PUBLICATION I N DOST R I BLI.B
il se distribue dans les conduits de chaque paire de meules; écrasé bientôt par celles-ci, la mouture qui en résulte, composée de farines, de sons et de résidus, tombe d'abord dans un récipient qui la conduit par une vis sans fin à une chaîne à godets, au moyen de laquelle elle est élevée jusqu'au dernier étage de l'usine, afin de retomber dans une chambre où un ramasseur la remue lentement pour la refroidir et la projeter par petites quantités dans des bluteries qui en séparent les farines des sons et recoupettes; les premières sont reçues dans une chambre spéciale dite ô mélange, d'où on peut aisément la mettre en sac, ce qui se fait encore par un mécanisme très-simple auquel on a donné le nom de poche anglaise. Les sons et les gruaux sont blutés à part et reçus daus des cases spéciales ou dans des sacs.
On voit donc, d'après ce simple exposé, que tout le travail des ouvriers employés dans un tel moulin consiste, d'une part, à recevoir le blé, à lo jeter dans la trémie, et de l'autre, à mélanger les farines, à les mettre en sacs, puis à reprendre les gruaux et les sons. Ce sont des hommes de peine qui font ce travail, des rhabilleurs s'occupent spécialement des meules, et un contre-maître ou garde-moulin qui est lui-même rhabilleur, vérifie constamment la mouture et a le soin de veiller à ce que toutes les opéra lions s'exécutent ponctuellement et que toutes les machines et les transmissions de mouvement soient en bon état.
Des nettoyages. — Les appareils destinés au nettoyage des blés, dans les moulins à l'anglaise, sont d'une grande importance; aussi les meuniers les plus habiles ont-ils porté toute leur attention de ce coté, et on n'est pas surpris aujourd'hui de voir , dans telle usine , des systèmes plus complets que dans d'autres, à égal nombre de meules.
Pour un moulin de 3 à k paires de meules, on se contente habituellement d'un tarare vertical F, d'un émotteur G et d'un cylindre cribleur H, tels que ceux que nous avons publiés dans la 3* livraison de notre Iar volume. On a le soin de disposer ces appareils de manière qu'ils communiquent directement de l'un à l'autre. Ainsi, l'émotteur G est placé au-dessus du cylindre vertical F, et celui-ci déverse dans le cylindre diviseur 11 tout le grain qu'il a nettoyé.
En examinant les dessins , on voit sans peine que le blé versé dans la grande trémie en bois J, tombe dans la pat lie inférieure de la chaîne à godets I, qui s'élève successivement jusqu'au-dessus de l'entrée du cylindre émotteur ; ce cylindre formé, comme on sait, d'une feuille de tôle ou de cuivre percée de trous longs et ronds un peu plus grands que le grain , donne sortie à celui-ci au fur et à mesure qu'il tourne, et son enveloppe en tôle pleine, qui le reçoit, le projette entre le tambour et la chemise du tarare, pendant qu'il conduit les pierres, les pailles et les mottes qu'il a enlevées , au dehors de l'appareil.
On a vu que le cylindre vertical est garni de tôles piquées, dont les aspérités très- vives frottent le grain en tout sens, à mesure qu'il descend à sa partie inférieure, et en dégagent par suite toute la poussière.
La trémie J est ordinairement d'une grande capacité, afin de pouvoir contenir assez de blé pour l'alimentation du moulin, pendant une demijournée au moins; ainsi, si on est susceptible de moudre 70 à 80 hectolitres par 24 heures, il est prudent de faire une trémie qui puisse en contenir 35 n 40 hectolitres , pour que les hommes ne soient pas obligés de renouveler trop souvent. L'emplacement de la trémie n'est pas toujours bien déterminé, tantôt on la met à un étage et tantôt à un autre ; nous engageons à la placer le plus possible dans le dernier étage après le comble du bâtiment , car c'est le plus ordinairement dans cette partie que l'on apporte le blé, à l'aide du monte-sac K, et on peut le verser directement sur le bord de la trémie, qui est faite justement de manière à désafleurer le dernier plancher de 2 à 3 décimètres, comme le montre la coupe fig. 6. Par celte disposition, les hommes ont une grande facilité a renverser les sacs et à remplir la trémie, et l'élévateur I n'a qu'un étage et demi à traverser pour monter le blé de sa partie inférieure au sommet du nettoyage.
