DIVERSES SUBSTANCES
Telles quî les Coite pour les Teintureries, le Chartou peur les Fondeurs, etc..
Par m. LOUP.
Mécanicien chez M. ROUQUÈS , à Clichy, près Paris.
Nous avons déjà dit, en publiant plusieurs systèmes de machines à broyer, que les diverses natures des matières que l'on veut réduire obligent d'employer très-souvent des procédés différents, pour produire les meilleurs résultats avec le plus d'avantage possible. Il est donc important de faire connaître les appareils divers que l'on a proposés et mis à exécution jusqu'ici , avec les applications principales auxquelles ils se rapportent.
Le broyeur que nous avons représenté sur les lig. i et 2, pl. 14, est peutêtre connu déjà par quelques-uns de nos abonnés . parce qu'il en a été fait un grand nombre d'applications dans plusieurs industries, comme, par exemple, dans les fonderies, pour broyer le charbon qui y est employé en poudre fine, dans la fabrication du plâtre, où alors ils sont exécutés sur de grandes dimensions, etc. Cependant, comme nous croyons que cet appareil est susceptible de rendre bien des services dans d'autres branches, et qu'il n'est réellement pas encore assez répandu, il ne sera pas sans doute vu sans quelque intérêt , surtout en le considérant appliqué à la teinturerie , pour réduire en poudre impalpable certaines substances colorantes d'une certaine valeur, qu'il importe de bien utiliser, comme la cochenille, l'indigo, etc.
Il existe chez M. Rouquès, habile teinturier de Clichy, deux appareils semblables , dont l'un , d'une plus petite dimension , a été exécuté par M Moulfarine, qui est un de nos plus anciens et bons constructeurs de machines à vapeur; et l'autre par M. Loup, homme modeste et dévoué, qui rend de grands services à cet établissement de teinturerie , où il est em-
ployé depuis fort longtemps. Ces machines, qui fonctionnent par le moteur môme de l'usine, sont principalement destinées à broyer de la cochenille , de l'indigo, de la laque, etc.
On voit par le dessin qu'elles se composent d'une espèce de cloche circulaire en fonte A, présentant à l'extérieur la forme d'un anneau engendré par un demi-cercle et deux lignes droites perpendiculaires a l'axe sur lequel il tourne ; il en est de môme de sa forme intérieure. Celte cloche est ouverte sur un côté , pour permettre d'y introduire les substances à broyer et les boulets qui doivent s'y promener pendant sa rotation continue ; un fort tampon en fonte ferme très-hermétiquement cette ouverture, comme le couvercle d'un trou d'homme de chaudière à vapeur.
Il y a déjà un certain nombre d'années on employait , et on emploie môme encore quelquefois aujourd'hui, des cuves demi-cylindriques ou hémisphériques , contenant deux ou trois boulets de fonte que l'on agite au moyen d'un levier à mouvement circulaire alternatif; mais de tels appareils font très-peu d'ouvrage, et ont l'inconvénient, ne pouvant être bien clos , de laisser perdre des parcelles de substance volatile lorsqu'on veut les broyer à l'état sec.
Dans les fonderies, on emploie, pour broyer le charbon dont les mouleurs font une grande consommation (l).soit deux meules verticales qui se meuvent dans une auge circulaire, soit des mortiers à pilons, soit des anneaux creux a boulets, soit encore des cylindres creux d'une certaine longueur, et renfermant aussi des boulets en fonte.
Ces dernières machines, qui paraissent avoir la préférence sur les autres, ont alors beaucoup d'analogie avec celle que nous avons représentée , si ce n'est qu'elles sont sensiblement plus larges intérieurement, et qu'elles ont tout à fait la forme cylindrique. On en a construit dans plusieurs localités sur de grandes dimensions pour broyer le plâtre , mais encore en ménageant à la surface du cylindre des espèces de grHles qui laissent passer le sable fin.
La première petite machine de M. Rouquès n'a été faite en origine que pour broyer de l'indigo à l'eau. Depuis, M. Loup, qui a compris qu'elle était susceptible d'amélioration, a établi celle qui est dessinée ûg. 1 et 2, et avec laquelle il broyé les différentes matières à l'état sec, ce qui paraît ôtre bien préférable, parce qu'elles n'adhèrent pas alors aux parois intérieures de la cloche. Celle-ci est entièrement en fonte de trente-cinq millimètres d'épaisseur sur les côtés, et renforcée par des nervures de cent millimètres d'épaisseur à la partie annulaire. Les boulets B qui y sont renfermés roulent naturellement sur eux-mêmes pendant la rotation de la
11} La grande quantité de pouitier végétal et minéral qu'emploient le» Tondeurs de Parla, a fait, pour ainsi dire , une Industrie particulière de la pulvérisation du charbon. L'ne grande partie de» fonderies n'ont pas de moulins à broyer, et achètent alors le poussier tout préparé pour leur service. Il faut dire aussi que les fabricants de poussier ne travaillent paa seulement pour les fondeurs, mais encore pour d'autres industries. Dans toutes le* grandes fonderies, on poss*do nécessairement des broyeurs i charbon.
cloche, mais e» restant constamment vers la partie inférieure ; par conséquent, la substance qu'elle contient, forcée dans le mouvement de descendre vers cette partie , est sans cesse appelée sous les boulets et broyée par eux.
Le tampon ou bouchon en fonte C , qui est rapporté sur l'une des faces de la cloche , y est ajusté avec beaucoup de soin , et solidement retenu par une traverse en fer a, dont les extrémités sont engagées dans des brides b, et que l'on fait serrer sur le couvercle par une vis de pression c, comme pour les cornues des appareils à gaz. C'est par l'ouverture que ferme ce tampon que l'on introduit dans la cloche les substances à pulvériser, et les boulets.
M. Loup nous a observé que si ceux-ci conviennent bien, étant en fonte, pour broyer de certaines matières, comme du charbon , il n'en est pas de même pour la cochenille ou l'indigo , qui sont des substances très-susceptibles. Les boulets en fonte ont l'inconvénient, après un certain temps de travail, de s'écailler en. lames extrêmement minces, et par suite de mêler des parcelles de métal à la poudre , ce qui lui est évidemment très-nuisible. Il a pensé que , sans doute avec des boulets en fer bien corroyé et tourné, cet inconvénient disparaîtrait, ce n'est qu'à la suite d'une longue expérience que l'on peut être convaincu du fait; au reste, ces boulets, qui ne pèsent pas moins de onze à douze kilog., seraient beaucoup plus dispendieux.
Les tourillons d de la cloche sont en fer, à large embase pour se boulonner solidement au centre de celle-ci ; ils sont mobiles dans les paliers D rapportés sur le bâtis de fonte E , qui remplace avec avantage le bâtis de bois existant, et qui se compose simplement de deux châssis verticaux et parallèles liés par des entretoises en fer F, et assujétis sur des patins scellés dans le sol. Cette machine est commandée directement par une poulie en fonte G, et par une courroie de 9 centimètres de large. Sa vitesse ordinaire est de 28 à 30 révolutions par minute ; elle ne demande aucun soin pour la surveiller : dès que les matières sont mises dans la cloche , et que celle-ci est fermée, on la fait tourner et on ne s'en occupe plus jusqu'à ce qu'on juge que la pulvérisation est suffisamment complète.