‹ Publication industrielle des machines outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récentsChapitre 11 sur 189 · FAR · texte numérisé non relu

FAR

M. IIURIHASH, Constructeur à Paris.

( PLANCHE 2.) ~f*+H

Nous avons publié au commencement du k' volume de ce Recueil, la machine à cylindres construite par M. Hermann , pour la fabrication du chocolat, et nous avons fait voir les avantages de ce genre de machines sur celles a cônes , auiquelles elles sont bien préférées pour la plus grande quantité de produits qu'elles sont susceptibles de faire dans un temps donné, avec la môme force motrice. Nous nous sommes proposé de revenir sur cette fabrication et de faire connaître les machines de préparation qui y sont en usage et qui donnent les meilleurs résultats.

On a dû être étonné que, pendant longtemps, on n'ait pas employé pour concasser le sucre et le cacao d'autres appareils que des pilons à mouvement alternatif, soulevés par des cames et tombant verticalement dans des mortiers de fonte, et cependant de tels appareils présentent, comme tout le monde le sait, le grave Inconvénient de produire des secousses, des chocs qui disloquent et détruisent rapidement les différentes pièces des machines, et même souvent les bâtiments qui les renferment ; à Paris surtout et dans les grandes villes , ces chocs continuels sont extrêmement désagréables. On sait d'ailleurs que de tels appareils ne peuvent jamais fournir beaucoup de produits ; aussi est-on dans l'obligation d'en avoir un certain nombre, môme pour une fabrication de peu d'importance.

M. Hermann, qui s'occupe depuis un grand nombre d'années, et d'une manière spéciale, de tout ce qui a rapport à la fabrication du chocolat , à celle des couleurs, ou d'autres substances , a compris, des premiers, qu'il serait important de pouvoir remplacer ces machines à percussion, par d'au* très appareils qui produiraient le môme travail , eu agissant d'une manière continue par pression et par friction. Il n'a pas tardé à établir, à cet effet, un appareil fort simple qui , appliqué aujourd'hui dans plusieurs fabriques de premier ordre, donne les résultats les plus satisfaisants.

BRO YEUSE POUR LE CACAO, Fig. 3 *r 4.

Son système a quelque analogie avec celui que M. Moulfarioe, mécanicien à Paru , a proposé, il y a déjà bien des années , pour laver les cendres qui, provenant des ateliers de bijoutiers, de batteurs d'or, etc., doivent être travaillées pour en retirer les parcelles d'or qu'elles contiennent. Il consiste en deux meules ellipsoïdes en granit, montées libres sur un axe commun et recevant un mouvement de rotation continu , dans une auge circulaire également en granit, renfermée dans une cuvette cylindrique en fonte que l'on dispose pour être, au besoin , chauffée à la vapeur.

Telle est la machine représentée en plan (ûg. 3, pl. 2) , et en coupe verticale passant par l'axe (flg. k) , et que M. Hermann établit sur toutes dimensions, soit pour marcher à bras , soit pour marcher par un manège ou par un moteur.

L'auge circulaire fixe A , dans laquelle se mettent les substances à triturer ou à mélanger, est tirée d'une meule de granit qui, comme on le sait, est une pierre extrêmement dure et que l'on taille suivant une forme demicirculaire, afin que le sucre et le cacao tendent toujours à descendre sur le fond. Elle repose sur plusieurs tasseaux a venus de fonte avec l'enveloppe cylindrique B, qui ne sert pas seulement à la porter, mais encore à recevoir la vapeur que l'on y fait arriver d'un générateur par le tuyau à robinet b, afin d'échauffer la pierre et de maintenir ainsi l'appareil dans une certaine température qui est essentielle pour la fabrication spéciale du chocolat.

Déjà, dans les machines à pilons, on avait reconnu la nécessité, pour obtenir un bon travail, de chauffer la base des mortiers, soit en les posant sur des sortes de réchauds, soit plutôt en les enveloppant d'une chemise afln d'y faire circuler de la vapeur. Il en est de même des machines à cônes ou à cy lindres. On comprend que M. Hermann ait dû également chercher à chauffer son nouvel appareil, et à y appliquer plus particulièrement la vapeur, qui présente l'avantage de donner une température régulière, égale partout. Nous pensons que l'on pourrait également chauffer avec une circulation d'eau chaude, qui offrirait encore plus de régularité.