Il importe beaucoup de faire en sorte que ces appareils soient le plus isolés possible de tout le reste de l'usine, et de les entourer de cloisons bien fermées pour éviter que la poussière ne se répande dans le bâtiment , ce qui serait évidemment très-pernicieux pour les farines. On s'arrange aussi pour qu'elle se dégage aisément au dehors de l'établissement en laissant, à cet effet, des ouvertures convenables pour produire un courant d'air continuel.
Pour que l'alimentation de l'élévateur se fasse bien régulièrement , on dispose ordinairement au bas de la trémie à blé un auget distributeur marchant par une came & plusieurs dents, ou bien une sorte de vis sans fin trèscourte, mais d'un grand pas , qui, à chaque tour, reçoit et livre une petite quantité de blé aux godets de la chaîne.
Il y a des moulins dans lesquels les nettoyages sont doubles, et alors le blé passe dans un second tarare, après avoir déjà subi l'action énergique d'un premier. Lorsque la minoterie est importante, qu'elle comprend 6 à H paires de meules, on applique souvent deux doubles systèmes semblables, par conséquent 4 tarares ou cylindres verticaux , communiquant deux par deux; c'est ce qui a lieu aux moulins à vapeur de MM. Vachon et de M. firondes, à Lyon, aux moulins à eau de Plombières prés Dijon, et dans d'autres usines.
Dans tous les cas, au-dessus de 4 paires de meules, nous regardons comme très-utile d'employer deux appareils de nettoyage , indépendante l'un de l'autre , et munis chacun de leurs émotteurs et de leurs cylindres cribleurs ou diviseurs. Comme ils ne fonctionnent généralement pas constamment, il est essentiel évidemment qu'ils puissent débiter plus vite que les meules; c'est pourquoi aussi on met une seconde trémie K dans l'étage qui se trouve immédiatement au-dessus des meules a6n de recevoir tout le blé nettoyé; cette trémie sert comme la première de réservoir, pour suffire à l'alimentation aussi bien pendant l'interruption que pendant
l'activité des nettoyages; elle doit donc être faite également d'une grande capacité.
Ces trémies se font habituellement sur place et en sapin , sur des montants et des traverses en chêne ; leur partie inférieure doit toujours être en forme de tronc de pyramide à base renversée , pour diriger le blé vers une seule ouverture.
Quand on tient a comprimer les blés, avant de les soumettre à l'action des meules, ce qui est nécessaire lorsqu'on est susceptible de moudre des blés durs ou mélangés de pierres, on fait usage d'un comprimeur a cylindres L, semblable A celui dont nous avons donné le dessin et la description à la fin de notre III* vol. Dans ce cas, on doit faire en sorte que le nettoyage soit assez élevé pour que le cylindre diviseur puisse verser le blé directement dans la petite trémie qui surmonte ce comprimeur ; la trémie K qui se trouve au-dessous reçoit alors du blé concassé, et qui est dégagé de ses petites pierres. Cet appareil, dans les dimensions convenables, peut suffire à un moulin de 6 à 8 paires de meules et plus.
On mouille aussi quelquefois les blés trop secs à l'aide d'un Cylindre en tôle ou en zinc, renfermant à l'intérieur des palettes disposées en forme de vis; en imprimant un mouvement de rotation à ce cylindre, le blé qu'on y fait entrer par un bout est bientôt conduit à l'autre eitrémité par l'effet des palettes, et en même temps il est humecté par un léger filet d'eau qu'on y fait tomber goutte à goutte. Cette opération qui est très-simple se fait à la suite du nettoyage, après que le blé a passé au cylindre diviseur.
Ce n'est pas ici le lieu de parler de tous les systèmes d'appareils proposés et mis à exécution pour le nettoyage des blés , surtout après avoir décrit avec détails, dans le tome Ire, celui qui est le plus universellement répandu; nous croyons cependant devoir dire un mot de ce qui peut être regardé comme complément de cette opération si essentielle dans laquelle on ne saurait trop apporter d'attention.
