MACHINE A FABRIQUER LES CLOUS ET LES BÉQUETS
PAU M. LOLOT, DR CHAHLEVILLE. (NO. 7 A 12. PL. 27).
Cette machine a été importée d'Angleterre par M. Whitaker, mais il lui a fait subir ici des perfectionnements et des améliorations si notables qu'on pouvait la considérer, sauf le principe, comme une machine entièrement nouvelle à l'époque où elle a fait le sujet d'un brevet de 15 ans, demandé le 15 avril 1835, par M. Lolot. Elle est disposée pour fabriquer des clous de toutes dimensions, débités ordinairement dans des lames de tôle.
Nous diviserons, comme dans la machine précédente, les fonctions qu'elle remplit en trois catégories distinctes, savoir :
1* Le débit ou découpage des matières ;
2" La formation du clou ;
3° La formation de la tète.
Et nous les examinerons chacune séparément.
1-a fig. 7 représente un plan général de la machine qu'on a figurée sans le couteau mobile , afin de laisser voir les pièces qu'il recouvre.
La fig. 8 est une coupe verticale faite suivant l'axe de la petite presse ou la ligne 3-4, fig. 7.
Et la fig. 9, une vue de coté indiquant l'ensemble général de toutes les pièces mobiles
La machine est assise sur un socle en bois A , qui l'élève à la hauteur
convenable, et sur lequel repose la forte plaque de fondation B. Cette dernière est fondue avec les deux chaises €, recevant l'arbre moteur D, et tous les accessoires qu'il met en mouvement, ainsi qu'avec les supports ou paliers qui servent à la commande du marteau E.
Débit des matière-. — La partie la plus importante comme aussi la plus modifiée par M. Whitaker, est le découpage. 11 s'effectue à l'aide d'un couteau fixe F, dont on peut à volonté régler l'écartement ou l'usure par la vis de rappel a traversant l'étrier b, et d'un couteau mobile c engagé sur le devant d'un lourd balancier E, appelé communément chien.
Le couteau F est en acier dans la plus grande partie de sa longueur, et glisse entre deux coulisseaux ee' parfaitement dressés, dont le premier est formé par une saillie ménagée à la plaque de fondation , tandis que le second , fixé par des vis , présente sur la surface interne d'autres saillies (fig. 12), correspondant avec celles du couteau même. Cet assemblage permet la plus grande précision , beaucoup de solidité, et est d'un montage facile , circonstance d'autant plus appréciable qu'on est obligé cinq ou six fois par jour de l'effectuer , et qu'on prévoit facilement pour cette raison qu'il est important d'arriver à perdre le moins de temps possible.
On pose le métal sur ce couteau fixe, et sa séparation a lieu par le mouvement du couteau mobile c, formé d'une règle d'acier trempé, maintenu dans le chien en fonte , par les vis de pression d , et réglé par la vis supérieure /. Pour régler l'avancement de la tôle , on a rapporté sur la partie latérale de ce chien , un buttoir g, lié à un ressort h fixe en un point t , et variables tous deux de position au moyen de la vis de rappel ./, constamment en contact avec le renflement H , au moyen du balancier. Il suffit de tourner cette vis dans un sens ou dans l'autre, pour faire avancer ou reculer le buttoir g% qui garde toujours la position parallèle due au bouton k.
Le mouvement est imprimé au chien E, par le coude de l'arbre moteur sur lequel s'ajuste la bielle à fourchette I , et qui fait décrire alternativement au couteau d'acier le mouvement de montée et de descente. On remarquera à cet effet que le chien oscille autour de l'axe J, et qu'il sert d'intermédiaire au mouvement de la presse mobile K qui , comme nous allons le voir, sert à la formation du clou.
Formation du clou. — A mesure que les morceaux de tôle sont découpés, ils descendait dans l'encoche / du couteau fiie , et s'y trouvent énergiquement refoulés par la presse K , que commande l'extrémité du balancier. Cette pièce est formée d'un support L , et d'un carré d'acier ( fig. 1 1 ), présentant pour cet usage, la même encoche que le couteau fixe; c'est lors du rapprochement de ces deux parties que le clou est formé dans sa longueur, et pour qu'il ne soit pas sujet à tomber ou à glisser, on a rapporté dans l'entaille rectangulaire m, une espèce de crochet » (fig. 10) , destiné à le soutenir, surtout lorsqu'il est de très-petite longueur. On conçoit que ce crochet doit se retirer dans l'avancement de la presse pour ne
368 POBLICATION INDUSTRIELLE.
pas être ni courbé ni brisé , c'est pourquoi on l'a assemblé avec le bout d une longue tringle o, qui décrit un mouvement alternatif que lui transmet la came ou renflement p de l'arbre moteur D. Mais comme la grosseur des clous est variable , et que par suite la course du crochet doit J'étre aussi , la came n'agit pas directement sur la tringle , mais sur un ressort q, solidaire avec elle , et réglé à volonté par la vis r. Un ressort à palette t tend constamment à faire revenir ce crochet à la position normale. De cette manière on obtient la course que l'on désire très-facilement , et comme la presse elle-même doit souvent être aussi réglée exactement dans sa course, on a fait usage non-seulement de la vis buttante s, taraudée dans le support L, mais encore d'une autre vis /agissant directement sur le bouton de jonction des deux tirants M. Rien n'a donc été épargné pour pouvoir fabriquer des clous de différentes grosseurs, et régler très - facilement toutes les pièces mobiles.
Formation db la tête. — Il reste encore une opération importante à effectuer : c'est celle de la tête , qui est refoulée sans choc , et pendant que le clou est pincé entre les deux presses. C'est encore un coude de l'arbre moteur qui remplit cette fonction, mais avec une transmission un peu plus compliquée que les précédentes. Ainsi , la bielle N qui est ajustée sur ce coude , embrasse par sa fourchette les deux tourillons u , d'un axe inférieur doublement coudé O, et mobile entre les coussinets des supports v ; ces derniers sont fondus avec la plaque de fondation. Il résulte de cette disposition que lorsque la grande bielle est dans sa position plus élevée, les tourillons « ont suivi ce mouvement d'ascension , et qu'au moyen des liens P et du coude x , le marteau et sa douille ont reçu un mouvement alternatif horizontal, qui a justement pour but de former, par la pression, la tête du clou, ta douille ou plutôt l'écrou Q du marteau , est forgée avec deux oreilles pour recevoir les liens P, et avec une queue R, qui oscillant avec l'axe S (fig. 8) , soutient le mouvement avec beaucoup de douceur et presque sans frottement.
La tige en acier y, do marteau est taraudée dans une partie de sa longueur, pour pouvoir affecter diverses positions , suivant le genre de clou que l'on fabrique ; ces positions sont réglées par l'écrou z.
D'après ce qui précède , il est facile de reconnaître que le mouvement étant transmis par l'une des poulies TT' à l'arbre moteur, et régularisé par le volant U, fait baisser le couteau mobile e en même temps qu'il fait avancer le crochet u qui doit supporter le clou ; dans le même moment la presse mobile K s'est éloignée , ainsi que le marteau , pour lui livrer passage , et ce n'est que lorsque le balancier se relève, que ces deux pièces viennent agir l'une après l'autre , pour opérer presque instantanément la formation complète du clou, qui tombe alors par l'ouverture o\
Ces machines travaillent avec une rapidité remarquable , qui s'élève à 80 et 100 révolutions par minute.