‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 77 sur 136 · M&THAIT DB HENRI IV · texte numérisé non relu

M&THAIT DB HENRI IV

lires de la morale aux prises avec eux-mômes, les r à la fois détracteurs et adulateurs des conquérants , ravalent dans quelques écrits, tandis que d'autre ( prônent et encensent toute action licencieuse de ce« sait gagner une bataille.

ippose que les beaux-esprits qui reprochent à Napo* isprit de conquête se trouvent rassemblés, et qu*ii me rmîs de soumettre à leur censure un personnage dont is le nom et que je dépeindrais comme il suit : protégé , leur diraije , a de brillantes qualités. Il a [ le talent de bien boire : c'est un solide buveur qui stement les flacons. — Fi donc ! s'écrierait Tassem^» rotre protégé est quelque goujat , quelque pilier de )I — Non, c'est un homme très digne de votre estime; ialent chéri d'Ânacréon, qui vante les buveurs intrélu milieu des pots. — Allez ! vous êtes indécent de devant une assemblée respectable un homme qui fait > des goûts de la populace. — N'importe, je prétends I faire admirer à titre de buveur ; d'ailleurs il a d'au* 9nts; il a celui de vert-galanly de commettre force adul- ; fornications , de s'approprier une jeune mariée , en partir le mari avant qu'il n'ait eu le temps d'habiter le. Si vous avez des femmes et des filles de son goût , les subornera et les affichera. Je pourrais citer encore up d'autres gentillesses, comme de divorcer, changer ;ion quand il y trouve son intérêt, etc. — Oh 1 quel t , c'est Bonaparte que vous voulez peindre 1 — Non , naparte n'avait pas le talent de bien boire; il était ;omme un trappiste. — Eh bien ! quelque soit votre \, c'est un infâme, et vous l'êtes vous-même pour oser un être dégoûtant par l'intempérance, l'adultère, le ) , l'apostasie et tous les genres de crapule. -— Tout beaux rigoristes, laissez-moi continuer sur les talents i protégé ; il en a encore un qui pourra vous radoucir, battre l*ennemi; il porte un panache blanc, il enseichemin de la victoire. Eh bien l persistez -vous à orer le brave Henri , qui a le triple talent de boire et re et d'être un vert-galant. — Oh ! oh ! ceci change la vous vous êtes fort mal expliqué ; vous auriez dû ncer par citer son héroïsme, que vous citez astucieuà la fin.— Il n'y a pas là d'astuce ; je vous ai annoncé

328 LÊGlTlllATION D*CN DE SES ENFANTS NATURELS.

en lui divers talents que j'ai décrits régulièrement Tun après l'autre. Les vrais talents tirent leur lustre d'eux-mêmes et non de l'ordre qu'on suit en les décrivant. Si un homme a le triple talent d'être bon géomètre , bon peintre , bon orateur, chacun de ces trois mérites sera applaudi séparément et sans Tappui d'aucun autre. Comment donc sur les trois de Henri s'en trouve-til deux qui, [ ] isolément,

font crier à Tinfamie, et qui deviennent des titres de gloire avec l'appui du troisième? Vous reconnaissez donc le pouvoir de l'attraction , qui veut que la victoire efface tous les torts du vainqueur, que les vices mêmes deviennent vertus dans les héros , et qu'on ne pèse pas un conquérant et un bourgeois dans la même balance (a).

— A la bonne heure, direz-vous, quand le héros a, comme Henri et Turenne, la noblesse, la générosité , l'élévation des sentiments, on oublie ses peccadilles. Mais un monstre, un homme atroce !...

Pauvres Français I rien de plus juste que votre indignation; mais songez que rien n'est plus vite oublié que le mal. Avant une génération, toutes les rancunes et diatribes contre Napoléon seront dans Toubli. Turenno incendia bien inutilement cent villes et villages dans la belle contrée du Palatinat; son nom y fut justement exécré pendant quelques années; se le rappelle-t-on aujourd'hui? Ainsi bientôt Topinion ne verra do Napoléon que les trophées d'Austerlitz et

(a) Voici , à propos de Henri IV, un document assez naïf .dans la forme : c'est l'acte de légUirualloii de son lils nalurcl César, duc de Vendôme; il est daté de janvier 1595, et enregistre au parlemen de Paris le 3 février suivant :