Après avoir passé le blé dans un tarare vertical comme relui que nous avons indiqué, il y a des meuniers qui le soumettent à l'action énergique d'une brosse circulaire tournant sur une table en tôle piquée ; cet appareil appelé ramonerie, a été adopté dans un grand nombre d'établissements; cependant, comme les brosses s'usent assez rapidement, des meuniers lui préfèrent un second tarare à tambour vertical, ou bien un nettoyeur formé de plusieurs cylindres horizontaux et parallèles, superposés les uns aux autres; ces cylindres garnis, comme le tambour de tôle crevée, sont aussi entourés d'une chemise également en tôle et laissent' entre eux et celle-ci un espace entre lequel le blé est forcé de passer. Ce système est moins énergique que le tarare vertical et prend plus de force, mais il peut convenir pour compléter le nettoyage.
Quelques meuniers ont essayé de faire circuler le blé rapidement dans des cribles très-inclinés en tôle piquée ; mais cette disposition n'est pas toujours applicable , et d'ailleurs elle ne nous paraît pas avantageuse en ce que
pour être un peu efficace, il faut que les cribles soient très-multipliés, et par suite, occupent toute la hauteur du bâtiment, ce qui eiige de remonter ensuite les blés dans la trémie J.
M. Christian vient de proposer un système que nous voudrions voir appliqué prochainement, et qui consiste à chasser successivement le grain, à l'aide d'un ventilateur énergique, dans une suite de conduites en tôle piquée ; en parcourant ainsi un long trajet , et avec une certaine rapidité , le blé se trouve nécessairement froissé par les aspérités des tôles qu'il rencontre dans tous les sens, et doit, par conséquent, être bien nettoyé.
Nous avons fait connaître, dans le V* volume, le trieur mécanique de MM. Vachon , que nous regardons comme un appareil extrêmement important et tout à fait indispensable dans les minoteries, comme dans l'agriculture. Déjà employé dans plusieurs usines connues, cet appareil complète évidemment le nettoyage en effectuant une opération très-délicate, et qui avait été regardée jusque-là comme impraticable. Nous avons voulu l'indiquer en M sur les fig. 2 et 6, pour en faire voir approximativement la place dans l'établissement. On se rappelle que cet appareil sépare du bon grain toutes les graines de même grosseur (lui ont passé à travers les nettoyages précédents. Pour le rendre aussi complet que possible ot le faire servir dans le cas même où le blé ne serait pas soumis au tarare et au cylindre cribleurs, les auteurs y ont appliqué un ventilateur /, un émolteur à surface plane m, et de plus un crible ou diviseur n également plan.
Nous espérons revenir encore sur cet ingénieux instrument et faire connaître les nouvelles dispositions que lui donnent en ce moment les inventeurs, soit afin de simplifier sa construction, soit pour le mettre à même de s'appliquer avec autant de succès à la meunerie et à l'agriculture.
/l'out le mouvement des appareils est combiné de telle sorte qu'en arrêtant une poulie principale, le reste est aussi arrêté instantanément. Ainsi l'axe du tarare vertical qui est commandé par la grande poulie k placée sur le grand arbre de couche p, transmet son mouvement, comme on l'a vu, au cylindre cribleur d'une part, et à l'émotteur de l'autre; celui-ci commande à son tour l'élévateur à blé, par conséquent lorsqu'on interrompt la marche du tarare on arrête en même temps les autres appareils qui en dépendent. Il en est de même du trieur- Vachon, qui est aussi commandé par un arbre de couche g mis en communication avec celui p.
Des BLirrAGBS. — Toute la mouture produite par les meules est ramenée, comme nous l'avons dit, dans une chaîne à godets 0, qui sert à l'élever jusqu'à la partie la plus haute du bâtiment; on sait que cette chaîne, comme celle qui monte le blé, est simplement formée d'un cuir sans fin d'une largeur de 8 à 15 centimètres , suivant l'importance de l'usine, et garni de distance en distance de petits augets ou godets en fer-blanc ou en cuir : cette courroie sans fin passe sur deux poulies à axe horirontal r situées aux deux extrémités de la chaîne, qui habituellement est commandée par
le haut et renfermée sur toute sa hauteur dans une boite en bois mince à laquelle on fait prendre la direction même que la courroie doit suivre , direction qui est plus souvent inclinée que verticale, ce qui convient mieux au reste pour la vidange des godets.
Ceux-ci, au fur et à mesure qu'ils arrivent au sommet de la chaîne, déversent la mouture dans le conduit t, et de là dans la chambre circulaire P, appelée chambre de râteau , dans laquelle marche constamment et avec lenteur un ramasseur / , formé d'une forte traverse en bois portant des palettes obliques qui ont pour objet d'étendre la mouture d'une manière régulière, à mesure qu'elle y arrive, sur toute la superficie de la chambre. Dans cette opération , elles la font marcher lentement et la remuent sans cesse ; on comprend alors que cette mouture , qui est sortie chaude des meules, se refroidit peu à peu et devient bientôt propre à être blutée.