Par la disposition de son enveloppe B, la meule est chauffée, non-seulement en dessous, mais encore surtout son pourtour cylindrique, parce que la vapeur peut circuler partout : elle ne trouve pas d'autre issue que celle déterminée par le petit tuyau e, qui doit être aussi muni d'uu robinet.

Dans des machines d'une certaine puissance comme celle que nous avons dessinée , et qui doivent nécessairement marcher par un cheval ou par un moteur hydraulique ou à vapeur, le système doit être assis solidement sur un massif en maçonnerie C, et relié par des boulons d, ou sur de fortes pièces de charpente. Les petits appareils , marchant à bras , peuvent être portés sur de simples bâtis en bois ou en fonte, qui permettent de les transporter aisément tout montés.

L'auge et son enveloppe sont surmontées d'une cloche cylindrique I>, en tôle, ou mieux en fonte qui , d'une part, sert à augmenter la capacité de la première, et de l'autre à fermer hermétiquement le dessus de la seconde, avec laquelle elle est boulonnée , pour que la vapeur ne puisse trouver d'issue par ce joint. Au besoin, on recouvre cette cloche pendant le travail, d'une toile libre que l'on peut enlever aisément, pour retirer les matières et en remettre de nouvelles.

Au centre de l'auge est rapportée une crapaudine en fonte e , qui renferme à l'intérieur un grain d'acier sur lequel tourne le pivot de l'arbre vertical E, qui porte une double branche horizontale en fer forgé F, sur laquelle sont adaptées les meules ellipsoïdes G. Cet arbre se prolonge notablement au-dessus de la cloche, pour que la roue d'angle H, par laquelle il reçoit «on mouvement de rotation continu, ne puisse gêner le travail ni causer d'accident; immédiatemeut au-dessous de cet engrenage est un support garni de coussinets qui s'adapte habituellement à une charpente ou contre un mur, avec celui qui porte le palier de l'arbre de couche de commande I.

La traverse horizontale F est forgée à son centre de manière à présenter une section elliptique extérieurement et rectangulaire intérieurement; l'arbre vertical lui-même est renflé dans la partie qui doit la recevoir, pour l'entraîner dans sa rotation, sans le secours de clés ou de clavettes, tout en lui donnant la liberté de monter ou de descendre , suivant que les meules G se soulèvent ou se baissent par la plus ou moins grande quantité de matières qui sont soumises à leur action. Ces meules sont aussi en granit, taillées en forme d'ellipsoïdes de révolution ou de sphères aplaties; elles sont ajustées sur les parties tournées des deux branches de la traverse, comme des boîtes de roues de voitures sur les fusées de leur essieu; à cet effet, elles sont percées à leur centre d'un trou assez grand pour recevoir chacune une douille en fonte/, qui s'y trouve scellée avec du plâtre , et alésée pour recevoir la fusée cylindrique, autour de laquelle la meule doit tourner librement. Le constructeur a eu le soin d évider une partie de cette fusée, afin de laisser un espace libre propre à y loger l'huile qui doit servir à la graisser pendant un temps, pour ne pas avoir à la renouveler souvent. Un écrou relient la meule à l'extrémité de la branche en la faisant appuyer contre son embase , mais sans la serrer assez fortement pour ne pas l'empêcher de tourner sur elle-même, quand elle marche dans l'auge, entraînée par la rotation de l'axe vertical. Des petites ràclcttes en acier très-minces g, sont contournées suivant la forme même des meules qu'elles entourent, pour enlever constamment sur toute la surface extérieure de celles-ci les matières pulvérisées qui pourraient y adhérer ; elles sont pincées entre les embases des deux branches de la traverse, et les écrous qui retiennent les meules, et par conséquent elles suivent constamment la marche circulaire de celles-ci sans être entraînées dans les révolutions qu'elles font sur ellesmêmes.

PniLlCATION INDUSTRIELLE.

M. Ilermann a également disposé des couteaux ou râcloirs J et J' qui descendent dans l'intérieur de l'auge, en suivant le contour de celle-ci, afin de ramasser sans cesse la matière et la faire passer sous les meules, tout en la faisant retourner sur elle-même. Ces couteaux sont aussi en acier mince, coutournés en surface gauche, et boulonnés à un bras recourbé K en fer, qui se relie par une bride et deux boulons à l'arbre vertical, afin de tourner comme lui, et de suivre le trajet des meules.

