CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FILATURE DE COTON
La Glature de coton, née en France avec le xixe siècle, mettait en œuvre :
En 1814. ....... 8 millions de kilogrammes.
Le prix du coton flic ne peut être constaté avant 1815, à cause du droit énorme
(8fr. le kilogramme;, qui, sous l'empire, grevait la matière première; mais en 1816,
le kilogramme de cliaîne Blé n» 30 valait. ... 12 fr. 60
En 1824 j 6 40
fi) TiMeaa du commerce de France.1 «843, peg. «T. *
Ce progrès si remarquable accompli depuis dix ans, deux causes qui se confondent l'ont amené.
L'extension des établissements, la perfection des machines, et une meilleure entente de leur mise en activité. En 1824, l'Alsace possédait 56 filatures, comprenant ensemble 700,000 broches ; c'était 12,600 par établissement. Dans le Nord et dans la Seine-Inférieure, les établissements étaient, en moyenne, de 4.000 broches. '
Aujourd'hui l'Alsace en possède 29,700. Le Nord et la Seine-inférieure en possèdent 96,000.
En 1834, 3 millions de broches transformaient, eu fil, 38 millions de kilogrammes de coton.
En 1839, c'était non plus 3 millions, mais 3,400,000 broches qui, mieux conduites, demandaient 52 millions de kilogrammes.
En 1844, c'est 3,600,000 broches qui réclament 58 millions de kilogrammes de matière à mettre en œuvre. ;
Ainsi , les 3,400,000 broches de 1839 produisaient comme aaraient fait 4,000,000 broches en 1834.
Et les 3,600,000 broches produisent aujourd'hui comme auraient fait il y a dix ans 4,500,000 broches (I).
Ce prodigieux accroissement de 38 à 58 millions de kilogrammes dans le court espace de dix années, la consommation ue le réclamait pas, entièrement du moins. De là encombrement do marché, avilissement du prix ; mais de là aussi, recherche constante de l'ouvrier qui, produisant plus dans le même espace de temps, arrivait encore, malgré la baisse du produit, à voir augmenter son prix de journée. Tel qui gagnait 3 fr. «çoit aujourd'hui 3 fr. 50; et les enfants ont vu monter à 75 c. la journée qu'ils donnaient autrefois pour 50 c.
Heureuse conquête, sans doute, si elle n'avait été trop souvent acquise pour la ruine du chef d'atelier et la diminution du capital industriel. Une broche de filature qui a coûté 40 fr., et que la dépréciation régulière n'a pas abaissée même à 25 fr., se vendrait à peine 15 fr., tant ont été difficiles, depuis 1836, et sauf un heureux intervalle de deux années, les résultats de l'industrie du filage du coton.
Or, il y a perte pour tous, si le chef d'industrie ne voit pas son travail incompensé; car le travail est une richesse détruite si elle n'est pas rendue par la valeur du produit. C'est une perte pour tous, si le capital employé dans l'usine ne se serve pas à l'aide d'une dépréciation régulière que doit fournir le bénéfice : car le capital de l'usine est une partie de la richesse publique.
Quoi qu'il en soit, en filature, les machines produisent plus et mieux, le travail de l'ouvrier est largement rémunéré. La rémunération du chef est beaucoup plus problématique, et la valeur des usines disparaît chaque jour.
Tel est l'effet produit jusqu'ici par le perfectionnement des machinés, et une meil- I eure entente de leur mise en activité (2).
(4) Toul dernièrement un de no» représentants a fait i r Assemblée National* la remarque suivante : En 1835, SI millions de kilog. de coton ont été fabriqués, pour 630 millions de francs. En ISA», 05 millions ont élé fabriqués a pi-i» prés pour le même prii, c'est-à-dire MO millions de francs. N'est-ce pas, avec l'augmentation du prl* d« ta journée, la meilleure répons» i toutes les utopies •octales de l'époque. #
IS) Rapport du jury central (BiposiUon de 48U).