exécutera mille autres entreprises inconcevables pour de^ civilisés, comment pourrait-on en venir à bout, s*il fallait comme aujourd'hui employer cent personnes à faire l'ouvrage d'un seul , s'il fallait envoyer pendant une demi-journée cent luilières pour faire la besogne d'un enfant qui en quelques heures conduira sur un char suspendu un tonneau de lait d'une Phalange à une autre? Ce que j'ai dit des laitières s'applique à tous nos travaux réputés les plus économiques. Ne voit-on pas dans un canton 500 cuves de \in chez 500 vignerons, lorsque le canton ne compose que 5 à 6 qualités qui exigeraient seulement 5 à 6 cuves, ainsi que cela se pratique dans lescuveries d'une Phalange. Ajoutons à ces frais de 500 cuves les frais de 500 traités et voyages pour la vente, lorsqu'il ne faudrait qu'une seule personne pour négocier le tout. Ajoutez les déperditions et gaucheries causées par cette incohérence do travaux, et vous n'aurez encore qu'une faible idée des pertes incalculables qu'entraîne l'ordre civilisé et de l'imperfection à laquelle il réduit toute industrie (A).
(i) Quelques physiciens, notamment le comte de Rumrordr M. Cadet de Vaux, ont senti l'absurdité de cette incohérence qui règne dans les travaux des civilisés. Le premier l'a démontré par des cntrepi'ises économiques où s'opère la combinaison des travaux et des distributions. Il n'a pu pousser bien loin seà expériences, perce qu'il est impossible d'établir beaucoup d'ensemble dans des travaux dont l'exécution est conûée à des salariés qui gèrent mds