DESCRIPTION DE LA MACHINE A CHEVILLES, DE M. SIROT
RF.PRÊSENTBB FIG. I A 4 , PL. 27.
La fig. 1™ est une coupe verticale de la machine, faite suivant la ligne 1-2, et ne montrant que le mécanisme proprement dit.
La fig. 2 est une vue par bout du côté du mécanisme.
Et la fig. 3 une seconde vue par bout du côté opposé.
Ordinairement les machines à clous sont montées sur un fort bâtis ou établi en bois qui les élève à la hauteur de l'ouvrier. L'appareil qui nous occupe est dans ce cas , ainsi que celui que nous décrirons plus loin.
Les opérations nécessaires à la fabrication des chevilles sont au nombre de trois :
1° Le découpage de la bande en métal ;
2° L'avancement intermittent et régulier de cette dernière ;
3° Sa fixité pendant le tranchage.
Elles s'effectuent conjointement à l'aide des divers mécanismes que nous allons examiner. On reconnaît d'abord que l'arbre moteur A , de la machine, placé à la partie supérieure du bâtis de fonte B, qui en supporte toutes les pièces, est muni, d'une part, d'un excentrique circulaire C, destiné à faire mouvoir le couteau vertical a, et de l'autre une manivelle D , qui doit servir à faire avancer la bande de métal à couper ; puis un autre excentrique à came E , dont l'objet est de faire appuyer une pince sur cette bande aussitôt que les couteaux ont opéré leur action.
Avant de faire voir comment ces différentes parties de la machine fonctionnent, et quelles sont les relations qui existent entre elles pour effectuer les opérations successives que nous avons énumérees , il est bon d'entrer dans quelques détails sur la construction et la disposition de chacune des pièces.
Découpage. L'excentrique circulaire C , monté à l'extrémité de l'arbre moteur, est mobile dans un châssis rectangulaire , ou porte-couteau F, dont les côtés, aciérés et taillés en queue d'hyronde, glissent dans des coulisseaux s , rapportés sur le devant du bâtis B. Ce porte-couteau est prolongé jusque vers la partie inférieure pour recevoir la lame ou le couteau a, en bon acier trempé, et présentant la forme d'un coin (voy. fig. 5). 11 est tenu dans le porte-couteau au moyen d une vis de pression y. On comprend que le mouvement qui lui est communiqué par l'excentrique est rectiligne et vertical , afin de couper le bout de la bande métallique 6, à mesure que celle-ci se présente à son action.
Au-dessous de cette lame, sont deux couteaux fixes ce', qui sont placés obliquement en forme de coin (6g. tw), afin de laisser entre eux un espace
vide exactement égal à celui occupé par le c «liteau mobile a, et par conséquent à la forme triangulaire que doit avoir la cheville lorsqu'elle est découpée. Or la bande métallique b , qui est posée à plat sur un siège horizontal et sur le bout dti ces couteaux fixes, étant elle-même déjà préparée en forme de coin ou de lame de couteau sur toute sa longueur, ce qui se fait au laminoir, on comprend déjà que la cheville découpée doit avoir exactement la forme d'une pyramide quadrangulaire dont les dimensions varient suivant la largeur qu'on donne à la bande.
On règle la position exacte que doivent avoir les couteaux fixes c c7 au moyen des vis de rappel dd\ qui sont taraudées dans la base du bâtis, et descendent au-dessous de l'établi , afin qu'on puisse les faire tourner à volonté par leur tête. Ils sont retenus dans leur position par une vis de pression «, qui les serre contre une platine, afin qu'ils soient complètement immobiles. On voit que ces couteaux sont placés dans une direction inclinée et s'écartent de plus en plus vers la partie inférieure, afin que les chevilles, à mesure qu'elles sont découpées, tombent librement dans la boite ou le panier qui doit les recevoir, pendant .que les rebuts ou les petits morceaux de métal qui sont découpés en même temps, et qui ne peuvent servir, vont tomber plus loin , pour être reçus à part dans une autre boite.
Avancement de la tôle A mesure que le couteau mobile reçoit son mouvement de va-et-vient de montée et de descente , il faut que la bande à débiter soit amenée à chaque coup, d'une égale quantité , pour se présenter ainsi successivement par petite partie à son action , et cependant qu'elle soit toujours guidée et retenue d une manière solide, afin de ne pas se déranger tout en s'avonçant. C'est cette double condition que remplit le mouvement de la machine même sans le secours de l'ouvrier.
On a vu qu'à l'extrémité de l'arbre moteur était la manivelle 1), qui y est fixée par une vis de pression x et à laquelle est adapté un bouton /, afin de recevoir la bielle G, et lui faire communiquer un mouvement de va-et-vient. Cette bielle est attachée à l'un des points du levier H (fig. 3), qui est monté au bout de l'axe horizontal I , qu'on prolonge sur toute la longueur de la machine, afin de lui faire porter, par l'autre bout, un second levier H', semblable au précédent, mais dans une direction qui lui est perpendiculaire.