Ce râteau ou ramasseur est suspendu par des cordes à une traverse en bois w, nommée palonnier, et Gxée a la partie supérieure de l'axe vertical qui lui imprime son mouvement de rotation ; cette suspension est telle que le râteau reste constamment comme surnageant à la surface de la boulange, qui s'accumule de plus en plus dans la chambre, lorsqu'on ne blute pas ; il en résulte que 1 on peut ainsi laisser amasser une certaine quantité de boulange sur lmà lm50 de hauteur.
Quel que soit le nombre de paires de meules qui composent une minoterie, on ne change pas sensiblement la vitesse des chaînes à godets ou des râteaux ; ce ne sont que les dimensions dans un sens, ainsi on varie la largeur de la courroie et des godets dans la chaîne, et on augmente ou on diminue le diamètre de la chambre ou la longueur du râteau pour le refroidisseur.
La vitesse moyenne adoptée généralement pour les élévateurs à blé ou à boulange est de 0a 50, soit un demi-mètre par seconde. A cet effet, les poulies sur lesquelles passent les courroies porte-godets , ont habituellement 33 à 35 centimètres de diamètre, et font 28 à 30 révolutions par minute ; on s'arrange donc, dans la combinaison des mouvements, à leur transmettre cette vitesse, qui parait convenable en ce qu'elle n'exige pas de faire des chaînes trop lourdes ou des godets trop multipliés, et qu'elle ne produit pas trop d'évaporation.
On a vu que l'élévateur à blé est commandé par l'émotteur ; mais l'élévateur à boulange prend son mouvement directement de l'arbre de couche p, par une très-petite poulie v et une autre 2 l/2à 3 fois plus grande p', montée sur l'axe supérieur de la chaîne.
Les godets sont espacés de 32 à 35 cent, et quelquefois de 40 ceut. ; leur largeur dans le sens de la courroie pour un moulin de k paires de meules est environ de 10 cent., mais dans l'autre sens ils n'ont pas plus de 5 cent, en moyenne, et leur profondeur varie de 7 à 9 cent., de sorte que leur capacité est de 3 à h dixièmes de litre au plus ; avec la vitesse de 1/2 mètre par 1", cette capacité est évidemment plus grande qu'il n'est nécessaire.
En effet, nous avons vu que le travail minimum d'une paire de meules est de 15 hectolitres ou 1,200 kil. de blé moulu par 24 heures,
Soit par conséquent 2fcx00x00=°k 01* par seconde et par suite celui de 4 paires de meules de :
0k OH X 4=0" 056 ou 56 grammes par 1" ,
ce qui correspond à 7 ou 8 centièmes de litre de mouture, quantité qui est à peine le quart de la capacité de chaque godet , et comme il se présente plus d'un godet par seconde pour recevoir cette mouture au bas de l'élévateur, on voit que la quantité de boulange peut toujours être élevée sans difficulté et sans crainte de perte, lors même qu'elle augmenterait de moitié, c'est-à-dire, lorsqu'au lieu d'être de 7 à 8 centièmes de litre, elle serait de 12 à 13 centièmes, ou le plus grand produit des 4 paires de meules, puisque alors cette quantité ne correspond encore qu'au tiers environ de la capacité des godets.
Pour l'élévateur à blé, auquel on donne habituellement les mêmes dimensions, les godets sont toujours proportionnellement plus pleins, parce qu'il ne fond ion ne que lorsque les appareils de nettoyage sont eux-mêmes en activité; par conséquent s'il ne marche que 12 heures sur 24, il faut qu'ils fournissent nécessairement le double de ce que les meules peuvent faire. Si donc celles-ci broyent ensemble 75 à 80 grammes de blé par seconde au lieu de 56 grammes au minimum, il faudra que l'élévateur fournisse au moins 150 à 160 grammes, ou environ 18 à 20 centièmes de litre dans le même temps, soit à très-peu près la moitié de la capacité des godets ; et comme la vitesse de ceux-ci est plus grande que leur écartement, il en résulte qu ils ne sont jamais remplis au delà de la moitié.
