LAISSEZ AFFAMER LB PEUPLE
coalitions mercantiles qui élèvent les prix et causent les variations journalières. Il y a des exceptions, mais seulement sur des bagatelles indignes de la griffe du spéculateur.
A l'appui de ceci, Ton peut démontrer que si les marchands de grains pouvaient compter sur une protection illimitée, sur une force invincible, comme l'ange du Seigneur, qui les mit à Tabri des peuples affamés, à Tabri des gouvernements qui redoutent la mutinerie du peuple, on verrait bientôt, dans les années les plus abondantes, la famine s'établir à jour nommée par le seul effet de cette libre concurrence et de ces coalitions d'accaparement tant prônées par Smilh, qui les croit encore trop faibles.
Déjà, dans leur faiblesse et leur désunion, elles parviennent quelquefois à causer la disette, malgré le danger imminent du tarif, des réquisitions et des vengeances de la multitude, malgré le doute d'être entravées par le gouvernement qui, dans des jours de famine, pourvoira à sa sûreté aux dépens de qui il appartiendra, et fera ouvrir tous les magasins d'accaparement plutôt que do laisser menacer le trône.
Les monopoleurs de grains bravent déjà tous ces périls; qu'arriverait-il donc si, jouissant de cette invincible proleclection que j'ai supposée, ils pouvaient en assurance et ouvertement former en tous lieux des compagnies fcdéralives, organiser des agences pour arrher sur champ les récoltes des contrées fertiles?
Lorsqu'on a vu les marchands brûler dans i^msterdam des magasins de cannelle pour faire enchérir celte denrée, peuton douter qu'ils n'incendieraient de même des magasins a blé pour en élever le prix, s'ils ne craignaient d'être lapidés par le peuple. Si vous voulez savoir de quoi est capable une troupe do marchands libres et conjurés contre le peuple, voyez la Compagnie anglaise des Indes faire périr, en une seule année, des millions d'Indiens (je ne dis pas des milliers, mais des millions), dont les cadavres couvrirent le Bengale, après une famine concertée, pour le succès do laquelle la Compagnie avait ordonné d'ensemencer de pavots les champs destinés à la culture du grain. Elle faisait parcourir les campagnes par des sbires qui [ | les laboureurs quand
on les surprenait à semer du grain. Voyez cette Compagnie surpasser les horreurs de l'inquisition et du sénat véoilien*
ont fini Zeraaun Schaw, le nabab d'Oade, Paul P' ettaoBCBuxqui gànaient leurcDiniDerce(1)î
Ebl ne voyez-vous pas des borrcuM cumnie la famine du Bw^al* s'exécuter en petit sous vos yeux par des marctiands ligu^avec l'AutoriléTCes marcbsnds sont \e& fournisseurs, qui, par la famine, la uuditfet la spoliation des hôpitaux, déirnitect plus de soldats que ic canon de l'ennemi , lorsqu'ils sonl asBuréâ d'éviter le châtiment soua des généraux mercenaires et coTuplices de leurs crimes. Vous louchez an moment de voir c^ horreurs s'exécuter eu granil dans l'Europe. La concurrence intérieure ou extérieure tendait i ee former partout en compagaies privilégiées dont les souverains n'auraient pu rivaliser rinDuence qu'en s'é ta Ij lissant leurs chefs, ainsi qu'ils ont a;;i â l'égard de l'inquisition. Dès-lors les souverains devenant chefs et complices des marchands, lenrs agences privilégiées pouvant agir en toulo liberté avec d'immrnses capitaux, vous auriez vu en Europo des fumincs grandement oi^anlsêes et des horreurs d'un genre nouveau. Les Néron et les Hobespierro n'auraient semblé que des cn- Tanls devant la génie mercantile déchaîné contre les peuples. Voilà ce qu'aurait produit en peu do temps l'impunité absolue du commerce. Aujourd'hui il se trouve encore un peu muselé par l'aiitorilé qui va capituler avec lui, et qui jette déjà les gran.les places de l'État à la léte des marchands. Après cette ligue prochaine, rien n'empêche les marchands d'entreprendre la famino graduée, spéculation la plus sûre de toutes, quapij elle e£t soutenue par d'immenses capitaux.