■ Henri , par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, » Nous csliraons pouvoir vérilablemcut dire avoir, autant qua nul de nos prédécesseurs, travaillé pour la conservation, le bien et le repos de cet ÉUit... ce qui nous a fait espérer que celle vertu et force sera héréditaire à tous les nùlrcs, el que tout ce qui proviendra de. nous naîtra cl croîtra avec celle même iiilenlion envers cet État. C'est pourquoi nous avons d'autant plus désiré d'avoir lignée et en laisser après nous en ce royaume. Et puisque Dieu n'a pas encore permis que nous en ayons en légitime mariage, nous avons voulu, en attendant qu'il nous veuille donner des enfants qui puissent légitimement succéder à celle couronne , chercher d'en avoir d'ailleurs en quelque liea digne et honorable , qui soient obligés

ÉPOPÉE NArOLÉONIE3iNE. 329

le Rivoli , que les monuments élevés par la main du héros, "épulés impossibles avant lui , les canaux de Saône et Rhin, rÈlbeetRhin, les travaux d'Anvers, Flessingue, Cherbourg, [uSimplon, de Paris; elle verra, en dépit des pamphlétaires, e cachet de la véritable grandeur militaire et administrative ]. Alors l'Épopée s'emparera de Napoléon; elle i^aura pas de peine à montrer le héros des héros dans celui lui a gagné plus de batailles que d'autres n'en ont lues; dans ielui qui , traversé par les éléments, les défections, les traûsons, n*a jamais été vaincu de franc-jeu à forces égales ; lans celui qui eut par-dessus les autres héros Téminent avanage d'avoir le premier aspiré à l'uni lé universelle. La postérité, qui sera arrivée au bienfait de l'unité et de la paix per- >étuelle, ne verra de vraie grandeur que dans celui qui a enté de les procurer au genre humain à quelque prix que :e fût. Elle qualifiera de fausse gloire les trophées des demiconquérants, les Henri IV et [les Louis XIV, les Frédéric et les Charles XII, qui , dans leur ambition partielle et limitée, ae tendaient qu'à perpétuer le carnage et la confusion sociale. Alors l'amabilité d'un demi- conquérant, ses talents de boire et d'être vert-galant, ne seront pas un titre suffisant à balancer le tort d'avorton politique, et le titre de grand sera exclusivement dévolu au seul homme qui ait osé embrasser 3t poursuivre la double tâche imposée au génie , celle de renverser un monopole mercantile qui spolie, asservit , dé»ioDore le globe, et celle de ramener le genre humain dans les

l'y seryfr, comme !1 8'en est va d'autres de celte qualité qui ont rès-blen mérité de cet Ëtat... Pour cette occasion , ayant reconnu es grandes grâces et perft*x;tions tant de i'esprit que du corps ^ qui te trouvent en la personne de notre très-chère et bien-aimée la lame Gal)riclle d'Estrée, nous l'avons depuis quelques années recherchée à cet effet... Ce que nous avons estimé pouvoir faire avec i'autant moins de scrupule, que nous savons que le mariage qu'elle avait auparavant contracté avec le sieur de Liancourt était nul et sans avoir eu aucun effet. -^ (C'était la condiUon du mariage de Gabriellc avec le duc de Lllmcourt.) —

» Et s'étant ladite dame , après nos longues poursuites , et ce ^e nous y avons apporté de notre autorité, condescendue à nous 3béiT et complaire, et ayant plu à Dieu nous donner en elle un fils... oous avons résolu en l'avouant et reconnaissant notre ûls naturel * Inl accorder et faire expédier des lettres de légitimation... •