On voit donc que suivant ces données on se trouve véritablement dans .de bonnes conditions pour ne pas avoir des élévateurs trop lourds, trop chargés, et des vitesses trop considérables. Puisque ces dimensions conviennent pour un moulin de 4 paires de meules , il suffira d'augmenter la largeur de la courroie et des godets de 4 à 5 centimètres , en conservant toutes les autres proportions, pour un moulin de 6 paires de meules. Lorsque la minoterie est plus importante , qu'elle est de 8 ou 10 paires de meules, si toutes travaillent, ce qui est très-rare, et doivent fournir au même élévateur, on n'augmente plus alors en proportion la largeur du cuir, mais bien toutes les dimensions des godets, sans changer ta vitesse.
La vitesse des râteaux ne dépasse généralement pas 4 révolutions par minute, mais on leur donne depuis 1"80 jusqu'à 2" 50 ou 2m60 de longueur, suivant le nombre de paires de meules qui doivent les alimenter, par conséquent le volume de boulange contenue dans les chambres, en admettant qu'elles soient remplies jusqu'à 1B20 de hauteur, est de 2 à 3 mètres cubes ou de 2 à 3 mille litres ; or, d'après ce qui précède, la
quantité de mouture produite par k paires de meules , pouvant être de 6,000 litres par 24 heures au minimum , et de 9,000 litres environ au maximum , on trouve que dans le premier cas avec le volume de 2'" cubes, correspondant à la petite dimension , on pourra accumuler de la boulange dans la chambre du ramasseur pendant sept à huit heures, sans faire marcher les bluteries, et que pour arriver au même résultat, dans le cas où le travail est moitié plus grand, il serait convenable d'adopter un râteau de 2*50 à 2m60. Comme il est souvent utile de rester ainsi plusieurs heures consécutives sans bluter, on comprend qu'il importe de ne pas faire des chambres trop petites et qu'il serait préférable d'eu mettre deux dans certains cas au lieu d'une seule.
L'axe vertical du râteau se prolonge jusqu'au-dessus de la chambre pour porter une roue d'angle x qui engrène avec un très-petit pignon monté sur un axe horizontal x' dont l'autre bout est armé d'une grande poulie y commandée par une autre 2 à 3 fois plus petite rapportée sur le grand arbre de couche/;. Il est évident que les rapports entre les diamètres de ces engrenages et de ces poulies , doivent être combinés de manière à donner la vitesse convenable au ramasseur.
Les chambres de refroidisseur se font assez généralement en planches de sapin retenues de distance en distance par des poteaux en chêne et des traverses, avec une porte latérale pour y pénétrer. Elles peuvent ne pas être couvertes par le haut. Pour simplifier leur construction et en même temps pour permettre à l'air d'y pénétrer, sans laisser sortir de folle farine, M. Cartier les a souvent fermées avec des toiles seulement , à partir de 1 m 20 à 1-50 au-dessus du sol; ainsi tout le bas est en planches et tout le haut en toile grise et peu serrée.
A l'étage qui se trouve immédiatement au-dessous de la chambre à râteau, sont placées les bluteries à boulange R, qui doivent être surmontées chacune d'un auget s et d'une petite trémie s', mise en communication avec l'ouverture pratiquée dans l'épaisseur du plancher de la chambre. Chaque trémie est munie d'un registre que l'on règle à la main pour la quantité de boulange qui doit tomber dans les augets. Le fond de ceux-ci est fait partie en bois et partie en toile métallique à larges mailles , qui ne laisse passer que la mouture non agglomérée, laquelle descend par un conduit dans la tête de la bluterie ; mais les boules ou les mottes sont projetées au dehors; elles gêneraient l'opération du blutage et fatigueraient les soies inutilement.
Ces augets sont agités rapidement, à l'aide d'une came à plusieurs dents montées sur un axe a', qui prend son mouvement sur l'arbre de commande des bluteries , un ressort en bois les ramène constamment dans leur position primitive ; mais comme les oscillations sont saccadées et occasionnent un bruit assez désagréable , on a proposé de les remplacer par une sorte d'engrencur qui a beaucoup d'analogie avec le distributeur de blé ( tome l,r ) , placé au-dessus des meules et appelé engreneur-Conti.