La libre concurrence a donc pour résultat ultérieur la fèodnlUé mtreanlilr. Cet ordre s'établit par les compagnies de fermes privilégiées, qui, une fois formées, régnent concurremment avec le souverain, lui donnent part aux bénéâcea du monopole et réduisent en servage industriel tout ce qui est hors do lour sein. Elles font sans obstacle la loi dans
(1) (Le tjranqul gênait notre coramerce, a dit un avocat d'Angleterre en parlant de Paul I", se trouve loulà roupleirasaé.illine semble qupieiAns'als devraient, pour leur hoontur, bc tenir col tuT a Urraiirmeni. S'\ta approuvent qu'on parle ainsi devant leurs tribonaui, n'ni-ce pai menacer omclellemenl ehaqne sonveralii de se Totr un beau m»Via Urraué pour pea qu'il géneleconneree
.^ j.v.^,Mr, uicu:> eues (»r^anià(Mit une \ canton conservait par hasard trop de lion, elles peuvent atfamer les cant( récoltes leur ont été livrées, et les « des Yoies de fait contre le canton tro[) 1 ne donne, en pareil cas, aucun secoi la bagarre finie. Mais au bout de quel de bon sens sont si bien au courant qu'ils se résignent patiemment à livrei offert par les agents féodaux, qui corop merc-antile chez laquelle il est dangere Quant aux objets manufacturés, les conn méthodes d'exaction, comme serait cel gale, où la compagnie anglaise força les p vêtements de coton pour s'habiller de s( Angleterre. Tel est le dénouenricnt auqu< cantile de la noble science de TËconomie établi est la dernière phase de la Civili loi du contact des extrêmes, doit finir < roenoé, par une féodalité reproduite en première.
Sans attendre que l'oppression en vin rience nous démontrait déjà que la libre but, pour résultat visible , lenvahissc médiocres par les matadors coalisés.
ACIOTACE PEBJI.1NE»T. 369
aéensiU comme le grain, ne garantissent pas aux aclios- Hïree qui les raweœbleDt ud bénéfice aussi certain. Sur ces article», pour lesquels l'Autorité laisse carte blanche aux twnquiers et marchanda, on les voit ourdir cbaquo jour dans les pofts et les capitales dei trttnies pour cau^r l'encbérisaemeot d'une denrée quelconque, et se gorger d'or aux dépens de l'industrie générale, dont Ils bouleversent aller* nativement les diverses branches, — le tout par l'effet de la libre concurrence.
Ainsi, sans pénétrer dans l'avenir, sans entrevoir la féodalité qui se préparait, vous pouviez déjà conclure de ce qui se passe sous vos yeux que la libre concurrence, exercée sans aucuD frein de la part de rAutoriltS a pour résultats :
("D'exciter la classe des capitalistes à former des réunions et ageuces pour déiorganiser el écraser l'industrie partielle;
2° De distraire, sans aucun frais, beaucoup de capitaux dans les petites enlreprisrs, qui se minent par leur nombre. soDt poussées aux banqueroutes par les frais énormes qu'entraîne la rivalité, et sont finalement culbutées en masse par une grande entreprise ;
3* De conduire A la dépravatiun toute classe improductive qui traTSille en libre concurrence.
A l'appui de celte troisième remarque, oa peut citer les médecius et les avocals, dont la profession se dépravait en France pendant le peu de jours où In libre concurrence fut établie dans leurs foocti uns. On voyait la France inondée de charlatans, d'asgas^ns publics, qui se dis^iicnl médecins. On voyait le corps des avocals, jusi]uc-l<i honorable, imiter la I ) dc9 marchands, et raccoler les paysans sur les placeset aux portes du palais pour obtenir leurs causes. Ces scandales, qui allaient croissant, n'ont cessé que lorsqu'on a réformé les corporations des médecins el avocats, co ni radie loi remool au principe de la libre concurrence.
En vous reposant sur les marchands du soin d'établir dans leur gain lu modération couvenable, en laissant l'évaluaiion des produits à celle concurrence actuelle, qui n'est qu'une lutte de fourberies, d'intrigues et de frais inutiles, n'avez-vous pas opéré comme le roi, quand il créait un grand louvetier pour détruire les loups? Celui-ci trouvait bien mieux son compte à les conserver; il aurait plutôt travaillé
se iiiiire à (nix-iiuMiu'- on '.liinin'iaiU les abus et les ht' qui les or.j;iai-soMl V l'^-^ayiv, de n'écouter <juo les cli corps militaire ou ecelésiaslique sur l'orgunisation M glise ou de l'armée, ils transformeront la moitié de
population en soldais et en moines, et de même si vcu ea rapportez aux seuls marchands sur rorganisal: commerce, vous les verrez pulluler comme des moud vos villes seront encombrées de boutiques et d'éch ils attireront tous les capitaux au brocanlagcetà lagi de là résultera la rareté des fonds pour le service d( tures ou fabriques dont les bénéfices honorables ma déréSy pénibles et lents, n'allécheront jamais riiommt nieux, tant que TagioUigo lui offrira l'appât d'un gain et triple de celui qu'il peut attendre d'une industrie h et productive.
Il restera à démontrer que tout l'échafaudage des tl mercantiles s'écroule, comme la thèse de la concurrent le seul vice do la fourberie des marchands qu'où a c différente.
Pour conclure sur la concurrence, elle est de deux es 4« Lutte de vérité qui diminuerait le nombre et les bé des marchands : 2^^ lutte de fausseté qui opère l'efft traire.
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