AFFECTION DU PEUPLE POUR LES SOUVEBAIKS
avantages par comparaison aux horreurs de Tincohéreno actuelle, horreur dont le tableau deviendrait le catéchism de l'enfance.
En vous disant que TUnité du globe se fonderait sur Taf fection des peuples pour les souverains, je paraîtrai d'autan plus inconcevable que les souverains actuels ne sont guèn plus aimés que leurs gamisaires; ils ne recueillent d*autr témoignage d*aniiitié que les flatteries des autorités pension nées et les lampions allumés aux frais du peuple, qui n*enal lumerait pas tant si on le consultait. Sans doutes les gouver nants de tous les pays ne sont point aimés dans Tordre ac tuel ; on n*a pour eux qu'une affection négative et comparée ((On aime Alexandre par comparaison à Paul, on aime Bo naparte par comparaison aux clubs dont il nous a délivrés.] (a l'interligne:] Au 40 thermidor, la France se passionnai pour Gollot-d'Herbois en le comparant à d'autres bourreau: dont il nous avait délivrés. — Il en est de môme de tous le souverains civilisés : on s'attache à eux en considération di mal dont ils nous garantissent et non pas pour le bien qu'oi en reçoit, pour l'absence d'impôts et autres servitudes. I reste donc à trouver l'art de faire aimer les souverains poui le bien sensible qu'on en recevra et non pas pour la cessa tion du mal.
Cet art n'est plus une énigme. Il existe dans l'administra tion de Neuchâtel, où le souverain pousse la bienveillance i l'excès, car il permet à ce peuple de se fédérer avec de voisins pour la garantie de sa liberté, et il ne perçoit près que aucun impôt, quoique la nation ne se serait point fatigué d'une contribution insensible et établie sur la classe aisée comme cela se pratiquerait dans l'Unité du globe, sous le trois sociétés actuelles.
Vous aviez donc dans les administrations de Neuchàtel e Avignon le bien sous vos yeux , et vous ne l'avez poin aperçu, parce que vous ne rêvez, auteurs politiques, qu'au moyens de pressurer le peuple pour faire votre cour aux mi nistres (car ce ne sont point les souverains qui s'évertuent tourmenter le peuple, ils sont toujours assez riches, et 1 peuple n'a de véritables ennemis que les ministres qu pressés de s'enrichir avant leur destitution, ne voient le bie que dans un nouvel impôt qui puisse remplir promptemei les coffres vidés par le prédécesseur.)
RELATIONS MSaCANTILKS. 2^5
Poliii«ae pariielle.
Pasfionfl à des [bévues d'une classe inférieure.
J'en bornerai l'examen à une seule branche de relation, à {apolitique mercantile, dont les dissertations précédentes DOW conduisent à parler préférablement.
Relations mereantiîeê des civilisés avec tes barbares
et sauvages.
Je citerai quant aux barbares deux contrées seulement. Je choisis au hazard la plus proche et la plus éloignée, bien assuré de trouver partout, soit à nos portes, soit au bout du monde une ample récolte d'affronts pour la politique civilisée.
11 suffit pour. les confondre de prononcer le nom de nos voisins et amis les Barbaresques, cette poignée de brigands dont Faîtière civilisation est tributaire.
La politique pour se justifier se retranchera sur les rivalités commerciales qui désunissent TEurope, sur Timpossibilité de réunir les princes, même pour le but le plus désirable. Fort bien ; nous ne vous demandons pas quels sont les obstacles, mais quels sont les remèdes, et puisque vous prétendez faire des plans pour le monde entier, pourquoi vos vastes génies sont-ils aux abois quand on vous demande beaucoup moins, quand il ne s'agit que de réduire le plus laîble ennemi de la civilisation, car il n'est rien de plus faible que ces bandes de pirates qui retranchés dans quelques forts d'Afrique, font trembler tous les empires des civilisés.
Kavons-nous pas vu un eoin de terre imperceptible, Bbodes, Malte, effrayer pendant des siècles l'immense empire de Turquie? et quand il ne s'agit que de supprimer des brigandages, l'Europe est impuissante, la Politique est sans ressource, la Civilisation crie à T impossibilité.
Dans un siècle grossier où les civilisés, novices dans la tactique et la navigation, n'étaient point supérieurs aux barbares du temps, plus belliqueux que ceux de nos jours, vous sûtes rassembler et aventurer 500,000 hommes pour la ridi-