ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
Pour concevoir le ridicule de ces travaux morcelés etsubdivisés, il faut supposer un morcellement plus grand encore. Admettons un moment que Ton subdivise le peu de Iravaux combinés qui existent, soit l'exploilation des forêts. Si le gouvernement d'un Empire irès-populeux comme la France ordonnait le partage et la vente aux particuliers de toutes les forêts communales ou nationales , s'il abrogeait toutes les lois sur Tordre des coupes, en suivant le principe des économistes, laissez faire l'vilérêl individuel^ laisicz travailler incohéremment , au bout de trente ans un tel empire serait dépourvu de bois, son industrie ruinée et sa température bouleversée par le seul ravage des forêts. Les vents froids et les orages domineraient tellement que les vignobles ne pourraient plus produire (ainsi qu'il est arrivé des oliviers dans le midi de France depuis que la destruction des forêts a changé la température). Plus la rareté des bois se ferait sentir, plus Tappât du gain et l'impalienco da jouir exciteraient à la coupe des forêts existantes et aggraverait le désordre climatérique, au point de réduire au tiers ou h moitié le produit total du territoire et de ses manufactures.
ûdélité, sans émulation et sar.s aucun zèle pour le succèi de l'enfreprise. Les vastes plans ne pcnvont réussir sans l'intervenllon des séries industrielles dont tous les membres sont associëi par portions inégales, et ont dans leurs relations celte propriété: — que nul ne peut ni ne veut tromp r ia masse, que la masse ne peut ni no veut être injuste envers aucun des membres, et que cliacun ne se livre qu'aux travaux qui lui plaisent avec les compagnons quMI préfère, et pendant l'espace de temps qu'il lui plaît j de ces trois conditions réunies résulte l'enthousiasme général.
Si ces physiciens n'ont pas découvert le procédé de la nature, la formation des séries, ils ont au moins entrevu ses desseins quant h la combinaison des effets. S'ils eussent conçu le projet d'associer leurs ouvriers, il était possible qu'après quelques essais on découvrît le« lois de l'association naturelle par séries, ou du moins quelque germe de ces lois. Toute disposition qui tient à Tordre des séries produit une telle économie, une telle activité dans les travaux , qu'il suflll de saisir un des flls de celte méthode pour ariiver bien vite à l'invention compéte. Elle devait avoir lieu dès la naissance des théories économiques, si leurs auteurs n'eussent oublié de s'occuper du premier chapitre de réconomie , je veux dire de rAssociation.
LAISSEZ DETntIRi: IT.S FORhrs. i>(i;i
Souvent le morcellement des travaux suffirait pour les anéantir tour-à-fait; cest ce qui arriverait des salines et des brasseries s*il fallait que chaque ménage préparât sa bière et son sel , comme il prépare son pain et son vin.
On peut juger, après cela , de réconomic et des nouvelles sources de luxe qui naîtraient de grandes associations si elles s'organisaient dans toutes les branches de Tinduslrie avec propriétés de véracité et fidélité qu'elles auront dans d'autres états sociaux. Au reste, pour les associations comme pour tout ce qui est favorable à l'industrie , no doutez pas qu'il n'existe des moyens prévus et assurés par le Créateur qui n'oublie rien en économie et qui serait inepte mécanicien s'il n'avait pas donné aux passions toutes les propriétés convenables à favoriser l'association , source de toute économie.
Pour nous fixer aux seules questions mercantiles comme l'exigent les bornes de ce mémoire, continuons à examiner comment la fausseté des marchands déjoue toutes les théories des Économistes sur le commerce, et ne lui laisse d'autre mérite que d'être moins malfaisant que le maximum, d'être un bien négatif et non pas un bien réel. Observons au sujet de la concurcnce l'effet du principe : laissez faire les marchands, — principe que les économistes prennent pour base de leur édifice.
Vous vous reposez sur la jalousie mercantile , sur la concurrence, du soin d'établir dans vos marchés les prix les plus modérés. Voyons dans la branche la plus importante du commerce, dans celle des grains, si la concurrence peut à elle seule amener le bas prix.
Pourquoi le Magistrat intervient-il partout pour tarifer le pain quand les coalitions des marchands jointes aux coalitions subsidiaires des boulangers, tendent ii éle^r le prix du pain à un taux vexatoire pour le peuple? Après le tarif, les marchands et boulangers continuent leur commerce et gagnent encore suffisamment. Us aspiraient donc, avant le tarif, à des bénéfices immodérés qu'ils avaient obtenus par Kabsolue liberté, puisqu'on ne peut les réduire à la modéra* tien que par le tarif. Dès lors la libre concurrence, loin de faire tomber les denrées à un prix modique, favorise les