Chaque bluterie proprement dite se compose d'an cylindre, on mienx , d'an prisme à 6 ou à 8 pans que l'on forme au moyen de longues tringles en bois de peu d'épaisseur, réunies de distance en distance par des rayons implantés sur un arbre en sapin , armé de chaque bout de tourillons en fer. On garnit cette espèce de carcasse d'une soie extrêmement fine et serrée, correspondant à la qualité des farines que l'on veut obtenir, et pour lesquelles on a eu le soin préalablement de régler les meules. Dans les moulins des environs de Paris qui travaillent pour le commerce, et qui, comme on le sait, font des qualités supérieures en produits, les farines premières sont extraites par des soies des numéros HO à 160; quelquefois on y introduit, à la tête, des numéros moins élevés, des 120 h 130 (1). Ces soies doivent êlre tendues très-fortement sur les tringles, et fixées par des cordons soit avec des clous, soit avec des œillets ; ce dernier mode est préférable , parce qu'il est plus facile de les monter et de les démonter on de les retendre lorsqu'il est nécessaire.
En imprimant seulement un mouvement de rotation à ces cylindres ou à ces prismes , la farine ne passerait pas à travers les interstices de leurs tissus, si on n'avait pas le soin de produire des vibrations continuelles, soit au moyen de petits taquets ou manchons mobiles en bois, ajustés libres sur une partie des rayons, de manière à venir frapper successivement sur l'arbre et à l'intérieur sur les tringles, soit au contraire par des espèces de marteaux ou maillets en bois à ressorts qui frappent sur les tringles extérieurement, à mesure qu'elles tournent entraînées dans la rotation de l'arbre.
Ces chocs successifs et répétés produisent aussi un bruit désagréable , que l'on pourrait éviter, nous le croyons, au moins eu grande partie, en adoptant des diamètres de bluterie beaucoup plus grands. Ainsi, jusqu'à présent, on a adopté presque partout le diamètre d'un mètre environ pour la plus grande section des bluteries , ce qui correspond à 0" 50 de largeur à chaque face, lorsqu'elles sont à six pans; dans bien des moulins elles ont même moins. Si, au contraire, on leur donnait 1"50 à 1" 60 de diamètre et plus, les faces seraient plus larges , il y aurait plus de chute pour la mouture , et la farine pourrait passer plus aisément sans chocs.
11 est bon d'incliner chaque bluterie d'une certaine quantité pour que les produits, passant à travers le tissu, tendent constamment à descendre d'une extrémité à l'autre ; cette inclinaison est habituellement de h centimètres par mètre.
La longueur à donner aux bluteries à farine n'est pas une chose bien arrêtée en meunerie ; elle dépend un peu aussi du genre de travailler des fabricants; il y en a qui veulent appliquer à la suite des bluteries à sécher et d'autres qui envoient directement les substances de la bluterie à farine
(I) Ut numéro* de* «oies «ont Indiqués par le nombre de fllt contenus dam la largeur de 87 millimètres (ou » pouce), ainsi le n« MO exprime quM y a «40 (Ils de soie, et par conséquent le même nombre de vides, dan* 11 milliroêires de largeur du tissu.
à la bluterie è sons. Dans tous les cas, on comprend que cette longueur n'est pas exactement proportionnée au nombre de paires de meules en activité , il y aune étendue minimum qui ne peut être adoptée; de même aussi on ne peut dépasser une certaine limite sans tomber dans l'exagération, et par suite rendre l'exécution et l'entretien difficiles. Ainsi on ne fait pas de bluterie au-dessous de 2" de longueur et au-dessus de 6" à 6"50auplus; on préfère avec raison avoir des bluteries moyennes de 3"25 è i»50ou 5 mètres et en appliquer deux, trois ou quatre, suivant l'importance du moulin ; au moins si l'une est en réparation les autres n'en peuvent pas moins fonctionner.