330 LA MISÈRE TUE PLUS D'HOMMBS QUE LA GtIBEEE.

voies de la politique divine oa unité universelle. Bk ! qu^mportera que 8 millions d^hommes, dont moitié de Français, aient été victimes de cette tentative, puisqu'on Civilisation les neuf dixièmes de ces masses doivent tôt ou tard périr misérablement après avoir vécu et langui dans l'indigence? Doit-on craindre de les sacrifier quelques jours plus tôt pour atteindre au but marqué depuis 2,500 ans à Tunité sociale? Souvent une seule des calamités qu'engendre le cbaos social , ou état civilisé , barbare et sauvage , a moissonné le quart du genre humain. La peste du neuvième siècle emporta inutilement 200 millions d'âmes. Or, la peste, la guerre et la fomine ne sont qu'une partie des nombreux fléaux dont TUnité délivrerait le genre humain. En supposant que cette Unité eût dû coûter 200 millions d'hommes, Napoléon n'au-^ rait pas dû balancer à l'entreprendre , puisqu'une suite de misères attachées au chaos social peut moissooner inutilement pareil nombre de tètes. Mais qu'a-t-il sacriBé? 8 millions d'hommes tant amis qu'ennemis, c'est la centième partie du genre humain. Je demande à chacun de nous ce qu'il penserait d'un général qui , dans une affaire décisive d'où dépendrait le salut ou la ruine de TÉtat, n'oserait pas acheter une victoire par le sacriûce d'un centième de son armée, et laisserait entrer sans combat un Attila, un Grengis-Kan, de peur de perdre mille hommes sur une armée de cent mille hommes? Un tel général mériterait d'être dégradé et puni de mort. Napoléon aurait encouru la môme infamie si, entrevoyant la possibilité d'atteindre à TUnité, il neût marché au but sans considérations de sacrifices. — Fautes de détails , sed fond louable ; pas repos , pas endormi sur trône, cause d'unité manquée par guerre, fallait scienc. conq. composée. [Le manuscrit s'arrête ici.]

(Même date, 51 , cote supplémentaire.)

Conformément à mon titre, qui promet une critique, j'exposerai en balance le fort et le faible de la cause , afm que le lecteur puisse asseoir une opinion qu'il n'a pu établir régulièrement sur des diatribes, seul genre de pièces qu'on ait publiées jusqu'à présent dans cette aflairc. D'une part,

GftAXDâ CflEFS D^ACCUSATIOX CONTIIS NAPOLÉON. 334

j'élèverai contre Napoléon beaucoup d'accusations auxquelles OQ n'a pas songé ; d'autre part , je réfuterai beaucoup de reproches mal fondés qu'on lui adresse, el qui, je l'ai déjà dit, doivent être jugés sous le rapport politique et non sous le rapport moral. Car, après tout, un homme d'État doit mivre des principes et reconnaître des devoirs tout différents de ceux d'un simple citoyen.

Les chefs d'accusation seront au nombre de 42, dont 5 ^nds et 7 petits.

I M» Prédilection pour la France, qu'il aurait dû sacrifier au ressentiment des 3 régions d'occident : Allemagne , Italie , Bspagne, en formant de toutes 4 un seul empire où la France n'eût été qu'un simple confédéré nivelé avec les autres.

2« Engouement irréfléchi pour la ville de Paris. Il devait fa sacrifier à la haine de l'Europe , dont elle a englouti les iépouilles , et aux convenances de la France qu'elle pressure, avilit et gangrène par le mauvais esprit, les petitesses, la frivolité qu'elle inocule aux provinces. On devait la réduire en sous-capitale en créant en France 42 royaumes tributaires, avec autant de résidences royales ; Paris n'en larait été que primate et aurait cessé d'engloutir leurs tributs ; ils auraient été versés directement à la capitale d'ulion , qu'il eût convenu de bâtir sur le bord d'un des [ ] >t [ ) à une organisation de princes fédérés sous un

Primat. Dès-lors, au lieu de réunir à la France Amsterdam >t Hambourg, il devait au contraire réduire la France, lui ^ter la ridicule limite du Rhin , la [ | à la limite natu-

relle : Savoie , Pyrénées , Alpes , Jura , Vosges , Saarbourg, rholay. Trêves , Eupus , Maestrecht , Recken , versants TBx, etc. La France n'ayant pas d'esprit public eût été iniifférente à la perte du Rhin , qui , de franc-jeu , ne doit )as plus lui appartenir que l'Escaut à l'Allemagne. — Qui loit viser à empire d'occident pour pivot ne sait pas s'ar* ner d'indifférence nécessaire même à une politique méliocre.

3* Prévention aveugle pour sa famille, en faveur de qui il ormait des masses dangereuses, comme l'Espagne (|u'il eût allu paralyser par système fédératif de 9 à 40 rois, sous un ^rimat Cette opération, en mettant le comble aux vœux de 'Espagne, lui eût donné le moyen de réduire la masse l'Autriche, non moins dangereuse, qu'il fallait fondre en

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