De cette sorte on n'a, pour ainsi dire, pas à s'occuper de la machine, lorsqu'elle travaille ; il suffit de verser dsns l'auge la quantité de cacao et de sucre que l'on veut broyer et mélanger ensemble , l'opération s'effectue d'elle-même, l'ouvrier peut s'occuper d'autre chose, et par conséquent entretenir plusieurs appareils à la fois.

Saos doute on a compris que ces meules ou rouleaux ellipsoïdes, ayant deux mouvements , l'un de translation , suivant la circonférence intérieure de l'auge, l'autre de rotation sur elles-mêmes, écrasent et froissent en même temps les substances qui sont soumises à leur action , et comme celles-ci changent constamment de place , elles sont nécessairement mélangées et triturées tout à la fois.

Depuis le peu de temps que cette machine est connue , M. Hermann a été appelé à en établir un grand nombre, afin de remplacer les pilons qui, désormais, sont entièrement supprimés dans la fabrication du chocolat.

MACHINE A TRITURER PRINCIPALEMENT LES SUBSTANCES PHARMACEUTIQUES. FlG. 5 A 7, pl. 2.

Toutes les matières ne sont pas propres à être triturées ou pulvérisées par les mêmes machines; celles qui sont dures et sèches, comme les os, par exemple, destinés à la fabrication du noir, ne peuvent pas être broyées avec des appareils semblables a celles qui sont tendres et grasses ; telle substance, soumise à un genre d'instrument, l'engorgera facilement, et ne permettra pas d'obtenir beaucoup de produits dans un temps donné , tandis que telle autre se réduira avec une grande rapidité et avec économie. Nous avons déjà donné les dessins de plusieurs outils propres à broyer diverses matières (1) , nous les compléterons autant qu'il dépendra de nous, à mesure qu'il s'en présentera de nouveaux, susceptibles de rendre de bons services, en faisant voir les applications spéciales que l'on en fait dans l'industrie, pour en obtenir les meilleurs résultats.

La petite machine que nous donnons en coupe verticale et en plan sur les fig. 5 et 6, pl. 2% est remarquable par sa disposition, par sa marche, et par les bons résultats qu'elle procure. Destinée à remplacer le mortier et le pilon que le droguiste et le pharmacien emploient pour triturer les substances qu'ils sont appelés à livrer en poudre plus ou moins fine, quelque-

(■) lappelona la machine deMM. Barriite et Bouret , publiée dan* le V roi., et celle de M. Cjmbr»r, pu»» celle de M Béreiidorf, donnée» dan» le 3' vol.

fois impalpable, elle se compose aussi de pilons et de mortiers , mais disposés d'une manière différente : chaque pilon reçoit un mouvement circulaire, au lieu de recevoir un mouvement alternatif de montée et de descente; il glisse en se promenant horizontalement et agit sur la matière avec une certaine pression, au lieu de tomber verticalement et d'agir par chocs, par percussion. Pour de certains produits comme ceux que l'on est parfois appelé à employer dans la pharmacie, il importe de ne pas trop agir avec percussion , afin de ne pas échauffer, de ne pas fatiguer la matière , il est préférable de la comprimer, de la broyer en frottant plus ou moins fortement, et d'ailleurs on peut produire, par cette disposition, sensiblement plus de travail que par le pilon et le mortier ordinaires; surtout si, comme dans la machine actuelle , on a le soin d'en disposer un certain nombre autour d'un môme arbre vertical, que l'on peut aisément foire marcher par une manivelle.

Nous devons également à l'obligeance de M. Hermann la communication de cet appareil , qui nous a paru appelé à rendre des services dans diverses circonstances.

La partie inférieure est une sorte de coffre A ou de meuble octogonal en bois, surmonté d'une table de marbre B, dans laquelle sont pratiquées quatre ouvertures coniques, & égale distance du centre, pour y loger quatre augets ou mortiers circulaires C , qui paraissent avoir de l'analogie avec l'auge en granit de la machine à broyer représentée fig. 3 et 4 ; seulement, ils sont proportionnellement d'une dimension beaucoup plus petite , et au lieu d'y faire promener des galets ou meules mobiles, ce sont des pilons qui glissent en suivant la forme annulaire de l'auge. Ces mortiers sont également en marbre, taillés au tour et polis avec soin.