Pour une minoterie de quatre paires de meules, deux bluteries à farine de 3»" 25 à 3-50 suffisent aisément h tout le travail ; on les dispose parallèlement dans un même coffre S, comme le montrent les figures. Ce coffre est composé de planches minces en sapin et de montants en chône ou en hêtre avec des traverses et des portes latérales qui , fermées simplement par de petits tourniquets, permettent de visiter l'intérieur; le dessus e*t aussi en bois mince, et à la tête sont les supports de l'axe t/ qui portent la poulie e commandée par celle correspondante c' de l'arbre p et les pignons d'angle d', qui engrènent avec les roues plus grandes montées sur les tourillons à l'un des bouts de l'arbre des bluteries. Ce mouvement est combiné de manière à ne pas faire faire à ces dernières plus de 28 à 30 révolutions par minute , lorsque leur diamètre extérieur est de 1 mètre ou la distance de deux faces parallèles de 0n86, ce qui correspond à la vitesse de :
i"X3.Hx30 . „ , =1*57 par seconde,
aux angles du prisme, et à celle de:
^ =1-35 par 1"
au milieu de chaque face, soit à une vitesse moyenne de
A l'intérieur du coffre des bluteries sont deux plans inclinés sur lesquels tombe ta farine; quelquefois, lorsque la chambre à mélange T n'est pas située directement au-dessous , mais à quelque distance , il est bon de placer au bas de ces plans inclinés et parallèlement une longue vis sans fin, construite comme celle que nous avons décrite tome I*, et qui ramène alors toute la farine à l'une des extrémités et même , au besoin , au delà des bluteries. Cette disposition est également utile si , n'ayant pas dans le bâtiment l'emplacement ou les étages nécessaires, on est forcé de loger la chambre à la même hauteur que les bluteries ; mais alors il ne faut pas seulement faire l'application de la vis, mais encore celle d'un élévateur qui
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remonte la farine du bas des bluleries au haut de la chambre. On doit s'arranger alors pour que cet élévateur et celte vis reçoivent leur mouvement d'un tourillon de l'arbre de l'une des deux bluleries, afin qu'ils soient arrêtés quand elles le sont elles-mêmes.
Lors de l'introduction des moulins américains en France, on a importé presqu'en même temps d'Angleterre des blutoirs à brosses , garnis en toile métallique, mais ils ne tardèrent pas à être abandonnés, à cause des inconvénients qu'ils présentaient, et de la force qu'ils exigeaient pour se mouvoir; on leur a bientôt préféré de beaucoup les bluteries garnies de soies de Zurich ou de Bordeaux , qui sont spécialement fabriquées pour cet objet. Les blutoirs métalliques ne conviennent que pour de certaines fabrication* qui emploient des substances grossières, comme pour le plâtre, le noir, etc.
Dans ces derniers temps , on a proposé des modifications aux bluteries cylindriques ou à pans, mais elles ne paraissent pas jusqu'ici devoir être appliquées , nous n'en parlerons donc que lorsque les expériences auront suffisamment démontré leur utilité.
Tous les résidus qui n'ont pas traversé les soies, et qui arrivent à l'extrémité inférieure des bluteries , se composent de gruaux et de sons de diverses natures. Il s'agit de faire encore de ces produits une séparation complète, afin, d'une part, de pouvoir remoudre les gruaux qui contiennent encore de la farine , et de l'autre , de trier les sons qui sont plus ou moins larges et les recoupettes.
Dans l'étage au-dessous des bluteries à farine, et non loin de la chambre à mélange, lorsqu'il est possible sans gêner le service , on place la grande bluterie R', que 1 on nomme bluterie à sons et qui doit toujours être assez longue pour faire toutes les séparations dont nous venons de parler. Cette bluterie n'a jamais moins de 5m de longueur, mais plus souvent de 6" 40, et quelquefois 7" à 7" 1/2. Sa tête correspond à la queue des premières pour recevoir directement les résidus qui en sortent, à moins qu'ils n'y soient ramenés à l'autre bout par une vis, comme cela se présente quelquefois lorsqu'on n'a pas remplacement disponible à cet effet.
Le corps de cette bluterie est exactement fait comme celui des précédentes, mais au lieu d'être garnie de soies très-fines et serrées, elle est au contraire couverte à la tête seulement de soie de bas numéros , de 80 à 100 par exemple , et même au-dessous , pour servir au passage des gruaux, puis tout le reste est entouré de toiles ou de quintens placés pac lés de différents numéros, afin de laisser passer d'un côté les sons fins , de l'autre, les sons larges, et enfin les recoupettes.
L'inclinaison de son axe est la même que celle des premiers , mais en sens contraire, comme on Je voit sur la fig. 6; toutes les autres dimensions, à l'exception de la longueur, sont les mêmes ainsi que la vitesse de rotation. Pour la commander, il suffit de monter une poulie / sur le tourillon des bluteries à farine , et de la faire communiquer avec celle / que l'on