Ce second levier H', est terminé par un œil elliptique, qui embrasse le goujon g, rapporté sur la tringle horizontale J , placée sur le devant de l'appareil , et guidée dans sa marche rectiligne par deux supports recourbés K. Sur cette même tringle sont fixés deux autres goujons h h', dont on peut régler à l'avance la position et l'écartement exact, à cause des coulisses qui y ont été ménagées. Entre ces deux goujons passe la petite manette L, qui est ajustée sur l'axe de la \ is de rappel M . Or, cette vis est embrassée par un écrou t , qui est lui-même solidaire avec le support à coulisse N, et comme elle est tenue d'une part dans des coussinets./, et de l'autre entre un buttoir k et une vis buttante /, on conçoit qu'elle ne peut ni avancer* ni reculer, mais par cela même qu'elle reçoit un mouvement rotatif de va-
et-vient , elle force l'écrou et par suite le support N, a marcher en avant, lorsqu'elle tourne dans un sens, et en arrière lorsqu'elle tourne en sens contraire.
Assc/etissbment DE la tôle. Comme la bande de métal à débiter est justement posée sur la table de ce support , elle s'avance avec lui, sans toutefois revenir en arrière. Pour cela M. Sirot a imaginé de faire appuyer sur cette bande pendant les instants voulus, le bec de corbeau ou la pince 0 qui , comme on va le voir, reçoit aussi un petit mouvement alternatif de montée et de descente à l'aide de l'excentrique à came E. Cet excentrique, dont on voit bien la forme en lignes ponctuées sur la fig. 3 , vient agir, dons la rotation de l'arbre, sur une dame en acier m , qui est ajustée dans la tête élargie de la tige verticale P, afin de forcer cette tige à descendre pendant un instant qui est très-court. Une entaille pratiquée à la partie inférieure de cette dernière reçoit le bout d'un grand levier Q, qui peut osciller librement autour de son point d'appui n, et qui, à l'autre extrémité, porte les deux petites bielles R, reliées par leur partie supérieure h la queue de la pince 0, dont le centre d'oscillation est sur le boulon à rotule p.
Il résulte de cette combinaison de mécanismes que quand la tige P est au bas de sa course , la pince reste appuyée sur la bande de métal , mais lorsqu'elle remonte celle-ci devient libre ; c'est dans ce moment que le support ou chariot N revient sur lui-même , et n'entraîne pas la bande avec lui, puisqu'elle est alors justement prise entre les couteaux.
Pour que la tige P remonte plus rapidement, on applique à sa partie inférieure un ressort à boudin x qui , s'appuyant sur la base du bâtis, tend constamment à la soulever.
Il est aisé de voir maintenant comment fonctionnent toutes les parties de la machine. Le mouvement de rotation étant imprimé par le moteur, dans le sens indiqué par la flèche à l'une des deux poulies S S', et régularisé par le volant T, communique à l'arbre A, et, par suite aux excentriques et à la manivelle qu'il porte , une vitesse qui n'est pas moindre de 100 révolutions par minute. Or ces pièces sont combinées , comme on vient de le voir, de manière que, lorsque le couteau mobile a descend pour couper le métal, la table du support sur laquelle la bande est posée recule, et ia pince se soulève , afin qu'elle ne soit pas entraînée par ce support ; lorsqu'au contraire le couteau remonte, la cheville qui vient d'être découpée tombe entre les deux couteaux fixes, et la bande s'avance de nouveau, par l'effet du support N , sur lequel elle est alors fortement tenue par la pince , et qui est poussé vers ceux-ci, chasse en môme temps devant elle l'excédant de métal qui a été coupé avec la cheville. De sorte qu'à chaque rotation de l'arbre moteur A, on obtient une cheville d'un échantillon quelconque (fig. 6), et un petit morceau de rebut qui est projeté a part.
Depuis 1846, cette machine fonctionne aux clouteries de Trith-Saint- Léger ( Nord ) , où elle n'a cessé de donner des résultats satisfaisants.
Vers la même époque, M. Massiaux s'est fait breveter pour une nouvelle
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disposition ou nouveau procédé propre à fabriquer les clous à ferrer les chevaux et d'autres espèces de clous à forte tête ; nous en dirons quelques mots pour compléter la description précédente.
Le système de M. Massiaux consiste , en premier lieu , à préparer des bandes de métal de la largeur correspondante à la longueur des clous a produire, avec des renflements de chaque côté. Ces bandes sont obtenues au laminoir à gorges qui est construit à cet effet; en ménageant ainsi des renflements , l'auteur observe qu'il peut arriver à faire des clous à très-grosse tôle , et il lui suffit de ménager dans la partie inférieure du couteau une entaille correspondante à la tête , et il eu fait autant dans les presses.
Dans une addition subséquente , il indique la modification qu'il a apportée pour faire ce qu'il appelle k s clous parisiens, qui sont un peu renflés avant la pointe ; il prépare alors les bandes avec un renflement semblable au précédent d'un côté, pour la tète, mais en forme de pointe à l'autre bord opposé. 'H donne alors, dans ce cas, au couteau, la forme exacte qu elle doit avoir.
L'inventeur ne s'attache pas à la machine , il se repose sur son principe, 1* de préparer au laminoir les bandes renflées suivant la forme et la grosseur des tètes , comme suivant aussi la partie conique de la pointe des clous; 2° de donner aux couteaux et aux presses les échancrures correspondantes.