‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 73 sur 136 · ENVAHISSEMENT DU MEXIQUE PAR LES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ENVAHISSEMENT DU MEXIQUE PAR LES ÉTATS-UNIS

mander des lois pour que les Russes ne nous pillent point; quant à nous, nous n'avons pas besoin de lois. »

Philosophes qui prétendez leur porter la lumière, dites s*il n*3r a pas plus de sagesse dans chacune de leur phrase que dans vos plus gros volumes? Souvent vous n'êtes, au prix des sauvages , que des élres dépravés dans vos actions les plus honnêtes, témoin celle-ci. Une colonne d'émigrés anglais abordant en Amérique, crut faire un grand acte de sagesse en voulant acheter d'une horde le territoire qu'elle occupait, au lieu d'égorger, selon Tusagè, la horde pour s'établir à sa place. Ils proposent aux sauvages de brocanter et abandonner leur patrie, à quoi ceux-ci répondent : a Dirons nons aux ossements de nos pères, sortez de vos lombeaux et suivez-nous dans une terre étrangère?» En proposant à ces sauvages la cession mercenaire de ieur patrie, vous êtes sans doute louables en comparaison de ceux qui auraient égorgé la horde pour s'emparer du canton ; mais il n'est pas moins vrai que vous proposez l'action la plus odieuse, la plus déshonorante dont un?, nation en corps puisse se rendre coupable, vendre la patrie, l'abandonner à prix d'argent à des inconnus, sacrifier à des vues sordides les nobles sentiments qui unissent chez une peuplade l'aspect d'un séjour illustré par les combats et les tombeaux des ancêtres. Combien votre sagesse mercantile devient abjecte devant la belle réponse des sauvages, et combien vous êtes dans l'erreur en prenant pour vertu véritable la vertu négative ou l'absence des crimes que d'autres ont commis.

En résultat, votre politique avec les barbares et sauvages s'est bornée à ramper devant les premiers parce qu'ils peuvent résister, et à égorger les autres parce qu'ils sont sans défense.

Quel a été le fruit de tant de cruautés et de bassesses? l'Europe s'est épuisée dans des guerres et des colonisations pour ménager une proie à ses ennemis naturels, les Russes et les Américains du continent qui ne tarderaient pas à envahir rindostan et le Mexique, et qui tourneraient contre l'Europe des monceaux de richesses qu'elle a si maladroitement placées au loin, lorsqu'elle pouvait exploiter en Afrique des régions plus à sa portée et plus k couvert des invasions.

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