A leur centre est rapportée une crapaudine a qui reçoit le pivot des arbres D , auxquels sont attachés les pilons ; ceux-ci sont composés de plusieurs parties (Ûg. 7), savoir : 1° d'une première pièce inférieure E , qui est celle que l'on fait agir, et qui est le pilon proprement dit ; 2° une tige verticale F, à laquelle il est tenu par une clavette qui lui sert de manche , et enfin 3° d'une branche horizontale en fer G ajustée sur l'axe, et dans la douille de laquelle passe la tige, surmontée d'un ressort à boudin b. A l'aide de la vis de pression c, on maintient tout le pilon sur son axe, à la hauteur convenable au-dessus du fond du mortier, suivant la quantité de matière que l'on veut soumettre à la fois à son action. Le ressort a pour objet d'augmenter le poids propre du pilon , en le forçant à s'appuyer plus fortement dans l'auge , comme s'il était chargé d'un poids.

On comprend sans peine, par cette disposition, que si l'on imprime un mouvement de rotation à l'arbre central H, comme celui-ci porte a son sommet une roue horizontale I , qui engrène & la fois avec les quatre pignons d, rapportés à la partie supérieure des axes D, ce mouvement se transmet naturellement avec une vitesse trois fois et demie plus grande à ces axes et par suite aux bras des pilons. Ces derniers sont donc forcés de

tourner, en suivant la forme circulaire intérieure de leurs anges, et écrasent au fur et à mesure les matières contenues dans celles-ci avec d'autant plus d'énergie qu'ils sont plus chargés, et avec d'autant plus d'activité qu'ils tournent plus rapidement.

L'arbre vertical H est commandé par une paire de roues d'angle J, logées dans la caisse de l'appareil, et par l'arbre horizontal K, qui se prolonge au dehors de celle-ci, pour recevoir une manivelle L qu'un homme, souvent môme un enfant , peut faire mouvoir sans grande fatigue. La vitesse moyenne qu'il imprime habituellement à la manivelle peut être de 30 à 32 tours par minute ; par conséquent la vitesse de l'arbre central étant la même, puisque les deui roues d'angle sont de même diamètre, les axes des pilons doivent faire dans le môme temps 105 à 112 révolutions. Or, le rayon moyen des bras de chaque pilon est do 0m052, par conséquent la circonférence moyenne qu'ils décrivent est de

L'espace qu'ils parcourent par minute dans leurs auges est donc de

à0m327 xH2 = 36-62.

Soit 0«57 à 0" 00 par seconde.

On comprend que puisqu'il n'y a pas d'interruption dans le mouvement, on doit faire plus de travail dans un temps donné, avec une telle machine, que par des pilons à mouvement rectiligne vertical, agissant par chocs.

L'arbre central pivote dans sa partie inférieure dans une crapaudine ajustée au milieu de la traverse de fonte M, qui porte en même temps les coussinets de l'arbre de commande , et qui est boulonnée aux côtés intérieurs de la caisse. Un volant horizontal N, en fonte, est rapporté au-dessus pour régulariser le mouvement de rotation de l'appareil.

De petites colonncttes en fer tourné et poli 0 traversant l'épaisseur de la table de marbre, s'élèvent au-dessus de celle-ci, pour recevoir le chapiteau en fonte tourné P, qui, tout en servant d'ornement a la machine, est employé en même temps à porter les collets «, <f de l'arbre vertical et des axes des pilons; une cloche hémisphérique Q, en cuivre mince et poli, recouvre tout le système, de manière à ne laisser apercevoir ni engrenages ni coussinets h l'extérieur; celte cloche, qui est légère, peut d'ailleurs s'enlever aisément à la main par l'anneau adapté à son centre.

Comme nous l'avons dit, cette machine, ainsi que la précédente (1) sont susceptibles de recevoir dans l'industrie bien des applications pour une foule de substances ou de matières différentes que l'on a à pulvériser, à

(<) M. Hennann l'csl fait breveter en France pour la disposition et l'application de cet deui

réduire en pâte ou en poudre plus ou moins impalpable, ou à mélanger ; elles seront préférées, dans bien des cas, nous en sommes persuadé, aux machines à percussion , qui sont très-désagréables par le bruit qu'elles occasionnent, et qui souvent ne peuvent faire autant et d'aussi beaux produits que les appareils à friction.

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